Ynis Witrin v3

Les armées démoniaques assiègent le Continent, mais une île résiste toujours
 
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 Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?

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Loïs Lleweyn
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MessageSujet: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Ven 18 Juil - 4:25

[PV Sindanarie]


C'était calme ce jour-là. Très calme. Pour l'instant, il ne voyait rien, encore assailli par son infinie fainéantise d'ouvrir un oeil. Il sentait juste la douce caresse du vent sur ses poils, et un rayon de soleil chaleureux quelque part sur son flanc. Hm, l'herbe était vraiment confortable. Il pourrait bien rester quelques heures de plus. ...l'herbe? Comment ça, l'herbe? Il dressa une oreille, telle un périscope, pour déceler un indice quelconque. La brise dans les feuilles chuchotait un peu, et non loin de là un quelconque oiseau avait trouvé bon de gazouiller son amour à sa belle. Bon, il n'y avait plus de doutes, il n'était pas dans son nit douillet au coeur de la ville. La nouvelle question était: qu'est-ce qu'il pouvait bien faire là?

Loïs consentit enfin à soulever à demi une paupière, dévoilant une moitié d'oeil doré encore perdu dans les limbes du sommeil. Des arbres, des buissons. Une partie de lui lui disait de refermer son oeil pour roupiller encore, mais l'autre s'inquiétait quelque peu de ce qu'il allait bien pouvoir se mettre sous la dent. Guidée par son estomac, la panthère souleva la patte posée par dessus son museau pour le tenir au chaud, et déroula son corps engourdi pour s'étirer langoureusement de tout son long. Ah, c'était dur la vie de feignasse.
A en juger la position du soleil qui perçait à travers les branches, c'était sûrement le milieu de l'après-midi. Ou de la matinée. Bon, après tout, ça n'avait pas grande importance.

L'adolescent se mit en marche dans une direction au hasard. Il finirait bien par tomber sur quelque chose... Ses moustaches tombaient un peu, et son regard morose vagabondait devant lui comme s'il ne voyait pas ce qu'il aurait dû voir, encore un peu paumé dans son rêve peuplé de chair fraiche et d'immenses soucoupes de lait où se baigner et se soûler jusqu'à ce qu'éclatement s'ensuive. Si bien qu'après avoir manqué deux fois de rentrer dans un arbre, il résolut de mettre un terme à son apathie.
L'animal se dressa sur ses pattes arrières, et rapidement ses poils disparurent, pour laisser place à une peau nette et lisse, sa queue se raccourcit pour se fondre entièrement dans son dos, ses oreilles laissèrent place à une tignasse noire ébourriffée, et son museau redevint un simple visage d'adolescent. Seuls ses yeux n'avaient pas changé, demeurant de cette couleur dorée si peu commune, avec leur iris fendu à la verticale.

Allez, on se motive. Un pas devant l'autre, ses chausses écrasant sans pitié les feuilles mortes qui jonchaient le sol, Loïs traversa la forêt, poussé par une seule et unique idée: “la nourriture est au bout du chemin.” Ses instincts primaires semblaient avoir repris le dessus ces derniers temps: manger-dormir-manger-dormir. Reprendre un peu le travail ne pourrait pas lui faire de mal. Avec qui pourrait-il jouer les Robin des Bois, histoire de soulager quelque nanti de ses pièces trop lourdes? Peut-être un jour s'attaquerait-il aux dirigeants de l'île, juste pour le plaisir. Ca, ça allait être intéressant.
Enfin, après quelques minutes, Loïs distingua un sentier serpentant à travers les arbres qui s'espaçaient. Chouette, une trace de civilisation ♥ Il l'emprunta, esquissant un léger sourire de satisfaction. Bientôt apparurent les premières habitations après quelques champs, puis des routes et des bâtiments; la ville entière s'offrait à lui.

Le garçon marchait avec nonchalance, le nez levé pour repérer une quelconque fenêtre ouverte. Malheureusement, aucun garde-manger ne semblait pour l'instant à portée de patte. Sans se décourager, il continua sa visite, sans faire attention à la direction qu'il prenait. Si jamais il se perdait, un petit tour sur les toits lui permettrait de se repérer facilement. Il y avait bien des choses pour lesquelles il n'était pas doué, mais niveau orientation, ça pouvait aller.

Il n'y avait pas grand monde dans les rues ce jour-là. Avec un peu de chance, il rencontrerait une faible femme sans défense qui rentrait des courses, et hop, festin. Ca n'était pas très honnête. Mais depuis quand un voleur se préoccupait-il d'être honnête? Bah, il ne lui ferait pas de mal, c'était tout ce qui comptait, non? Le Loïs affamé voit ses capacités de raisonnement assez réduites, en règle générale. Il fallait remédier à tout cela rapidement... Et le hasard y mêla une pauvre innocente.

C'est à ce moment-là qu'il tomba sur elle. Elle? Plutôt jolie, pas trop mal faite pour une vieille (tout ce qui a au dessus de seize ans est vieux), brune, et grande par rapport à lui. Elle était retournée, il ne pouvait pour l'instant l'aperçevoir que de profil. Génial. Les faibles ne devraient jamais se promener seuls. Enfin faibles, c'était à voir, il avait tout de même repéré l'épée qui pendait de la ceinture de la demoiselle. Il était habitué à ce genre d'armes, ça ne serait pas un problème. Et puis il n'y aurait pas trente autres occasions, la ruelle était déserte. S'approchant à pas de loup par derrière, sans qu'elle puisse le voir ni l'entendre, il se glissa dans son dos et dit, d'un ton le plus calme et sérieux du monde, au creux de son oreille:

-Bouh.

L'adolescent fit un bon en arrière, son rire fluté résonnant entre les murs. Il atterit souplement et en douceur, laissant à sa victime un temps pour se remettre de ses émotions. Alors, bien campé sur ces deux pieds, il tendit la main, paume ouverte vers la jeune femme, comme s'il attendait qu'elle y dépose quelque chose.

-Ceci est un hold-up ♥

Grand sourire. Non, tu ne rêves pas, c'est bien un gamin, du haut de son petit mètre cinquante, armé seulement de son regard espiègle et dénué de tout objet qui aurait pu avoir une utilisation néfaste, au mépris de la lame que tu sembles savoir manier avec dextérité, en face de toi; et qui te demande de lui donner gentiment tous tes jolis sous-sous avec de préférence un pourboire commestible.

Ah, quelle insolence les gosses, de nos jours...

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Sindanarie
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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Ven 18 Juil - 21:05

[HRP : un peu court par rapport à ton message, j'ai fait dans l'urgence, désolée... Si c'est pas clair ou pas bien, je pourrai éditer si tu veux, suffit de me le dire. "Ceci est valable pour tous les messages à venir"... ^^]

Elle avait pris congé d’Haruka peu avant, et marchait, perdue dans ses pensées comme dans les rues de la ville, quand soudain…

Un brusque frisson d’adrénaline courant dans ses veines. Sindanarie cessa tout net d’avancer en entendant la petite voix à son oreille. Comment avait-on pu se glisser si près d’elle sans qu’elle perçoive la présence d’un être ? Elle remédierait à ce problème plus tard. Sans tourner la tête, mais à présent consciente de la présence de cette personne et sur ses gardes, elle dit, répondant à la dernière phrase de la créature, guère plus grande qu’un enfant :


Je doute d’avoir quoi que ce soit qui t’intéresse.

Elle releva ses manches, comme pour se battre, mais croisa les bras et sembla jouer, machinalement, avec la parure qui enserrait son avant-bras gauche. Les doigts de Sindanarie s’arrêtèrent, au bout d’un temps calculé, sur la naissance de la fine lame que le bijou abritait. Elle continuait de parler, sans regarder celui qui l’avait arrêtée :

Tu sais, je suis arrivée depuis hier soir ici. Autrement dit, je n’ai pas d’argent valable ici, pas d’emploi, pas de nourriture. Que veux-tu donc me prendre ?

Puis, bras toujours croisés, se retournant vers l’être qui avait interrompu sa marche, elle eut un instant d’arrêt devant l’enfant au front envahi par une crinière de splendides cheveux noirs ébouriffés. Il ne devait pas avoir plus de quinze ou seize ans, mais avait quelque chose que les enfants, ordinairement, n’ont pas. Un enfant, se disait-elle, est ordinairement gauche et timide. Lui respirait l’assurance. Et il avait quelque chose de plus… En plantant son regard dans les yeux de l’enfant, Sindanarie comprit d’où lui venait son désarroi face à lui. Ses yeux. Des yeux de chat. Ce n’était pas un simple enfant…

Qui es-tu ? ne put-elle s’empêcher de lui demander. Puis, se reprenant : Comment te nommes-tu?

L’enfant souriait, la main toujours tendue. Elle sourit à son tour, se détendant. Il ne semblait pas dangereux, après tout… Fouillant dans sa besace, renonçant à la protection qu'offrait la lame de sa parure, elle en tira une bourse mal garnie, et en tira une pièce qu’elle lui montra de la main gauche, restant néanmoins là où elle était, sans chercher à s’approcher… Sait-on jamais…

Tu vois… Cette monnaie n’a sans doute pas cours ici. Donc je suis autant en quête d’argent, et sans doute de nourriture, que toi.

Il lui sembla que le regard du garçon ne quittait pas sa main qui tenait la pièce. Grossière erreur d’avoir choisi une pièce d’or, se dit-elle. Déjà qu’elle n’en avait plus lourd… Et elle se rendit compte d'une autre erreur. Une erreur fondamentale pour la soldate et assassine qu'elle avait été. Elle n'avait plus, immédiatement accessible, de quoi se défendre en cas de besoin. L'île était censée abriter les âmes pures, et elle tombait sur une sorte de garçon aux yeux de chat qui essayait de lui extorquer ce qu'elle pouvait avoir... Beau début, qui tempérait quelque peu sa rencontre avec Haruka...

Elle reporta son regard, un instant dans le vague, sur le garçon face à elle, le fixant avec intensité. Ses réflexes de soldate se réveillaient en elle. Son bras droit retomba le long de son corps.
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Loïs Lleweyn
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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Sam 19 Juil - 4:22

[Mais sois cool, babe, c'est pas la quantité qui compte mais la qualité u_u Et pis on est pas pressés, peace and luv xD *léchouille*]


Hm, réponse classique. Je n'ai rien à voler, passe ton chemin. Sauf que le gosse aux cheveux noirs ne se laisserait pas abattre si facilement, loin de là. Il remarqua le jeu des mains de la jeune femme, un peu trop détendue pour une situation de ce genre. Ou alors ne représentait-il pas pour elle le moindre danger... Il fit remarquer, d'un ton amusé, sans baisser sa main:

-Il y a de l'or sur ton armure. Et pas de nourriture... cela reste à voir.

Peut-être avait-elle aperçu dans son grand sourire les canines plus longues et pointues qu'un être normal. Peut-être pas. Mais comment une simple jeune femme ordinaire aurait-elle pu se douter que la chose qui se trouvait en face de lui avait des appétits charnels mais dans le mauvais sens du terme? Quoique, dans les deux sens, mais nous tairons le reste pour le moment... Loïs la vit l'examiner, et s'arrêter sur ses yeux d'ambre, surprise. Comme ils l'étaient tous. C'était amusant de les voir marquer un instant d'arrêt devant ses pupilles verticales.

-Ton pire cauchemard, haha ♥ Appelle-moi comme ça pour le moment, tu auras le droit au vrai si tu es sage.

On aurait pu dire qu'il se fichait d'elle. Mais non, il était comme ça tout le temps, il ne fallait pas chercher à comprendre. L'adolescent n'avait pas bougé d'une semelle depuis le début de la conversation, sa paume était toujours ouverte et accueillante, tendue devant lui, vers la mercenaire. C'est vrai que c'aurait été trop simple si elle y avait juste déposé ses sous et était partie sans demander son reste. Ca n'aurait pas été amusant.

-Et puis ça ne se fait pas de demander leur nom aux gens sans s'être présenté d'abord.

L'enfant qui faisait la leçon à l'adulte, en lui demandant au préalable d'être sage. On aura tout vu. Il se mit à rire, ses grands yeux dorés se plissèrent avec espièglerie et ses joues rosirent un peu. N'était-il pas adorable?
C'est alors que la jeune femme tira une petite bourse de son sac. Qui dit bourse, dit sous-sous. Qui dit sous-sous dit manger. Loïs retrouva son sérieux immédiatement, et ses yeux se fixèrent sans ciller sur cette unique pièce qu'elle tenait entre les doigts. De l'or, c'était de l'or.

-Bien sûr, cette monnaie est inutile ici.

Croyait-elle vraiment que des pièces étrangères n'avaient aucun intérêt pour lui? Son regard ancré sur l'écu devait démentir cette affirmation. L'or est un métal, et le métal se fond. Tout ce qui est d'or a bien plus de valeur que du simple argent. D'ailleurs, la couleur des yeux du gamin allait parfaitement avec, ils étaient faits l'un pour l'autre. Il eut une mimique qui se voulait compréhensive et compatissante. Hochant légèrement la tête, il ajouta d'un ton badin:

-Mais ne t'inquiète pas, je vais t'en débarasser, ça doit être lourd :3

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, avant même que la mercenaire aie pu atteindre sa lame, la pièce d'or avait disparu d'entre ses doigts. D'un bond en arrière, Loïs la porta à sa bouche, et mordit dedans. Tiens. Un chat qui mangeait de l'or. Décidément, il était de moins en moins commun, ce gnome.
L'écu ne s'était pas plié. C'était du vrai, du pur, et pas un alliage de basse qualité peint en jaune. Ca valait donc pleeein de sous-sous. Le visage de Loïs, alors qu'il examinait son butin, affichait une expression d'intense satisfaction. Il gardait à peine un oeil sur sa victime, qui le verrait grimper au mur le plus proche si elle s'avisait de faire le moindre mouvement. Il rangea alors sa pièce en sécurité dans une de ses poches, la manipulant avec amour et dévotion, et prenant tout le soin possible pour qu'en aucune façon sa légitime propriétaire ne puisse la récupérer. Elle ne devait pas être contente... du tout.

-Tu en as d'autres? Il ne faudrait pas laisser une demoiselle comme toi porter ce lourd chargement, n'est-ce pas. Surtout lorsque c'est inutilisable.

Quel galant jeune homme. Son regard était à présent sur la bourse, qui d'après son petit ventre, contenait tout de même plusieurs copines de celle qu'il venait de chiper. Dire qu'il avait réussi à la soulager d'une pièce d'or sans avoir eu à se montrer agressif, ni révéler sa nature cachée; c'était du bon travail. Mais quelque chose lui disait de ne plus s'approcher de trop près de la demoiselle car son épée n'avait pas l'air aimable.

-Allez, si tu me donnes tout, je te paie un restaurant! ♥

Son sourire s'étira de nouveau, délicieusement mutin, comme une invitation. Il restait à bonne distance, le plus calmement du monde, tranquille dans ses habits sombres et plutôt larges, masquant en partie sa musculature fine d'un habitué de la maraude. Non, il n'était pas de ces fils de bourgeois, gras et sans audace, qui passaient leur temps à s'éduquer aux moeurs de la société. Il était un adolescent d'action, comme il venait de le prouver par cette petite introduction à sa nouvelle rencontre. Car si introduction il y avait... le reste allait bien y passer, du moins il y comptait.
Tout de même restait-il en restrait comme l'exigeait la prudence, des fois que la colère eut saisi la demoiselle. Il se demanda soudain s'il se ferait couper la main, s'il se faisait prendre. C'était bien le sort réservé aux voleurs...

-C'est une négociation à l'amiable, de toutes manières sans moi tu ne peux rien te payer avec ça.

Son sourire s'effaça, laissant place à une moue convaincante. Il ne fallait pas l'exaspérer, au risque de voir un combat s'ensuivre de ses gamineries. Il n'aimait pas les combats, il en avait trop vu durant sa courte vie. Etre obligé de tuer une femme ne l'enchantait pas vraiment, même si c'était pour la manger ensuite... Quoique, sa chair devait être tendre et juteuse, car elle était jeune et apparement pleine de vitalité, comme une biche des bois. Hm, sa décision de ne pas lui faire -trop- de mal s'en ébranlait un peu. La bourse ou le rôti! Ahem.

