Ynis Witrin v3

Les armées démoniaques assiègent le Continent, mais une île résiste toujours
 
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 fatalité et espoir [PV Namibe]

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MessageSujet: fatalité et espoir [PV Namibe]   Mer 9 Juil - 18:27

Au beau milieu d’une forêt perdue sur ce continent ravagé par les guerres, un homme se tenait tant bien que mal debout. En effet, sans ce morceau de bois qui lui faisait office de canne, cet homme qui avait vu le futur de ses propres yeux ne serait pas en mesure de marcher en attendant la venue d’une personne qu’il n’avait pas vue depuis plusieurs mois et à qui il avait envoyé une lettre afin de la rencontrer. Cette personne n’était autre que celle qui fut son épouse dans une autre vie et il savait parfaitement que leurs retrouvailles ne seraient pas des plus chaleureuses. La raison à cela ? Zane ne l’ignorait pas car il savait que c’était son départ précipité qui était responsable de la situation. Bien sûr, tout ceci avait une explication et c’était cela qu’il voulait lui confier aujourd’hui avant de lui dire définitivement adieu.

Derrière lui se dressaient plusieurs arbres centenaires dont l’un d’eux portait une cabane en bois dans laquelle il habitait depuis des mois désormais. Cette dernière était particulièrement bien camouflée par la verdure et même de bons pisteurs auraient beaucoup de mal à la localiser au milieu de cette forêt qui se trouvaient enclavée entre de hautes montagnes. Finalement, c’était l’endroit parfait soit pour fuir le monde, soit pour y préparer des attaques qui seraient ensuite lancées sur le reste du continent afin de tenter de sauver ce qui pouvait l’être encore. Ces lieux se trouvaient donc dans une position tactique plus qu’importante et, à ce jour, les personnes en ayant connaissance se comptaient sur les doigts d’une main. Aujourd’hui pourtant, une personne de plus allait découvrir cet endroit grâce à son fidèle compagnon : Hakouryo. Son dragonnier l’avait en effet envoyé à la recherche de Namibe pour lui transmettre un message et afin de la guider jusqu’ici. La lettre que cet ancien gardien avait écrite ne comportait que ces quelques mots : « Une dernière fois. ». D’une certaine façon, ces mots exprimaient beaucoup de choses et c’était sur cela qu’il contait à présent pour qu’elle vienne jusqu’à lui malgré tout.

Contre toute attente, il ne posait pas vraiment de questions et pourtant cela aurait pu être le cas. Tout d’abord, comment allait-elle réagir face à celui qui semblait considérablement affaibli ? Bien qu’étant âgé d’un peu plus de trente ans, on aurait pu lui en donner facilement vingt de plus tant la fatigue se lisait sur son visage aux traits tirés. Ces cheveux étaient mêmes devenus quelque peu grisonnants. Ainsi, son état de santé s’était considérablement détérioré et il savait désormais qu’il n’aurait plus beaucoup de temps à vivre. D’ailleurs, même son but de changer le destin du monde ne suffisait plus à le maintenir debout. En fait, ses dernières forces, il les puisait en regardant cette petite fille de huit ans qui jouait sur la petite balançoire qu’il lui avait confectionnée. Cet enfant, il l’avait trouvé en train d’errer sur les routes. Son orphelinat avait été détruit lors d’une attaque et c’est grâce à un miracle qu’elle réussit à s’échapper sans attirer l’attention. Lorsque Zane la découvrit, elle était allongée au sol, à demi-morte après avoir marché plusieurs jours sans s’arrêter. Il s’était alors occupé d’elle comme si elle était sa propre fille. Aujourd’hui, elle était le dernier rayon de soleil qui illuminait sa vie tandis qu’Hakouryo restait encore et toujours à ses côtés.




- « Regarde papa, tu as vu comme je vole haut ? » s’exclama la petite fille en train de se balancer sur sa balançoire.

- « C’est très bien ma chérie mais fais attention quand même. Tu sais à quel point papa serait triste si tu te faisais mal. » répondit avec affection l’ancien gardien dont le regard revivait à chaque fois qu’il posait les yeux sur elle.

A ce moment, la petite s’arrêta et se précipita sur celui qu’elle considérait désormais comme son père, elle qui n’en avait jamais eu jusqu’à présent. Elle se serra contre sa jambe et, contre toute attente, c’est elle qui joua en quelque sorte le rôle d’un parent puisqu’elle cherchait désormais à le réconforter.

- « Tout va bien papa, ne t’en fais pas trop pour moi. » dit-il avec une certaine émotion tant elle était elle aussi consciente de l’état de santé de son sauveur.

Au début, Zane, qui s’était considérablement endurci depuis son départ d’Ynis, n’avait pas pensé à la garder auprès de lui. La solution qui s’était imposée était de la laisser entre les mains d’une famille affectueuse mais il était bien placé pour savoir qu’il n’y avait plus le moindre endroit sûr à travers le monde. Ainsi, il l’avait adopté dans son cœur tout comme elle l’avait fait dans le sien.
Ce petit être répondant au nom de Lili était désormais son ange gardien et aujourd’hui, c’est avec impatience qu’elle aussi attendait cette autre femme si chère au cœur de son papa. Il ne lui en avait pas beaucoup parlé jusqu’à récemment mais à partir du moment où lui-même avait compris que tous deux devaient se revoir alors il avait commencé à lui parler de celle qui compta tant pour lui dans ce futur qui était finalement son vrai monde.

A présent, toutes deux allaient pouvoir faire connaissance puisque des bruits de pas se firent entendre jusqu’à ce que la jeune femme arrive devant eux, guidée par Hakouryo qui poussa un petit cri avant de venir se poser sur les branches d’un arbre. Quelque peu craintive, Lili resta accrochée à la jambe droite de son père tandis qu’un sourire se dessina sur le visage de ce dernier qui voulait la rassurer, ce qu’il fit d’ailleurs en prenant une voix douce.


- « Regarde Lili, la voilà enfin. N’aie pas peur, elle est très gentille. »

La petite fille relâcha son étreinte, ce qui permit à l’invoqueur de se diriger vers celle qu’il n’avait pas vue depuis si longtemps. Il ne fit que quelques pas lent dans sa direction avant de s’arrêter à quelques mètres d’elle pour ne pas la gêner par une proximité qu’elle ne verrait probablement pas d’un bon œil au vu de leur dernière rencontre. D’une voix qui ne masquait pas sa fatigue, il s’adressa à elle pour lui souhaiter la bienvenue.

- « Je craignais que tu n’acceptes pas de me revoir. Je te remercie d’être là aujourd’hui car j’ai à te parler mais aussi parce qu’il y a quelqu’un ici qui souhaitait faire ta connaissance. » dit-il en posant délicatement sa main sur la tête de Lili.

- « Bonjour… » dit-elle avec encore un peu d’appréhension dans la voix.

Comment la chevaucheuse allait-elle réagir face à tout cela ? Elle qui l’avait quitté alors qu’il se trouvait en pleine possession de ses moyens venait de retrouver un homme masquant tant bien que mal son agonie par un vieux bout de bois lui servant à se tenir debout, une aura presque effacée et un sourire qui ne cachait pas les douleurs qui le tiraillaient. De plus, la présence de cet enfant aurait de quoi la surprendre. A présent, c’était à elle de s’exprimer face à ce qui se trouvait devant ses yeux tandis que ceux de Zane ne masquaient pas une certaine émotion qu’il aurait pourtant souhaité dissimuler, lui qui avait compris que celle qui se trouvait devant lui ne serait et ne devait pas devenir son épouse dans ce monde où il n’avait pas vu le jour.
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Namibe Stark
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Ven 11 Juil - 0:05

    Les éclairs lézardaient le ciel avec fracas. Lourds et saturés d’eau, les nuages laissaient éclater leur fureur sur les champs déjà dévastés par les attaques que subissaient les villages alentours. A l’orée de l’un d’entre eux, à des lieues d’Ynis et de sa sérénité, une petite chaumière à moitié effondrée laissait entrevoir la faible lueur d’une vaillante cheminée. Visiblement, elle avait commencé à être rongée par les flammes, et à en croire la suie qui, s’effaçant sous le ruissellement de la pluie, lui dessinait des rides lugubres, cela ne dations de bien longtemps.
    « Papa, j’ai très peur… »
    « Ne t’en fais pas. »

    Afin de rassurer la fillette, le paysan glissa sa main calleuse et enfouit son visage dans ses vêtement, ce n’empêcha pas la famille de sursauter à chaque éclair qui venait zébrer le ciel et leurs murs.
    Tout à coup, ce qu’ils attendaient vint. Des pas se firent entendre au-dehors : quelqu’un approchait. Etait-ce le démon qui avait menacé de venir s’emparer de sa femme et de ses filles, ou bien l’inconnu, ce mercenaire qui avait proposé de leur sauver la vie à tous en tuant leur bourreau ?
    On ne frappa pas à la porte, celle-ci s’ouvrir sans un bruit : Il fallut attendre un éclair pour qu’enfin, ils distinguent la silhouette courte sur pattes du mystérieux mercenaire. Celui-ci s’avança vers les visages rassurés des paysans. Le père se leva, il mesurait bien plus que l’inconnu, et le dominait de beaucoup, mais celui-ci, pas le moins du monde impressionné, le visage toujours masqué sous sa capuche détrempée, lui indiqua de le suivre.

    Il l’emmena dehors sous la pluie, jusqu’à un monticule de chair. C’étaient les démons, pour preuve de sa réussite. Avec une exclamation dégoûtée, le paysan porta une main à son nez et se retourna pour regagner la chaumière. Le mercenaire lui emboîta le pas avec une petit rire.


    « Est-ce que c’est suffisant ? »
    Il avait tendu au mercenaire une bourse de cuir, visiblement rebondie. Celui-ci la saisit et la soupesa. Il hocha la tête sans un mot.
    « C’est tout ce que nous avons récolté cette année… » Un regard aux fillettes, et le mercenaire haussa les épaules. Dans ce cas, ça ferait l’affaire. Avec un signe de la main, il regagna le palier. Sous la pluie, il se retourna et dit d’une voix adoucie au paysan :
    « Prenez soin d’elles » Un éclair donna à son visage des traits clairs, un instant. Assez pour qu’ils voient tous ses pupilles, écarlates et vives.



    « Alors gamine, on a pas peur des tavernes mal famées la nuit ? »
    Sans un mot, voûtée et accoudée au comptoir, Namibe lui jeta tout juste un regard sombre. Elle avait mal au dos, l’épaule en lambeau, et l’intérieur de ses cuisses, labouré, était encore cuisant. Certes, elle avait vaincu ces démons, aidée par Obb qui était à présent partit chasser loin de là, mais ils avaient été particulièrement coriaces. Bien heureusement pour elle, elle était suffisamment souple pour ne point avoir subit le sort qu’ils réservaient à la femme et aux filles du paysan. Cela dit, ça l’avait rendue grognon, et converser avec un soudard n’était pas dans ses plans de la soirée. Aussi l’ignora-t-elle encore un peu. Ayant finit la vodka qu’elle s’était faite servir, elle en redemanda d’une autre, qu’elle entama aussitôt. Ce soir, elle buvait pour oublier la douleur, et l’hydromel ne suffirait pas. Alors qu’elle finissait d’une traite le petit verre crasseux pour en demander un de plus, l’autre insista.
    « T’as une bonne descente pour une fillette, dis moi… Tout passe aussi bien, par là ? »
    Namibe, qui même avec un début d’ébriété, pouvait comprendre le sous-entendu salace de l’ivrogne, lui jeta un regard noir, avant de s’intéresser au verre qu’on venait de lui apporter. Elle en but encore quelques-uns de la même manière. L’autre ne se démonta pas pour autant et ajouta :
    « Remarque, vu ton âge, t’es certainement encore pucelle… On peut y remédier si ça te tente »
    Et là, l’homme fit une erreur. Il attrapa son bras, renversant quelques gouttes de vodka. Calme, Namibe saisit le verre de son autre main, puis le bu d’une traite. L’autre la tenait toujours… Du moins il en avait l’impression. Tout ce qu’il sentit, ce fut une douleur, vive, dans son épaule. On venait de la lui déboîter. Il fallait dire que lorsque l’on connaissait l’anatomie d’un être vivant mieux que sa propre poche, on était capable de faire cela très vite, et sans y mettre de force. Aussi l’autre poussa un glapissement avant de se taire, subitement, en sentant la pointe d’une lame lui piquer le front. Approchant son visage du sien, Namibe lui sourit d’un air narquois. Il y avait quelque chose de démoniaque dans ce regard rouge, joueur, et dans cet alignement de dents, satisfaites de la souffrance de l’homme. De sa voix douce et grave, Namibe se contenta de lui articuler ces mots :
    « Ne – me – touche – pas. »
    Et sur ce, elle lâcha l’homme qui tomba au sol en glapissant. L’événement plongea la salle dans un silence abasourdi pendant quelques secondes. Namibe, qui n’en eut sans doute pas conscience, commanda encore deux vodka, qu’elle bu très vite, puis paya et faussa compagnie aux autres clients, qui reprirent leurs conversations où ils en étaient.

    Dehors, la demoiselle tituba quelque peu. Le tavernier ne s’était pas moqué d’elle, l’alcool cognait dur. Avec un ricanement idiot, elle s’appuya à un mur pour reprendre son souffle, quand une chose énorme se posa devant elle. Elle ne réagit pas, de prime abord. Ensuite, à la faveur d’un éclair, aidée par les lueurs rosées de l’Aube qui menaçait, elle reconnut la créature qui lui faisait face. Haut de trop de pieds pour que Namibe ne sache de combien, Hakouryo lui adressa un roucoulement qui la fit rire. Il lui montra une chose qui ressemblait à une lettre. Avec un soupir, Namibe la saisit.
    « On va faire une ballade, c’est ça ? » Le dragon, bien évidemment, ne lui répondit pas. Elle ouvrit la lettre et plissa les yeux pour tenter de discerner, dans l’obscurité et au milieu des vapeurs de la vodka, ce qui était inscrit.
    « Tu ne veux pas me la lire ? » demanda-t-elle en riant au dragon. Secouant la tête, elle se concentra, puis grogna. « Il n’a honte de rien, lui »

    Jetant la lettre dans une flaque d’eau de pluie, souvenir des averses de la nuit, elle fit un signe d’au revoir au dragon, en s’éloignant de lui. Elle n’avait pas le moins du monde envie d’offrir à Zane sa « dernière fois ».
    Mais ce fut le reptile qui l’appela, d’un petit bruit aigu. Elle se retourna et secoua la tête, ce qui manqua de lui faire perdre l’équilibre. Elle tomba presque et s’appuya de justesse à un mur pour tenir sur ses jambes. Finalement, avec un soupir, elle lui demanda :
    « Je suppose que si je ne viens pas, tu me suivras jusqu’à ce que je craque ? » Et le dragon lui fournit une réponse qu’en temps normal, elle n’aurait pas comprise, mais que vu son état actuel, elle entendit comme s’il s’était agi de mots. « Bon, mais tu vas doucement, et tu voles près du sol »

    Elle eut beaucoup de difficultés à grimper sur le dragon, et ses écailles éveillèrent un peu la douleur de ses cuisses. Grinçant des dents, elle s’agrippa à lui. La suite ne fut que cris, jurons, et glapissements, jusqu’à la forêt…

    Alors qu’Hakouryo la libérait enfin, Namibe se laissa glisser au sol, manquant de manger la terre à son atterrissage. Usant des écailles du dragon pour se relever, elle ronchonna quelques peu sur le compte des arbres et des oiseaux qui devaient vivre là, lorsqu’elle aperçut, enfin, un vieillard. Elle ne le reconnut pas, de prime abord. Ce ne fut qu’ensuite elle esquissa un rictus de souffrance en s’imaginant ce qui avait pu l’entamer ainsi. Mais il y avait un petit problème, encore. Elle jeta un regard interrogatif au dragon, qui loin de lui répondre, cette fois-ci, alla se percher sur une branche. Avec un soupir, zigzaguant un peu, Namibe consentit à approcher. Qu’importe qui était la gamine. Quand bien même elle serait sa propre fille venue d’elle ne savait quelle dimension, Namibe n’en avait cure. Nauséeuse, elle se planta face à eux, l’un de ses bras ballant, l’autre appuyé sur sa hanche. Zane prit la parole. Bavard comme il était, ça ne l’étonna pas le moins du monde. Ce qu’il dit la fit rire, à haute voix, car si le dragon n’avait pas eut le mauvais goût d’insister, elle serait toujours en train d’errer dans les ruelles de cette cité de mercenaires. Peut-être même aurait-elle encore bu quelques verres ailleurs. La fillette lui dit bonjour, intimidée. Souriant, toujours un peu narquoise, Namibe lui dit
    « Je mords pas les fillettes, rassure-toi » Le regard qu’elle jeta ensuite à Zane signifiait clairement qu’en revanche, elle n’était pas contre mordre quelqu’un d’autre.
    Se déhanchant un peu, elle leva une main à agiter en parlant.

