Ynis Witrin v3

Les armées démoniaques assiègent le Continent, mais une île résiste toujours
 
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 La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]

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Loïs Lleweyn
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MessageSujet: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Mer 1 Oct - 18:26

Connais-tu l'histoire du chat, ce chat inconnu qui vient sous tes fenêtres réclamer des caresses?
L'augure jamais ne se trompe, tu vas être trahi...


La folie des grandeurs ne touche pas que les simples d'esprits ni les enfants, il lui arrive aussi de saisir n'importe quel manant ayant un tant soit peu d'imagination pour le hisser vers les sommets de ses envies fantasques. Et ce jour-là, plus qu'elle ne le harcelait au quotidien, une nouvelle fièvre d'enthousiasme avait saisi la chose poilue, ébouriffée et cette fois, parfaitement éveillée; plus communément appelée Loïs. Il avait suffi d'un regard, un simple regard vers ce bâtiment pourtant bien installé dans le paysage, pour déclencher le mécanisme fatidique. Il aurait pu être habitué à ces tours et ces ouvrages, ces délicatesses de l'architecture. Il aurait pu penser, comme tous les autres jours: ce n'est qu'un tas de pierres comme les autres. Mais cette fois, il y eut comme une révélation: le saint esprit des sous insuffla en lui un caprice tout neuf: là-haut se cachait l'être le plus important de toute l'Ile, et, avec lui... des tas d'argent et de choses précieuses. La douce mélodie des piécettes qui s'entrechoquent dans une bourse bien pleine avait bercé doucement le nouveau fantasme.
Le garçon aux cheveux noirs n'avait plus qu'une seule idée en tête, c'était ce bâtiment, ce merveilleux bâtiment aux mystères si grands qu'il en avait des démangeaisons partout.

Le soleil de l'après midi glissait sur la ville ses tendres rayons. Devait-il maudire cet astre lumineux qui sévissait chaque jour? Si la vie était une nuit éternelle, alors tous s'en porteraient bien mieux. Surtout les voleurs, à vrai dire. Il aurait encore à attendre qu'Hélios daigne passer la ligne d'horizon pour avoir le champ libre, s'il ne voulait pas finir hérissé de flèches, tel un porc-épic épinglé au mur. Il y avait fort à parier que les archers de la garde étaient compétents; et quelle cible plus facile qu'un gamin en train d'escalader un mur?
Frustration pour cage, il tournait en rond, jetant de temps à autre un regard cupide au pavillon de verre. Il le narguait, de loin, il le narguait avec ses grandes fenêtres qui n'attendaient qu'à être forcées, ces jolis murs et... L'adolescent finit par s'en approcher, l'air de rien. La lubie l'avait saisi alors qu'il flânait dans les ruelles de la ville, en quête de quelque chose d'intéressant à voir, ou d'une connaissance à faire tourner en bourrique histoire de passer le temps. Il avait suffi de quelques rapides détours pour faire un examen des lieux: les entrées principales, les ouvertures accessibles, et les toits proches pour une éventuelle fuite. Il y avait aussi la possibilité d'entrer dans l'aile Nord, et de jouer le petit garçon sage qui va étudier à la bibliothèque, puis se laisser enfermer. Seulement, il y aurait beaucoup plus de gens à éviter à l'intérieur, sans compter tous les gardiens. De plus, une panthère noire sur un mur, c'est un peu moins déplacé qu'une panthère noire dans au milieu de tout le barda militaire. Question d'esthétique.
Conclusion: grimpette, comme d'habitude.

C'est ainsi que, quelques heures plus tard, l'ombre noire s'était retrouvée dans un des corridors du pavillon, après s'être caché derrière un porche pendant une éternité, avoir couru et fait maints détournements pour ne pas se faire repérer, escaladé la façade et démonté un des carreaux de la fenêtre. Tout cela sans le moindre micro décibel ou mouvement qui aurait pu éveiller les soupçons des sentinelles. Comme au bon vieux temps.
Il s'agissait maintenant de dénicher les appartements du dirigeant, là où il cachait tout son or et ses pierres précieuses. Car sans ça, d'un point de vue loïstique, un dirigeant n'était pas vraiment un dirigeant, n'est-ce pas? Le garçon se redressa. Le couloir était sombre, éclairé seulement de plusieurs veilleuses, telles de petites étoiles étouffées par un bougeoir terni. Il s'avança prudemment, choisissant un côté au hasard. L'aile Ouest ne devait pas être si grande que ça, avec un peu de chance il trouverait l'antre de cet homme dont tout le monde parlait, mais qu'il n'avait jamais eu l'occasion de voir. Au bout du couloir, personne. Il y avait plusieurs portes; certaines étaient entrouvertes. Ses pupilles verticales se dilatèrent. Une bibliothèque, un bureau... la chambre, où était la chambre? Les riches aiment dormir près de leurs sous.