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Sam 19 Juil - 19:45

[Reçu, j'reste calme Very Happy J'sais pas ce que ça vaut, mais c'est fait^^]

Elle s’était fait avoir… Mais alors... Pire qu’une débutante ! Non… Cela ne devait pas arriver jusqu’à son esprit, elle devait rester calme… Sereine… L’or sur son armure… Oui, bonne remarque… Mais pas question de la monnayer, l’armure, hein ! Pas possible, ça !

Le « pire cauchemar » de Sindanarie la dépassait largement… D’abord par la leçon de politesse, puis par le vol caractérisé manifestant sa grande habitude du fait, son insolence ironique et pourtant si adorable, et une dextérité tout simplement hors du commun. Quelque chose de plus l’étonnait tout de même …

Ce qui l’étonnait, c’était sa façon de considérer les murs comme s’ils n’étaient pas des obstacles, mais des alliés… Peut-être une illusion dûe à ses yeux de chat… Des yeux de chat ? Mais alors… Cela pourrait expliquer… Mais non, les êtres mi-chat mi-humain, ça n’existe pas, se disait-elle, chassant ses idées farfelues.

S’accroupissant, main gauche appuyée à terre, la paume contre le sol, elle se sentit plus à l’aise. Sa longue cape recouvrait ainsi sa besace, mettant à l’abri dans un premier temps ses maigres possessions, et elle était dans une position qui lui permettrait de se défendre aisément…

Mais elle ne devait pas, sous aucun prétexte, en arriver à devoir se défendre contre le garçon. Aussi ébaucha-t-elle un sourire et lui dit, amicalement et sans arrière pensée :


Je m’appelle Sindanarie. On me surnommait, dans le pays où j’ai longtemps vécu, la Lame Brisée, parce que j’ai un jour brisé mon épée dans le corps de quelqu’un. C’était en Terre de Cerf, je ne sais pas si tu connais cet endroit…Cela te satisfait-il, comme présentation ? Me diras-tu, maintenant, qui tu es ?

Ses pensées se décousaient... Elle avait souri aux derniers mots de l’adolescent, et, en y repensant, lui répondit :

Tu sais, j’ai porté bien plus lourd bien plus longtemps… Mais j’ai besoin d’aide, surtout pour me nourrir, en fait… J’ai le ventre vide depuis deux jours, et ça m’arrangerait de me trouver, mettons, un guide, pour les premiers temps, du moins…

Une petite ombre s’abattit alors du ciel sur la tête de son interlocuteur, et Plume-Noire, fidèle choucas fondant à la rescousse de sa compagne de lien qu’il avait senti tendue, se posa sur la tête du gamin, lui piqua un bon coup le crâne à travers ses épais cheveux et s’envola aussi vite, sans se reposer nulle part. Sindanarie laissa échapper un rire.

Excuse-le, il est un peu nerveux, il a cru que tu m’attaquais… Bon, au sens propre ce n’est pas si faux, mais j’ai du mal à te voir comme un être dangereux.

Puis, après une seconde de silence :

En fait, tu n’as pas tort. Dans l’immédiat, j’ai besoin de toi. Mais comme tu n’as aucun besoin de moi, j’ai du mal à te faire confiance, vois-tu…

Elle repensa à la gentillesse gratuite d’Haruka. Quel contraste avec ce gamin…
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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Lun 21 Juil - 3:56

-Oui, c'est satisfaisant. Mais je préfère les surnoms. Je vais t'en trouver un bien...

On lui donnait un nom, il préférait embêter les gens avec quelque sobriquet tout droit sorti de son imagination tordue. Soupir. Faisant mine de réfléchir, il leva les yeux au ciel, caressant son menton d'une main. Tout à coup, son visage enfantin s'illumina d'un sourire.

-Je sais, pour l'instant, tu seras La-madame-à-la-grande-épée.

Pour faire court. Sinon, il y avait aussi La-madame-aux-jolies-pièces-d'or, La-madame-qui-se-faisait-avoir-par-un-gosse, ou encore La-madame-qui-verrait-bientôt-sa-bourse-disparaître-si-elle-ne-la-surveillait-pas-mieux-que-ça. Il se mit à rire.

-Ca te va bien ♥

Son regard espiègle parcourait de haut en bas le corps de la jeune femme, comme pour l'analyser. Taillée pour le sport, et sûrement le combat à en juger son armure et la magnifique lame qui pendait à son côté.

-Un guide, hm, ça peut être intéressant. Je peux trouver un endroit où convertir tes pièces pour manger après. Mais il faudra payer :3

Niveau business, il était callé. Autant s'arranger pour tirer le plus de profit possible. Il comptait aussi secrètement participer à son repas: elle ne laisserait pas une pauvre petite panthère si adorable mourir de faim en l'attendant, n'est-ce pas? Tous frais payés, bien entendu. Comme c'était aisé d'arnaquer les touristes...
Tout à coup, quelque chose de noir et plein de plumes fondit sur lui, et se mit à lui picorer la tête. Cinq griffes balayèrent l'espace où il se trouvait une seconde plus tôt, ayant pris son envol pour rejoindre sa maîtresse. Tous les sens en alerte, Loïs s'était braqué, à l'affut, comme en pleine partie de chasse. Plumes. Oiseau. Proie. Manger. Il ne quittait pas des yeux l'oiseau funèbre, ses prunelles verticales étrécies au maximum, tandis qu'il volait quelques mètres au dessus d'eux.

-Avec ton pigeon, vu que vous serez deux, y'aura un supplément.

Le nouveau défi du jour, outre celui de déplumer Sindanarie jusqu'à ses sous-vêtements en dentelle, serait de bouffer le sale piaf. L'animal était très frustré que l'oiseau aie pu l'approcher d'aussi près. Il allait le regretter, on ne se moquait pas impunément du garçon aux cheveux noirs! Ce truc allait finir dans son estomac, quitte à le suivre partout pendant des jours en attendant qu'il daigne se poser, épuisé. Naméoh.
Il reporta son attention sur la mercenaire, remettant sa vengeance à un futur proche.

-Je n'ai pas besoin de toi, mais de tes sous, si. Considère que c'est la même chose.

Hm, la méfiance était de mise. Normal, il venait déjà de lui soustraire une jolie pièce bien ronde et bien lourde, qui valait certainement au moins un repas dans un restaurant convenable. Comment faire à présent... si il voulait lui dérober le reste, il fallait rester avec elle, et pour rester avec elle, il fallait qu'elle lui accorde un tant soit peu de foi. Peut-être qu'avec un câlin, ou une chanson...

-Aie confiaaaaanceuh *___*

Ses yeux dorés grand ouverts se plantèrent dans ceux de La-madame-à-la-grande-épée. Son regard ne semblait pas aussi convaincant que ceux d'un serpent célèbre, mais il se mit à agiter les mains autour de sa tête pour avoir l'air crédible. Bon, apparement ça n'avait pas les mêmes vertus magiques. Dommage.

-Bon, si tu me fais confiance, je serai plus sage, promis u_u

Avait-elle remarqué les deux doigts croisés dans son dos? Non, sûrement pas. Et puis nul ne savait si c'était scientifiquement possible que le Loïs commun demeure sage cinq minutes d'affilée quand il ne dort pas. La cause doit en être là: en dormant tous les jours plus de quinze heures, son énergie s'en retrouve accumulée et considérablement augmentée... et les conséquences retombent sur tous ceux qui croisent sa route, Sindanarie comprise.
Il lui offrit un grand sourire en gage de sincérité. S'il ne savait pas imiter Kaa, il savait au moins comme tout félin qui se respecte, faire de grands yeux bordés de larmes, qui vous regardent d'un air appitoyant et totalement irrésistible. Là, comment la demoiselle aurait-elle pu lui refuser quoi que ce soit?

-Allez, on y va, La-madame à la grande-épée ^o^

Et c'était parti. Avant même d'avoir attendu une réponse, il avait saisi la main de la mercenaire accroupie et l'emmenait à travers la ruelle. Sa main était chaude et douce, serrée entre les doigts fins du garçon qui avait depuis longtemps rentré ses griffes pour ne pas l'effrayer. Il était bien plus petit qu'elle, mais son assurance compensait largement la différence de taille. Ils traversèrent plusieurs rues, un peu plus fréquentées.
Loïs marchait d'un bon pas, pour ne pas perdre de temps. La distance qui se rétrécissait entre le changeur de devises et eux était aussi la distance qui se rétrécissait entre lui et ses sous... Quoiqu'il fasse, sa cupidité se débrouillait toujours pour reprendre le desssus.

-Il faudra ne rien dire et me laisser faire.

Ils arrivèrent enfin dans une ruelle sombre, où nichait une petite porte en bois quelque peu vétuste. L'adolescent la poussa, pour entrer dans la pièce éclairée seulement de quelques bougies. Ses pupilles s'étrécirent pour s'accoutumer à la luminosité. Un homme, petit, décharné, se tenait derrière un comptoir, reluquant d'un oeil mauvais les deux nouveaux venus.

-Donne-lui.

Il désignait bien évidemment la bourse. De son côté, il donna sa pièce en or toute neuve. Le vieillard ne dit rien, examinant la marchandise. Il prit la pièce de Loïs, la soupesa, puis la rangea dans un tiroir, avant de sortir son équivalent en piécettes qu'il déposa sur le comptoir devant son propriétaire. La panthère était relativement calme, Sindanarie pourrait en déduire qu'il n'y avait pas de danger avec ce papy aux allures haineuses. Il n'avait plus beaucoup de cheveux sur le crâne, constellé de tâches marrons. Ses petits yeux se plissaient sans cesse, et le garçon vit avec amusement qu'il ne se privait pas d'examiner la poitrine de la mercenaire.

Le vieux ne disait toujours rien, l'adolescent attendait que l'échange entre les deux adultes se termine, en demandant silencieusement à Sindanarie de ne pas ouvrir la bouche pour que tout se passe bien, et en s'interrogeant au sujet de, si comme la dernière fois, le vieillard allait mettre la main aux fesses de la fille. Il pouffa intérieurement, avant de récupérer toutes les pièces qui lui appartenaient, anciennement celles de sa compagne.

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Lun 21 Juil - 16:01

Le garçon menait largement le jeu… Sindanarie ne pouvait s’empêcher d’être à la fois amusée et inquiétée par cet étrange adolescent. Il avait une manière si adorable de pratiquer son hold-up, comme il disait, qu’elle avait comme envie de le protéger, malgré la voix qui lui soufflait qu’il n’avait besoin de personne. Et en même temps, une espèce de lueur de sauvagerie pure qui dansait au fond de son regard lui commandait la défiance la plus pure également…

Sa méfiance trouva comme une justification quand elle crut voir… Non, elle vit réellement des griffes surgir de ses doigts pour tenter d’attaquer Plume-Noire… C’était donc un être comme elle n’en avait jamais croisé, une sorte d’hybride entre chat, ou du moins entre un félin, et homme. Elle comprit pourquoi il considérait ainsi les murs et se sentit soudain désarmée, impuissante… Un chat saute bien plus haut qu’un homme, et même bien plus haut qu’un elfe ou qu’un semi-elfe comme elle… Aussi transmit-elle à son choucas l’ordre de rester loin d’elle tant qu’elle serait avec le garçon-chat, des fois qu’il ait des envies de chasse… Et donc de rester loin de lui, de toute façon…

En entendant la promesse du petit bonhomme de se tenir à carreau, au moins pendant quelque temps, elle ne put s’empêcher de sourire. Presque crédible… Mais elle se souvenait du geste si vif vers la pièce qu’elle avait imprudemment montrée à sa nouvelle rencontre… Une fois, pas deux, petit chat… Car si un homme avertit en vaut deux, c’est bien la même chose, si ce n’est pire pour un voleur, pour un elfe…

Sans répliquer, la semi-elfe suivit docilement son guide improvisé quand il lui attrapa la main et l’entraina à travers un dédale où elle n’avait de cesse de prendre des points de repère, pour éviter de trop se perdre au retour… Au pire, Plume-Noire la guiderai du ciel, si elle n’était plus avec le garçon… Celui-ci la mena jusqu’à une maison peu avenante qui l’était tout de même bien plus que son propriétaire, une sorte de vieillard à l’œil torve dont elle ne tarda pas à remarquer le regard appuyé sur… Sindanarie sentit sa mâchoire se crisper. Elle détestait être considérée ainsi. Cela lui donnait des envies de meurtre…

Pendant que le garçon effectuait, tout sourire, sa transaction avec le changeur, avec les regards espiègles qui ne quittaient que rarement, semblait-il, ses yeux, la Lame Brisée s’efforçait d’éteindre les éclats d’animosité qui pouvaient percer dans son regard. Quand l’adolescent eut fini, elle tendit à son tour quelques pièces, s’abstenant de parler, comme il le lui avait demandé, et fit comme le garçon, tendit les quelques pièces qu’elle tenait au changeur, faisant abstraction de son regard que l’on qualifierait généreusement de gênant dans son sans-gêne… Puis, recueillant la monnaie qu’il lui donnait en échange et la glissant dans sa bourse, elle rangea ce qui en restait assez profondément vers le fond de sa besace, mais pas tout à fait jusqu’au fond… Après tout, c’était trop simple de mettre sa main dedans, ou d’entailler la paroi de la besace en question par-dessous, pas la peine de créer des tentations…

Puis son guide lui fit signe qu’il fallait ressortir de là… Il lui faudrait trouver de la nourriture… Pour cela aussi, elle aurait besoin d’aide… Posant sa main entre les épaules de l’adolescent et y exerçant une légère pression pour le sortir de cet antre qu’elle jugeait malsain, la besace recouverte par sa longue cape et la bourse à l’abri, Sindanarie fit un signe d’au revoir au vieil homme, qui avait déjà rangé les pièces de Terre de Cerf dans son tiroir. Elle aurait pu sortir sans faire un bruit, comme le garçon-chat lui avait enjoint de le faire, si le vieillard, comble de l’audace, n’avait osé… Une main aux fesses ! Une seconde Sindanarie vit rouge, se retourna d’un bond et lança sa main vers le visage du vieillard, mais elle arrêta son geste à quelques centimètres de son visage. Au lieu de cela, elle lui murmura :


Refaites ça, une seule fois, et vous êtes mort.

Gardant tous ses sens en éveil au cas où le vieillard aurait encore bougé, Sindanarie se retourna de nouveau et entreprit de pousser de nouveau son guide vers la porte. Elle essaya de rengager la conversation avec lui d’un ton badin, peu avant d’atteindre le seuil :

Rappelle-moi ton nom ?
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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Jeu 24 Juil - 15:25

[heey j'ai réussi t'as vu x3
je pars au Québec dans quelques jours pour trois semaines alors je sais pas si là-bas je pourrai poster, mais je vais faire mon possible u_u]



Le gamin manqua d'exploser de rire à la vue de sa compagne furieuse qui manqua de décapiter le donneur de change pour son audace outrancière. Ce dernier ne semblait pas le moins du monde contrit ni effrayé, on aurait juste pu croire qu'il avait envie de se jeter amoureusement dans le décolleté de la mercenaire, malgré son attitude plutôt malveillante. Les femmes guérissent tous les maux, n'est-ce pas. Même quand on est un vieux croûton tout frippé.

Mais il ne rit pas, essayant de conserver une expression la plus neutre possible, et dissimulant à grand peine le large sourire qui menaçait de s'étirer sur son visage. Déjà, la mercenaire avait parlé, et c'était trop. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver si on ne surveillait pas sa langue dans une antre comme celle-ci. L'homme avait respecté la règle, il fallait le faire aussi, où ça risquait d'être considéré comme une provocation. Il faut toujours se méfier des vieillards, ils sont bien plus dangereux qu'on ne le pense, aussi vieux, frippés, chauves et pervers soient-ils.

Une nouvelle question de Sindanarie fut posée, avant qu'ils soient sortis de la pièce sombre. La panthère ne répondit pas, se contentant de hâter le pas et de pousser la porte pour ressortir au grand jour. Ses pupilles s'étrécirent à la lumière extérieure. Une fois que sa cliente l'eut rejoint, il ferma la porte et poussa un soupir. Soulagement, peut-être, ou mécontentement.