    « A vrai dire, j’avais pas la moindre intention de venir, mais Hakouryo à insisté. » Elle éclata de rire, titubant un peu. « Tu as bien fait de l’envoyer, si tu étais venu toi-même, je serais restée devant mon verre ! »

    Finalement elle sembla se calmer un peu et pencha la tête de côté, le scrutant. « Quand je pense que tu comptais me faire arrêter l’alchimie… toi qui me disais que je n’avais pas le droit de mettre mes jours en périls… Regarde-toi, tu me paraît dans un état bien lamentable aujourd’hui… » Elle ferma les yeux puis, sérieuse bien que titubant toujours sur place : « Le golem, je suppose… » Ca la mettait en colère, et ça ajouté à l’alcool, sa langue se déliait bien plus facilement que d’ordinaire. Elle soupira, puis leva une main et fit quelques pas pour s’approcher d’un arbre. « Ca me… Ca… Ca m’dégoute »
    Et c’est sur ces mots qu’elle alla vomir derrière l’arbre. Le vol à sensations sur le dos d’un dragon n’était pas conseillé, en état d’ébriété…


Dernière édition par Namibe Stark le Dim 13 Juil - 12:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Ven 11 Juil - 3:10

Le moins que l’on puisse dire était que ces retrouvailles ne respiraient pas la grandeur. Ainsi, tandis que Zane tenait à peine sur ses jambes, Namibe, quant à elle, semblait s’être baignée dans l’alcool. Finalement, ces deux là étaient peut-être à l’image de ce monde en pleine décadence. Quoi qu’il en soit, le gardien devait reconnaître qu’il n’avait jamais envisagé un tel scénario pour ces retrouvailles. Bien sûr, il ne s’était jamais attendu à ce qu’elles furent chaleureuses. Pour lui, au mieux, la belle se serait contentée de lui asséner un bon coup de poing qu’il aurait volontiers encaissé. Toutefois, la présence de Lili avait changé ses prévisions passées et désormais c’était l’état même de la jeune femme qui rendait cette scène presque pathétique.
Quoi qu’il en soit, le moment était désormais venu de passer aux choses sérieuses et pour cela, la petite fille devait s’écarter quelque peu afin que tous deux puissent discuter de choses que son père ne voulait pas voir arriver à ses oreilles, d’autant plus qu’elle semblait dubitative face à cette femme qui ne correspondait pas vraiment à l’image qu’elle s’en faisait.


- « Lili, peux-tu aller chercher un petit sceau d’eau et des serviettes s’il te plaît ? » demanda-t-il à l’enfant.

Après un petit signe de la tête, la fillette s’en alla chercher de l’eau à la source qui se trouvait non loin de là. Le dragonnier fit alors un petit signe du regard à son reptile afin qu’il la suive pour s’assurer qu’il ne lui arrive rien. Ainsi, la chevaucheuse et lui se trouvaient seuls désormais. Durant ce moment de silence, il repensa à tout ce qu’elle venait de lui dire et qui le renvoyait à sa propre morale qu’il avait tentée en vain de lui transmettre. Aujourd’hui, il ne chercherait en aucun cas à faire la même chose car il savait que pour que les choses aient une seule petite chance de changer alors leurs corps ne pourraient s’offrir le luxer d’être épargnés. Enfin, tout cela, elle devait le savoir aussi bien que lui.

Après quelques pas, Zane finit auprès de l’arbre où elle se trouvait et se contenta de rester à une distance respectable afin de ne pas lui imposer cette présence qu’elle ne souhaitait probablement pas. Là, il posa ses yeux sur elle, ce regard qui était le dernier vestige de sa jeunesse passée et qui conservait en lui tous les sentiments qu’il avait pour elle mais qu’il s’interdisait désormais de montrer tant il savait que ce monde n’était pas le sien et que sa vie ne pourrait jamais être la même que dans son passé. D’ailleurs, tant de choses étaient différentes aujourd’hui : Emma était morte tandis que Leïa avait sombré dans la folie. Namibe elle-même avait changé en devenant une mercenaire qui se battait en dehors du fanion de l’île cachée. Toutes ces choses, le dragonnier les avait apprises par des gens qui étaient acquis à sa cause et qui formaient un véritable réseau d’informateurs. Tout cela, il allait devoir le confier à la jeune femme qui faisait elle aussi partie de toutes ces personnes qui représentaient le mince espoir de ce monde. Mais avant cela, il tenait à s’expliquer sur certaines choses et il allait le faire de manière concise, chose qui ne ressemblait pas à cet homme pour qui parler fut la seule façon de ne pas sombrer la folie de combats qui avaient décimé tous ceux qu’il considérait comme des frères et des sœurs.


- « Tu as raison Namibe, c’est bien à cause de mon golem que je me retrouve dans cet état. Même si je ne l’utilise pas, jour après jour, je m’affaiblis un peu plus et d’ici peu, je deviendrai à mon tour cette créature car telle est la malédiction de ma famille. Ainsi, lorsque le golem a fini de puiser les forces de son maître, ce dernier devient golem à son tour. Ce fut le cas de mon père et ce sera le mien aussi, je ne pourrai jamais changer ça. »

Zane restait immobile tout en prononçant ses paroles jusqu’à ce que une quinte de toux vienne l’interrompre. Après quelques secondes, il reprit ses explications avec une respiration qui restait nettement saccadée.

- « Si j’ai quitté Ynis de manière si précipitée c’est parce que le golem prenait de plus en plus le dessus sur moi et que je risquais à tout moment de m’en prendre à quelqu’un. Aujourd’hui encore, je dois fournir de nombreux efforts pour empêcher sa fureur de m’envahir. Je ne cherche pas à ce que tu me pardonnes mais je tenais à te donner une explication. »

Le dragonnier ne rajouterait plus rien de lui-même sur ce point car tout était dit. A présent, libre à elle de croire où non à ce qu’il venait de dire, là n’était pas le problème ni même la raison pour laquelle il avait tant cherché à la revoir une dernière fois. Cette raison, c’était peut-être elle que la mercenaire attendait en ce moment à moins que ses nausées ne prennent trop le dessus sur sa raison et le seul remède qu’il pourrait lui apporter se trouvait actuellement entre les mains de la fillette qui mettrait encore un petit bout de temps avant de revenir de la source.

Après une nouvelle quinte de toux, presque anodine au vu de l’intensité de la précédente, le nomade serra un plus son morceau de bois dont l’extrémité était déjà teintée par son sang. Il devait désormais lui donner les dernières explications dont elle avait besoin afin de tout comprendre et c’est ce qu’il fit d’une voix posée qui ne laissait pas de place aux faux-semblants.


- « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, je ne compte pas mourir tout de suite et pour cela, j’ai besoin d’un peu d’aide et la seule personne pouvant m’en apporter n’est autre que toi. J’ai besoin d’un produit suffisamment puissant pour allonger un peu le temps qu’il me reste à vivre. Ce n’est pas que je considère ma vie comme importante mais je ne peux pas mourir avant d’avoir eu le temps de laisser à quelqu’un toutes mes connaissances sur le futur. C’est la dernière chose que je puisse encore faire aujourd’hui. »

Bien que très diminué physiquement, Zane ne voulait pas devenir totalement inutile. Avant de mourir, il tenait à former ces personnes qu’il commençait à réunir autour de lui afin de lancer une attaque qui avait toutes les chances de réduire les troupes adverses mais pour cela il avait besoin d’un temps qui lui faisait cruellement défaut. Quoi qu’il en soit, il ne savait pas si elle accepterait de l’aider avec tout ce ressentiment qu’elle montrait pour lui.

- « Je sais que tu es une mercenaire à présent et même si tu me détestes, considères alors que ce que je te demande est un contrat que je te paierai largement une fois qu’il sera accompli. »

Zane ne comptait plus sur un quelconque attachement qui pourrait peser en sa faveur mais il voulait croire que Namibe se battait malgré tout pour la même cause bien que ce soit d’une manière différente. Et d’une autre manière, il croirait encore et toujours en celle qui s’était si longtemps battu à ses côtés même si c’était dans une autre vie et dont l’un des derniers vestiges de leur union était cette bague en argent qu’il conservait toujours au doigt où elle l’avait glissé.
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Namibe Stark
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Ven 11 Juil - 22:50

c'est un peu court, mais j'étais un peu à court d'inspiration, et je n'avais pas envie de tartiner

    Après avoir vomi, le front pâle et les joues moites, Namibe s’aida de l’écorce pour se redresser. Elle s’adossa alors à l’arbre et d’une main absente se massa les cuisses. Les douleurs se réveillaient un peu, et les éraflures la tiraient un peu. Lorsque la voix de Zane intervint, il était plus près qu’elle ne s’y était attendue. Elle releva son visage blafard vers lui, et chercha de ses yeux un peu éteints traces de la fillette. Il avait dû la congédier, pour lui épargner la vue d’un tel spectacle. L’alchimiste secoua la tête et écouta vaguement ce que Zane avait à lui dire au sujet de ce golem. Il lui expliqua tout, sans qu’elle ne sache pourquoi. Elle le regardait, les yeux plissés, puis fronça les sourcils et alla s’asseoir plus loin. Cette entrevue, étant donnée sa nausée, Zane et l’état de celui-ci, lui était pénible. Elle trouva une pierre, grinça des dents en sentant la roche appuyer sur ses plaies, puis y appuya ses mains. Au bouts de quelques instants, elle se prit la tête dans les mains, visiblement préoccupée. Les quintes de toux de Zane l’énervaient. Elles lui rappelaient les siennes. Celles qu’aujourd’hui elle n’avait presque plus. Se rendait-il compte qu’elle n’avait jamais autant souffert de ses propres crises qu’au contact de cet homme ? Il avait installé en elle la dualité qui avait commencé à la consumer… Lui et ses belles paroles, lui et ses promesses qu’elle avait eut l’affront de croire. Dans sa cité, en dépit du froid, en dépit de l’alcool et des coups, elle n’avait pas souffert comme sur Ynis… Zane avait prétendu tuer l’assassin, mais il n’en avait pas le pouvoir.
    Cet homme était faible face à ce que signifiait le passé de Namibe. Il était faible de croire qu’il avait en lui de quoi tuer un assassin de la guilde blanche, moralement. Les yeux qu’elle dardait à présent sur lui étaient de braise, intenses. Ils inspiraient quelque chose de très étrange, comme une espèce de… victoire.

    C’est alors qu’il reprit la parole. Pour une chose qui la surprit particulièrement. Il lui demandait de l’aide. Namibe l’écouta, les sourcils froncés. Une moue mécontente passa sur son visage. Elle fit doucement « non » de la tête, jusqu’à ce qu’il reprenne la parole pour lui faire une remarque au sujet des mercenaires. Là, elle redressa la tête et plissa les yeux. Accoudée à ses genoux, elle ne releva qu’une main pour le pointer du doigt.

    « Modère tes propos, Zane. Je suis peut-être devenue une vile mercenaire, mais ce n’est pas seule que j’y ai été poussée » Elle lui sourit d’un air sarcastique. « J’avais trouvé une guilde, des maîtres et de futurs frères, peut-être, sur Ynis. Nous ne le saurons jamais. Ni moi, ni toi et ton passé auquel je ne sais plus croire » Elle se leva et fit quelques pas pour s’approcher de Zane. Si lui avait eu la réserve de rester à distance, elle ne l’eut pas. Proche de lui, titubant toujours, elle lui donna une tape sur l’épaule pour le faire reculer, sans la moindre considération pour son état. « Le mercenariat m’apporte plus que tu ne l’as fait » Elle fronça les sourcils. « Tu sais, Zane, je ne te crois plus. Je ne pense pas que tu viennes de notre futur. Au mieux, tu viens d’un autre monde, différent du notre… » Elle sourit « Ce que je vais dire, tu vas le détester, mais je suis presque heureuse qu’Emma soit tombée. Elle était valeureuse et ne méritait sans doute pas ce sort, mais au moins elle m’aura prouvé, enfin, que tu t’es trompé. Elle m’aura prouvé que ces promesses que tu as fait planer sous mes yeux n’étaient pas celles d’un futur assuré. »

    Elle soupira, avec un souffle méprisant, puis lui tourna le dos pour s’en aller un peu plus loin. A tourner en rond comme ça, elle avait l’air d’un fauve en cage, qui attend l’occasion d’exploser et de bondir. Elle alla s’appuyer à un arbre, toujours nauséeuse, mais cette fois-ci ne vomit pas. Toujours dos à lui, elle lui dit « C’est tout seule que j’ai soigné mon âme »

    De très longues secondes s’écoulèrent ensuite dans un silence que Namibe apprécia. Dans sa tête, ses réflexions l’avaient envahie, c’en était presque devenu douloureux… Finalement, elle lui refit face et lui dit simplement : « Avec quoi est-ce que tu paieras ? » Le regard noir qu’elle lui jeta exprimait clairement ce qu’elle avait en elle. Dorénavant, leur seul et unique lien serait celui de cette mission. « Lorsque j’aurais fini, je ne veux plus te revoir, suis-je claire ? » Elle plissa les yeux. « La fillette sera ton seul réconfort. »
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Sam 12 Juil - 15:07

Il était difficile d’être sûr qu’elle écoute ce qu’il avait à lui dire tant elle semblait sous l’emprise des effets secondaires de cet alcool qui embaumait l’air d’un parfum qui le dégoûtait. Toutefois, il ne s’était pas arrêté pour autant tout d’abord parce qu’il n’en avait pas le temps mais aussi parce qu’il savait que plus vite il aurait fini et plus vite elle n’aurait plus à se plaindre de ces mots qui devaient résonner bruyamment dans sa tête sous l’effet du liquide. De toute manière, il ne considérait pas qu’il devait prendre des égards face à quelqu’un qui avait trop bu et lorsqu’il eut terminé et après avoir vu ce regard si particulier qu’elle lui offrait, il comprit qu’il allait en prendre pour son grade et c’est sans dire le moindre mot qu’il s’apprêtait à l’écouter tandis que, contrairement à lui, elle s’approchait.