Le chat ouvrit avec délicatesse la première porte, en soulevant plus que nécessaire la clanche vers le haut, pour ne pas la faire grincer. Mauvaise pioche: une salle d'eau. Quelques mètres plus loin, la suivante. Nouvelle manoeuvre avec la porte, mais un grincement déchira le silence qui avait régné tranquillement jusqu'alors. Il demeura plusieurs instants immobile. Mais rien n'avait remué dans cette pièce, dont les ombres et les contours semblaient figés, semblables à ceux d'une gravure ancienne. Ses yeux dorés se promenèrent dans l'obscurité, qu'ils pouvaient percer sans problème. Un grand lit trônait au centre de la pièce, et... sous les couvertures... là, ça devenait intéressant. Vraissemblablement, il avait trouvé la chambre de ce fameux dirigeant de l'île. Ou alors il s'était planté royalement, mais ça, il le découvrirait plus tard, surprise surprise.

Pattes de velours, il s'approcha lentement du lit. Ca dormait. C'était... c'était... ben ça alors. Lui qui avait toujours été convaincu que les chefs étaient vieux, gros et moches... non, ça ne pouvait pas être le chef. Un jeune homme, entre vingt et trente ans. Des traits effroyablements séduisants tels ceux d'un incube perdu dans la volupté nuageuse d'un sommeil profond. Des cheveux bruns en désordre, qu'on aurait envie de replacer d'un geste suave. Une peau apparemment parfaite, et l'ébauche d'un torse musclé.
Le genre de maître avec qui on veut jouer au chat.

Le jeune voleur mourait d'envie de soulever la couette. Non, Loïs, ne laisse pas cette curiosité envieuse prendre la place de ta cupidité... Autant rester malsain dans son domaine de prédilection. Après difficile décision de préserver la nudité -ou le pyjama roses à nounours, qui sait- du bel au bois dormant, l'éclat furtif d'une dague glissa entre les doigts du gamin. Lentement, penché au dessus du lit, il la leva avec ostentation... L'autre dormait toujours; sa poitrine soulevant la couette à intervalles réguliers. Alors, il abbatit le poignard, les yeux fixés nonchalamment sur ce pauvre humain qui ne lui avait rien fait. Pas de réaction. La lame était demeurée à quelques centimètres du drap, sans ne serait-ce que l'effleurer... Bon, soit il dormait très bien, soit il maîtrisait parfaitement ses nerfs.

Décidément, ça devenait trop facile de tuer les gens. Le garçon aux cheveux noirs rangea son poignard dans le petit fourreau accroché à sa ceinture, eut un sourire espiègle, et souhaita intérieurement à ce seigneur une fort bonne nuit. On allait maintenant passer aux choses sérieuses. Il avisa la pièce. Une armoire, deux coffres, un fauteuil et quelques autres meubles sans intérêt. Il s'approcha avidement d'un des coffres, qui par un hasard suspect n'était pas fermé à clé. Mais la déception fut grande: des livres, des papiers, des babioles. Une expression contrariée se peignit sur le visage de l'intrus. Il souleva le couvercle du second coffre, dont le contenu n'avait absolument rien de plus excitant. Mais où étaient ces centaines de rubis et d'émeraudes, ces cascades de perles de nacre, ces lingots d'or rutilants dans lesquels était sensé nager le damoiseau Aleyna?
Bon, sur ce point là, il avait peut-être un peu trop fantasmé. Irrité, il se dirigea vers la dernière option possible: la penderie. Encastrée dans le mur, joliment travaillée. La richesse de la pièce, des tapis, des tapisseries et décorations; qu'il n'avait pas pris le temps de remarquer, tout cela n'était pas arrivé là par magie. Où étaient ses sous, ses jolis petits sous à lui tout seul?

L'adolescent ouvrit les portes d'un grand geste, sans plus prendre garde à ne pas faire de bruit. Des vêtements, de beaux habits, des chemises, des pantalons, des parures, des uniformes ET PAS LE MOINDRE CENTIME! Hors de lui, Loïs aggripa tous ces beaux tissus pour les jeter par terre. L'un après l'autre, il les balançait rageusement par dessus son épaule, frénétique, à la recherche de n'importe quoi qui voulût bien briller. Quand il eut entièrement vidé la penderie, il s'attaqua aux tiroirs: tous les sous-vêtements voltigèrent à travers la pièce, accompagnés de choses plus ou moins insolites comme des portes-jarretelles ou encore... mieux vaut ne rien dire et garder la belle image que nous avons de Lyan.