-Ne jamais jamais jamais jamais parler quand on dit de ne pas parler. Il a l'air innofensif mais ce n'est qu'une façade. Qui sait ce qu'il aurait pu te faire avec quelques mots de plus...

Ca ne lui plaisait pas, parce qu'il avait risqué de perdre, avec la mercenaire, des sous, de l'or, une armure et une épée à revendre, de la chair jeune et tendre, et un pigeon noir à châtier. Il fallait protéger la marchandise, et que celle-ci se tienne tranquille lorsqu'il le faut. Il eut une moue boudeuse, avant d'ajouter:

-Mon nom, c'est “ton pire cauchemard”. Mais tu peux m'appeler Loïs pour faire plus court.

Hm, après réfléxion, donner son nom n'était peut-être pas une bonne idée, parce qu'elle risquait de pouvoir le retrouver après qu'il l'ait dépouillée de tout ce qui avait un tant soit peu de valeur. Trop tard. Peut-être qu'elle l'oublierait. Et puis elle pourrait toujours s'accrocher pour essayer de récupérer ses biens, parce qu'un voleur comme le garçon aux cheveux noirs n'abandonne son butin pour rien au monde -sauf peut-être quelque chose de plus onéreux.
L'adolescent leva la tête, scrutant cieux et toits à la recherche d'une boule de plumes bien précise. Mais pas de trace de son assaillant, il avait dû sentir le danger quand il avait manqué de peu de finir entre les griffes d'une panthère susceptible.

-Où est passé le poulet? Pourquoi il ne reste pas avec toi?

C'était frustrant. Bah, de toute manière il finirait bien par revenir à un moment ou à un autre, et là il ne le raterait pas. Une envie sanguinaire se muait peu à peu en lui, une envie cruelle de voir des plumes d'obsidienne voler en tous sens, et de sentir entre ses crocs un petit coeur affolé et un corps fragile se débattant faiblement, paré d'ailes désormais inutilisables... Loïs passa sa langue sur ses lèvres, tel un fauve se léchant les babines à l'avance, préparant un futur festin. Un petit pigeon comme ça n'était pas un festin, mais si on l'assaisonnait avec de la mercenaire, ça pourrait le faire...

Le garçon, sans se sentir coupable le moins du monde, reprit sa route, suivi de près par Sindanarie qui devait être à des lieues de se douter à quoi pensait réellement son guide. Quittant la ruelle peu engageante où se trouvait l'antre du vieillard, ils s'avancèrent de nouveau dans une des artères principales de la ville. Beaucoup de gens circulaient à cette heure-là, mais il n'avait toujours aucune idée de quelle heure il pouvait bien être. Son estomac lui disait simplement que c'était l'heure de manger. Mais bon, s'il écoutait son estomac, c'était toujours l'heure de manger.

-On va au restaurant maintenant? :3

On sentait dans sa voix un enthousiasme non feint. Allait-il l'emmener dans un lieu chic et de la meilleure qualité qui soit, ou bien dans une gargotte sans intérêt? Il doutait qu'elle ait assez d'argent pour la première option, alors on allait viser entre les deux. Prenant garde à ne pas la perdre, il traîna Sindanarie quelques rues plus haut, pour s'arrêter enfin devant le menu d'un établissement de classe respectable.
Les grands yeux dorés de Loïs semblaient dévorer les mots, et pour peu il aurait pu se mettre à baver. Ca ne lui réussissait pas de dormir autant, il avait plus faim à son réveil qu'après un jeûne d'une semaine.

Sans attendre l'avis de la mercenaire, ou sans l'écouter du moins, il l'amena à l'intérieur et choisit une table à deux, sans l'ombre d'une gêne. Il s'invitait purement et simplement. Car bien sûr, il n'avait pas l'intention de payer, non mais oh.
Applatissant la carte sur la table, il pointa du doigt plusieurs plats de résistances copieux.

-Alors je vais prendre ça, ça, ça et ça.

Smile. De petites étoiles brillaient dans ses yeux émerveillés. Un bon restaurant est le paradis quand ce n'est pas toi qui paye. Et en l'occurence, la panthère se préparait à nager dans le bonheur -même s'il gardait précieusement dans un coin de sa tête l'image de l'oiseau.
La mercenaire n'avait pas intérêt à objecter quelque chose, sinon il ne répondrait plus de ses actes face à ses rondeurs appétissantes. Quelle bonne idée elle avait eu de se trouver sur le chemin de ce spécimen, tout de même... Elle allait s'en souvenir toute sa vie ♥

Le gosse se blottit confortablement dans son siège, un air passablement satisfait sur le visage, en attendant un serveur. Ca ressemblait presque à un rendez-vous galant, sauf qu'il avait l'air d'un gamin, et que c'était la demoiselle qui payait. Il fallait bien faire dans l'originalité, quelques fois.

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Mar 29 Juil - 12:34

Sindanarie s'était de nouveau laissée entrainer dans les rues de la ville par son jeune guide. Ainsi donc, il s'appelait Loïs... C'était bon à savoir, même si, après tout, un graçon d'une quinzaine d'années aux yeux de chat et avec une croix noire tatouée sous l'oeil n'était probablement pas chose courante, fût-ce sur cette île.

Plongée dans ses pensées, sans répondre à Loïs mais en stockant ce qu'il lui disait dans un coin de sa mémoire, elle le suivit, comme un automate, jusqu'à un restaurant où ils entrèrent. Une chose l'inquiétait... L'insistance que Loïs mettait à ramener la discussion sur Plume-Noire. Plume-Noire, un poulet ! Elle avait senti par leur lien l'irritation du choucas quand le garçon l'avait appelé ainsi, et sa crainte : comme il partageait, en quelque sorte, la conscience de Sindanarie, il avait compris, comme elle, que Loïs était un être hybride, mi-homme et mi-félin. son plus grand ennemi... Son "pire cauchemard", pensa sa maîtresse.Dans quelle galère s'était-elle donc embarquée?...

Elle revint à la réalité quand Loïs lui montra plusieurs plats sur la carte. Quel enthousiasme dans un si petit être... Enfin, si petit, après tout, c'était relatif... Sindanarie ne put retenir un sourire. Puis, regardant à son tour la carte, elle se rendit compte qu'elle ne connaissait aucun des plats qui y étaient mentionnés... Ou du moins, pas à première vue. Aussi, quand un jeune homme vint rendre leur commande, lui transmit-elle celle de Loïs, complétée par le doublon de l'un de ses plats pour elle.


Je te fais confiance pour que ce soit bon, dit-elle avec un nouveau sourire à Loïs alors que le serveur s'éloignait. Je commence de toute façon à avoir vraiment faim, je pourrais manger n'importe quoi... Enfin, presque n'importe quoi, se reprit-elle.

Sindanarie regarda le garçon, toujours blotti dans son siège. Elle aurait pu être sa grande soeur... Elle ne put s'empêcher d'être attendrie par ce petit être, et lui sourit de nouveau. Il n'était sans doute pas si méchant que cela... Coeur pur, lui souffla une voix dans sa tête, écho de ce que lui avait dit le Meneur de la Barque qui l'avait amenée jusqu'au rivage de l'île, tous sur Yinis ont le coeur pur... D'ailleurs, comment aurait-il pu être méchant, lui qui était si adorable?

Mais la Lame Brisée qui sommeillait en elle ne pouvait oublier que derrière l'apparente indolence que le garçon affichait se cachait un être vif, impulsif, presque sauvage, comme le lui rappelait sans cese cette lueur qui dansait, loin vers le fond de son regard de chat.


Tu sais, lui dit-elle, cherchant soudain à se défaire de la chape de silence qui s'abattait sur eux, je ne pensais pas à mal quand j'ai parlé, au bureau de change, tout à l'heure. Simplement, je ne pouvais pas le laisser faire sans réagir. Remarque... J'aurais dû finir mon geste, peut-être... Mais frapper un vieillard sans défense, je ne peux pas... Enfin, je ne peux plus. En Terre de Cerf, quand une fille se laisse, disons, approcher comme cet homme l'a fait avec moi et qu'elle ne réagit pas, on la considère comme une fille facile. Je ne connais pas vos usages, mais j préfère éviter ce genre de confusions dès le départ.

Sindanarie regardait Loïs bien en face, droit dans les yeux. Ces yeux de chat, qui cachaient sans doute tant de choses... Une âme entière, pleine de ses secrets et de ses mystères... Elle continuait cependant de parler, presque sans parler, tant le regard fixe du garçon la déconcertait :

Tout à l'heure, tu me demandais pourquoi Plume-Noire ne nous rejoignait pas. Il ne vient pas parce que je lui ai dit de ne pas le faire. C'est normal que tu n'aies rien entendu, c'est juste que nos esprits sont... comme liés, si tu veux. Nous pouvons, en quelque sorte, nous fondre l'un dans l'autre. Par exemple, nous pouvons voir par les yeux de l'autre. Enfin... Tiens, regarde, je crois que ce qui arrive est pour nous, conclut-elle rapidement, heureuse que le serveur qui arrivait avec un plateau chargé de diverses grandes assiettes la coupe dans ses explications. Elle en disait trop ! Comme toujours...

Les assiettes furent déposées sur la table, et Sindanarie eut à peine le temps de repérer ce qu'il y avait dans les assiettes avant que Loïs, comme un affamé qui n'avait pas mangé depuis plusieurs jours qu'il était peut-être, ne se jette pratiquement sur la nourriture. Elle même s'abîma dans son assiette, profitant de son premier véritable repas depuis bien longtemps... Son itinérance ne lui avait pas souvent laissé le loisir de manger ainsi, au calme, sans peur. De la viande, et des légumes ! C'était un vrai bonheur pour elle.

Et cela semblait aussi rendre Loïs heureux... Qui sait...

Sindanarie finit rapidement son assiette et releva le regard vers Loïs. Le garçon attaquait gaillardement sa dernière assiette, la troisième, à en juger par le cimtière d'assiettes qui jonchait désormais la table... Elle s'appuya sur le dossier de son siège.


Je dormirais bien, moi... murmura-t-elle. Puis elle reprit, d'une voix normale : Loïs, tu sais où je pourrais trouver à me loger?

Fermant les yeux, mais gardant tous ses sens en éveil (et elle savait combien elle risquait d'en avoir besoin, même face au garçon, lui soufflait la Lame Brisée endormie), elle attendit la réponse de son jeune guide, patiemment.

[Valà ! Si y'a un problème, tu me dis et j'édite^^ Te sens pas obligé de répondre de to lointain Québec, et bon voyage Smile ]
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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Lun 25 Aoû - 12:57

[x3]


Le garçon jeta un regard de travers à sa compagne, lorsque celle-ci ne commanda qu'un seul plat. Décidément, ces humains, ça manquait sérieusement d'appétit. Enfin peut-être que quand on n'était pas en pleine croissance, qu'on voulait conserver sa taille de guêpe et qu'on ne s'appelait pas Loïs, il n'était pas nécessaire de s'empiffrer comme un goinfre à chaque repas.

-Tu n'as jamais songé à manger ton poulet? En cas de survie, je veux dire.

Gentil air innocent. Non, il n'était absooolument pas obsédé par ce foutu piaf. Il avait juste les yeux rivés au ciel dans l'espoir de le voir apparaître et de pouvoir lui courir après avidement, tel un joueur de foot après son ballon, jusqu'à ce qu'enfin il puisse planter ses crocs dedans -suprême fantasme. Mais il reporta son attention sur la jeune femme qui lui parlait à présent de son geste de tout à l'heure.

-C'était fondé, ce que tu as fait. Mais ces gens-là sont très... susceptibles. Mieux vaut prendre toutes les précautions. Le petit vieux a toujours été pervers, je crois qu'il est un peu en manque de chair fraiche depuis qu'il n'a plus sa femme. Faut dire aussi que c'était une vieille croûtonne toute frippée et elle râlait tout le temps. Au moins ils allaient bien ensemble. Mais bon, c'est pas grave, tout s'est bien passé finalement ^o^

Loïs se figea brusquement en entendant le nom de l'oiseau tant désiré. Ses oreilles humaines se tendirent imperceptiblement, et comme par réflexe il sonda le ciel, malheureusement sans succès. Son visage attentif se mua bientôt en une mine atterrée, comme s'il venait d'apprendre une très mauvaise nouvelle. Ce qui en soi, pour lui, était plus ou moins le cas.

-Mais pourquoi tu lui as dit de ne pas venir?!

Voyait-elle qu'elle tentait de réduire en miettes l'ambition et l'espoir d'un enfant pur et chaste? (ahem) Voyait-elle qu'elle était sur le point de briser son avenir et son destin??? Voyait-elle seulement à quel point cela anéantissait le garçon? Le regard de ce dernier se plissa, et il se mit à grommeler de façon inintelligible. La vengeance est un plat qui se mange froid. Et il y avait des moyens de l'attirer ici. Il regarda Sindanarie. Comme par exemple, une charmante demoiselle naïve à souhait.

L'humeur de l'adolescent aux cheveux noir remonta de quelques crans en voyant arriver le serveur chargé de cinq assiettes. Cela va sans dire que les plats eurent à peine le temps d'atterir sur la table qu'il avait saisi son couteau et sa fourchette -il avait décidé d'être civilisé, ce jour-là- pour faire un sort à toutes ces bonnes choses.

-N'appétit!

Au bout d'un moment, Sindanarie sembla avoir fini, et avait l'air de vouloir digérer tranquillement sans qu'on ne lui demande plus rien. Et, c'était bien le quatrième plat de Loïs, non le troisième. Tant qu'il y a de la nourriture, on mange. Dire qu'en temps habituel, il lui fallait environ cinq kilos de viande par jour, quatre petits plats à côté n'étaient rien du tout... Satisfait, il poussa un soupir de contentement et se recala confortablement dans son siège. Son employeuse avait les yeux fermés. Etait-ce le moment d'agir, profitant de la langueur installée par le repas? Hmm, pas assez endormie, un moment plus propice viendrait certainement ensuite.

-Bien sûr. Une auberge devrait faire l'affaire, non?

Hors de question qu'elle dépense ses futurs sous -à lui- dans un hôtel hors de prix. Et, pendant qu'elle serait gentiment assoupie, adieu porte-monnaie et objets de valeur ♥ Le serveur revint, annonçant l'addition. Cette somme était plutôt rondelette pour deux personnes. Mais on n'aurait pas pu laisser mourir de faim un garçon si adorable, n'est-ce pas?
Si la suite de ses plans se déroulait comme prévu, alors ça serait une sacrément bonne journée. Il remercia intérieurement son dieu d'avoir mis sur sa route la mercenaire.

Il laissa à cette dernière le soin de payer, en espérant qu'il lui resterait quelque chose à voler... Ensuite, le couple mal assorti se leva de table et retourna dans la rue. Loïs choisit de prendre une rue perpendiculaire à celle du restaurant, que bordaient plusieurs boutiques. Des odeurs étranges montaient de l'étalage d'un herboriste, et une mélopée sourde provenait de chez un vendeur d'instruments de musique. Toutes ces découvertes mettaient les sens en éveil, et semblaient répandre la bonne humeur autour d'elles. Un léger sourire flottant sur ses lèvres, le jeune voleur guida sa victime à travers les gens qui s'étaient arrêtés pour écouter, sentir ou regarder.

Après quelques minutes de marche, ils finirent par arriver devant un bâtiment trapu à deux étages, dont la façade était recouverte d'une plante grimpante semblable à du lierre. Les fenêtres étaient plutôt grandes, le toit en bon état, tout cela ressemblait fort à un établissement convenable et point trop onéreux. Une enseigne au dessus de la porte indiquait aux passants: “Au Loir Paresseux, auberge”. C'était parfait. Il eut un regard appréciateur pour la plante qui avait envahi le mur.

-Voilà, c'est là. Ca te va?

L'adolescent fit un grand sourire à Sindanarie. Faîtes confiance aux gosses, qu'ils disaient. Il se passa une main dans les cheveux, ébourrifant sa touffe noire déjà bien en bataille, ce qui renforçait son air espiègle.