Comme il l’avait espéré, cette demande d’aide avait attiré son attention contrairement à son état de santé dont elle semblait n’avoir pas grand chose à faire. Elle commença alors à cracher une sorte de venin qui ne le surprit qu’à moitié. En fait, il avait conscience que le moment était venu pour elle de vider son sac et l’en empêcher aurait été un acte aussi stupide qu’inutile. Il fit donc face à ce mépris qui passait par ces mots mais aussi par ces gestes. Il écouta avec attention toutes ces illusions auxquelles elle ne voulait plus croire et c’est sans bouger d’un seul millimètre qu’il l’écouta clamer qu’il ne venait pas du futur. Tout cela ne signifiait pas qu’il était d’accord avec elle mais plutôt qu’il n’avait pas à intervenir dans ce monologue. D’ailleurs, elle qui était beaucoup plus concise que lui d’ordinaire, semblait inverser les rôles, encore que ceci n’avait pas beaucoup d’importance.
Qu’est-ce qui pouvait bien passer par la tête du dragonnier au moment-même ou la jeune femme semblait profiter de l’occasion pour enfin exploser ? Et que cherchait-elle à faire, à obtenir de cette façon ? Une libération ? Une attaque destinée à le blesser un grand coup ? Difficile à dire. En tout cas, après lui avoir tourné le dos et trouvé un arbre sur lequel s’adosser, elle lui confia que c’était uniquement par elle-même qu’elle avait soigné son âme. Cette courte phrase semblait être l’aboutissement de tout son déballage et pour la première fois, Zane y perçut une tristesse sincère mais camouflée. Peut-être se trompait-il sur ce point mais quelle importance cela pouvait-il avoir puisqu’il continua à rester dans son mutisme ?

Vint ensuite un long silence durant lequel seuls les bruits de la forêt se firent entendre tout autour d’eux avant que Namibe ne fasse à nouveau face à l’ancien gardien qui n’avait pas bougé depuis qu’elle s’était adressée à lui. Finalement, elle acceptait sa requête sans avoir au préalable montrer qu’elle ne croyait pas qu’il disposait de moyens pour payer ses services. Puis, lorsqu’elle eut finit de cracher son venin, l’invocateur fit quelques pas jusqu’à arriver à son niveau et lorsque ce fut le cas, le dragonnier se saisit du col des vêtements de la jeune femme pour la faire basculer en arrière tout en effectuant un balayage au niveau de ses jambes de sorte que cette dernière se trouve désormais allongée au sol. Une fois à terre, Zane sortit sa lance qui se trouvait toujours dans son dos et pointa l’une de lames en direction de Namibe de sorte qu’elle ne cherche pas à se relever. Cette prise, il l’avait exécuté avec une vitesse et une dextérité que son état physique ne laissait pas envisager. Bien que très affaiblie, l’ancien gardien n’était pas totalement dénué de techniques et l’effet de surprise jouait ici pour lui. A présent, c’était désormais lui qui portait un regard noir sur elle.


- « C’est vraiment pathétique. Comment peux-tu utiliser la mort d’Emma de cette manière ? Ta haine t’aveugle et n’a aucun sens si ce n’est de tenter de te convaincre que je suis responsable de tes désillusions. Enfin, je suis très content pour toi de savoir que tu te sens enfin mieux, tu dois être visiblement la seule à aller si bien dans cet enfer. »

Son mépris se reportait sur chacun de ses mots qu’il lui adressait avec colère. Il aurait pu continuer à lui dire à quel point son attitude était pathétique mais il estimait que cela ne servirait à rien. Il ne pouvait pas dire qu’elle avait tort sur tous les points mais sa colère était mal placée tandis que son négationnisme était une insulte à tous ceux qui étaient tombés au combat dans le futur. Il voulait désormais s’éloigner d’elle et la laisser décuvée tranquillement mais avant cela, il avait une dernière chose à lui remettre.
Zane finit donc par jeter à coté d’elle une bourse en cuire contenant plusieurs pièces d’or dont la valeur était loin d’être négligeable puisque avec ces pièces, elle pourrait facilement mener un train de vie luxueux pendant un bon bout de temps.


- « Voilà l’argent promis pour tes travaux. Fais en ce que tu veux, tu peux même partir avec dès maintenant si tu le désires mais si tu souhaites rester alors le grand chêne qui se trouve à ta droite comporte en hauteur une petite cabane qui se trouve être un laboratoire dans lequel tu pourras travailler tranquillement. Je l’ai préparé spécialement pour toi mais libre à toi de croire que tout ceci n’est encore qu’un mensonge. »

Après cela, sans la quitter du regard, le dragonnier planta sa lance dans le sol d’un geste violent avant de s’éloigner loin de l’endroit ou elle se tenait encore.


Pendant ce temps, la petite Lili avait eu le temps de remplir un petit sceau d’eau qu’elle s’empressait désormais de rapporter à son père qu’elle ne trouva pas là où elle l’avait quitté tout à l’heure. Toutefois, Namibe étant encore présente, elle courut donc vers elle pour lui apporter les serviettes et l’eau qui lui permettraient de se rafraîchir un peu. Bien sûr, elle ne soupçonnait pas ce qu’il venait de se passer quelques instants avant son retour et c’est avec son sourire d’enfant qu’elle se présenta devant la jeune femme.


- « Mission accomplie ! » lui dit-elle en souriant et en faisant un geste qui ressemblait vaguement à un salut militaire.

A présent, toutes les deux se retrouvaient seules au beau milieu de la forêt. Visiblement, Lili ne partirait pas avant d’être sûre que sa « patiente » aille mieux et c’est en position accroupie qu’elle attendait désormais une réponse de celle dont lui avait si parlé son père avec une tristesse que son jeune âge ne lui avait pas permis de comprendre pleinement.
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Sam 12 Juil - 19:16

    Elle regarda d’un air mauvais Zane, tandis qu’il s’approchait. Elle ne s’attendait pas le moins du monde à ce qui allait se passer, mais elle demeurait venimeuse à son encontre. Tout à coup, elle se sentit soulevée puis plaquée au sol. Elle songea à se relever, mais la lame de la lance de l’homme vint l’en empêcher. Il n’était alors pas si infirme qu’il voulait bien le laisser croire… Crispant ses poings dans la terre, s’en voulant de ne pas avoir réagit assez tôt, Namibe répondit à son regard noir par un sourire mauvais. Cependant, il s’évanouit dès qu’il parla d’Emma. Qu’il la trouve pathétique, pour parler crûment, elle n’en avait plus rien à foutre. De plus, il se trompait lourdement. Namibe avait été attristée par la disparition d’Emma, qui était à son sens une bonne dirigeante. La jeune femme avait été fauchée trop tôt, car elle avait bien des choses à faire encore pour son île. Namibe avait eu beau abandonner Ynis, elle n’en admirait pas moins ceux qui avaient su se battre pour elle. Et aucun sacrifice n’était, à ses yeux, à prendre à la légère. Lorsqu’elle parlait d’avantage, ça n’était qu’une façon cynique de rappeler à Zane à quel point il était loin de sa réalité. S’il pensait que c’était la haine qui aveuglait l’alchimiste, alors lui aussi avait été aveuglé par ses propres sentiments. Mais Namibe n’avait plus la moindre peine pour lui. Elle comprenait ce qu’il pouvait se passer dans la tête de Zane, mais elle n’avait plus la moindre compassion pour lui. Il s’en était fait une ennemie, en la traitant de la sorte. Il trouvait qu’elle s’en sortait bien dans ce qu’il appelait un enfer. Là encore elle ne répondit pas, et se contenta de crisper plus encore les poings. L’homme avait-il réellement cru un instant que Namibe était de sa trempe ? Avait-il cru qu’elle était femme à prendre les âmes pour la veuve et l’orphelin ? Ce monde avait traité comme des immondices les frères de la jeune femme. Ce qu’elle avait été, et ce qu’elle était devenue, quand bien même les démons se retiraient un jour, ne serait jamais accepté à la lueur du soleil. Et il voulait qu’elle se prenne d’empathie pour ce monde ? Individualiste.
    D’une voix basse, presque inaudible et pleine de fiel, elle lui glissa simplement :
    « Imbécile. »

    Il poursuivit ensuite sa tirade en balançant à côté d’elle la bourse. A l’oreille, Namibe su qu’elle était bien pleine. Elle ne prit même pas la peine d’y jeter un coup d’œil. Ses pupilles écarlates semblaient ne pas pouvoir se décrocher de lui. Il lui parla également de la cabane. Une fois de plus, elle ne dit rien, son visage étonnement inexpressif, ce qui était toujours signe de colère chez elle. Se rendait-il compte de l’imprudence de ce qu’il lui disait ? Namibe avait bien changé. Le combat contre son géniteur l’avait comme métamorphosée, et sa puissance s’était accrue de telle manière qu’il ne l’avait jamais, elle pouvait en être sure, connue aussi redoutable. Or il venait de signer pour elle une chose que, peut-être, il n’aurait pas dû.

    A présent, il était l’ennemi de Namibe, sur ce continent. Lorsqu’il planta la lance, elle n’esquissa pas le moindre geste, pas le moins du monde impressionnée. Elle se contenta de se redresser, lorsqu’il fut assez loin. Assise en tailleurs, elle suivi du regard la fillette qui revenait vers elle. Celle-ci lui tendit tout ce qu’elle était allée chercher. Sans un mot, d’abord, Namibe prit les serviettes et l’eau fraîche, et s’aspergea le visage. Ses cheveux détrempés ondulant autour de son visage blafard, et sans la regarder, elle dit à la fillette d’une voix qui se voulait douce :
    « Je te remercie, je me sens beaucoup mieux, d’un coup… » Elle la regarda et lui sourit d’un air étrange. « Beaucoup mieux » Après avoir rendu à la fillette ses serviettes et l’eau, elle se leva et défroissa ses vêtements. Elle titubait toujours un peu, mais elle avait l’esprit très clair. Finalement, elle s’accroupit face à Lily et lui demanda son nom. Lorsque la petite lui eut répondu, Namibe lui dit et posant sa main sur la tête de la fillette : « Ecoute-moi, Lily, va chercher ton papa, et dis-lui que je l’attends dans cette cabane, là haut. Tu veux bien faire ça pour moi ? » Et sur ces mots, elle lui adressa un sourire plein de douceur. Sans toucher à la lance de Zane, elle se releva et fit demi-tour. Même dans son état, il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour atteindre la cabane. Elle avait emporté avec elle la bourse que Zane lui avait jetée au visage. Là haut, elle s’assit en tailleurs à même le sol. Le dos droit, le visage baissé comme si elle s’était assoupie, elle ne bougea plus d’un poil…

    Elle attendrait Zane des heures s’il le fallait, sans bouger.

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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Dim 13 Juil - 4:18

Namibe n’avait pas prononcé le moindre mot mais le dragonnier savait parfaitement qu’il ne s’en tirerait pas à si bon compte car ce n’était pas vraiment le genre du personnage. Toutefois, sa colère avait pris le dessus sur ce qui pouvait l’attendre et mettre un peu de distance entre eux s’était imposé tandis que Lili s’occupait d’elle désormais. De son côté, Zane était parti s’adosser à un tronc pour réfléchir à tout ce qui venait de se passer. Etrangement, il ne se remettait ni lui ni elle en question. En fait, c’était plutôt la nostalgie de leur relation passée qui occupait ses pensées en ce moment. Il aurait pu passer des heures à chercher des explications au fait que rien ne ressemblait au passé de son monde mais la raison à cela était plus qu’évidente et d’une simplicité extrême : sa simple venue dans le passé avait changé à jamais le cours du temps. C’était d’ailleurs la seule et unique explication au fait que tant de choses était différentes aujourd’hui comme la mort d’Emma et la folie de sa sœur. Tout cela, il en avait parfaitement conscience et cette vérité, il allait devoir la supporter jusqu’à ce que son cœur s’arrête à jamais de battre.

Pendant ce temps, Lili s’occupait de la jeune femme même si c’était plutôt cette dernière qui s’occupait finalement d’elle-même. En tout cas, comme elle l’avait dit, la fillette considérait que sa mission était accomplie et se réjouissait d’entendre sa patiente confirmer qu’elle allait beaucoup mieux. De plus, la mercenaire lui confiait une nouvelle mission que l’enfant prenait comme un témoignage de confiance et un petit jeu auquel elle acceptait volontiers de jouer, elle qui n’avait pas vraiment l’habitude de s’amuser avec de nouvelles personnes. Elle commença donc à courir pour rejoindre son père non sans avoir au préalable adressé un petit signe de la tête et un grand sourire pour lui montrer que son message était entre de bonnes mains.

Lorsque Lili arriva auprès de son père pour lui transmettre le message, ce dernier lui fit une petite tape sur la tête tout en lui souriant.


- « Parmi tous mes messagers, tu es celle qui a le plus beau sourire Lili. Je crois que si tu continues comme ça je vais te songer à te nommer messagère en chef. »

A l’annonce de cette nouvelle, la petite fille bondit sur place. Chaque enfant cherche à rendre ses parents fiers de lui et la reconnaissance que lui témoignait continuellement son père d’adoption était une chose que Lili affectionnait par-dessus tout tant elle avait cruellement manqué de chaleur dans cet orphelinat surchargé par les orphelins de guerre.
Après avoir pris connaissance de ce fameux message, le dragonnier se leva avec difficulté avant de demander à la fillette de commencer à faire réchauffer le repas, chose qui lui était tout à fait accessible tant elle faisait preuve d’une grande débrouillardise. Reprenant sa canne de fortune, il marcha en direction de l’arbre dans lequel se trouvait le laboratoire et ce n’est qu’une fois Lili éloignée qu’il se permit de tousser. En effet, Zane cherchait toujours à éviter de se montrer trop faible devant la fillette qui s’inquiétait déjà beaucoup sur sa santé. Ainsi, lorsqu’il le pouvait, il se mettait à l’écart pour se libérer ou essuyer le sang qui s’écoulait de son nez ou de sa bouche. Une fois sa crise passée, l’ancien gardien utilisa le système de montée mécanique qui permettait de se rendre sans effort jusqu’à la cabane située en hauteur. Cette sorte d’ascenseur avait été difficile à installer mais son côté pratique compensait le mal qu’il s’était donné durant la mise en place.