Déchaîné, le gamin avait en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire retourné toute la pièce: sous les tapis et le lit, derrière les rideaux... et, crise d'hystérie suivant énergiquement son cours, il s'employait à présent à vérifier que rien ne se cachait sous les vêtements jonchant partout le sol -qu'il avait lui-même envoyés là- histoire de vérifier que des diamants ne s'y étaient pas glissés en cours de route.

Ses souuuus, ses merveilleux sous-sous, où étaient-ils passés? Revenez, mes chéris... Revenez voir tonton Loïs...

C'est alors que, dans un regain de lucidité, il se retourna. Il n'avait plus depuis longtemps surveillé le bruit qu'il pouvait faire. Les habits avaient valdingué partout dans la chambre. Partout, y compris sur le lit. C'est en voyant le caleçon qu'avait dû se recevoir sauvagement dans la tête le dirigeant de l'île, que le chat commença à appréhender.

-Oups.

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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Jeu 2 Oct - 21:26

C’est en fin d’après midi qu’il regagna sa demeure. Sa rencontre avec Alaïss ne s’était pas déroulée tout à fait selon ses plans et son orgueil n’avait su le tolérer. C’est donc avec violence qu’il avait renvoyé les gens de sa maison à leurs occupations respectives. Non, il ne voulait pas souper ! Qu’ils aillent au diable ! Que fallait-il faire en ces lieux pour avoir un peu de solitude ?! Ne désirant contrarier leur maître, ils l’avaient bien vite laisser en paix et là, il avait pu s’adonner à ses préférences.

Ouvrant rageusement le tiroir de la table de nuit, il en avait tiré un pendentif en opium et l’avait coincé entre ses lèvres. Puis il avait ouvert une lettre, relatant les faits et gestes de sa catin de l’autre monde, de son ancienne vie. La drogue ne suffit pas à le calmer, il lui fallut attendre l’absinthe noyée dans le rhum pour que ses sens se perdent enfin. Prince au goût du vice.

Au milieu de la pièce,
Théâtre de l'absurde.


Nu sous les draps, il contempla le plafond, comme absent de son propre corps. Et c’est de cet instant de faiblesse que se saisit le sommeil pour duper le dirigeant et l’emmener dans ses bras voluptueux. Fragmentés ses rêves, fragmentée sa vie. Les visages derrières ses paupières closes se succédèrent avant que le calme complet ne se fasse dans son esprit.

Le visage bienveillant de sa cousine avait fini par apparaître, si palpable, si serein. Un vent de liberté dans cet univers. Encore maintenant, il n’avait versé aucune larme, n’en verserait jamais aucune probablement et pourtant, elle lui manquait véritablement. Etant sans nul doute la seule femme qu’il eut jamais vraiment aimée et respectée dans sa vie, elle avait été la seule personne capable de lui faire vaguement croire que le monde pouvait être meilleur. A sa mort, il n’avait plus eu aucun doute. Le monde était corrompu jusqu’en ses entrailles infernales, et rien ne bon ne pouvait sortir de l’être humain. Et de ça, de ça, il s’en accommodait très bien…


On se donne, on se perd
A passer des frontières, à traîner sous l'orage
Un jour vient le naufrage.


Mais bientôt l’image vacilla tandis qu’elle venait placer ses mains autour du visage de son cousin. L’idole trembla, l’image d’un corps pourrissant prit la place de celui de la dame en pleine fleur de l’âge. Et soudainement, les yeux du dirigeants s’ouvrirent, sans un bruit. Sa respiration se fit plus rapide l’espace de quelques secondes tandis qu’il repoussait d’un geste lent et précautionneux le tissus qui avait recouvert son visage.

En silence, il passa un kimono pourpre, ne prenant pas la peine de le nouer sur sa taille nue. Ses effets personnels étaient placés ça et là et d’autres vêtements volaient encore dans la pièces comme si un vent tempétueux et rageur s’était acharné à créer un tel désordre.