-Je reviendrai te chercher plus tard, si tu as encore besoin de moi. J'ai quelque chose à faire pour l'instant. Repose-toi bien ♥

Son regard doré avait quelque chose de moqueur, mais aussi de fascinant. Comment résister à cela? Tournant les talons, il partit d'un pas assuré, mesurant son allure et son excitation. Une fois qu'il eut tourné au coin d'une rue, comme si de rien n'était, il s'aplatit contre le mur. L'impatience le fit se risquer à jeter un coup d'oeil du côté de l'auberge. Etait-elle rentrée? Avait-elle des doutes à son sujet, pressentant qu'il ne s'arrêterait pas en si bon chemin? En tous cas, personne ne semblait avoir remarqué les deux yeux ronds comme des billes, fendus d'une pupille verticale, qui observaient le bâtiment avec professionalisme.

Maintenant, il allait falloir attendre la nuit...

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Ven 29 Aoû - 12:33

Suivant son guide dans les rues de la Cité, Sindanarie sentait son âme rajeunir et l'enfant affleurer derrière l'assassine. A chaque pas, une découverte en chassait une autre, créant un ensemble dépaysant et incroyable, dévoilant la richesse de la terre sur laquelle elle avait abordé la veille. Chaque échoppe révélait un mystère à sonder, un art, une culture qui lui étaient encore étrangers. Mais son regard, bien qu'attiré aussi par les habitants d'Yinis qui se promenaient en ces rues, devait sans cesse se reporter sur Loïs. Perdre deux personnes dans une journée, quand on était entrainée à suivre discrètement des cibles pour les faire passer sans bruit de vie à trépas, c'était inacceptable. Perdre Haruka, c'était presque compréhensible au vu de leur dépaysement à toutes deux, mais perdre un guide local, qui avait en plus un intérêt à rester avec elle, à voir son empressement, ce serait vraiment le comble de la maladresse !

Le jeune garçon la mena jusqu'à une auberge, et y prit congé d'elle, toujours aussi mignon, avant de s'éloigner. Sindanarie le salua d'un signe, se doutant bien qu'il reviendrait sans doute, probablement le lendemain, car il avait sûrement cerné sa fatigue profonde. Des semaines de fuite, à dormir par courtes heures sans régularité, et une nuit de veille étaient finalement venues à bout de l'endurance de la semi-elfe. Elle leva les yeux vers la façade de l'auberge, pour la graver dans sa mémoire. Une grande maison haute de deux étages, à la façade recouverte d'une sorte de lierre, avec de hautes et assez larges fenêtres. L'enseigne de bois fixée au-dessus de la porte clamait : “Au Loir Paresseux, auberge”. Sindanarie sourit. Exactement ce qu'il lui fallait.

La fraicheur de l'endroit l'assaillit après qu'elle eut poussé la porte et pénétré dans le bâtiment. La porte de l'auberge s'ouvrait sur son réfectoire, encore vide à cette heure, si l'on exceptait le vieillard installé dans une semi-pénombre, là où les rayons du Soleil ne parvenaient plus à pénétrer dans l'auberge, à une table dans le fond de la pièce voûtée. Elle s'adressa à l'employé qui nettoyait des verres derrière le comptoir qui trônait à gauche de l'entrée, et lui demanda une chambre, pour la nuit à venir au moins. Celui-ci, même s'il eut un instant l'air surpris par son aspect (il faut dire à sa décharge qu'une jeune femme, avec une armure qui augmentait sa carrure, notamment au niveau des épaules, une épée, une grande besace et des oreilles un peu pointues, ça pouvait sembler étrange), lui tendit une clé à laquelle pendait un numéro.


Premier étage, lui dit-il avec le ton guindé de sa profession.

Sindanarie sourit et le remercia, puis emprunta l'escalier de pierre, remarquant qu'il était construit de manière fort intéressante, en vis défensive. Si elle avait voulu attaquer quiconque en haut de l'escalier, elle n'aurait jamais pu dégainer son épée et s'en servir convenablement dans l'escalier... Chassant cette pensée, elle allongea le pas et, marche de pierre après marche de pierre, atteignit le premier étage. Un long couloir s'étirait et formait un coude à une dizaine de mètres de l'endroit où elle se tenait. Elle n'avait donc vu de l'extérieur qu'une partie du bâtiment, il formait un grand L en réalité... Bien... Peu importait, à la limite. Reportant son attention sur les numéros des chambres, elle arriva rapidement à la sienne. Numéro Sept. Elle essaya, machinalement, la poignée. La porte était fermée. Un bon point pour l'aubergiste. Introduisant la clé dans la serrure, elle écouta le bruit que produisait le mécanisme quand la clé tournait et l'enclenchait. Une serrure facile à crocheter, semblait-il. Elle haussa les épaules. Tant pis. Il suffirait de laisser la clé dans la serrure, cela serait une protection efficace. Sindanarie secoua la tête. Il faudrait perdre ces réflexes. Elle n'était pas en danger ici. Personne ne l'y poursuivait. Personne ne l'y recherchait. Ici, elle pourrait vivre, enfin...

Quand la guerrière pénétra dans la chambre qu'elle avait louée au moins pour la nuit à venir, la première chose qu'elle vit fut un lit, appyué contre le mur à sa droite, au fond de la pièce. Un lit qui lui sembla immense, et mille fois plus confortable que les paillasses auxquelles elle était habituée, quand elle ne dormait pas sur le sol... Un lit avec des colonnettes desquelles tombaient de larges pans de tissus. Un lit digne des seigneurs de sa terre... Non, de son ancienne terre. Ce lit trônait donc dans un angle de la pièce, la tête adossée au mur. Parcourant le reste de la chambre du regard, Sindanarie nota la présence d'une bassine de métal et d'une grande cruche d'eau claire posées sur un coffre, sur sa droite en entrant.. A sa gauche, une cheminée et, à côté d'elle, un tas de bois. Sur le manteau de la cheminée, en pierres apparentes, comme les murs de la chambre, était posée une courte bougie éteinte. C'était vraiment, vraimen parfait... Sindanarie eut une pensée reconnaissante pour le jeune Loïs. Peut-être qu'il voulait du mal à Plume-Noire, mais en tout cas, il connaissait manifestement les bonnes adresses...

Plume-Noire ! Oui, il fallait qu'il revienne avec elle. Sindanarie se dirigea vers la fenêtre qui s'ouvrait face à la porte, à côté du côté long du lit, et l'ouvrit largement. Le choucas l'avait suivie dans son périple à travers les rues de la cité, et s'était posé tranquillement sur le toit d'une maison, de l'autre côté de la rue. Scrutant le ciel, Sindanarie l'aperçut ainsi installé, et par leur lien lui indiqua qu'il pouvait venir, qu'il n'y avait aucun danger. L'oiseau obtempéra, et bientôt il eut retrouvé sa place sur l'épaule de sa maîtresse.

Sindanarie eut un soupir de soulagement quand elle s'assit sur le lit. Son périple touchait à son terme. Doucemnet, elle commença à enlever l'armure qu'elle n'avait pas quitté depuis deux jours. Quand enfin son torse émergea de sa coquille de métal, elle se sentit plus légère, comme libre d'abandonner son passé derrière elle. Plume-Noire, maintenant posé sur le ciel du lit, semblait dormir, la tête sous son aile, mais elle le sentait veiller. Le rassurant d'une pensée, elle le sentit se détendre et sombrer enfin dans un profond sommeil, peuplé de rêves de choucas. En chemise, Sindanarie se dirigea vers le coffre, les pièces de son armure sur les bras, et, ouvrant cet unique meuble, y déposa le métal protecteur, par dessus lequel elle rangea les maigres effets qu'elle avait emportés. Deux pantalons, une chemise, deux tuniques, une longue robe, et un coffret renfermant le matériel nécessaire pour changer de visage et empoisonner à coup sûr un ennemi. Et sa bourse. Après un instant d'hésitation, la semi-elfe plaça la bourse entre les tuniques et les chemises. On n'était jamais trop prudent.

Puis, sans pouvoir résister plus longtemps à cet appel, Sindanarie se lava rapidement dans la bassine préparée à cet effet, referma la fenêtre et s'allongea sur le lit. Le Soleil était encore haut dans le ciel quand elle s'endormit d'un sommeil sans rêves, avait baissé quand elle se réveilla pour la première fois ; elle se rendormit, et c'est au crépuscule qu'elle émergea qelque peu de son repos. Elle ne ressentait aucune faim, et se rendormit pour la seconde fois. La Lame Brisée reconstituait ses réserves, apparemment sans défense, allongée de tout son long sur son lit, gorge offerte. Seule brillait encore faiblement, sous la manche relevée de sa chemise, dans l'obscurité qui tombait, la parure que Sindanarie portait au bras gauche.

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Mer 3 Sep - 21:03

[Mouhaha me suis bien amusée x3] [inspi powaa]


Il était encore trop tôt pour agir. Rester posté là plusieurs heures durant aurait paru suspect. Voyant que des volets sur la façade furent fermés par des bras féminins, au premier étage, il repéra la fenêtre: quatrième en partant de la gauche. Il n'y aurait eu qu'elle pour se coucher si tôt. Parfait. Le seul problème était qu'elle donnait directement sur la rue, il faudrait donc redoubler de précautions pour ne pas se faire repérer. Le garçon aux cheveux noirs partit alors dans la rue où il s'était caché afin de contourner le pâté de maisons et de revenir dans celle qu'animaient les commerces croisés précédemment. Il se dirigea sans hésitation vers l'échope de l'herboriste, une femme à la coiffure loufoque qui portait une robe ample et d'énormes lunettes. Une fois à l'intérieur, il lui demanda une potion spéciale à base de plantes, qui permettait officiellement dans une infusion d'aider à s'endormir. L'utilisation officieuse se verrait démontrée plus tard par une panthère anonyme. La vendeuse lui confia le flacon d'un air passionné, en lui expliquant ses vertus soporifiques, paralysantes, et légèrement euphoriques, et le mettant en garde contre une utilisation trop fréquente. L'acheteur se demanda avec amusement s'il recommencerait souvent sur la même personne... pauvre Sindanarie, elle allait finir par lui en vouloir.

Après avoir déposé sur le comptoir les piécettes convenues, Loïs glissa la fiole dans la poche de son pantalon et se remit en marche. Les badauds dans la rue en le voyant n'auraient pu rien déceler de plus qu'un promeneur parmi tant d'autres, qui rentrait certainement chez ses parents après une course, pas pressé pour deux sous, distrait par l'environnement extérieur et la magie rêveuse du soir qui commençait à tomber. Le ciel mettrait encore des heures à se teinter de rouge et sombrer ensuite vers la grisaille. Quelle idée de se coucher en plein milieu d'après-midi... L'idée le démangeait d'aller rendre tout de suite visite à sa victime chérie, cependant sa prudence de voleur le lui interdisait formellement.
Non, il devrait s'occuper. Restait à espérer qu'elle daigne dormir jusqu'à son arrivée. Le garçon s'éloigna vers des ruelles plus tranquilles, et se métamorphosa en panthère, à l'abri des regards indiscrets. Puis, d'un bond agile et souple, il grimpa sur un muret, qui lui permit d'atteindre le toit le plus proche sans encombre. Doucement sur les tuiles tiède, il avança jusqu'au bord, puis s'installa confortablement. Combien de temps à attendre? Il s'ennuyait déjà. Il n'y avait rien ici pour jouer, à part peut-être courir après sa queue, mais ça devenait lassant. Compter les tuiles? Soupir. Il changea alors de position, s'étalant sur son flanc gauche, et commença une toilette consciencieuse. Mais au bout d'une vingtaine de minutes, chaque poil était lustré plus que nécessaire, et il n'avait d'envie que de courir vers cet or qui l'attendait à bras ouverts chez le Loir Paresseux. Le soleil descendait vers l'horizon à une vitesse insupportablement lente.

Bon, puisque c'était comme ça, il allait faire un petit somme. Non, hors de question, et s'il ne se réveillait que le lendemain matin? Il en était bien capable. Surtout après un bon repas. Oh, allez, juste un petit somme de rien du tout. Son dilemme intérieur s'envola aussi vite que de la poussière sur laquelle on souffle. Avec Loïs, rien ne rivalisait contre dormir ou manger. Alors il posa son menton sur ses papattes avec un air satisfait dans les moustaches, et ferma ses grands yeux dorés.

L'animal fut brutalement tiré de son sommeil par le fracas métallique de quelque chose rebondissant sur le sol, accompagné de cris féminins. La nuit était bien avancée; et Loïs se fondait parfaitement dans l'obscurité du ciel. Il s'approcha précautionneusement du bord pour risquer un oeil dans la rue. Une valise ouverte et des vêtements éparpillés gisaient dans la rue, entourant un homme à l'air traumatisé. “Mais ma biche...” “VA CREVER AILLEURS SALE CHIEN DES RUES... -censuré-”
Sur ce, la femme penchée à la fenêtre lança une autre casserole sur son mari, qui se protégea maladroitement de ses bras. Il ne tarda pas à s'enfuir, avant qu'elle aie bombardé tout son matériel de cuisine.
Loïs eut un sourire amusé, avant de s'étirer de tout son long et de bailler à s'en décrocher la mâchoire. Puis, à peine réveillé, il se mit en marche. Heureusement que l'épouse tonitruante avait été là, sinon rien n'aurait pu le tirer de son soit-disant petit somme. Il sauta de toit en toit, car les maisons n'étaient pas très espacées. S'il fallait traverser une rue, les moyens de descendre étaient faciles. Sa race avait toujours eu pour habitude de grimper aux arbres, alors un simple mur ne posait pas de problème.

Finalement, l'adolescent se trouva face à l'auberge. L'endroit était désert, toute lumière derrière les fenêtres éteinte et la plupart des volets fermés. Pas un bruit. Il reprit son apparence humaine, et se dirigea vers la façade vêtue de la plante grimpante, aux tiges plutôt épaisses, sous la quatrième fenêtre. Un sourire mutin dévoila ses dents blanches aux canines acérées. Il agrippa fermement deux lianes, et se mit à escalader, prenant soin de laisser le silence en paix et d'assurer ses prises. La plante tenait bon. Le garçon était comme une araignée sur sa toile, trouvant les justes appuis sans le moindre effort, et progressant assez rapidement. Son entraînement chez le Maître avait fait de lui un voleur d'élite.
Le premier étage arriva bientôt à son niveau. La fenêtre de Sindanarie n'était plus très loin. L'hybride agrippa fermement son rebord, se décalant latéralement pour s'en rapprocher. Mais son pied glissa et il perdit l'équilibre. Une désagréable sensation de vertige l'assaillit, et il fut attiré en arrière. Il y eut un choc; une grande douleur à l'épaule. Il pendait dans le vide, sauvé par un seul bras. Heureusement, la main qui se raccrochait à la fenêtre tint bon. Etouffant un gémissement, il hissa l'autre bras jusqu'à la fenêtre pour se suspendre convenablement, et permettre à son dos, qui en avait pris un coup, de se remettre un peu. Ses pieds trouvèrent de nouveau des lianes solides sur lesquelles s'appuyer. Mais alors qu'il allait continuer son ascension, il se figea. Il y avait eu un bruit dans la ruelle. Faisant son possible pour se plaquer au mur, il reteint son souffle. Il avait des feuilles dans les cheveux et contre le visage. Les plantes, c'était bien, mais pas des plus confortables. La personne, plus bas, aurait pu le distinguer si elle avait levé la tête, malgré le mauvais éclairage de la rue. Mais elle n'avait pas vraiment de raison de lever la tête. Loïs pria pour que ses vêtements le dissimulent, se disant qu'il aurait l'air plutôt bête si on lui demandait ce qu'il faisait là. Il n'avait pas vraiment envie de tuer quelqu'un ce soir-là...