Après quelques instants, il finit par entrer dans la petite cabane que lui-même avait dotée d’un équipement certes rudimentaire mais suffisant pour ce que Namibe aurait à faire, si elle acceptait encore de s’exécuter. En tout cas, il la trouva assise en tailleurs au milieu du sol dans une position qui laissait croire qu’elle était assoupie. Bien sûr, ce n’était pas le cas et d’ici peu, l’ancien gardien savait que la jeune femme ne serait plus dans la même position. Elle qui souhaitait éviter sa présence avait souhaité le voir en privé et ceci était loin d’être innocent. Bref, tous deux savaient que la rencontre allait produire des étincelles et Zane voulait rapidement être fixé sur ce qu’elle lui préparait d’où le côté clairement direct de sa question.


- « Que comptes-tu faire Namibe ? Me tuer ? Te battre contre moi ? » demanda-t-il en essayant de capter le moindre signe venant de sa part tandis que sa voix portait sa résolution.

Zane, qui était resté dans l’encadrement de la porte, fit deux pas en direction de la jeune femme avant de s’arrêter de nouveau et de prendre une nouvelle fois la parole.


- « Avant que tu tentes quoi que ce soit, il y a une chose que je souhaite te dire : je suis effectivement responsable de la situation actuelle. Je suis le seul élément qui n’ait pas d’existence propre dans ce monde et si je n’y étais pas venu, Emma ne serait pas morte. L’histoire n’est pas censée changer par elle-même et mon intrusion à provoquer des changements. La seule chose dont je suis sûr c’est que la fin de l’histoire sera par conséquent forcement différente de celle que j’ai connue. »

Cela n’apaiserait probablement pas la jeune femme et ceci n’était pas le but de toute façon. En tout cas, il avait tenu à lui confier ces mots qui cachaient l’espoir d’une fin différente pour ce monde. Elle n’y serait peut-être pas sensible mais elle en aurait au moins connaissance. A présent, le moment était venu pour elle de dévoiler la raison pour laquelle elle l’avait fait venir ici. Avant cela, il fit encore deux pas dans sa direction avant de sortira de sa veste cette sphère d’eau qui contenait tant de souvenirs précieux de sa vie passée. Il jeta cette dernière sur le sol avant de l’écraser d’un violent coup de pied qui la réduisit en miettes tandis que l’eau se répandait sur le parquet.

- « Mon passé n’a plus d’importance. Ces souvenirs ne sont plus que ceux d’un vieillard qui ne s’y ait que trop enfermé et quoi que tu décides à présent, sache que je ne reculerai plus. Je suis encore capable de me battre Namibe ! » s’exclama-t-il en frappant violemment le mur par dépit.

Le geste que venait de faire cet homme dépassait toute colère si ce n’est celle qu’il se portait à lui-même. Cette sphère était son bien le plus précieux et la mercenaire devait en savoir quelque chose. En fait, le dragonnier voulait désormais se focaliser sur les vivants et ceux qui se battent jour après jour. Namibe ne partageait pas la même vision des choses mais il voulait lui montrer qu’il se battrait jusqu’au bout. A présent, c’était à elle de dévoiler ses intentions tout en sachant que celui qui se trouvait en face d’elle venait de mettre fin à l’une de ses dernières faiblesses, déliant ainsi des chaînes qui le retenaient encore.
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Dim 13 Juil - 12:38

Ce n'est pas très long, mais ça va de paire avec le fond ^^

    Durant tout l’énoncé de l’homme, Namibe ne laissa strictement rien transparaître dans son comportement. Toujours immobile, ses cheveux qui avait glissé devant son visage rendaient impossible la tâche de savoir ce qui se passait dans cette tête blonde… Et des choses, finalement, il n’en restait pas tant. Depuis qu’elle s’était assise là, et qu’elle l’attendait, Namibe n’avait fait que se rejouer par avance la scène qui suivrait. Que ressasser ses mots. Ce qu’ils impliquaient. Ceux que Zane proféra, elle les trouva inutiles et sans importance. Pensait-il vraiment avoir cet impact là sur le monde ? Namibe était persuadée qu’il ne l’avait pas, pour différentes raisons. A son goût, Zane venait, au mieux, d’un monde à des lieues de celui-ci. Elle était une scientifique, qui s’appuyait sur des faits précis. En tant que chevaucheuse, elle avait eu vent d’à peu près tout ce qui se passait sur Ynis. Et en ces deux ans, durant lesquels Zane et elle se seraient rencontrés dans le passé de celui-ci, nulle trace de Zane. Du vrai. Juste celui-ci, cet héroïque empêcheur de tourner en rond. De plus, il y avait ce voyage qu’elle avait fait chez elle. Zane, visiblement, ne savait pas où elle avait bien pu rendre… Pourtant Namibe était sure d’une chose. Un jour devait venir, qui qu’il en soit, où elle tenterait de venger les siens.


    LE VERMEIL, POUR LA BLANCHE GUILDE.


    Et Zane prétendait lui faire oublier cela ? C’était comme lui faire oublier, à lui, la mort de Namibe et des siens dans son passé futur.

    Un son tout à coup vint interrompre ses réflexions. Il avait brisé du verre et, relevant tout juste assez son visage pour apercevoir l’eau qui se répandait, elle comprit. Il venait de briser sa sphère de souvenirs. Alors il était prêt. Et Namibe aussi. Elle se sentait très calme. En elle régnait un silence et une paix de mauvais augure.

    Appuyant sa main gauche au sol, elle déplia ses jambes et se leva. Elle resta ainsi quelques longues secondes. Elle ne titubait plus le moins du monde. Lentement, elle releva son visage, découvrant ses yeux clos et sa bouche close elle aussi…

    Le regard d’un démon. D’un… dragon ? L’iris de Namibe, plus écarlate que jamais, s’était comme élargit, quant à ses pupilles, elles étaient aussi étroites que celles d’un reptile frappé par la lumière. Il n’avait pas cru à cette puissance qui couvait en elle. Il l’avait provoquée. A présent encore il pensait la combattre. Quel idiot.

    Namibe, braquant ce regard envoûté sur lui avec une haine et un courroux impossible à entrevoir, saisit à sa ceinture la bourse qu’il lui avait balancé comme à un chien. Avec fulgurance, elle la lui jeta en pleine figure, contente du son produit par les pièces au contact du sol, après lui avoir marqué le visage. Elle ne saisit aucune arme, mais se tint en position, discrètement, au cas où à nouveau il compterait la prendre de court. Dans une forêt, diminué et dans une cabane en bois, il eut été de mauvais goût pour Zane de la provoquer trop avant. Namibe, toujours sans la moindre arme, s’avança alors, elle ne fit qu’un pas ou deux et se tenait toujours à distance de lui. D’une voix pleine de fiel et de dégoût, elle lui dit ces simples mots :


    « Ne – me – juge – pas. »


    Il n’en avait pas le droit. C’est alors qu’elle se remit en branle et arriva à son niveau. Son épaule heurta celle de Zane avec violence et s’y appuyant, elle tourna vers lui cet inquiétant regard, plein de promesses…

    « Fais en sorte que nos chemins ne se croisent plus. Si ça n’était pas le cas, crois-moi tu aurais des surprises… »
    Sur ce, elle donna un coup dans son épaule et sans prendre la peine d’utiliser un quelconque moyen pour descendre, elle se contenta de bondir hors de l’arbre pour, s’aidant au passage de quelques branches, retomber sur le sol feuillu de la forêt. Elle avait refusé l’or et la mission de Zane. Elle le laisserait à son agonie très volontiers… Car cela lui éviterait le sale boulot.

    C’est alors qu’un souffle s’éleva en elle.


    LIEE ?

    Elle ferma les yeux avec un sourire et donna son âme à la conversation.

    Obb, rejoins-moi s’il te plait.
    DES PROBLEMES ?
    C’est possible, oui. Rejoins-moi vite.
    TON AME… ETRANGE
    Je sais… dépêche-toi.


    Le coursier chassait non loin, et en percevant ce qu’il se passait en Namibe, il était venu s’en rendre compte par lui même… Quant à elle, elle fit quelques pas pour s’éloigner de la cabane. Elle n’avait cure de se perdre, Obb la trouverait quoi qu’il en soit.
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Dim 13 Juil - 22:02

Lorsque Namibe quitta la cabane, il comprit qu’il était inutile de la suivre car à présent, tous deux n’avaient plus rien à faire ensemble. Enfin, c’est ce qu’elle lui avait comprendre par son manque totalité de sensibilité, sentiment qui s’était totalement effacé face à la haine qu’elle éprouvait face à lui. On ne pouvait pas dire que Zane ne la regretterait pas car elle avait occupé une place très importante dans sa vie mais aujourd’hui, elle n’était plus la même femme et le moins que l’on puisse dire était que lui non plus n’était pas un homme pour elle. D’ailleurs, elle lui avait fait comprendre qu’elle ne souhaitait plus jamais le revoir et que si par hasard cela arrivait tout de même alors il risquait de se produire des étincelles. D’une certaine façon, il ne comprenait pas à quel point elle pouvait en être arrivé à le détester autant mais ceci était vraisemblablement lié à ses mots : « ne me juge pas ». Il avait du mal à croire que tout venait de là mais de toute façon, il n’aurait pas le loisir d’obtenir davantage d’explications sur ce point ni même sur cet étrange regard qu’elle lui avait montré.
Ses yeux semblaient êtres devenus ceux d’un reptile et Zane était suffisamment calé dans ce domaine pour ne pas s’y tromper. De plus, son aura lui avait semblé différente également. Finalement, la jeune femme avait changé elle aussi mais d’une manière qu’il n’arrivait pas à saisir lui qui ne l’avait jamais connu ainsi. Il devait donc la laisser définitivement s’éloigner et c’est à la fenêtre de la petite cabane qu’il l’observait désormais quitter les lieux.

Soudain, alors que l’ancien gardien marchait vers le système mécanique qui lui permettrait de descendre de l’arbre, il vit apparaître, juste à coté de la chevaucheuse, une sorte de portail orangé qui semblait tel un trou noir ouvert au beau milieu de la réalité. Très vite, le portail commença à engendrer un vent contraire qui avait pour but d’aspirer tout ce qui se trouvait aux alentours et si cela continuait, lui aussi serait aspiré à son tour mais pour le moment il pensait avant tout à mettre sa fille en sécurité afin qu’elle ne soit pas entraînée.
Le violent courant le fit chuter du haut de l’arbre mais grâce à quelques branches, sa chute fut amortie. Au loin, il apercevait Hakouryo qui avait pris sa taille adulte et qui s’était placé juste devant Lili afin que le vent ne l’emporte pas. Désormais, Zane n’avait plus qu’à les rejoindre et tenter de s’enfuir d’ici à défaut de pouvoir combattre cette étrange porte. Toutefois, c’était sans compter sur le fait que le trou noir s’arrêta soudainement d’aspirer tout ce qui se trouvait avant que plusieurs choses en sorte.

Très vite, Zane reconnut ces être qui venaient à la fois de traverser le portail mais également ses souvenirs et ses cauchemars afin de prendre de nouveau vie sous ses yeux. Ainsi, deux minotaures venaient d’apparaître au beau milieu de la forêt et au vu de tout leur équipement, chose qui n’était absolument pas courante chez ces créatures à la base, il en déduisit qu’elles ne pouvaient que venir de son futur, seul époque ou ils s’étaient retrouvés équipés des pieds à la tête pour réduire en poussière toute résistance. Cette porte était donc une ouverture sur le futur et c’est lorsqu’il en arriva à cette conclusion qu’il comprit que le moment n’était pas à la fuite mais à l’action car s’il restait ouvert alors d’autres créatures encore plus redoutables pouvaient le traverser et venir plonger ce monde dans le chaos.
A ce moment, il ne cherchait pas à savoir si la mercenaire était loin d’ici ou non, la seule chose qui importait pour lui était de mettre sa fillette en sécurité et pour cela il allait devoir repousser les deux minotaures même si son état physique ne le permettait pas. En tout cas, il s’élançait vers les deux monstres tout en d’adressant à Hakouryo.


- « Pars d’ici et emmène Lili le plus loin possible !! » s’écria-t-il en pointant sa lance, qu’il venait de reprendre, dans la direction des deux colosses qui couraient à leur tour vers lui.

Le choc allait être terrible et même si la lance du gardien était une arme redoutable, il lui serait difficile de contenir les assauts de deux haches qui devaient presque peser 50 kilos chacune. Zane ne pouvait que compter sur sa ruse à défaut d’agilité et c’est ainsi qu’il se baissa pour esquiver les masses tandis que sa lance transperça le cœur des deux minotaures. Ceci n’aurait pas été possible si la lance de Zane n’avait pas été modifié par ses soins récemment. Ainsi, l’intérieur de la lance était constitué d’une chaîne qui lui permettait désormais d’être extensible et de couvrir une plus large portée. D’un simple geste, l’ancien gardien avait donc activé la séparation de l’arme et planté chacune des extrémités dans le cœur de ses deux adversaires qui se trouvaient côté à côte.


- « Cette époque n’est pas la votre… » murmurait-il en retirant sa lance tandis que ses deux adversaires s’écroulèrent sur le sol.

Contre toute attente, le vortex se réactiva et recommença à attirer à lui tout ce qui se trouvait aux alentours et cette fois-ci, il ne put résister à cette aspiration au vu de l’effort qu’il venait de fournir. C’est épuisé qu’il se laissa emporter par ce vortex ne laissant alors que sa voix résonner une dernière fois dans cette forêt. C’est ainsi qu’il disparut après avoir prononcé une dernière fois le nom de celle qu’il considérait comme sa fille…

Lorsque Zane reprit connaissance et ouvrit les yeux, il constata qu’il ne s’était hélas pas trompé concernant la provenance des deux monstres. En effet, le ciel rouge qui se trouvait juste au-dessus de lui indiquait qu’il se trouvait bel et bien dans le futur. Le ciel avait pris la teinte du feu qui consumait le monde tandis qu’aucune végétation ne poussait aux alentours. L’air puait le souffre et la mort tandis que l’on pouvait tomber à tout moment sur des restes de combattants ou de victimes. Pour ceux qui y croyaient, ce monde ressemblait trait pour trait à l’enfer. Le dragonnier retournait donc au beau milieu de son pire cauchemar sans encore en comprendre la raison mais en ayant pour but de pouvoir repartir si cela était encore possible. Toutefois, ses recherches n’allaient pas commencer tout de suite car quelque chose d’autre venait d’attirer son attention et c’était bien la dernière chose à laquelle il pouvait s’attendre. Il se releva donc avec une certaine difficulté et, tout en regardant ce paysage apocalyptique, s’adressa à Namibe qui se trouvait elle aussi présente.


- « Voici le futur Namibe. Voici mon monde. »

Il était inutile de rajouter quelque chose de plus à cela. Tous deux semblaient coincés ici car le vortex avait disparu. Elle qui ne voulait plus jamais recroiser sa route n’avait pas vu sa demande exaucée puisque tous deux allaient avoir nécessairement besoin l’un de l’autre pour sortir de cet enfer.
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Namibe Stark
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Mer 16 Juil - 10:07

    Obb, tu le sens ?
    QUELQUE CHOSE
    Quelque chose approche ?
    NON… QUELQUE CHOSE DEJA LA.
    Bon sang, Obb, dépêche-toi !
    JE SUIS LA.