Les bruits de pas s'éloignèrent. Le garçon eut un soupir de soulagement. Il resta encore dans cette position incommode plusieurs minutes; puis attrapa les barres transversales des volets, accroupi sur le mince rebord. Il demeurait en équilibre précaire, il faudrait faire vite. Du côté de la chambre, tout semblait plus calme que dans un cimetière, mais il ne pouvait pas encore juger de la situation. Il fouina dans sa poche à la recherche d'un petit objet, qu'il introduisit dans la fente entre les volets. C'était une espèce de crochet. Il farfouilla quelques instants, avant de réussir à soulever le loquet. Et hop, les volets étaient ouverts, il ne restait plus qu'à s'occuper de la fenêtre.

Quelques minutes de travail plus tard, à l'aide de ses outils et de son savoir faire professionnel, un des carreaux fut démonté, et le damoiseau put passer son bras à travers pour atteindre la poignée. Les endroits comme celui-ci manquaient sérieusement de sécurité... peut-être était-ce aussi une raison pour laquelle il l'avait choisi, n'est-ce pas? Il se glissa à l'intérieur. Sa vision nocturne s'accoutuma rapidement à l'obscurité de la chambre. Cela faisait du bien de sentir le sol sous ses pieds, et de ne plus avoir à maintenir constamment son équilibre et sa concentration...
La mercenaire dormait, dans le lit. L'attention de la panthère fut brusquement attirée par une masse noire pleine de plumes. Il se retint de se jeter dessus avidement, tous ses instincts primaires dirigés vers lui. Tout tomberait à l'eau s'il le bouffait maintenant...

Contournant l'oiseau qui semblait dormir, le voleur s'approcha de la belle au Loir dormant, allongée entre ces draps clairs qui bordaient le lit. Il monta sur le lit avec précautions, et se plaça à califourchon au dessus de la mercenaire. Néanmoins il ne s'assit pas sur son ventre, au risque de la réveiller en sursaut. Il sortit la petite fiole de sa poche. Le liquide était translucide, d'une couleur verdâtre... Faisant sauter le bouchon avec un petit “plop”, il commença à en verser entre les lèvres de la demoiselle à la Lame Brisée. C'est alors... que les choses se compliquèrent.

A peine avait-il versé la moitié du flacon, sans avoir eu le temps de le lui faire avaler, qu'il décela un mouvement derrière lui. C'était le poulet qui s'agitait, mince, il avait dû se réveiller! Si le lien mental dont lui avait parlé Sindanarie était si fort qu'elle le prétendait, alors celle-ci n'allait pas tarder à sortir des brumes du sommeil, appelée par son foutu piaf. Loïs releva doucement son menton avec ses doigts pour qu'elle avale. En aucun cas il n'avait envisagé de lui faire de mal. Peut-être était-ce le côté “âme pure” de l'adolescent... Juste un bon gros dodo, et hop, disparu, plus de gamin insupportable -et disparus aussi les jolis sous-sous. Mais elle n'aurait pas une égratignure.
Il ne pourrait pas en dire autant du choucas qui s'affolait.

-Oh, ça va, hein, je suis pas en train de la violer ta copine -__-

Il tourna la tête pour voir ce qu'il faisait. Heureusement qu'il avait eu la bonne idée de refermer la fenêtre derrière lui, le carreau manquant étant trop étroit pour laisser passer facilement un volatile de cette taille. Et puis il n'allait pas abandonner sa maîtresse en situation critique, n'est-ce pas?
Sindanarie semblait avoir bu la potion, ou du moins le peu qu'elle en avait dans la bouche la laisserait dans un état de demi-sommeil, lui enlevant ses facultés principales comme courir sans se casser la figure, tenir fermement quelque chose entre ses mains, viser ou même bien distinguer ce qui se passait atour d'elle. Il lui administrerait le reste du flacon une fois débarrassé du poulet...

Puisqu'il pouvait maintenant s'en donner l'autorisation, le garçon se laissa totalement submerger par ses pulsions de prédateur. Il se jeta hors du lit, devint en quelques secondes le félin noir aux yeux dorés qui luisaient dans la pénombre, et ses griffes se refermèrent sur l'endroit où se trouvait l'oiseau quelques instants auparavant. Commença alors une joyeuse course poursuite dans la chambre. Celle-ci se trouva sans dessus dessous en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire: le coffre était renversé, la cruche brisée, les bûches éparpillées sur le sol; la pauvre cible volait désespérément en tous sens, perdant ses plumes, suivie de très près par une panthère surexcitée. Loïs en oublia totalement sa discrétion, et le vacarme dura bien une dizaine de minutes. Heureusement pour lui, il ne semblait y avoir personne dans les pièces d'à côté.

Et c'est ainsi qu'une mercenaire innocente se trouva dans un état léthargique mais euphorique à cause de la drogue, dans une chambre complètement retournée, face à un oiseau qui se démenait pour survivre, avec son adorable guide à ses trousses; sans pouvoir faire grand chose d'autre que de regarder tout cela d'un air consterné.

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Mar 30 Sep - 20:46

[Normalement c'est bon... Désolée pour l'attente... Si tu veux que je développe quelque chose ou que j'aille plus loin dans le RP, y'a pas de souci, hein^^ Pis désole pour la taille et la qualité, c'est pas top du tout... Embarassed ]

Sindanarie fut tirée du profond sommeil dans lequel elle était plongée depuis la fin de la matinée par un vacarme du diable et par le fracas de la conscience de son choucas contre la sienne. Véhéments appels à l'aide, ses pensées se jetaient à l'assaut de l'esprit embrumé de la semi-elfe. Par une sorte de réflexe, les yeux toujours fermés, aussi immobile que si le sommeil la tenait encore, elle décrypta ce que voulait Plume-Noire. Du secours. Il avait peur. Il y avait un gros, très gros chat avec des grandes griffes qui le coursait.

Ces dernières pensées provoquèrent un frisson qui parcourut tout le corps étendu de Sindanarie. Elle voulut ouvrir les yeux, se jeter de côté vers ses affaires, empoigner l'épée qui était à côté d'elle, mais le moindre mouvement lui demandait un effort considérable, et la poursuite, qu'elle percevait, plus vaguement maintenant, par les pensées de l'oiseau, semblait se poursuivre avec plus d'entrain que jamais. Elle ouvrit péniblement les yeux, assise de telle sorte que ses jambes pendaient le long du lit, appuyée de tout son poids sur ses bras placés de part et d'autre de ses cuisses. Le temps que ses yeux retrouvent leur clairvoyance dans le noir, elle perçut l'affolement toujours croissant de son oiseau, et elle perçut le frémissement de la conscience du fauve.

Ses paupières, ses jambes, ses bras, son cou, tout cela était lourd, pesant, raide, comme ankylosé. Soudain, un décharge d'énergie la fit vaciller ; Plume-Noire venait de lui asséner un coup par le biais de leur lien, l'exhortant à le sauver. Sindanarie distinguait maintenant parfaitement les deux silhouettes noires, le félin et sa proie, engagés dans leur sinistre danse mortelle. Dans un effort plus important que le précédent, Sindanarie referma son poing sur la poignée de son épée t banda ses muscles pour tenter de la lever. De fait elle la leva, mais comme elle tenta en même temps de se lever, elle fut déséquilibrée par la combinaison de ces deux gestes et tomba à genoux, lâchant la lame. Sa vue se brouillait. Sa tête tournait.

Elle releva les yeux. Et puis le spectacle lui sembla d'un coup très drôle, et elle s'assit, un goût bizarre dans la bouche, comme dans un état second. Plus elle avalait sa salive, plus elle se sentait, viouuu, partir... Elle eut soudain très chaud et, se détournant du fascinant spectacle, se dirigea à quatre pattes, lentement, vers la fenêtre, et l'ouvrit très largement. L'oiseau la remercia mentalement, et tenta de voleter vers la fenêtre, mais le félin était rapide. Un instant, Sindanarie rencontra le regard de cet animal, et le reconnut. Ces yeux... Ce fut comme un choc pour elle. Les yeux de fauve du jeune garçon... Quel était son nom déjà ?


Loïs, murmura-t-elle.

Il fallait qu'elle se réveille. Maintenant. Mais c'était si drôle, ce ballet... Oui, mais Plume-Noire était en danger, serré de plus en plus près par la panthère qui sautait partout, toutes griffes dehors.

Arrête, murmura-t-elle dans un souffle, avant de crier, autant que sa voix, tout aussi vacillante que son corps, le lui permettait : ARRÊTE !

Elle se jeta sur son épée, et sans hésiter, pour se réveiller, elle l'enfonça dans la paume de sa main. Sindanarie poussa un cri sous l'effet de la douleur soudaine qui vrillait sa main et qui s'amplifiait à mesure que le sang en coulait, petit ruisseau rouge de fines gouttes rondes. Sa vision à présent devenait un peu plus nette. Il lui sembla pourtant que son cri n'avait rien changé...

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Mar 4 Nov - 1:23

Les choses se précipitèrent en un instant, à cause de la mercenaire, qui avait trouvé on ne savait où la force de se traîner jusqu'à la fenêtre. L'air frais s'engouffra dans la pièce, attisant soudainement l'espoir de l'oiseau, regonflant son coeur au bord de ce qui était certainement la plus grosse panique de sa petite vie tranquille. Quelques battements d'ailes. Un cri désespéré. Un bond, puissant, propulsant en avant de toutes ses forces l'animal pour qui chaque seconde comptait; c'était l'instant décisif.
Le temps sembla se suspendre, puis... les griffes sans merci du félin se refermèrent sur le choucas, coupant court à cette bouffée de liberté qui avait pu l'enivrer en passant presque la fenêtre, cette excitation et ce soulagement de sentir le monde à nouveau sous ses plumes, porté doucement par le vent... tu peux leur dire adieu à tout jamais, saluant au passage ta vie et ton amie, Sindanarie...

La panthère ratterit durement sur le sol, sans pouvoir s'aider de ses pattes avant qui serraient fermement Plume-Noire. Un roulé-boulé plus tard, il se trouvait allongé à même le parquet, sa proie plaquée contre le sol entre ses deux pattes, un air grisé dans les moustaches. Tout cela en un vacarme digne des plus grandes fanfares de fête. C'est alors... que trois coups autoritaires furent frappés à la porte.

-Qu'est-ce qu'il se passe là-dedans? Ouvrez!!

Oups. Mince. L'aubergiste. Forcément, avec le barouf qu'il venait de faire, ç'aurait été difficile de passer inaperçu. Il regarda rapidement autour de lui: Sindanarie avec sa main ensanglantée, la chambre sans dessus-dessous, le carreau démonté, et l'oiseau... une seule issue, la fenêtre. Il ne pouvait pas sauter sans risquer de se blesser, il lui aurait fallu du temps pour descendre à l'aide de la plante grimpante. Rester là, se cacher sous le lit? En voyant le désordre et la jeune femme à moitié dans les vapes, il allait tout de même se douter de quelque chose... Une solution, vite! C'est alors qu'une idée germa dans l'esprit du damoiseau. Ils étaient dans un hôtel, n'est-ce pas? Prenant sa voix la plus suave et féminine possible, il poussa un gémissement digne des plus grandes actrices érotiques:

-Oh ouiiiiiii! Encooore!

Silence de l'autre côté de la porte. Il s'appliqua quelques instants encore à imiter des roucoulements langoureux, histoire d'être bien sûr. Finalement, la réponse ne se fit plus attendre:

-Bon, euh... essayez juste de faire un peu moins de bruit... j'vais pas vous déranger, hein...

Soupir de soulagement. Les bruits de pas s'éloignèrent dans le couloir, il aurait la paix pour un petit moment. C'était enfin l'heure de la récompense bien méritée, qu'il avait attendu toute la journée: il se mit à mordiller la petite chose, sentant son coeur palpiter entre ses canines. Il l'avait éraflé un peu avec une de ses griffes, et le délicat goût du sang avait l'effet sur ses papilles d'un savoureux nectar. Mais il était toujours en vie, quoique craignant certainement pour son avenir proche.

Loïs releva la tête, croyant déceler un mouvement dans l'obscurité. C'est alors qu'il se demanda pourquoi sa mercenaire préférée avait une épée plantée dans la main... il n'avait absolument pas écouté son appel, et se rendait à présent compte de la situation dans laquelle elle se trouvait. Assise par terre, l'air hébété, comme perdue entre une réalité lointaine et un songe artificiel dont elle peinait à se tirer.
Tout en mâchonnant le poulet, sans pour autant enfoncer ses dents dans la chair tendre -le meilleur pour la fin voyons- l'adolescent s'avança à quatre pattes vers elle. Rah, il ne l'avait même pas abîmée, mais pourquoi l'avait-elle fait toute seule? Il se transforma en le jeune garçon qu'il était, et attrapa sa main ruisselante de liquide écarlate, coinçant l'oiseau entre ses jambes hors de portée de la Lame Brisée. L'épée avait été retirée doucement. Il considéra la plaie. Ca n'était pas bon, ça risquait de s'infecter: elle pourrait perdre l'usage de sa main, voire même sa main entière. Et ça n'était pas très sexy ni pratique pour une demoiselle de n'avoir qu'une seule main. Sauf si on considérait que l'amour de sa vie était Plume-Noire, auquel cas il lui faudrait de toute façon trouver un autre oiseau pour bâtir sa vie.
Les sourcils légèrement froncés, Loïs se mit à lécher la main blessée. La salive de certains animaux avait pour vertu d'aider la cicatrisation, et au moins de nettoyer l'ouverture béante entre les chairs. Il déchira alors un bout du drap, qui trainait à moitié par terre non loin, et l'enroula autour comme un sparadrap.

-Bon. Faut rester sage maintenant.

Après un regard sérieux, il reporta son attention sur le choucas qui se débattait faiblement. Il l'attrapa et se remit à mâchouiller une de ses ailes d'un air songeur. Il ne se souciait pas trop de Sindanarie qui devait être encore trop dans les méandres tordus que lui avait inspirés la fiole verte pour réagir violemment, ou de manière non évitable. Il lui suffisait d'aller à l'autre bout de la pièce pour avoir la paix au moins pour cinq bonnes minutes.

Bon, il n'allait pas rester là cent sept ans. Il fallait prendre les sous-sous de son innocente chérie, et se faire la malle. Il s'approcha du coffre où la jeune femme avait stocké ses affaires. L'oiseau dans une des mains, ses doigts serrés autour de son cou pour calmer toute envie de fuite, il souleva le couvercle... c'est alors qu'une idée lui vint à l'esprit, et qu'un sourire espiègle se peignit sur ses lèvres. Allez, une petite farce.

Le lendemain, lorsque la Lame Brisée s'éveillerait enfin, elle se trouverait dans une chambre dévastée; seulement vêtue de quelques dentelles frivoles. La fenêtre serait ouverte, et les rideaux voleraient un peu avec le vent. Sa main aurait un bandage tâché de sang. Lorsqu'elle s'approcherait du coffre, fermé, et qu'elle en soulèverait le couvercle... elle trouverait au fond un oiseau noir tout machonné et tout baveux, dont l'étincelle de vie brillait encore au fond des prunelles. Autrement, le coffre... serait vide.

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Sam 29 Nov - 2:13

Quand elle se réveilla, le Soleil était déjà haut dans le ciel. La chambre était claire, inondée de lumière par la fenêtre grande ouverte, une brise légère entrait par cette ouverture, mais Sindanarie se sentait nauséeuse, et tout autour d'elle semblait tournoyer légèrement. Elle était incapable de fixer ses pensées, et elle conservait un arrière-goût amer dans la bouche. Les souvenirs ne revenaient pas... Que des bribes... Pourquoi était-elle donc là? Elle n'arrivait pas à reconstruire ce qui s'était passé dans la soirée. Seules des bribes lui revenaient, décousues, sans ordre. Une course poursuite dans la chambre. Un gros félin noir. Le garçon avec lequel elle avait mangé. L'auberge. L'aubergiste. Une douleur intense dans la main. Elle avait dû être droguée, jamais pareille nuit de sommeil ne lui avait fait un tel effet... Droguée? Et par qui?

A moitié assommée encore, elle regarda, comme pour vérifier qu'elle avait rêvé, sa main : enveloppée d'un bandage rudimentaire dont elle n'avait aucun souvenir, tâchée de sang jusqu'au poignet... La semi-elfe secoua la tête. Etonnant... Et cela appuyait sa thèse de la drogue. Elle avait dû reprendre quelque peu conscience. Un courant d'air plus accentué lui fit soudain prendre conscience d'autre chose. L'air glissait directement sur sa peau...