    Namibe, dont le pas s’était fait tendu, avait sentit quelque chose d’inhabituel dans l’air. Comme un frémissement, la plainte lugubre qui précède la déchirure. Frissonnant, Namibe s’immobilisa et fit volte face. Il y avait quelque chose devant elle, en suspens. Une ombre, une volute… « Obb ? » fit-elle à haute voix, angoissée.


    PAS MOI, LIEE
    Mais où tu es bordel ?!
    DERRIERE TOI.


    Namibe soupira, tout de même soulagée, en sentant les plumes du reptile effleurer son dos. Certes, elle abhorrait d’ordinaire ce contact, mais en l’occurrence, il était de bon augure. Elle empoigna sa lance et se mit en position.


    Il y a quelque chose, juste devant nous.
    PORTAIL.
    Portail ? Mais pour aller où ?
    ...


    Elle haussa les sourcils, inquiète, cherchant du regard une échappatoire. Tout à coup, un hurlement lui vrilla les tympans. Obb le premier subissait l’effet de la brèche qui s’ouvrait. Dans une dimension inférieure à celle de l’alchimiste, il luttait déjà contre la brèche quand la force de celle-ci n’était encore pour Namibe qu’un courant d’air moite. « Obb ! s’écria-t-elle à haute voix. Obb que se passe-t-il ?! »

    PARS LIEE ! SAUVE-TOI !

    Mais c’était trop tard. C’est à cet instant qu’avec un glapissement aigu, Namibe était happée par le portail…


    ***


    « Obb ! Réponds-moi mon frère ! »

    L’atterrissage avait été violent, tant et si bien que Namibe se surprit à arriver consciente. La souffrance de son arrivée dans ce monde était telle qu’en se levant, elle sentit sa colonne vertébrale émettre un sonore et inquiétant craquement. Après une bénédiction à son corset qui jour après jour la tenait debout, et passant une main absente à l’intérieur de ses cuisses, toujours cuisant, elle s’était mise à errer à la recherche de son Coursier. Qu’importe l’endroit où elle se trouvait. Depuis qu’il lui avait sauvé la vie et l’avait soutenue jusqu’au lit de mort de son géniteur, Obb lui était devenu indispensable… Ce qu’elle avait de plus sombre et de plus secret, ce reptile l’accueillait comme un écrin que nul ne pouvait voir. Mais pour l’heure, elle ne le trouvait plus. Aussi avait-elle mit ses mains en porte voix pour l’appeler, inlassablement, d’une voix que l’anxiété et la douleur avaient un peu brisée. Il avait tenté de lui expliquer ce qu’il se passait en cas de changement de dimensions, que la sienne, transitoire, était cuisante lorsque distordue. Le silence qui régnait en elle la terrifiait.
    Tout à coup, il y eut un murmure. Une plainte sourde et grognon. Avec un rire, elle abaissa ses main et alla ramasser sa lance qui gisait plus loin.


    Où es-tu, vieux dragon ? demanda-t-elle à l’âme de son compagnon.
    SOUFFRANCE
    Moi aussi, mais si tu ne m’indiques pas où te trouver, comment pourrais-je t’aider ?
    LE ROCHER… A COTE


    Soupirant, soulagée, Namibe approcha dudit rocher, où son Coursier, abandonnant le camouflage de ses ombres, consentit à lui apparaître. Il n’avait rien de grave, tout juste sonné. Après quelques caresses sur ses écailles mates, absorbant toute trace de lumière tant leur noirceur était profonde, la demoiselle donna une tape à la cuisse monstrueuse du reptile. Obb, lorsqu’il se tenait sur ses pattes arrières, atteignait sans forcer le double de la taille de Dan. Que dire de la taille de Namibe par rapport à lui ? Il était le plus gros de son clan, le plus impressionnant… Le plus violent et le plus impétueux. Le début de leur lien avait été chaotique, pour ne pas dire douloureux. C’est avec le temps que Namibe comprit ce qu’il était et ce qu’il voyait en elle. A dater de ce jour, elle avait trouvé du plaisir dans les souffrances que leurs affrontements lui procuraient parfois. Il était l’amant le plus intime que la demoiselle n’aurait jamais.

    Se moquant un peu de lui, le traitant de petite nature, à quoi il répondit d’un sifflement sonore et vexé, Namibe se dressa sur ses jambes et posa ses poings sur ses hanches. Petit tour d’horizon. Le ciel, rougis, témoignait d’affrontements récents et particulièrement dévastateurs. D’ailleurs l’odeur que jusque là, l’angoisse lui avait masquée, l’envahit tout à coup lui donna la nausée. Appuyant le revers de sa manche à son nez, elle plissa les yeux. Elle ne les voyait pas, mais les monceaux de cadavres qui devaient l’entourer étaient sans nul doute colossaux. Pour l’heure, la brume était encore trop prenante pour qu’elle ne les distingue clairement, mais ceci n’était qu’une question de minutes. Obb, qui s’était remit sur ses postérieures puissantes, s’était placé à ses côtés pour observer, à travers les yeux de sa Liée, le triste spectacle qui s’offrait à eux.


    Où sommes-nous, selon toi ?
    AUTRE DIMENSION… LA MEME TERRE… PLUS VIEILLE
    Tu veux dire que nous sommes dans le futur ?
    NON. AUTRE DIMENSION. L’UN DES NOMBREUX FUTURS.
    Oh je comprends, l’une des possibilité, c’est cela ?
    OUI.


    Songeuse, Namibe replongea son regard dans les alentours.

    Comment ouvre-t-on un portail ?
    MOI RESSEMBLER MAGE ?
    Non, imbécile. Je sais bien que ça n’est pas ton rayon… Je me posais la question, voilà-tout.
    SI QUELQU’UN OUVERT NOTRE PORTAIL… PAS LOIN.
    Tu crois ? Et il pourrait recommencer ?
    SANS DOUTE, OUI.


    Avec un sourire, Namibe étira son dos. Ils allaient devoir se mettre au boulot et le retrouver. La raclure qui l’avait amenée là n’allait pas s’en tirer sans quelques explications. Avec un peu de chances, il s’agissait d’un démon que Namibe avait déjà tué à son époque… C’est alors qu’Obb, à nouveau, émit un fredonnement inquiet. Sortant sa lance sur le coup, l’alchimiste se prépara à voir une nouvelle brèche se former, lorsque tout ce qu’elle vit fut…
    Zane…
    Obb qui déjà l’avait vu par le passé, lorsqu’ils étaient rentrés de la cité de Namibe, réagit violemment à l’intrusion, et l’alchimiste du infliger son esprit un coup puissant pour faire cesser le tohu-bohu qu’il faisait dans sa tête. Elle serra les poings et le tint en joue. Lui se releva, mine de rien, et lui annonça qu’il s’agissait de son monde. Elle aurait besoin de lui, vraiment ?


    C’est surtout toi qui aura besoin de moi, vieux… songea-t-elle
    QUOI ?
    Pas toi…


    « Rassure-moi, tu ne m’as pas suivie ? » Le regard de Namibe respirait l’animosité. Il était, de plus, encouragé par un Obb toujours invisible mais motivé. Avec un soupir agacé, elle lui tourna le dos et sans un mot, choisit une route au hasard pour s’éloigner de lui. Il n’était pas temps de se battre contre lui. Elle avait du pain sur la planche, et bien que c’était volontiers qu’elle mettrait Zane sur ladite planche, elle se préoccuperait d’abord de l’auteur de ce foutu portail.


    Obb, tu vas te promener, tout autour de moi.
    DANGEREUX, ICI
    Non rassure-toi, ainsi si repèrera les groupes de démons qui se trouvent non loin d’ici. Nous les anéantirons tous, jusqu’à ce qu’enfin nous trouvions le bon.
    LIEE TROP FAIBLE, ricana le reptile


    Avec un soupir amusé, Namibe le sentit s’éloigner. Elle arrêta de marcher et se tourna alors vers Zane

    « Tu comptes faire quoi ? »
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Mer 30 Juil - 17:31

Personne, pas même l’esprit le plus tordu possible n’aurait été en mesure de peindre le paysage cauchemardesque qui se trouvait sous leurs yeux. La couleur du ciel, celle du sol et l’odeur étouffante et putride, tout ressemblait à l’enfer. Enfin, la totalité de ce spectacle morbide ne s’était pas encore totalement dévoilée puisque de la brume cachait en partie les alentours. Celle-ci allait peu à peu disparaître à mesure que l’ancien gardien se perdait dans ses pensées et dans ses souvenirs liés si étroitement avec ce monde qu’il aurait espéré ne plus jamais revoir de sa vie. Il aurait voulu que ses pieds ne soient plus jamais en contacts avec cette terre sur laquelle tant de gens s’étaient écroulés après avoir mené une guerre perdue d’avance. Toutes ces pensées ne signifiaient pas la résignation mais le profond déchirement de se retrouver de nouveau à cette époque.
Pour le moment, le mieux aurait été de partir à la recherche d’un moyen pour retourner dans le passé mais c’était sans compter sur ce qu’allait laisser apparaître la brume qui se retirait de plus en plus. Contre toute attente, c’est une sorte de petite cité qui apparut à moins d’un kilomètre d’eux. La ville n’était pas bien grande mais elle bénéficiait de remparts qui semblaient avoir été construit à la va vite. De manière générale, les lieux semblaient avoir été attaqués à plusieurs reprises et il pouvait suffire d’un souffle pour que tout s’écroule. Le plus surprenant n’était pourtant pas l’architecture des lieux mais le fait que de la fumée s’en élevait. Cette dernière n’était pas celle d’un lendemain de combat ce qui voulait dire qu’il s’agissait là d’un foyer destiné à une population. Bref, s’il ne se trompait pas, cette cité-forteresse abritait des survivants, chose que Zane n’aurait jamais crû possible après la chute d’Ynis Witrin.

Cette découverte était tout simplement incroyable et le dragonnier n’avait plus qu’une seule idée en tête : se rendre dans cette cité et rencontrer ces gens qui résistaient encore. Il ne pensait pas que ces personnes seraient en mesure de le renvoyer dans le passé mais peut-être pourrait-il leur être utile et, dans tous les cas, Namibe et lui ne pourraient pas trouver de meilleur endroit où loger. Enfin, la « joie » de cette trouvaille allait très vite être atténuée par une nouvelle découverte laissée par la disparition de la brume. Ainsi, derrière sa position s’élevaient au loin plusieurs nuages de fumées. Habitué des combats et des repérages géostratégiques, il comprit parfaitement que cette fumée ne pouvait pas venir d’autres survivants qui n’auraient jamais eu l’idée de s’installer en dehors de ce qui semblait être le dernier bastion de défense du monde libre. Il fallait donc se rendre à l’évidence : à quelques kilomètres d’ici, une armée se préparait à attaquer la ville et ils étaient probablement très nombreux. Il était bien sûr impossible de donner le nombre exacte d’assaillants mais si l’on considère qu’au moins dix personnes peuvent se placer autour d’un foyer et que le nombre de nuages de fumées était considérable alors cela laissait déjà une petite idée de la taille de cette armée.

Un nouveau combat allait avoir lieu d’ici peu et Zane en serait une nouvelle fois un acteur. Cette spirale temporelle ne l’avait pas seulement absorbé pour le renvoyer dans le futur mais également pour lui faire revivre cet ultime combat perdu d’avance face à ceux qui contrôlaient déjà tout sans même que les dieux n’interviennent. Le dragonnier savait qu’il reprenait son rôle passé mais il ne comprenait pas la raison de la présence de Namibe en ces lieux. Cette faille temporelle n’était pas le fruit du hasard car elle faisait revenir l’enfant qui lui avait échappé mais ceci ne s’appliquait pas à la jeune femme. Quoi qu’il en soit, elle faisait maintenant partie de ce nouveau scénario et lorsqu’elle lui demanda ce qu’il comptait faire, il lui répondit avec une voix qui ne laissait pas de place aux doutes.


- « Je vais reprendre ma place: celle que les sœurs Aleyna m’ont fait fuir et que ce monde me redonne de force. Je ne compte pas réécrire l’histoire, je vais devoir la revivre. » répondit-il en regardant en direction de la ville.

Après ces quelques mots, le dragonnier se concentra et déploya son aura durant quelques instants afin de créer un double fictif de lui-même qui, contrairement à lui, gardait l’image de sa jeunesse. Ce dernier aurait pour but de s’approcher au maximum du camp ennemi et de dresser une liste de leurs forces. Les informations que cette illusion rapporterait seraient précieuses et il attendrait de les recevoir à l’intérieur de la cité. C’est donc par un simple « va » qu’il envoya ce double vers son objectif.
Juste après cela, Zane commença à avancer en direction de cette cité et cette fois-ci il le fit sans s’aider d’un bâton. Bien sûr, on ne pouvait pas dire que son allure était des plus rapides mais il se forçait à tenter de dissimuler ses faiblesses physiques. A ce rythme, il ne lui faudrait pas plus de quelques minutes pour rejoindre le cœur de la ville mais il ignorait encore si la chevaucheuse allait le suivre. Au vu de la haine qu’elle lui portait, il pensait qu’il serait mieux de faire route à part mais la situation ne le permettait pas vraiment. Le moment était à la collecte d’informations et leurs différents devaient être mis de côté. Ceci, il voulait qu’elle le comprenne par elle-même et c’est pour cela qu’il ne rajouta rien de plus jusqu’à ce que tous deux arrivent à la porte principale de la ville. Cette dernière était gardée par plusieurs hommes armés d’arcs et d’hallebardes placés sur le rempart qui la surplombait. Rentrer dans la cité aurait pu s’avérer être un problème mais Zane expliqua que tous deux étaient les derniers survivants de l’île d’Ynis Witrin. En entendant parler de ce lieu de légendes, les gardes s’empressèrent de leur ouvrir et déjà, la nouvelle de leur venue se répandait dans la ville comme une traînée de poudre. Visiblement, les gens de cette ville avaient entendu parler de cette île mais ignoraient qu’elle était tombée.

Zane et Namibe apparaissaient alors, sans le vouloir, comme des sauveurs disposants d’énormes pouvoirs et étant capables de repousser les assaillants mais la vérité était tout autre. Le dragonnier n’avait encore aucune estimation des forces adverses et il voyait déjà à vue d’œil que les derniers soldats de cette cité ne seraient pas en mesure de faire face à des ennemis équipés et en surnombre. Cette cité respirait la pauvreté et la tristesse. Ceci se lisait sur ses murs mais également sur les visages de ces gens qui s’étaient regroupés autour d’eux. Dans cette foule, on retrouvait des vieillards, des femmes, des blessés mais également des enfants trop jeunes pour comprendre les atrocités de cette guerre. Bien sûr, on retrouvait également des personnes valides prêtes à défendre cette ville de toute leur âme mais Zane ne savait que trop bien que ceci ne serait pas suffisant pour vaincre.
Puis, tandis que la foule se pressait autour des deux nouveaux arrivants, l’un des gardes placé sur les remparts s’exclama pour signaler la venue d’un autre inconnu. Ce dernier n’était autre que le double illusoire de l’ancien gardien. On le laissa donc rentrer dans la cité avant qu’il ne disparaisse dans le corps de son créateur qui venait de récupérer toutes les informations dont il disposait.
Tout ce que ce clone venait de voir défilait à présent dans la tête de son maître qui comprit ainsi que la menace extérieure était plus que grande. Ainsi, l’armée qui ne se trouvait qu’à quelques kilomètres de là comportait près de 200 000 mille fantassins qu’ils soient humains, démons voir orcs. Ces troupes à pied étaient soutenues par des troupes aériennes comprenant des dragons et des hapries mais aussi par des géants et des golems. Visiblement, cette attaque se voulait être la dernière et cette armée n’allait pas mettre plus de quelques minutes pour réduire en cendres cette cité qui ne devait pas comporter plus de 30 000 personnes.
Il fallait donc se rendre à l’évidence : le combat était perdu d’avance mais, contre toute attente, aucune résignation ne se lisait sur le visage du dragonnier qui prit la parole devant tous ces gens qui mettaient tous leurs espoirs en eux.