Ses vêtements ! Elle était sûre de s'être endormie habillée ! Elle baissa la tête, vite, trop vite ; sa vue se brouilla, et quand elle put de nouveau regarder vers le bas de son corps sans éprouver un vertige tout vomitif, elle s'aperçut, ô horreur ! qu'elle n'était plus vêtue que de quelques dentelles, dont elle n'avait en plus aucun souvenir... Elle n'avait jamais porté de ces... trucs, et ça la mettait mal à l'aise, même dans l'état lamentable dans lequel elle était.

Pour retrouver des habits confortables et, qui plus est, sortables, elle s'achemina à quatre pattes (pour ne pas aggraver la situation de sa tête), toujours en dentelles affriolantes, vers le coffre dans lequel elle se souvenait d'avoir rangé ses affaires dans l'après-midi de la veille. Un instant, dans un éclair de lucidité presque parfaite, elle se prit à être soulagée que personne ne soit là pour la voir dans cette posture... Le coffre se dressa soudain devant elle, et quand elle l'ouvrit... Oh non, non, non... C'était pire qu'un cauchemar...

Sindanarie cligna des yeux plusieurs fois, ce qui n'eut pour conséquence que de la déséquilibrer un peu plus. Oui, même si elle était à quatre pattes !... Plume Noire, tout mâchonné, encore trempé de salive, gisait au fond du coffre. Elle tendit immédiatement son esprit sur lui, et fut surprise de le trouver si faible, malgré sa propre lenteur de réaction. Précautionneusement, elle plongea une main dans le coffre et en retira l'oiseau, puis se laissa rouler sur le dos en le serrant contreelle. Que lui importait la bave, il lui fallait bien le réchauffer...

Quand enfin le choucas reprit une figure normale, c'est-à-dire quand la semi-elfe, un peu remise, moins nauséeuse, plus sûre d'elle, put se relever, le dépouiller de salive par une rapide trempette dans la bassine (dans laquelle sa maîtresse avait eu toutes les peines du monde à verser l'eau de la cruche posée à côté), remettre ses plumes en ordre, Sindanarie s'occupa d'elle-même. Elle retourna au coffre, et tomba en arrêt devant son vide. Elle avait tout mis dedans, pourtant, la veille... Et à présent... Rien. Plus rien. Plus de vêtement, plus d'armure, plus de bourse... Plus rien. Un flot de colère brûlante monta en elle. Des envies de meurtre, d'un coup. C'était dans sa nature, et elle n'essaya pas, ce jour-là, d'aller contre. Ah oui, c'était comme ça... Très bien, garçon-chat, je vais te trouver et te faire avaler tes moustaches... Il ne sera pas dit que tu t'en tireras comme ça.

Par leur lien, elle fit comprendre à Plume-Noire qu'il devait demeurer là, dans la chambre, et qu'il devait l'attendre jusqu'à son retour. Et faisant fi de son apparence fort dénudée, elle sortit de la pièce.

Le couloir était désert, et elle ne pouvait que s'en réjouir. Mais tout se gâta alors qu'elle descendait. Evidemment, le Soleil était haut dans le ciel, l'aubergiste levé depuis belle lurette, la salle qu'elle avait traversé la veille était comble... Et elle était en petites dentelles affriolantes. Elle étouffa un cri de rage quand les premiers sifflets retentirent alors qu'elle était encore dans l'escalier. Ignorant royalement les quolibets, ignorant le sang qui bouillait dans ses veines, elle se tourna vers l'aubergiste, et lui dit de son air le plus naturel :


Bonjour, je souhaiterais des vêtements, s'il vous plait.

Un regard amusé du bonhomme. Non, pas amusé. Goguenard et baladeur.

V'z'êtes sûre, M'dame? Ca vous va pas si mal, c't'affaire-là...

Nouvelle vague de quolibets, comme si toute l'auberge avait ventré son attention sur eux. C'était sans doute le cas, d'ailleurs. Une semi-elfe presque dans sa plus simple tenue, une main bandée, ça ne devait sans doute pas courir les rues... Pas plus que dans son ancienne vie, se dit-elle. La remarque de l'aubergiste fit voir rouge à la Lame Brisée. Elle le saisit au collet de sa main intacte, et, le tirant vers elle, les muscles jouant comme des serpents sous sa peau blanche, un air qui ne cachait en rien sa colère sur le visage, elle lui siffla brusquement à l'oreille :

Je te conseille de me donner tout de suite de quoi m'habiller.

Légère pression du pouce à un point particulier. Si elle maintenait la pression, elle le tuait sans bruit et sans trace, ce qu'elle lui indiqua dans un murmure à peine perceptible, avant de reprendre plus haut :

Dépêche-toi.

Il avait toujours cet air goguenard... La Lame Brisée reprenait le dessus sur Sindanarie, et elle asséna un grand coup de poing dans le ventre de l'homme, pas tant parce qu'il n'obtempérait pas que parce qu'il lui fallait s'affirmer face à cette assemblée qui se repaissait de sa quasi-nudité. L'aubergiste se plia en deux, un court silence s'établit. Quand il se redressa, il jeta un regard haineux à la semi-elfe, qui avait repris l'air froid et détaché de la Lame Brisée. Cet air avec lequel elle avait toujours tué. Et il rentra dans la pièce qui s'ouvrait derrière le comptoir, en ressortit quelques instants plus tard avec quelques nippes sur le bras.

Tenez, marmonna-t-il.

Bravant les regards de l'assemblée, les soutenant sans faille, la Lame Brisée enfila ces habits trop grands, sales et peu judicieusement troués, avant de faire signe à l'aubergiste que ça irait. D'un pas mieux assuré que lorsqu'elle était descendue, elle se fraya un chemin entre les tables jusqu'à la porte. Au moment où elle posait la main sur la poignée, elle sembla se raviser, se retourna et lança d'un ton autoritaire, une lueur mauvaise dans les yeux :

N'entrez pas dans ma chambre. Je reviens tout à l'heure. Et je vous règlerai ce que je vous dois.

La semi-elfe était maintenant assurée sur ses jambes, les brumes qui engourdissaient son esprit s'étaient dissipées. La colère les avait remplacées, et elle en était d'autant plus lucide, pensant avec une clarté inquiétante. Un signe à la cantonnade, et elle ouvrit la porte pour sortir. La lumière de l'extérieur l'enveloppa toute entière dès sa sortie de la pénombre de l'auberge. La lame Brisée dut plisser les yeux pour conserver une vision nette de ce qui l'entourait. Rue tranquille. Du monde mais pas trop. Très bien. Elle avait besoin d'une rue commerçante, et une place de marché serait l'idéal. Un lieu où de nombreuses personnes se presseraient était sans doute un endroit idéal pour retrouver son voleur. Une bourse aussi peu garnie que celle de l'ancienne assassine ne lui suffisait sans doute pas...

La jeune femme arrêta un passant, et lui demanda, aussi poliment que l'éclat froid qui glaçait son regard et son expression le permeettait, où elle pourrait trouver un marché. Le bonhomme, sans y prêter plus attention que cela, lui indiqua un lieu, et s'offrit pour l'y guider. Cachant sa fureur rentrée sous un masque aimable, Sindanarie accepta avec un sourire qui ne montrait presque pas la contrainte qu'elle imposait à son visage, et tous deux cheminèrent jusqu'à une grande place inondée de Soleil, envahie par une foule dense attirée là par les étals chamarés, par les senteurs diverses, par la bonne humeur enfin qui semblait régner. Là, elle prit congé de son guide, et s'avança droit vers le centre de l'esplanade. Une sorte d'estrade vide, malgré l'affluence qu'entrainait le marché, s'y dressait.

Ni une ni deux, l'ancienne assassine, vêtue de bric et de broc, la main toujours enveloppée dans un morceau de drap taché de sang, gravit les quelques degrés et, d'une voix assez forte pour couvrir un instant le tumulte de ses proches abords, elle lança à la cantonade :


J'offre la moitié de ma bourse à quiconque me mènera à Loïs, le garçon aux yeux de chat !

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Ven 26 Déc - 20:56

Un coup d'oeil vers le bas. Deux passants s'étaient arrêtés pour observer le gamin, accroupi sur le rebord d'une fenêtre, qui accrochait une chemise sur une poutre dépassant du mur, à quelque demi-douzaine de mètres de hauteur. Une fois assuré qu'elle était bien en place, il sauta et atterit sur le sol d'un bond agile. La plupart des vêtements de la mercenaire avaient subi le même sort, et trônaient accrochés aux murs un peu partout dans la ville, assez en hauteur pour décourager les envieux. Satisfait de son oeuvre, le chat repartit à la recherche d'une place de choix pour les meilleurs atours de Sindanarie. Plutôt que de vendre son armure et les belles pièces de son équipement, il préférait les exposer comme trophées dans des endroits dignes... le plastron échut bien en vue sur le toit du pavillon de verre, et, alors qu'il revenait du temple après y avoir déposé les dernières pièces de son butin, pour terminer la chasse au trésor, il commença à se rendre compte que sa victime risquait de ne pas laisser passer ses brigandages aussi facilement...

Les pas d'un homme pressé résonnaient dans la ruelle. Son regard vif fouillait chaque recoin sombre, et il s'approchait de tous les badauds de sexe masculin pour les examiner de plus près, comme s'il tenait à vérifier quelque chose... le chat le vit avec un étonnement amusé continuer son manège, jusqu'à ce qu'il arrivât en face de lui.... et poussât un “Là!” de victoire. Décontenancé, Loïs n'eut pas le temps de réagir qu'il se trouvait déjà sur l'épaule de l'homme qui le portait comme un vulgaire fétu de paille, en courant avec ce qui semblait être un objectif bien précis. L'adolescent était balloté dans tous les sens, et se demandait ce qui lui pouvait bien lui arriver. Pas de doute, son kidnappeur cherchait bien quelqu'un en particulier, et il y avait de fortes chances pour que ce soit lui. Pas comme s'il n'avait rien à se reprocher.

Malgré ses “Hé!” de dépit et ses tortillements pour s'échapper de l'étreinte du ravisseur, ce dernier ne lui accorda pas plus d'attention et poursuivit sa course jusqu'à bientôt arriver à un petit marché. Il ne voulait pas blesser cet individu, bien que pourvu de manières étranges, puisqu'après tout il ne lui avait pas fait de mal.

C'est alors que tous deux arrivèrent devant une estrade, et la consternation se peignit sur les traits de l'innocent damoiseau. Il n'en fallait pas beaucoup plus pour comprendre l'attitude de l'homme qui le portait sur son dos sans desserrer son emprise. Il jeta d'un ton qui se voulait badin, alors que l'expression de la mercenaire lui faisait l'effet d'une douche glacée:

-Ah!...la madame à la grande épée! ...quelle bonne surprise!

-C'est bien lui? Montrez l'argent.

Ah, la vicieuse! Scélérate! Bougre de femelle machiavélique! Elle l'avait acheté?! Il n'était plus face à la gentille jeune femme dont il avait pu profiter de la naïveté. Un sourire déconfit étira ses lèvres, tandis qu'il se demandait avec effarement comment il allait bien pouvoir se sortir de cette situation. Elle avait plus d'un tour dans son sac. Et vu la tournure des évênements, il allait certainement finir en carpette ou en décoration pour cheminée!
Réfléchis, sac à puces... l'acheter, hmm... aha! Comment comptait-elle payer?

-ELLE A PAS DE SOUS! Elle veut tous vous berner! MENTEEEUSE!

Ainsi le garçon aux cheveux noirs se mit à hurler à la cantonade que Sindanarie n'était qu'une évadée de prison, une meurtrière perverse et sadique sans la moindre conscience qui cherchait à tout prix à faire de lui son esclave sexuel, et que ça se voyait d'après ses vêtements, qu'elle ne pourrait jamais payer personne autrement qu'avec son corps, que les lamas du grand nord aimaient la choucroute, que de toute façon les filles ça ne cherchait qu'à dépouiller tous les braves gens de leurs sous, et qu'elle cachait des dizaines de fléchettes empoisonnées dans son soutien-gorge, et que les dames comme ça c'était souvent nécrophile, et qu'elle l'avait attaché tout seul dans une cave pendant toute une semaine dans le noir complet et flagellé avec des casseroles pour assouvir ses pulsions sadiques, et qu'elle buvait du sang frais de nouveaux-nés au petit déjeuner et que...

Plus il continuait à brailler, plus les gens tout autour se jetaient des regards intrigués, et des murmures couraient sur le traumatisme qu'avait bien pu infliger cette femme cruelle à ce pauvre enfant. Même l'homme qui le tenait montrait des signes de méfiance, et attendait d'abord de voir la couleur des pièces. Avec un peu de chance, Loïs pourrait déclencher un mouvement de foule et filer à l'englaise...

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Ven 16 Jan - 1:28

[En cours... Fini ! Désolée pour le délai de réponse... Si tu veux ds modifications, y'a qu'à dire Wink]

L'annonce de Sindanarie avait produit un certain effet sur quelques personnes à proximité. Un homme notamment était parti, lançant à la cantonnade, avec un rire gras, qu'il allait le lui ramener, son garçon-chat. La mercenaire avait haussé les épaules, et avait patiemment attendu. S'asseyant pour vérifier, la main posée sur son genou, l'état de la plaie qu'elle s'état faite pendant la nuit dans des circonstances qui lui semblaient bien floues (et Loïs devrait en répondre...), elle dénoua la bande de tissu maculée de sang. Cela cicatrisait, et rapidement... Un sourire mauvais étira les lèvres de la semi-elfe. Rirait bien qui rirait le dernier... Bandage refait, Soleil qui monte encore dans le ciel, foule qui ondoie autour d'elle, flux et reflux se brisant sur un écueil. Et elle attendit.

Finalement l'homme revint. Sindanarie bondit sur ses pieds, et s'avança vers lui. Il trimbalait une sorte de paquet sur son épaule. Paquet humain. La mercenaire le contourna, sans prêter attention à sa question, pour voir les yeux de son paquet. L'accueil que lui réserva le garçon-chat, le simple son de sa voix la rassura. C'était bien lui. Le sourire de l'assassine réapparut. Mais l'homme s'impatientait, et réclamait son argent. Et évidemment, le Loïs déchainé ne put s'empêcher de hurler dans tous les sens qu'elle n'avait plus d'argent, qu'elle était une tortionnaire sadique, et mille autres billevesées qui arrachèrent un rire sans joie à la semi-elfe. Bousculant l'homme, elle mit à terre le paquet plus ou moins humain, elle n'aurait trop su le dire, et lui glissa à l'oreille, le tenant fermement au collet :


Continue comme ça, et je te tords le cou. Tu n'auras même pas le temps de voir mes mains bouger que tu seras mort. Comme une pierre...

Dans les yeux de la mercenaire brillait une lueur dangereuse, une rage encore savamment contenue, une colère violente et ravalée, digérée, macérée, fermentée, prête à exploser à la moindre étincelle. Le regard résolument planté dans les yeux de chat, Sindanarie ne se rendit d'abord pas compte de ce qui se passait autour d'elle. Maintenant, c'était une affaire entre lui, et elle. Eux seuls. Le reste du monde n'existait plus. D'un geste qui tenait plus du réflexe que de l'action réfléchie, la semi-elfe porta la main à sa ceinture, à l'endroit où pendait habituellement sa dague. Pas de dague. Un soupir d'exaspération. La deuxième main, partie à la recherche de son arme, revint au col du Loïs. Quelque chose de malicieux dans son regard l'avertit soudain. Un petit rien, un de ces petits riens qui présagent d'un mauvais tour. Un doute, soudain... Qu'est-ce qui pouvait bien lui redonner espoir, alors qu'elle l'avait retrouvé, qu'elle le tenait plus fermement qu'elle n'avait jamais tenu aucun gamin ?