- « Ce que vous venez de voir est une illusion que j’ai créé afin de l’envoyer près du campement ennemi pour tenter d’avoir une estimation de leurs forces. Leur nombre total est proche de 250 000 unités comportant des créatures aussi puissantes que des géants. Je sais que vous avez beaucoup entendu parler d’Ynis Witrin mais je dois vous avouer la vérité la concernant : l’île a été détruite après une attaque massive contre elle et nous en sommes les deux derniers survivants. Ainsi, je ne vous mentirai pas : nous n’avons aucune chance de vaincre ou de repousser l’ennemi. » avoua-t-il dans un silence de mort.

Si Zane avait été vu en héros lors de son arrivé, le moins que l’on puisse dire à présent était que les illusions étaient totalement retombées. Son discours avait été court mais directe. Ses mots ne laissaient présager aucun espoir de victoire car pour lui, il n’y en avait réellement aucun. Toutefois, cela ne signifiait pas qu’une autre voie n’était pas envisageable et c’est avec un regard et une voix affirmé qu’il reprit la parole tandis que des pleurs se faisaient entendre au sein de la foule.


- « Ne pas pouvoir vaincre ne veut pas dire que nous allons mourir. Une solution existe et nous la trouverons mais pour cela, il me faut une bibliothèque ou, à défaut, j’aurai besoin que l’on réunisse tous les ouvrages disponibles ici pour que je les consulte dans une pièce adéquate. J’ai également besoin de rencontrer toutes les personnes capables de pratiquer la magie ou l’alchimie et avec un peu de chance, nous parviendrons à fuir ce cauchemar. »

Sa demande avait de quoi surprendre. Comment pouvait-il faire croire qu’une solution se trouvait dans des bouquins et non dans les armes ? Sa voix n’avait pourtant pas laissé place à un manque de conviction mais son discours n’avait pas convaincu après la terrible désillusion qu’il venait d’installer. Ainsi, personne ne prit la parole pour répondre à sa requête et c’est avec une voix plus forte qu’il la renouvela. Allait-on répondre à sa demande ? Lui qui toussait malgré sa volonté de ne pas le faire semblait avoir perdu sa crédibilité jusqu’à ce qu’une femme, dotée d’un bâton druidique s’approche de lui et accepte de le mener jusqu’à la bibliothèque. Un petit groupe se forma alors autour de l’homme qui comprit que les mages et alchimistes de cette ville voulaient eux aussi croire en cet espoir aussi infime soit-il.
Zane, aussi expérimenté soit-il, n’était pas vraiment un leader mais il avait parlé en tant que tel même si ces mots avaient dévoilé une vérité bien amer. A présent, il devait savoir si Namibe accepterait de le suivre et, c’est d’ailleurs à elle qu’il confia son plan qui relevait presque de la folie.


- « Namibe, nous devons apprendre à maîtriser le flux du temps. Nous allons emmener ces gens dans le passé. » lui confia-t-il avec un sourire confiant.

Il le savait, la jeune femme ne souhaitait pas combattre à sa manière ni à ses côtés et ce n’était pas cela qu’il cherchait à lui imposer. Il voulait tout simplement lui demander une nouvelle fois son aide, et son appel avait d’ailleurs déjà été passé dans ces mots qu’il n’avait pas seulement adressés aux habitants de cette ville.
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Namibe Stark
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Jeu 31 Juil - 22:12

Tu as pris quelques libertés quand même, là >< Tu sais que j’aime pas qu’on promène mon perso… Bref, je fais avec pour cette fois, donc n’édite pas, mais s’il te plait, laisse moi décider de ce que fait Namibe la prochaine fois. Là c’est à des lieues de ce que j’aurais aimé lui donner comme réactions…

    La brume se retirait. Doucement. Le silence entre eux était pesant, mais elle n’en avait cure. Namibe n’avait absolument pas l’intention de se montrer agréable ou conciliante avec lui. Réprimer ses envies de meurtres était déjà assez fatigant comme cela. De plus, elle gardait conscience de la promenade d’Obb, et bien qu’il n’était pas capable de lui donner des images claires des alentours, étant donné que sa vue était très basse, il sentait les vies, le mal, la mort… Et c’était avec les vies, leur souffrance et le morts que l’on dessinait les alentours. Certes, le paysage qui se découvrait était assez apocalyptique, mais il en fallait davantage à Namibe pour tourner de l’œil. Elle n’était pas étrangère aux champs de batailles, et avait vu et fait dans sa vie des choses plus atroces. Ces gens-là au moins avaient eu la décence de mourir « normalement ». Les victimes de Namibe ne pouvaient pas s’en targuer… Tout à coup, avant que leurs yeux ne l’aperçoivent, elle reçut quelques pensées, en désordre, du reptile. A ce qu’il lui envoyait, cela ressemblait à une cité à moitié effondrée. De plus, elle empestait la peur, si bien que Namibe en conclut que ses habitants n’étaient pas des démons… Cela ne les intéressait pas particulièrement, aussi Namibe le laissa-t-elle poursuivre ses investigations plus loin encore. Après avoir quelque peu protesté, ne voulant pas trop s’éloigner d’elle, le reptile finit par obtempérer, et c’est alors que leurs yeux découvrirent la fameuse cité que le reptile laissa une tempête éclater dans sa tête. Il avait découvert les démons. Namibe laissa éclater une exclamation de surprise, que Zane interpréterait sans doute comme la découverte des murs de la cité, puis elle fronça les sourcils, un sourire carnassier aux lèvres. Un, dix ou mille démons, elle n’en avait cure, elle avait de quoi inspecter leurs rangs sans risquer sa peau de trop.


    L’auteur de cette faille peut se trouver parmi eux ?
    PEUT-ETRE… JE SAIS PAS
    Tu ne m’es pas d’une grande aide, là…
    ILS CAMPENT. TRES NOMBREUX… MAIS PAS DE TENSION.
    Ce qui veut dire… ?
    PAS VOUS ATTENDRE.
    Bien, donc nous cherchons ailleurs, c’est bien cela ?
    MIEUX.



    Elle était déçue. Franchement déçue. C’est alors que Zane reprit la parole pour la première fois. Tandis que l’homme parlait de revivre l’histoire, ses mots n’inspiraient à Namibe que fiel. Qui croyait-il sauver ? Ynis était tombée, alors il espérait protéger ces pauvres groupes, tapis dans les ruines ? Le corps de Zane n’était donc pas le seul élément de sa personne à avoir perdu de sa superbe. Elle ne prit pas la peine de lui répondre. Elle n’en avait pas envie. D’ailleurs elle ne voulait pas le suivre non plus.
    C’est alors que d’une caresse mentale, toujours invisible, le reptile lui fit savoir qu’il était présent. Il était juste dans son dos, et elle qui en avait conscience pouvait presque sentir sa masse, cette silhouette colossale peser sur ses épaules. Obb était le plus grand de son troupeau, et il faisait près du double de la taille de Shad, la compagne qui avait choisi Dan. Elle qui pourtant semblait assez grande sous la taille de l’homme… Autant dire que Namibe, montée sur son compagnon, paraissait arborer la taille d’un enfant de petite taille. Mais pour l’heure rien, pas même une ombre, ne trahissait le reptile.


    SUIVRE L’HOMME ?
    Tu penses que c’est une bonne idée ?
    MIEUX QUE RIEN… PEUT-ETRE, LA FAILLE
    J’ai compris…


    Avec un soupir résigné, la main sur le pommeau de la courte lame qui battait sa cuisse, Namibe était prête à la dégainer à la moindre réflexion vaguement déplaisante de l’homme. Elle lui emboîta néanmoins le pas, mécontente.

    Il créa ensuite un double, chose inutile, Namibe l’ignorait, pour faire ce qu’Obb venait de faire lui aussi. Elle ne posa nulle question, comme si un mot lui aurait trop coûté, et se tint très en arrière. Il n’avait peut-être plus sa canne, mais sa démarche demeurait très lente et laborieuse, ce qui agaçait Namibe, qui se réprimait tout de même afin de ne pas arriver à son niveau. Elle jetait des regards mauvais à droite à gauche, dans l’espoir toujours d’apercevoir quelque chose et de pouvoir se porter sur cette piste plutôt que sur celle de Zane. Puis ils arrivèrent aux murs de la cité. Elle n’avait rien de bien impressionnant. Et puis, le sale caractère de l’alchimiste la poussait à rabaisser tout ce qu’elle aurait à vivre aux côtés de l’homme. Il les présentèrent comme les survivants d’Ynis, ce qui l’agaça d’autant plus qu’elle ne souhaitait plus être assimilée à l’île magique. Le sort de celle-ci, comme celui de Zane et de ces pauvres bougres n’était pas de son ressort. Il s’agissait du monde de Zane, pas du sien, et leur seule utilité potentielle était de la ramener chez elle. Ce qui se passa ensuite lui déplut plus encore. Les regards qu’ils posaient sur eux, pleins d’espoirs et de prières… Quelle horreur. Si Namibe officiait dans l’ombre, c’était bien pour s’épargner tout cela. Elle garda sa main à la taille, effleurant du bout des doigts le pommeau en bois de son arme, nerveuse. Elle jetait quelques regards dédaigneux à certaines imprécations, et se dégageait avec un soupir las des mains qui l’effleuraient pour les remercier de ces espoirs qu’ils leur offrait. Obb, sensible à la tension de sa Liée, lui demanda d’ailleurs de se calmer, car sa nervosité avait quelque chose de contagieux. Le plus triste était sans doute ces hommes d’armes, décidés à donner leur vies pour ces murs et pour ces hommes. Ils arrivaient à lui arracher de son respect et de sa compassion, mais leur faiblesse savait également l’agacer. Namibe connaissait dans son monde de nombreux villages dans un état pire que cette cité, qu’elle aidait volontiers. Elle se cachait à ces occasions derrière l’or et la cupidité pour ne pas passer pour la sauveuse, mais il n’empêchait que les paysans qui rebâtissaient leur existence sur la mort et la maladie s’attiraient les seules et uniques prières de la mercenaire. Mais il y avait encore dans ces êtres là, qu’ils soient malades, que les survivants soient peu nombreux, où que leurs chaumières aient pris feu quelque chose que Namibe peinait à trouver ici. La dignité des hommes et des femmes qui retroussaient leurs manches afin de survivre. L’espoir avait quitté les lieux, et même ces hommes d’armes étaient effacés.

    Des spectres. Avec un soupir, Namibe resta en bas. Elle n’avait absolument pas l’intention de se tenir aux côté de Zane dans cette histoire. Elle savait par quel moyen rentrer chez elle… Elle, et Obb. Et si Zane devait rester ici pour jouer les héros, elle ne perdrait pas un instant à tenter de le convaincre du contraire. Elle sauverait plus volontiers chaque démons de l’armée qui grondait au dehors que l’homme…
    Alors il commença un discours, aux mots duquel fit écho un nouveau soupir de Namibe qui alla s’asseoir plus loin pour, voûtée, appuyer ses coudes à ses genoux. Dans son dos, camouflé en partie par des ombres, l’énorme Obb se matérialisa, couché derrière elle. Même dans cette position, il dépassait en hauteur la taille de Namibe debout, peut-être même celle de Zane. Une poignée des survivants le virent et esquissèrent un cri, à quoi Namibe répondit d’un regard menaçant. Elle fit taire toutes protestations, et bien que tremblant un peu, chacun reporta son regard sur Zane, y comprit Obb qui darda ses yeux de braise et sa langue fourchue en sa direction. Il emprunta le regard de sa Liée pour en avoir un aperçu plus net, puis siffla doucement. Dans l’âme de Namibe, le sifflement forma les mots suivants :


    QUI EST L’HOMME ?
    Ce monde-ci est le sien. Il prétend sauver chaque bourgade qu’il croise, et visiblement, celle-ci ne fera pas exception.
    AIDER ?
    Bien sur que non. Nous allons seulement nous en servir, le temps que…
    …DE RETOUR DANS NOTRE MONDE
    C’est ça, vieux dragon.


    Le sifflement satisfait du reptile fut sa dernière influence sur ce monde puisqu’il se fondit derechef dans les ombres, laissant derrière Namibe un vide considérable. Elle n’avait guère prêté attention au discours de Zane. Seulement, un mot retint son attention. L’alchimie.
    Namibe eut alors une réaction pour le moins surprenante. Elle éclata de rire. Cela manquait de tact et de respect, mais elle n’en avait strictement rien à faire. Elle était passée par la torture, et ses ancêtres par les bûchers sans livrer leur savoir. Ce à quoi Zane prétendait était d’une très grande naïveté. D’ailleurs l’alchimie véritable, celle que pratiquait Namibe n’était pas de la magie. Les alchimistes ne liaient pas les mondes, ils modelaient simplement la matière. L’alchimie n’est que variation, et la croire capable de ce genre de « sortilège » était superstition, imbécillité. C’était parce qu’ils les considéraient comme des mages que les simples d’esprits brûlaient les alchimistes.
    Son rire se perdit dans un soupir, alors qu’elle se pencha en arrière. Finalement, elle avait eu tord de le suivre.

    Mais comble de la farce, des « sages » se rapprochèrent, désireux de participer aux lubies de Zane. Elle secoua la tête, puis se releva en s’étirant. Zane, alors à portée de voix, lui confia son plan. L’homme l’étonnait toujours d’optimisme. Quel être pensait-il être ? La magie est nocive aux humains. Ils en oublient leurs limites. Si le mage qui avait créé la faille n’était pas dans cette foule, et à en croire le compte rendu que lui avait fait Obb du camp des démons, Zane n’avait pas la moindre chance de maîtriser ce dont il parlait à temps. Aussi Namibe agrippa-t-elle son bras, un peu trop fort, histoire que ce contact n’ait rien d’agréable, puis elle lui jeta l’un de ces regards assassins qu’elle avait porté sur lui dans la forêt.

    « Si tu veux implanter dans l’esprit de ces hommes un espoir quelconque, fais. Si tu veux risquer ta peau dans l’apprentissage des flux du temps, fais. Je ne perdrais pas le mien. Crever à tes côtés n’est pas dans mon plan. »

    A ces mots, elle bouscula Zane, puis deux trois personnes, et s’éloigna de la foule. Elle sentait Obb lui emboîter le pas, et sourit d’un air sarcastique.


    QUE FAIRE ?
    Pour le moment, nous ne nous éloignons pas. Je n’ai pas l’intention de lui livrer ma science.
    PARTIR ?
    Oui, mais pas loin, je reste sur mon idée, l’auteur de la faille se trouve sans doute tout près. Il nous faut le retrouver au plus vite.
    BIEN
    Et nous reviendrons souvent pour voir où ils en sont, et s’il y a quelque chose à tirer de tout cela.
    ET SI L’ARMEE
    Si l’armée attaque, nous ne restons pas. Ce monde n’est pas le notre, je ne lui offrirait pas ma dépouille.


    Sur ces mots, et sans la moindre considération pour les cardiaques de la foule, elle ordonna à Obb de se rendre visible. La vision avait de quoi surprendre Zane également, puisque le reptile apparût à quelques pouces de lui à peine. Courbé, il se redressa, dardant sa tête aplatie pour toiser les alentours. Ses pattes postérieures impressionnantes battirent la terre alors qu’à l’étroit, il se déplaçait doucement. Il déplia les plumes qui entouraient sa tête et faisaient luire sa nuque, puis oscilla de la tête en direction de Namibe pour l’inviter à grimper. Elle s’aida de ses écailles d’ombres et profondes pour se hisser entre ses omoplates, puis se cambra. Elle adressa un regard à Zane.

    « Ton idée ne me sied pas. J’en cherche une autre et je reviens… »
    Puis sur ces mots, elle intima à son Coursier de l’Ombre de se mettre en marche, et sous les cris de certains habitants qui se jetèrent sur le côté pour éviter non seulement Obb, mais également la queue fourchue qui battait l’air à sa suite, elle leur faussa compagnie à tous. Dès lors, elle se mit en quête des groupes alentours, susceptibles de les avoir menés ici…


Voilà, de cette manière, tu pourras faire avancer l’intrigue à ta guise. Namibe ne restera pas éternellement en retrait. Je n’ai pas envie d’abandonner mon idée non plus, donc je creuse également en toute liberté :3
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Mer 6 Aoû - 1:34

Un nouveau combat était sur le point de se jouer et celui-ci n’offrait aucune chance de victoire, tout comme le dernier qu’il mena dans ce monde. La seule chose qui différenciait ses deux affrontements était la présence de Namibe mais, de toute évidence, celle-ci ne semblait pas se soucier du sort des gens de cette cité et c’est ce qu’elle lui fit très clairement comprendre en le saisissant avec force et en s’exprimant une nouvelle fois avec virulence. Il ne pouvait pas dire qu’il ne comprenait pas sa colère à son égard mais il l’a trouvait totalement démesurée et c’est ainsi qu’il commença à imaginer que quelque chose d’important avait dû se passer depuis son départ de l’île. En fait, à bien y repenser, Namibe n’était plus du tout celle qu’il avait retrouvé depuis son saut dans le temps. Elle n’était pas non plus la femme qui avait partagé sa vie dans ce monde. Aujourd’hui, elle était différente mais il ne parvenait pas à en saisir la cause et, de toute manière, elle ne lui en laissa pas le temps.

Ainsi, contre toute attente, un reptile devint visible aux yeux de tous. La créature était visiblement liée à la jeune femme et devait lui servir de monture puisqu’elle grimpa sur lui. Zane repensa alors au fait que certains chevaucheurs disposaient de puissantes montures pour se déplacer et que ces dernières étaient loin d’être comparables à de simples chevaux. En tout cas, la chevaucheuse n’avait pas possédé de monture dans le futur et il fut surpris de la voir en compagnie de l’une d’entre elles aujourd’hui. Ceci était alors une nouvelle preuve des changements qui s’étaient opérés à cause de son saut dans le temps. L’alchimiste était désormais une autre femme et c’était ce fait qui ne le quitterait plus désormais.
En tout cas, elle décida d’agir par elle-même afin de trouver un moyen de s’échapper d’ici. Le dragonnier ne pourrait donc pas compter sur elle dans ses recherches mais elle avait tout de même ajouté qu’elle reviendrait une fois qu’elle aurait trouvé la solution. Il savait donc qu’il la reverrait tôt ou tard et voulait croire que dans cette quête, elle le surpasserait et parviendrait à s’échapper de ce monde qui ne devait en aucun cas la voir tomber une seconde fois.
Face à cette puissante monture, l’étonnement, voir même une certaine crainte, était palpable dans la foule qui ne devait certainement pas comprendre tout ce qui se déroulait sous leurs yeux. En tout cas, ce n’était pas lui qui allait donner encore plus d’eau au moulin car il ne répondit même pas à celle qui lui montrait tant de haine aujourd’hui, se contentant alors de lui tourner le dos après lui avoir adressé un regard qui montrait qu’il avait compris que tous deux allaient désormais faire route à part durant un petit moment. Pendant ce temps, on l’amena dans la bibliothèque de la cité. On ne pouvait pas la comparer aux gigantesques salles de lectures d’autres villes mais elle devait toutefois contenir des ouvrages en lien avec ses attentes. A présent, le moment était venu pour lui et la poignée de magiciens l’ayant suivi, de commencer les recherches et de mettre en commun leurs connaissances. La plupart de ces personnes n’étaient pas des personnes expérimentées. C’étaient plutôt le genre à avoir appris sur le tas dans le seul but de défendre ce qui pouvait encore l’être. En tout cas, ces gens allaient devenir des soutiers importants et c’est pour cela que l’ancien gardien leur confia son histoire et le fait qu’il fut envoyé dans le passé pour tenter de changer les choses.

Combien de temps disposaient-ils afin de trouver un moyen d’ouvrir une faille temporelle ? Afin de l’estimer, Zane avait envoyé un nouveau clone aux abords du camp ennemi afin qu’il surveille tout mouvement suspect. Enfin, ils avaient visiblement plusieurs jours devant eux car les troupes adverses semblaient être en attente de renforts qui, une fois que tous seraient arrivés, donneraient le départ de cet assaut massif. Malgré cette surveillance et ces informations, chaque seconde comptait et afin de ne pas perdre de temps, le dragonnier avait fait apparaître prêt de dix clones qui cherchaient eux-aussi dans les livres et qui transmettaient à leur créateurs les informations trouvées. Ainsi, il parvenait à abattre une masse de travail considérable en très peu de temps. Toutefois, se contenter de s’enfermer dans la bibliothèque aurait été une perte de temps et c’est pourquoi une deuxième préparation était en court. Les soldats, aidés de la population, commencèrent à poser différents pièges qui viendraient contrebalancer leur infériorité numérique. Tous savaient que le combat qui les attendait serait le dernier et qu’il fallait gagner du temps. Ainsi, la plaine qui se trouvait aux abords de la cité était devenue une première défense de taille qui allait s’associer, sur les remparts, aux archers. L’effort de guerre était réalisé par le plus grand nombre de gens malgré leurs faiblesses car tous avaient eu connaissance de ce qui se tramait dans cette bibliothèque et tous voulaient croire qu’eux aussi pourraient fuir ce monde maudit. Bien sûr, cet espoir pourrait ne jamais se réaliser mais au moins, avoir un but permettait à ces gens de retrouver un peu de leurs forces perdues.

Les jours s’écoulèrent sans que Zane ne s’accorde la moindre pause, puisant ainsi dans son énergie pour combler la fatigue et les douleurs physiques. Les nombreux ouvrages parcourus ne lui avaient apporté aucune réponse et il repensa alors aux mots de Namibe, à ces propos qui lui faisaient comprendre qu’il ne parviendrait pas à changer les choses. Avait-elle raison ? Il était sur le point de le croire jusqu’à ce que son regard se perde sur une histoire qui aurait pu être totalement anodine si son titre n’avait pas comporté le mot « temps ». En fait, ce récit fictif n’était autre qu’une histoire moralisatrice destinée aux enfants mais elle comportait des éléments troublants. En fait, il s’agissait là du récit de la vie d’un petit bucheron qui, pour fuir sa vie médiocre, avait décidé de partir vers une autre dimension grâce à une potion qu’on lui avait vendu. La magie opéra et le bucheron se retrouva dans un monde où il était devenu riche mais le problème était qu’il n’était pas parvenu à refermer la porte du temps qui l’avait conduit ici. Ainsi, au final, ces problèmes traversèrent eux-aussi l’espace temps pour retrouver ceux à qui ils étaient liés. Le bucheron décida alors d’aller vers d’autres dimensions mais à chaque fois, le résultat fut le même. La morale de cette histoire était qu’il ne fallait pas fuir mais affronter ses problèmes mais pour Zane, ce texte dévoilait une autre vérité. Ainsi, cette histoire anodine venait de lui faire comprendre que c’était à cause de lui que le vortex s’était ouvert et ceci tenait la route car cette dernière s’était ouverte en sa présence dans un endroit totalement improbable si le but avait été de lancer une invasion sur le monde. Le sort des sœurs Aleyna était donc encore actif et avait formé une sorte de voie temporelle qui s’était subitement réactivée. Savoir cela était une bonne chose mais ceci ne lui expliquait pas la manière à suivre pour de nouveau ouvrir le portail. De plus, il savait désormais que s’il retournait dans le passé alors il y aurait encore une chance pour que la voie temporelle subsiste et face de nouveau venir des monstres dans le passé.


- « Emma, Leïa,… saviez-vous ce qu’allait engendrer votre sort ? Même si je réussis à remonter le temps, j’ouvrirai la voie de la destruction du monde… » balbutia-t-il avec une voix déchirée par la découverte de la vérité.

Cette conclusion, il la dévoila, après avoir rappelé ses clones, à tous ceux qui avaient cherché nuits et jours à ses côtés. Il leur apprit que la clé du portail temporel n’était autre que son corps mais qu’il ignorait de quelle façon il pouvait réactiver le vortex dans l’autre sens. Il devait donc trouver un moyen d’y parvenir mais il n’allait pas en avoir le temps puisque l’illusion qu’il avait envoyé au camp ennemi venait de disparaître, chose qui annonçait le déplacement de l’armée ennemie. A présent, tous n’avaient plus que peu de temps pour se préparer à l’affrontement sans certitude d’y réchapper.
Zane sortit alors de la pièce, laissant le soin aux autres de prévenir le reste de la population qui se préparait déjà tandis que ceux qui ne pouvaient pas combattre allaient se réfugier dans les souterrains de la ville. Pendant ce temps, le dragonnier marcha jusqu’à la place centrale de la cité et ferma les yeux, restant ainsi immobile tandis que tout n’était que mouvement autour de lui. Le vieil homme qu’il était devenu allait devoir prendre part à cet affrontement et, cette fois-ci, il se fit la promesse de ne pas mourir, non pas pour lui mais pour Lili. Restait enfin à savoir si Namibe avait trouvé une solution de son côté et si, comme elle l’avait dit, elle allait revenir ici.
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Namibe Stark
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Mer 27 Aoû - 18:38

    QUE FAIRE ?
    Nous allons d’abord voir où en sont les démons qui menacent la cité, histoire de savoir de combien de temps nous disposons.


    Sans un mot, le reptile obtempéra. Agrippée à sa crête, Namibe se voûta. Il ne leur fallut que très peu de temps pour y parvenir, à la vitesse à laquelle ils se déplaçaient. Les démons n’étaient visiblement pas encore prêts à passer à l’attaque, regroupés en petits camps, bavardant dans des langues aussi disgracieuses qu’inconnues aux oreilles de l’alchimiste. Elle fronça les sourcils, les attaquer aurait certes été suicidaire, mais ils auraient à eux seuls pu faire des dégâts considérables dans la masse. Namibe n’était d’ailleurs pas la seule tentée, puisqu’elle sentit une bouffée d’excitation la submerger, petit présent d’Obb.


    N’y pense pas, lui intima-t-elle.

    Finalement, après avoir estimé qu’à ce train, l’armée ne se mettrait pas en route avant la nuit, voire même le lendemain, ils rebroussèrent chemin. Ils avaient beaucoup à faire. Namibe avait d’ailleurs une idée de la façon de procéder. Ces démons n’étaient sans doute pas les seuls des environs. Arpentant les lieux en large et en travers, la jeune femme ignora l’anxiété qui la gagnait. S’ils ne trouvaient pas de solution, ils allaient devoir s’en remettre aux utopies de Zane. Elle étouffa un frémissement lorsqu’enfin Obb laissa un sifflement sonore lui échapper. Il avait senti quelque chose que Namibe ne tarda pas à apercevoir. Un feu de camp, au loin. Un petit groupe isolé… Cela signifiait au moins deux choses, qu’ils étaient puissants, car pour survivre dans le coin, c’était la première condition, mais également qu’ils étaient susceptibles d’être ces fameux auteurs d’un portail. Namibe intima à Obb de se rendre visible, et rabattit sur son visage la très lourde capuche noir. Sa cape quant à elle couvrait pratiquement l’intégralité de son corps, pour se fondre dans les sombres écailles du reptile. Ils s’approchèrent ainsi du groupe à pas lents. Les démons n’avaient bien entendu pas manqué de remarquer l’approche d’un énorme lézard surmonté d’une petite créature encapuchonnée. Ils n’attaquèrent pourtant pas, sans doute tendus, dans l’attente du moment opportun pour le faire. Namibe les devança, alors qu’elle n’était plus qu’à quelques coudées d’eux. Au premier geste que l’un d’entre eux esquissa, elle fit naître des flammes tout autour de sa monture et d’elle-même, ce qui ne plut pas à Obb qui, donnant à sa mise en scène un peu de piquant, se cabra avec un rugissement.


    PREVENIR !
    C’est tellement mieux comme ça.


    Les flammes n’étaient en réalité pas bien violentes, puisque pour en conserver la couleur d’un rouge très vif, il lui fallait modérer leur température. Les démons aussi furent particulièrement surpris, et à la manière d’Obb, se rejetèrent en arrière, séant dans la terre.

    « Qui es-tu ?! lui lancèrent-ils avec une certaine agressivité.
    - Je suis un voyageur en quête d’un bon feu » Le jeu de mot ne sembla pas les amuser particulièrement. Elle eut le temps de les observer plus attentivement. Deux d’entre eux portaient des robes. Il y avait d’ailleurs des ustensiles bien étranges un peu plus loin. Un rituel… Un mince sourire s’esquissa sous la capuche de Namibe. Elle calma les flammes, puis descendit de sa monture qui resta bien visible, dans le dos de sa Liée, prête à dévorer les démons présents au moindre geste déplacé. Ne voyant toujours rien de sa physionomie, les démons se jetèrent des regards circonspects, puis firent un pas en arrière alors qu’elle en faisait dans leur direction.
    « N’approche pas ! Lui lança l’un d’entre eux, brandissant une épée sans doute tout aussi lourde qu’elle. Dis-nous d’abord d’où tu viens, et ce que tu nous veux »
    A ces mots, Namibe s’arrêta. Elle était face à un choix à faire. Jouer franc jeu, ou passer en finesse pour en apprendre le plus possible. Une demi-mesure était préférable, mais aucune ne lui venait à l’esprit dans l’immédiat.
    « Je cherche un groupe de démons, des démons familiers à la magie. On m’a dit qu’il serait possible d’en trouver dans les parages. » Sur ces mots, elle rabattit sa capuche. A la surprise se succéda la suspicion, aussi la jeune femme reprit-elle la parole assez vite pour les couper dans leurs pensées. « J’ai cru comprendre que vous étiez ces démons. »

    Ils se regardèrent à nouveau, se concertant du regard. Quelle erreur ne venaient-ils pas de faire. Quoi qu’ils en disent, à présent, Namibe pouvait être sure qu’ils étaient ceux qu’elle cherchait. Aussi se permit-elle d’approcher encore, satisfaite de voir qu’ils ne reculèrent pas. « J’ai des services à demander… En échange de quoi je paie. » Elle écarta un pan de sa cape, laissant apercevoir des bourses rebondies. Le mercenariat payait bien. Ca les laissa songeurs, sans doute imaginèrent-ils même de les lui voler sans lui rendre un quelconque service… Mais Obb choisit cet instant pour, avec un sifflement sonore, s’installer en boule dans le dos de Namibe, sa queue faisant de lents aller-retour devant elle. « Alors ? » Insista-t-elle.