Un regard du garçon chat par dessus son épaule lui fournit la réponse. Relevant son regard vert, plus dur que les émeraudes dont il rappelait la couleur, elle vit qu'un cercle s'était formé autour d'elle. Rapidement, elle le parcourut des yeux. C'était donc ainsi qu'il comptait s'en sortir... Un sourire toujours dépourvu de joie étira les lèvres de la semi-elfe. Elle n'en aurait pas juré, mais le gamin semblait s'amuser... Soit. Un défi à relever. Eh bien... Commencer par le commencement. Produire bonne impression. Et retourner ce petit monde contre Loïs.

La mercenaire se redressa donc, composant son expression, détendant ses mucles bandés par la rage. Tenant toujours le garçon par le col, elle fit face à la foule qui avait assisté aux vociférations de Loïs, sourit, d'un sourire presque reptilien, et lança, d'une voix forte et claire, masquant toute colère, comme elle avait appris à le faire en apprenant le métier d'assassin :


Et vous croyez cette petite chose ? Bon, je le concède, je n'ai plus d'argent... Un regard en coin à l'homme qui avait amené le Loïs...Ce coquin m'a détroussée, pillée, et blessée, qui plus est ! Et pour preuve, voyez !

A ces mots, la semi-elfe tira d'un coup de dent sur le bandage de sa main qui,en se dérolant, laissa transparaitre la profonde entaille. Peut-être était-ce faux, mais à menteur, menteur et demi... Mettant en évidence la plaie, paume vers le ciel, elle balaya le cercle du regard. Ils n'avaient pas l'air plus convaincus que cela... Alors quoi ? Jouer un va-tout ? Imperceptible haussement d'épaules. Le jeu en valait peut-être la chandelle... Pensée à Plume-Noire, malheureux choucas machouillé puis enfermé dans un coffre e bois, sans air ni lumière... Regard lancé au garçon chat, lueur mauvaise au fond des prunelles. Et la mercenaire se tourna vers celui qui lui avait amené Loïs.

Tu veux être payé ? Demande lui ce qu'il a fait de ma bourse, de mes vêtements, de mes armes ! Et du moment où il me les rendra, je te donne la moitié de ma bourse. Tu as ma parole.

Le bonhomme haussa les épaules, à moitié convaincu. Mais, dans la foule, la voix criarde d'une femme sur le retour s'éleva :

Vous n'allez pas croire une fille comme ça, habillée comme un homme, qui accuse un malheureux enfant sans défense ?

Sindanarie, tenant toujours fermement Loïs au collet, se tourna dans la direction d'où la voix était venue. Une femme presque déjà âgée, au visage marqué par les rides que le grand air et les ans y avaient creusé, fendit la foule pour rejoindre le centre du cercle, continuant à parler, de plus en plus fort, d'un ton de plus en plus vif :

Regardez-moi comme elle martyrise ce pauvre bout de chou ! Le tenir comme ça... Regard accusateur à la mercenaire... C'est indigne d'une femme ! Une seconde de silence. Regard qui passe du visage aux oreilles de Sindanarie. Eclair d'incrédulité. Et les cris qui recommencent... Ce n'est même pas une humaine ! C'est une espèce d'elfe, ou je ne sais quoi ! Elle est dangereuse, comme tous ceux de sa race ! Protégez donc le pauvre gosse, il n'a rien fait pour mérite d'être sous l'emprise de cette... créature !

Et, comme si ces provocations n'avaient pas suffi, la bonne femme, exaspérée, crachaa aux pieds de la mercenaire. Rires dans l'assistance, remous. La marée montait, le cercle se rétrécissait autour d'elle. Mouvement d'exaspération de la semi-elfe, qui brusquement lâcha le garçon-chat pour retenir par le bras la femme qui déjà s'éloignait. Pas le temps de dire quoi que ce soit... La femme était déjà assistée par trois hommes, qui séparèrent la mercenaire de celle qui l'avait provoquée. Moment de rage pure. Traits qui se tordent une brève, très brève seconde... La mercenaire est rejetée en arrière, au centre du cercle, toujours plus petit... Dans la foule s'élèvaient des amplifications de ce que Loïs avait inventé à peine quelques minutes plus tôt. Regards et paroles accusateurs.

Alors qu'elle parcourait du regard la foule, de plus en plus hostile, dans laquelle la cracheuse s'était de nouveau fondue, Sindanarie se rendit compte d'un élément important. Tellement important qu'il lui aurait presque crevé les yeux. elle avait baissé sa garde. Et laissé échapper le garçon-chat. Avec un cri de colère, elle s'avança vers la foule, dans l'intention manifeste de la traverser, quelque obstacle qu'on lui oppose.

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Jeu 29 Jan - 2:25

Elle est de retour pour te jouer un mauvais tour. Et pas avec les meilleures intentions du monde, à en juger la bienveillance de l'expression de son doux visage. Mince, il allait lui donner des idées, à force d'énumérer ses vices fictifs.
La main serrant sa nuque n'était pas désagréable bien qu'elle l'empêchât de bouger; il en avait une certaine habitude. Les félins transportent leurs petits par la peau du cou lorsqu'ils partent en vadrouille un peu trop loin. Mais il se sentait tout de même en position d'infériorité, surtout que les menaces de sa chère mercenaire avaient l'air aussi réelles que sa poigne diabolique... son regard avait aussi des vertus paralysantes... Le meilleur parti à prendre était certainement de s'exécuter sans broncher, non sans laisser échapper un petit rire nerveux.

Mais alors que sa dernière heure semblait sur le point d'arriver, la fortune encore une fois joua en sa faveur, sous forme d'un rempart réprobateur. Un rempart de visages et de corps, murmurants, figés derrière leur gravité froide. Ils apportèrent une vague de soulagement au garçon, qui fut pris d'une compassion amusée pour Sindanarie. Ces derniers jours n'étaient décidément pas une période très faste.

Il retint un cri de protestation. Il n'y avait rien de vrai dans ses propos: il ne l'avait pas détroussée, il avait juste été galant en la soulageant de poids inutiles, et avait de par cette même occasion agi de façon fort citoyenne en décorant la ville. Quant à la blessure, il ne pouvait en répondre puisque, mue par une pulsion incompréhensible, elle s'était elle-même mutilée! Quelle mauvaise foi d'accuser les
enfants innocents, purs -et chastes- qui ne cherchent qu'à aider leur prochain comme il l'avait généreusement accepté suite à leur rencontre!

Ses yeux d'or étaient immenses. Ils reflétaient toute l'innocence, la pureté -et la chasteté- du monde. Position qui mettait en valeur sa vulnérabilité, gracile, lèvre inférieure tremblotante... nul ne pouvait l'égaler dans l'art de la choupitude, et il devançait aisément un chat célèbre. C'est ainsi qu'il s'arrogea une avocate véhémente sans même le vouloir. Et bientôt, elle fut obligée de le lâcher. Lentement, il recula à quatres pattes dans la foule afin de rester hors du périmètre de sécurité. Il avait gagné la partie.

Première préoccupation rationnelle: se faire la malle. Cependant quelque chose gâchait l'intense satisfaction triomphale qu'il aurait pu ressentir une fois de plus (la Team Rocket s'envole v... *sblarf*). Non, voir ces hommes et ces femmes menaçants ne lui plaisait pas. Il avait déjà vu l'oeuvre d'une masse hystérique, et il n'était pas resté grand chose de la source de son courroux. Il avait envie de crier à sa victime: “Arrête, tu vas te faire lyncher!” Mais il avait l'impression étrange qu'elle ne l'entendrait pas, ou qu'elle ne l'écouterait pas. Jusqu'où les hommes étaient-ils prêts à aller pour ce qui brille? Etait-il si important de risquer sa peau pour quelques pièces et une épée?

Ainsi resta-t-il quelques instants à la regarder, indécis. Il ne voulait pas l'embêter au point de la laisser mourir à cause de ses propres emportements irraisonnables, et de, quelque part, sa faute à lui. En fait, c'était elle qui avait le don de toujours se mettre en danger toute seule, puisque lui ne se contentait que de lui soustraire quelques babioles.
Elle se dirigeait vers lui. Malgré la foule, malgré le barrage du peuple, elle forçait un passage. Quelle obstination... Puisqu'à présent c'étaient les jours de la panthère-garou qui étaient menacés, il n'avait plus à se préoccuper de ceux de Sindanarie. Il se retourna vivement et se fraya un passage vers la liberté. Dans le marché, peut-être ne le retrouverait-elle pas? De toute manière, cela s'apparentait plus à un jeu qu'autre chose. Comment pouvait-elle ne serait-ce qu'espérer l'attraper un jour?

Le gamin aux cheveux noirs se faufila entre les badauds et quitta le rassemblement en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Quelques secondes plus tard, il était déjà à l'autre bout de la foire. Son attention fut soudainement attirée par une large tente, profonde sombre de laquelle s'échappaient des vapeurs lascives. A l'entrée se tenait une femme très court vêtue, et dont le décolleté outrageux captivait les regards des hommes. Son maquillage aux couleurs criardes semblait vouloir imiter des peintures de guerres raffinées mais qui cependant donnait des airs d'Arlequin à l'ensemble.

-Tu viens mon mignon? C'est juste 50 pour un moment de bonheur. Allez, sois pas timide.

Les joues de Loïs prirent une légère teinte rosée. Et il réfléchit. C'était là, en théorie, où elle ne viendrait pas chercher. Allons bon, un gosse chez les catins... il était bien trop adorable pour se livrer à ce genre d'exercice, n'est-ce pas? La question était: comment entrer en gardant sa vertu intacte, ainsi que sa nouvelle bourse si possible...

-Bon, juste un moment alors.

C'est ainsi qu'un chat se retrouva au beau milieu d'un bordel, dans lequel il provoqua un joyeux désordre tout en se contenant pour ne pas trop faire de bruit. Néanmoins, après maintes protestations à propos de ses bourses tout autant qu'elles étaient et de “Z'avez pas le droit de me toucher bande de zoophiles névrosées!”, il se réfugia dans un coin sombre pour tenter de se faire oublier.

[hélico - catins - Pérou - mafia]

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Ven 20 Fév - 21:43

[Voilà... Ca a été long, mais c'est fait^^ Si tu vois des choses à modifier, faut pas hésiter, as usual Wink]

Il avait disparu. Derrière toutes ces têtes. Parti, envolé le matou, fondu dans un trou de souris... Et elle, elle devait sortir. C'était maintenant évident. Un sourire calme étira les lèvres de la mercenaire. Voilà qui lui convenait. Voilà qui était conforme à son essence même. Elle aimait ces situations où la solitude est parfaite, où l'hostilité se dresse de toutes parts autour d'un seul poitn immobile, comme la mer se rue sur le rocher et brise son élan sur sa dureté minérale. Une profonde inspiration lui permit de détendre ses épaules à mesure que le flux de l'élément vital se répandait dans ses poumons. Un battement de paupières. Et dans ce si court instant, la semi-elfe revit la forêt, respira de nouveau l'air si pur de ces contrées sylvestres, et d'un coup se trouva transportée dans les geôles de ses anciens commanditaires, ceux qui faisaient trancher des dizaines et des milliers de vies à son bras, ces geôles confinées, étroites, sans lumière, sans air, si humides, si sombres...

Les grands yeux verts se rouvrirent d'un coup. Et la lumière d'Yinis inonda les yeux de Sindanarie, et dans cet océan de lumière cette foule qui l'entourait lui sembla d'un coup presque risible. Le cercle se resserrait, semblait-il... Eh bien, elle en sortirait. Un instant, les oreilles plus pointues que la normale frémirent. Un lointain écho s'était fait entendre, écho du coup porté avec rage, avec désespoir, avec ardeur, du coup qui blesse, du coup qui tue, du fer qui frappe le fer dans les immenses danses de mort des champs de bataille. Le sourire de la mercenaire s'élargit insensiblement. La foule s'agitait. Le chat avait fait grande impression. Elle aussi, semblait-il. Car si elle était manifestement devenue l'ennemie à abattre, nul n'osait l'approcher.

Un soupir. Ah, décidément, les humains... Car cette foule semblait essentiellement humaine. Ces humains... Pleutres ? Pas forcément... Oh, c'était délicat à déterminer... Mais on verrait bien ! Et d'un pas résolu, la mercenaire s'avança vers eux. Vers un bord du cercle, plus précisément. Le murmure qui s'élevait de la foule alors qu'elle était encore immobile s'amplifia quand elle se mit en marche, la foule s'agita. La semi-elfe était calme. Détendue. Hautaine presque, altière, marchant du pas souple de son espèce et de l'allure décidée de la femme d'armes. Le premier rang du cercle s'ouvrit devant elle, et se referma aussitôt qu'elle fut passée. Autour d'elle, à présent, si proches qu'ils auraient pu la toucher, les visages se pressaient, grimaçants, en une foule de grotesques et de gargouilles difformes. Plus un son. Le silence s'était fait autour d'elle. Elle progressait. Quand une sorte de colosse lui barra la route.


V'z'allez où, comme ça, ma p'tite dame ? lui demanda-t-il d'une voix moqueuse, tendant le bras pour attraper celui de la mercenaire désarmée.

Le léger sourire avait disparu de la commisure des lèvres de la semi-elfe quand l'homme avait proféré ses quelques paroles et fait son geste. Il faudrait donc toujours se dégager, toujours se battre... Toujours, lui souffla une petite voix au fond d'elle-même. Tu te battras toujours, jusqu'aux derniers instants de ta vie, jusqu'à ta mort, jusqu'à l'ultime bout de ton chemin. Tu es faite pour te battre. Tu aimes te battre. Alors bats-toi, Sindanarie ! Accomplis ta nature, accomplis ton essence, et vis telle que tu dois vivre ! Libre de toute chaine, libre de toute contrainte. Libre de toi-même. Vis, et bats-toi !

Le regard de Sindanarie, un instant baissé sur le bras qui enserrait avec force le sien, se releva, étincelant, vers le visage du colosse. Bien plus grand qu'elle, malgré sa taille pourtant non nulle, il la dominait de la tête et des épaules. D'un ton badin qui démentissait du tout au tout l'éclat furieux de ses yeux mais trahissait une pointe d'ironie dédaigneuse et fière, la semi-elfe répondit :


Mais je vais trouver mon voleur, voyons...

Son expression se durcit comme le ciel s'assombrit quand un nuage voile le Soleil.

Et vous ne m'empêcherez pas de le trouver.

Le colosse partit d'un grand éclat de rire, bref, cinglant, moqueur.

Et tu y crois ?

Je crois surtout que vous n'y pouvez rien, lança la semi-elfe d'une voix forte.

Et, obéissant à la pulsion qu'elle refoulait depuis ue cet homme était entré en contact avec elle, la semi-elfe saisit son poignet et le tordit impitoyablement, jusqu'à ce qu'il craque douloureusement. Elle, inflexible, plongeait les yeux dans ceux du colosse, un instant surpris, mais qui se reprit vite et, retirant vivement sa main du poing serré de la mercenaire, lui retourna un vigoureux coup au ventre. A genoux. Sindanarie se retrouva à genoux, peinant à reprendre son souffle. Battre des yeux. Sentir de nouveau l'ai des geôles, et l'air sylvestre, pur et libre.

D'un élan irrésistible, elle se releva, évitant un coup. La foule s'agitait. C'était le moment de partir. Et vite. Vite ? Oh, non... Pourquoi gâcher le plaisir, n'est-ce pas ? Le sourire revenait sur les lèvres de Sindanarie. Le sourire carnassier et sanguinaire de la bête fauve qui flaire la curée et le sang qui va jaillir. Et les coups fusèrent. La semi-elfe retrouvait son agilité, son aisance, sa jubilation au combat, et se taillait un chemin dans la foule désormais furieuse. Bientôt l'air libre, au-delà de cette solitude dans laquelle pleuvaient, ou tentaient de pleuvoir, les coups les uns après les autres. Cette sensation de dominer une situation (et pouvait-il en être autrement pour un être entrainé au combat face à une multitude civile, amollie par la vie de villageois bourgeois et repu ?) l'emplissait d'une extase jubilatoire. Bientôt la semi-elfe se tira, s'extirpa de la foule déchainée. Il fallait fuir, et bien, soit ! Elle courrait, elle savait le faire, sans problème, sans remords.

Le même élan qui l'avait relevée l'enleva à la poursuite de la foule. Un tour dans le dédale des rues, et ils étaient semés. Tous. Reprenant un rythme de marche normal, laissant le temps à sa longue chevelure noire de retomber sur ses épaules, Sindanarie se irigea de nouveau vers la place. Elle chercherait par elle-même, puisqu'il en était ainsi... Son regard balaya l'endroit. des étals partout. Des tentes. Des artisans, des commerçants, des badauds...

Des tentes ? Voilà qui était un endroit rêvé pour disparaitre ! Ni une ni deux, la semi-elfe se mit en quête de sa cible, tente après tente, questionnant, d'abord infructueusement, tous ceux qu'elle y trouvait. Le plus souvent, ce n'étaient guère que de petits entrepots... Déçue, pensant que son intuition première l'avait trompée, la mercenaire allait passer à un autre support de recherche quand elle avisa une tente différente. Bien plus grande que les autres. Et, manifestement, peuplée bien différemment des autres. Un bordel ? Ce ne pouvait être que ça. Et le chat était un être vicieux. Si. Du moins, dans l'optique de la semi-elfe.

A vicieux, vicieux et demi donc. Voilà que la mercenaire qui s'avançait vers l'entrée de ce domaine de la luxure quand une mère maquerelle s'interposa entre elle et l'ouverture de la tente, un air peu amène sur le visage entrant en totale contradiction avec la légèreté de son habillement. Sindanarie se força à un sourire agréable.


Je viens chercher le garçon-chat, Loïs, annonça-t-elle simplement. Que craindre d'une prostituée à la ridicule coiffure hélicoïdale, à la poitrine presque étalée au Soleil ? Elle ne pourrait pas s'interposer éternellement entre la semi-elfe et sa proie.

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Dim 1 Mar - 1:40

L'odeur des femmes, ajoutée à celle de l'encens, était presque insupportable. Avaient-elles besoin de tout ce parfum pour aguicher le client? Si l'on avait fermé les yeux, on aurait pu se croire dans un champ de fleurs exotiques dont les effluves mélangées donnaient une atmosphère écoeurante.

Assis en tailleur, entre une pile de coussins et des rideaux, le garçon se faisait le plus petit possible. Une fois qu'il se serait fait oublier, par les catins d'une part, et la mercenaire de l'autre, il pourrait s'éclipser discrètement... mais en attendant, il était confronté de manière plutôt brutale au monde des adultes, et des adultes humains. Non qu'il ne sache comment on faisait les bébés -loin de là- mais cet afflux soudain de sensualité n'était pas des plus bénéfiques pour un enfant. Lorsqu'il avait traversé la tente, il avait pu voir de une dizaine de loges dont l'intimité était maintenue par un épais rideau de velours. Mais les bruits étranges qui en sortaient laissaient vite percer à jour le déroulement des évènements, de l'autre côté...

Légèrement choqué par cette expérience inqualifiable, le voleur tentait de fermer ses innocentes oreilles à tout ce qui pouvait encore l'atteindre. Il avait du mal à concevoir le fait que l'on puisse acheter de l'amour de cette manière; et jamais, après ce qu'il avait pu vivre avec son bien-aimé, l'idée de se rendre de lui-même dans un pareil lieu ne lui était venue à l'esprit.

Des hommes entraient de temps à autre, guidés par la grosse dame qui l'avait accueilli. Elle proposait alors une loge, le client entrait, le rideau se refermait. De temps à autre, aussi, un rideau se soulevait, laissant passer un mâle à la mine réjouie, transpirant et fier de ses performances. Dieu que cela était sordide. Jugeant qu'il avait été assez perturbé pour les jours à venir, Loïs se releva avec précautions, et se faufila vers l'arrivée d'air frais et de lumière, quelques pas plus loin. Mais une voix familière l'arrêta net. Oh oh oh. Instant de panique. Il cria tout à coup, adoptant une voix qui se voulait féminine:

-Il est pas là!

Mince, mais comment avait-elle fait pour le retrouver? Elle aurait dû depuis longtemps abandonner la partie! Folle de lui? Non, peut-être pas à ce point. Disons simplement folle de rage. Mince, il ne semblait pas y avoir d'autre sortie dans ce lupanar... et, la mercenaire n'étant pas une simple d'esprit, il venait de se trahir de la plus belle façon qui soit. Déchirer la toile et s'enfuir au travers? Prendre le risque qu'elle ne le trouve pas s'il se réfugiait dans une des loges? Il n'avait pas eu assez le temps de la connaître pour savoir de quoi elle était capable.
Bon, il n'avait plus le temps. La seconde solution, bien qu'elle ne l'enchantât guère, semblait la plus rapide. Il tourna les talons vers le fond de la tente, et s'engouffra dans une loge qui semblait libre avant de fermer le lourd rideau derrière lui. Il se retourna lentement... et se retrouva face à une professionnelle de la luxure, étalée sensuellement sur un matelas à même le sol entre de nombreux coussins. Son regard effaré se porta sur la nudité de la femme. Peut-être aurait-il eu la même expression sur le visage s'il venait de trouver un hippopotame déguisé en fraise géante. Il s'y attendait, bien sûr, mais... oh la la, tout ça n'était vraiment pas pour lui.

-Eh bien? Tu es timide?

Superbement mal à l'aise, le voleur restait le plus loin possible de la jeune femme. Elle était plutôt jolie, et ses longs cheveux blonds faisaient autour de sa tête une auréole de rayons de soleil. La lumière tamisée qui filtrait à travers le plafond jouait avec les courbes de son corps. La loge avait été installée pour un confort simple; les tissus semblaient précieux, importés droit de pays lointains comme le Pérou ou l'Egypte afin de donner des touches orientales et de dépayser la clientèle. Elle avait l'air un peu surprise d'avoir un client si jeune. Il détourna les yeux au profit d'une chaise, sur laquelle trainaient plusieurs accessoires auxquels il n'osait attribuer de fonction.

-...je suis timide, oui. Mais on n'est pas pressés, hein?

Il l'amusait. Il devait être un de ces jeunes adolescents qui veulent perdre leur virginité, et acquérir un peu d'expérience grâce aux soins d'une experte. Ceux là n'étaient pas les plus désagréables. De toute manière, elle avait vu défiler sur elle une quinzaine d'hommes depuis l'ouverture de la tente, une petite pause n'était pas de refus... tant qu'il payait. Ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'il n'avait pas l'intention de sortir la moindre pièce. Il se dandinait nerveusement, tout en évitant avec soin de regarder la créature des plaisirs. Faites que Sindanarie s'en aille vite. Faites que Sindanarie s'en aille vite...

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Jeu 12 Mar - 14:07

Chou blanc. C'était inconcevable. Où pouvait donc bien être ce satané animal ? S'il n'était pas dans cette tente, où était-il ? Un instant, Sindanarie sentit poindre en elle les émotions propres à la Lame Brisée. Une fureur, une rage presque incontrôlable, juste assez canalisée pour être plus destructrice encore qu'à l'état brut. Elle le trouverait, ce chat, dans deux jours, six mois, un an, qu'importait ! Elle le trouverait bien assez tôt. On n'a jamais trop de temps pour réfléchir une vengeance. Un sourire mauvais étira les lèvres de la jeune semi-elfe, et une lueur carnassière dansa dans son regard. Elle se tourna de nouveau vers la mère maquerelle de l'entrée, et lui dit, suffisamment fort pour que tous les occupants de la tente l'entendent distinctement, pesant chacun de ses mots :

Dites-lui, quand il viendra, que je l'attends. N'oubliez pas. Dites-lui que Sindanarie aimerait récupérer ses affaires, au lieu de se balader dans un grotesque accoutrement d'homme.

Soudain, un détail lui revint à l'esprit. Cette voix qui était venue de l'intérieur... Bien jeune et bien grave pour être celle d'une de ces dames... Comme une furie, elle écarta la femme de l'entrée et se rua à l'intérieur. De nombreuses alcôves, séparées par des tissus tendus... Par où commencer ? Optant pour une exploration de sa gauche vers sa droite de ces lieux dont elle n'avait jamais saisi le charme, la mercenaire écarta, d'un geste ample, le premier rideau, la catin en chef piaillant dans son dos et tentant de l'en empêcher. Un simple regard suffit à la semi-elfe à comprendre ce qui se passait dans cette alcôve-là, la position du vieillard et de sa compagne était tout ce qu'il y avait de plus explicite. Dégoûtant spectacle... Un regard de mépris dardé sur le couple stupéfait, stoppé en pleine action, et la Lame Brisée se détourna de la scène, en apparence parfaitement indifférente aux cris de gêne des deux et aux piaillements de la maquerelle (mais elle était tellement amusée en elle-même !). Dans son dos, un remue-ménage lui indiqua que le vieux était en passe de mettre les voiles.

Deuxième alcôve, chou blanc. Troisième alcôve, une résistance des messieurs délogés commença à se faire sentir. A la quatrième, le bordel n'était plus que glapissements, des têtes sortaient des alcôves qu'elle n'avait pas encore explorées. Un franc sourire amusé étirait maintenant les lèvres de la mercenaire. Il ne lui restait plus que cinq ou six de ces amusants lieux de débauche à visiter... Ce serait vite fait !

Enfin, ç'aurait été vite fait si la mère maquerelle n'avait pas eu le réflexe d'appeler celui qui devait être son compère, qui avait d'ailleurs toutes les allures de ce qu'on appellerait, plus tard, bien plus tard, dans un pays fort, fort lointain, un parrain de la Mafia. La carrure du bonhomme était dissuasive. Même si à présent elle s'amusait pleinement, Sindanarie se fit la réflexion qu'il ne servait à rien de se faire démonter la figure dans un tel milieu, après avoir failli se faire lyncher par une foule en délire à cause d'un petit malfrat de garçon-chat (décidément, elle aurait tout vu !), et que pour le retrouver, il lui faudrait au moins être valide. Le parrain lui montra, d'un geste fort explicite, l'entrée de la tente, et Sindanarie lui adressa un sourire charmeur, qui aurait pu sembler innocent et non pas celui d'une semi-elfe ravie de ses derniers actes, et demanda d'un ton suave :


Vous voulez que je sorte ? Bien, au plaisir alors !

Partant d'un éclat de rire détendu, espérant presque que Loïs voie cette scène pour qu'il se rende compte du changement de son état d'esprit, la mercenaire fit signe qu'elle sortait, non sans tapoter de manière amicale l'épaule du parrain et, dans une dernière effronterie, non sans flatter les reins de l'une des dames toujours fort dénudées qu'elle avait dérangées. Un sourire aux lèvres, Sindanarie émergea à l'air libre, dégagé de ces odeurs de chairs avilies par le plaisir acheté. Cet épisode l'avait considérablement soulagée, et elle se sentait presque prête à passer l'éponge sur l'affront du garçon-chat, pourvu qu'elle récupère ses armes, son armure et la parure que son père lui avait autrefois offert. Le reste, elle s'en passerait bien dans un premier temps...

Quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit, sur le bras d'un enfant, un vêtement qu'elle reconnut pour lui avoir appartenu. L'accostant sans façons, elle lui demanda où il avait déniché cet habit, et le garçonnet s'offrit pour lui montrer l'endroit, précisant qu'il y en avait d'autres, un peu partout, mais que celui-ci était le seul qu'il avait pu atteindre. S'éloignant avec ce nouveau guide, la jeune semi-elfe fut prise d'un remords et, enjoignant à l'enfant de l'attendre, elle retourna vers la tente-bordel et lança, à bonne distance, avant de se sauver à toutes jambes dans un éclat de rire espiègle :


Loïs, je vais retrouver mes affaires, tu as perdu ! Et tu es presque pardonné !

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MessageSujet: Re: Réfléxions sur les mercenaires ~ Ca se mange?   Sam 4 Avr - 19:35

Le calme apparent du bordel ne dura pas bien longtemps. Ce furent les cris outragés et les piaillements pudiques qui indiquèrent l'origine de ce branle-bas de combat... Loïs ferma les yeux; les protestations se rapprochaient. Et puis, comme un mauvais augure alourdissant l'atmosphère... tout se calma brutalement. La jeune femme aux cheveux couleur des blés n'avait pas réagi outre mesure, comme s'il arrivait souvent des incidents de ce genre sous ce luxurieux chapiteau...
Après quelques instants plongés dans un silence troublant, le chat risqua un oeil derrière le lourd rideau. Il n'y avait personne, excepté un peu plus loin un homme à la carrure si large qu'elle lui évoqua immédiatement un des gorilles qu'il avait pu croiser au cirque. Pas de traces de la mercenaire.

L'inquiétude céda place au soulagement... jusqu'à ce qu'il entendît le cri de la jeune femme. “Tu as perdu !” ...comment ça, tu as perdu ? La frustration crispa ses doigts. Elle était sensée errer durant des jours à demi nue dans les rues de la ville, pas se gausser de lui en l'abandonnant de la sorte dans cette tente à putains ! Ca n'était pas une période faste pour le garçon-chat : tous les jeux qu'il lançait se retournaient contre lui.
Après un sourire rapide et un petit signe de la main en guise d'adieu, Loïs abandonna l'hôte de la loge de velours. Il se glissa hors du bordel sans que le gorille et la grosse dame restée à l'entrée aient le temps de lui dire quelque chose.

Ca, pour être contrarié, il était vraiment contrarié. Il aperçut à temps la Lame Brisée qui s'éloignait en compagnie d'un enfant, vers les quartiers un peu moins fréquentés où il avait accroché une partie de ses affaires. Ca n'était pas le fait de vouloir mettre à la rue cette innocente madame, mais plutôt... qu'elle le félicite ainsi de sa défaite à son propre jeu ! Il emprunta une rue parallèle à la sienne, puis courut vert l'endroit où trônait un des pantalons. Il grimpa alors sur le toit de la maison, et se cacha derrière une cheminée comme un farouche mais curieux écureuil.

Comment donc allait-elle s'y prendre pour tout récupérer ? Jusqu'à preuve du contraire, elle ne savait pas escalader les murs... à moins qu'elle n'envoie son fidèle pigeon à la rescousse... ou qu'un ange gardien descende majestueusement des cieux pour lui rendre son vêtement tel un don du Ciel... ou qu'elle attende qu'une bourrasque le décroche... ou que par un bienheureux hasard la maison, usée par le temps, s'écroule à ses pieds... ou qu'elle s'attire les faveurs d'un charpentier à échasses... ou qu'une girafe en vadrouille ait des velléités de bonne action...

[...]

Et c'est ainsi que se déroula la fin de cette joyeuse matinée. Loïs, de toit en toit, suivait sans se montrer la semi elfe, qui récupérait ses biens les uns après les autres. Il aurait voulu savoir où elle se rendrait, puisqu'elle venait d'arriver sur l'Ile... et puis, sans argent, comment ferait-elle pour payer la chambre de l'auberge ? Il vit un instant l'affreuse alternative qu'avait la mercenaire, qui disposait encore de son corps pour payer sa dette. Non, non, il fallait faire quelque chose. Elle l'avait bien “presque pardonné”, n'est-ce pas...

Il la laissa seule à la poursuite des pièces de son armure, alors qu'il se rendait au Loir Paresseux. Il réussit à crocheter la serrure de la chambre, qui gisait dans un état proche de celui dans lequel il l'avait laissé -c'est à dire pas très beau à voir. Le poulet de compagnie était là lui aussi, et il parut complètement paniqué à son approche. Le chat réprima cependant son petit creux, et déposa ostensiblement la bourse dans le coffre vide. Puisque l'argent avait tant de valeurs pour les humains, rendons à Sindanarie ce qui est à Sindarie...

L'adolescent ressortit rapidement puis grimpa au grenier de l'auberge. Une petite lucarne lui donna accès au toit, sur lequel il se posta en attendant cette dernière. Mais le soleil et la fatigue de toute cette escapade eurent raison de sa vivacité, et bientôt il dormait comme un loir, étalé paisiblement sur les tuiles... et lorsque son estomac le réveilla, bien des heures plus tard, la mercenaire était partie.

Mais il n'avait pas dit son dernier mot !

[topic clos <3]

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