    Finalement, ils l’invitèrent à s’installer autour du feu, pour la toiser avec insistance. Ces démons étaient ce qu’on aurait pu appeler de très vagues érudits. Autant dire que le combat n’était pas leur tasse de thé. Ils étaient assez puissants pour survivre dans les parages, mais les regards qu’ils jetaient à Obb laissaient entendre qu’ils connaissaient sa nature et sa force. C’était un point positif pour la jeune femme, qui choisit ce moment d’accalmie pour exposer ce dont elle avait besoin.
    « Je suis à la recherche de démons capable de faire un "miracle" »
    - Et quel est ce miracle ?
    répliqua celui qui visiblement était le chef de cette petite troupe.
    - Créer des failles dans le temps. »

    Un lourd, très lourd silence les parcourut alors. Elle avait touché juste.
    « C’est impossible, siffla un autre démon.
    - Je sais que non, et pour cause » Elle prit le temps de les dévisager, un à un. « Je viens du passé. Une faille s’est formée à mon époque, et m’a happée pour me faire atterrir ici. » Un murmure les parcourut alors. Visiblement, ils ignoraient avoir réussi. « Je veux regagner mon monde »
    Les démons restèrent songeurs. « Cela fait des années que nous cherchons comment faire. Nous ignorions que ça avait marché… Autant dire que ça ne marchera sans doute pas.
    - Que vous manquait-il, tout ce temps ? »
    demanda-t-elle d'une voix sceptique.

    « Vous »
    Elle pinça les lèvres, ça n’était guère engageant.

    Une heure passa, durant laquelle elle négocia le droit de bénéficier d’une seconde tentative. Ils se dérobèrent plusieurs fois, titillant bien vite la patience de Namibe qui pourtant n’en laissa rien paraître, avant d’enfin accepter de tenter quelque chose. La jeune femme, satisfaite, se joignit à eux afin de contrôler leur travail, mais les trouva particulièrement maladroits. Qu’ils n’aient pas réussi jusque là n’était pas fait pour l’étonner.

    Les heures s’écoulèrent ensuite, où Namibe, plutôt impatiente, du subir la vue de démons patauds gigoter dans un simulacre de rituel… Lorsque toute sa patience fut finalement consommée, l’alchimiste, les sourcils froncés, appuya ses poings serrés à ses hanches et les interpella.

    « Bon, le cirque est fini, j’aimerais voir les résultats, je n’ai pas de temps à perdre… »
    A ces mots, les démons semblèrent mal à l’aise… elle ne comprit pas tout à fait, et rejoignit Obb qui ronflait doucement un peu plus loin. Elle le réveilla, et l’interrogea. Lui non plus ne sentait rien du tout…
    Pas la moindre vibration, pas la moindre distorsion…
    Et cela dura plusieurs jours. Plusieurs jours à attendre patiemment, à les regarder faire des calculs inutiles, parfois même faux, plusieurs jours à se languir d’enfin voir une solution se profiler... Un matin, alors qu’excédée, elle assistait au même spectacles que lors des jours qui avaient précédé, elle se tint alors droite, face au groupe dont les singeries l’agaçaient au plus haut point. Aux regards qu’ils portaient sur elle, elle se douta que quelque chose n’était pas normal, mais ce fut le mince sourire de l’un d’entre eux, qui ne s’attendait pas à ce qu’elle l’aperçoive, qui lui ouvrit les yeux.


    Ils se foutent de ma gueule…
    TUER ?
    Pas encore.


    A ces mots, elle s’approcha d’eux, et croisa les bras. Son regard était dur et menaçant… Les démons s’arrêtèrent, et la questionnèrent. « Combien de temps encore avez-vous l’intention de me prendre pour une imbécile ? Demanda-t-elle, nerveuse. Je n’ai pas de temps à perdre, et étant donné que les marchés ne vous parlent pas, peut-être les menaces seront-elles plus convaincantes ? »
    A ces mots, le chef se redressa, bien plus grand qu’elle, et lui dit d’une voix dure : « Prend garde à ce que tu dis, fillette, si tu ne veux pas te retrouver dans des positions bien inconfortables.
    - J’en ai tué pour moins que ça, démon, et des bien plus forts. Aussi je peux t’assurer que je ne reculerais pas devant une motivation supplémentaire afin que vous vous pliez à ma demande. »

    A ces mots, les démons firent une erreur. Ils éclatèrent de rire. Achevant l’ultime parcelle de patience de Namibe.

    La suite se passa très vite. Quelques gerbes de sang. Elle avait trouvé les meneurs, les suiveurs, et exécuté sans grosse difficultés ces derniers. Des meneurs, l’un avait été trop dangereux et avait du être tué également… Aussi demeurait, ligoté et à moitié inconscient, le chef de la petite troupe. Elle se fit aider du reptile pour le hisser sur son dos, ramassa les ustensiles et ouvrages qui traînaient pour les charger également sur Obb, puis grimpa à son tour sur le Coursier.


    QUE FAIRE ?
    Nous allons rentrer dans cette cité, il nous faudra trouver une pièce sombre, où être seuls, et je tirerais les vers du nez à ce démon.
    TORTURE
    Tout à fait. Qu’il le veuille ou non, il nous reconduira chez nous, mon frère.


    Aussi se mirent-ils en route. Il ne leur fallut pas bien longtemps pour parvenir à la cité. Ils lézardèrent les ruelles de la silhouette massive du reptile, visible par intermittence seulement. Finalement, Namibe aperçut Zane, seul et droit au centre d’une placette. Elle n’avait pas oublié sa promesse, mais pour l’heure elle savait pertinemment qu’elle ne tirerait rien de ce démon sans le concours de Zane. Non pas que sa magie soit trop faible ou trop peu puissante, mais il avait fait des recherche sur le sujet de son côté, chose que Namibe n’avait pas directement fait, et il saurait mieux où chercher. Elle apparut dans son dos, perchée sur le Coursier. Sans prendre la peine de descendre, le démon invisible à Zane, parce que caché dans la masse colossale de plumes de l’animal, elle le héla.

    « J’ai quelque chose pour toi » Sur ses mots, elle donna un grand coup de pied au démon qui tomba alors de la monture pour s’écraser au sol, face à eux. Réveillé, il se mit alors à ramper mais Namibe, bondissant avec légèreté de la croupe d’Obb, le rejoignit pour, d’un coup de pied, le contraindre à se tenir tranquille. « J’ai l’intention d’interroger ce démon. Et ce qu’il aura à nous livrer risque de t’intéresser » Un sourire presque tendre se glissa alors sur ses lèvres. Elle se pencha au-dessus de la créature, pour glisser sa main sous son menton. Le démon, en dépit de la douceur dont elle usa, grinça des dents et plissa les yeux avec méfiance. Après avoir déposé un chaste baiser sur la joue râpeuse de la créature, elle tourna la tête en direction de Zane pour ajouter : « J’ai l’honneur de te présenter la créature qui nous a conduit ici » Cela, elle en était sure, Obb avait pu l’en assurer, plus connaisseur des dimensions et mondes parallèles que Namibe, Zane et le démon ne l’étaient réunis. A force de tortures, elle arriverait bien à tirer de lui ce qu’il leur fallait faire…
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MessageSujet: Re: fatalité et espoir [PV Namibe]   Dim 31 Aoû - 16:00

Combien de temps était-il resté immobile au milieu de toute cette foule qui s’apprêtait à devoir faire face à son destin ? Probablement pas plus de quelques minutes mais ceci n’avait pas d’importance finalement car il ne pouvait plus rien faire de plus pour le moment si ce n’est d’attendre que Namibe revienne comme elle l’avait dit. De son côté, les résultats de ses recherches l’avaient conduit à penser que son corps était le fil conducteur qui liait le passé et le futur. Le sort utilisé par les sœurs Aleyna sur lui fut un succès mais ses conséquences n’avaient visiblement pas toutes été prises en considérations et, aujourd’hui, son existence même devenait une menace pour la survie du monde. Le meilleur moyen aurait été d’en finir définitivement avec la vie mais il ne pouvait pas se résoudre à accepter une fin si simple d’autant plus que malgré tout ce qui venait de se dérouler entre eux, il avait confiance en celle qui fut son épouse. Zane connaissait ses talents et, même si elle ne lui faisait pas confiance, lui croyait en elle. D’une façon ou d’une autre, elle reviendrait au milieu de cette cité pour lui faire part de ses trouvailles et c’est à ce moment là seulement que toutes les choses seront mises en place pour l’affrontement qui allait suivre.

La défense de la cité avait été préparée par les militaires, aidés des civils, depuis le moment où il s’était enfermé dans la bibliothèque. Tous ceux qui pouvaient prendre les armes le firent tandis que les défenses de la cité furent doublées avec les moyens du bord. Concernant l’équipement, tout manquait mais les archers et les balistes seraient en mesure d’assurer une première vague défensive meurtrière importante. Enfin, tout cela paraissait bien insuffisant face à une armée dans les créatures pouvaient détruire des murs à la force de leurs poings et dont la taille n’avait rien à envier aux tours d’archers. Finalement, tout avait été prévu pour que l’attaque soit contenue le plus longtemps possible car la véritable parade à tout cela était cette idée presque irréalisable émise par l’ancien gardien et qui consistait à envoyer tous les habitants de cette ville dans le passé.

Peu de temps après, Namibe finit par arriver sur le dos de sa monture en s’exclamant qu’elle avait quelque chose pour lui. En entendant cela, le dragonnier se retourna et la vit donner un coup de pied à une créature qui tomba au sol sous l’effet du coup. Selon ses dires, la chose qui venait de se faire botter les fesses était responsable de leur venue ici. Ceci était difficilement imaginable au vu de l’aspect pitoyable de ce démon mais il fallait croire que c’était bien là la vérité. En tout cas, si la mercenaire avait clairement identifié le responsable, elle ne semblait pas avoir percé ses secrets et c’est pour cela qu’elle voulait l’interroger. Ensuite, de toute évidence, elle n’avait pas réuni toutes les pièces du puzzle et si l’interrogatoire devait se passer dans cette cité cela signifiait qu’elle avait besoin de connaître les résultats de ces recherches. Finalement, tous deux, pour la première fois, étaient en train de travailler en équipe car leurs voies séparées se recoupaient aujourd’hui autour de ce démon.
En tout cas, concernant les interrogatoires, qui correspondraient probablement ici à une séance de torture, on ne pouvait pas dire que Zane excellait dans ce domaine qui le rebutait. Enfin, il ne fallait pas croire qu’il ressentait une once de pitié pour des démons qui avaient tué tant de gens mais il considérait que torturer serait leur ressembler. Toutefois, les réponses qu’il détenait étaient trop précieuses pour être perdues et il ne s’opposerait donc pas aux choix de la jeune femme.


- « Eh bien, si notre ami à des choses à nous dire de si bon cœur alors il ne serait pas très courtois de notre part de ne pas lui montrer l’hospitalité de cette cité surtout que je vois que la charmante jeune femme que voici a eu la gentillesse de t’en montrer quelques rudiments. » dit-il en le regardant froidement tout en restant immobile.

Namibe avait fait du très bon travail en capturant ce démon et il pouvait voir, aux traces de sang qui avaient séché sur ses vêtements, qu’elle s’était battue pour en arriver là. Il aurait donc pu la remercier pour cela mais il ne trouvait pas ça de bon ton. Et puis, que lui aurait-elle répondu ? Elle n’agissait pas pour les autres mais pour elle non ? C’est en tout cas ce qu’elle lui avait fait comprendre et il aurait été vain de lancer des remerciements d’autant plus que personne n’était tiré d’affaire pour le moment.
En tout cas, si la jeune femme avait fait la moitié du chemin vers la vérité, il se devait désormais de vérifier si ces propres recherches étaient bonnes et pour cela, il se rapprocha doucement du démon et s’abaissa à son niveau pour s’adresser à lui et, par la même occasion, dévoiler les résultats de ces recherches à sa compagne.


- « Avant que l’interrogatoire ne commence, laisse-moi te montrer mes modestes dons de voyant, démon. Ainsi, si je ne me trompe pas, tu faisais partie de ceux qui ont détruit Ynis Witrin pas vrai ? Le dernier jour des combats, nous n’étions plus qu’une poignée à défendre l’entrée de temple et c’est à cet endroit là que tu te trouvais. C’est à cet instant que tu m’as vu remonter le temps et c’est mon corps qui t’a permis d’ouvrir le vortex d’il y a quelques jours pas vrai ? Si tel est le cas alors je vais être obligé de te demander quelques petits services que tu ne pourras, bien entendu, pas refuser si tu tiens à ta vie, c’est d’accord ? »

Le temps pressait et Zane ne voulait pas y aller par quatre chemins. Selon lui, si ce démon était bien le bon, alors il savait parfaitement qui il était et Namibe n’aurait probablement pas de difficulté à comprendre la situation. Il fallait donc en finir rapidement et c’est pourquoi ces questions allaient être directes.

- « Tout d’abord, je veux savoir s’il est possible d’envoyer tous ces gens dans le passé via le même vortex que celui de l’autre jour. Et deuxièmement, je veux que tu nous dises ce que je dois faire pour fermer les portes du temps que j’ai ouverte. Je te laisse cinq minutes pour nous répondre, faute de quoi, je peux te promettre que le sort que tes amis nous ont réservé serait presque trop doux par rapport à ce qui t’attend. » dit-il avec une voix posée mais qui ne laissait pas de place au moindre écart.

Zane ne s’était pas adressée directement à la jeune femme depuis qu’elle était revenue ici mais à travers ces mots, il lui avait montré qu’il n’avait pas eu le moindre doute concernant l’efficacité de ces recherches. Pour lui, ce démon était bel et bien le bon et si sa méthode n’aboutissait pas alors il la laisserait agir à sa guise par la torture ou toute autre méthode. C’était étrange finalement de voir qu’une coopération, même si elle était plus ou moins obligée par les événements, était de nouveau en place entre eux. Peut-être que c’était ça, la véritable clé pour pouvoir quitter ce monde.
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