Dans le noir du venin
Ce qu'on est ce qu'on feint


Il s’approcha en douceur de la source de ce désordre, prenant soin de se faire le plus silencieux possible. La lune haut baignait distraitement la chambre de ses rayons, la plongeant dans un clair obscur où tout n’était plus qu’ombres et mouvements. Il s’attendait à découvrir un homme de main sous payé qu’il devrait assassiné de sang froid, mais la silhouette qu’il vit avait tout de celle d’un gamin. Un gamin visiblement colérique qui piquait sa crise en recherchant frénétiquement quelque chose en ces lieux. Cela lui déplut au plus haut point. Tout d’abord, il avait dérangé son sommeil et lui avait rappelé d’atroce souvenir au milieu de la nuit, et secondement une douleur atroce lui vrillait la tête. Sans oublier qu’il ne pourrait pas passer ses envies meurtrières sur lui. Quoi qu’à bien y réfléchir…

Lorsque le son léger et enfantin de la voix de son cambrioleur lui apparut, ç’en fut trop. Lyan bondit de l’obscurité et plaqua l’inconnu contre le mur, son coude écrasant presque la trachée de son adversaire. Il approcha dangereusement son visage du sien, le fixant sans ciller et annonça la couleur :


« Je te conseille d’avoir une très bonne explication. »

A la lisière de nos rêves
M'éteindre entre tes lèvres


[Les fragments mis au milieu sont tirés d’une chanson de Saez :p Pas d’époque je sais. Pis je m’excuse c’est beaucoup plus court :s]

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Loïs Lleweyn
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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Lun 6 Oct - 22:18

Mon corps est ici mais mon coeur est loin...


Est-ce l'effet de surprise, ou bien une envie inconsciente, qui sait... la proximité, le désir d'un contact doucereux; qui aurait poussé le réflexe à se faire attendre un peu trop...?
Brutalement plaqué contre le mur, l'adolescent n'avait pas d'issue possible. Juste ce corps étranger, dont l'hôte n'avait pris la peine de le couvrir convenablement, laissant entrevoir charmes et mystères. Face à cet homme dans la fleur de l'âge, il n'avait l'air que d'un gamin, un simple gamin puéril et inconscient.

Ses mains vinrent agripper le bras du dirigeant de l'île, pour tenter de desserrer son emprise, et laisser passer un peu plus d'air. Il se retint de sortir les griffes, comme ses instincts l'y poussaient. Quelque chose lui disait qu'il valait mieux ne pas dévoiler cet aspect de sa... personnalité pour le moment; de plus, ç'aurait été dommage d'abîmer un si joli bras...

-Aha ^^' euh... hé, ça fait mal!

Le sourire crispé laissa place à une mine contrite. Les grands yeux d'or se parèrent de toute l'innocence du pauvre et jeune orphelin qu'il était, seul au monde, abandonné de tous, forcé à vivre dans la rue, la saleté et la misère, au milieu de ces brutes d'adultes qui le malmenaient chaque jour, réduisant sa vie à un enfer; du pauvre et jeune enfant qu'il était, ne demandant qu'à vivre quelques années de paix dans l'insouciance, à jouer comme tous ses camarades et... Le doux reflet de la Lune traversa ces iris ambrés. Douze ans, tout au plus, ne serait-ce que cruauté scandaleuse que de maltraiter pareil petit ange?

La lèvre inférieure de l'intéressé se mit à trembler légèrement, tandis que son regard irrésistible se plongeait intensément dans celui de son vilain agresseur.
N'était-il point intrigué par ces yeux hors du commun? N'était-il point fasciné par ce regard espiègle, cette fente verticale dont le seul privilège était réservé aux félins?

Quelques instants de silence plus tard, comme le dirigeant ne semblait pas sensible à son charme dévastateur, Loïs reprit, d'un ton qu'il choisit mal assuré:

-...en fait, j'étais tranquillement en train de faire mon travail, quand un de mes supérieurs m'a dit que le big boss aurait aimé qu'on range sa chambre, alors je suis venu et... vous comprenez, pour bien ranger, faut d'abord tout déranger... et puis j'ai préféré faire ça la nuit, parce que la Lune n'est qu'à son troisième croissant, c'est meilleur pour le karma...

Ah, Déesse, de près, il était encore plus beau. Son visage, si près... faute d'or et de pierres précieuses, pourrait-il au moins lui voler un baiser? Non, non, pas de nouvelle fixation. Il avait du mal à parler. Les doigts du garçon serrèrent l'avant-bras de Lyan, qui en plus de lui meurtrir le cou, l'empêchait à moitié de respirer.

-Et il faut le meilleur pour notre vénéré dirigeant, n'est-ce pas?

Un léger rire s'étouffa dans la gorge du damoiseau. Un peu de flatterie ne fait de mal à personne. Il faudrait trouver autre chose afin d'apaiser le courroux du dirigeant, car celui-ci ne semblait pas dans les meilleures dispositions du monde à accueillir son invité surprise. Il se trémoussa pour tenter de se dégager, sans grand succès.
Certains humains avaient le mérite d'être un peu moins faibles que les autres. Il se demanda quel type d'humain était cet implacable Aleyna dont tout le monde parlait. Un tyran sans coeur, à l'ambition sans limites et qui ne reculerait devant rien pour parvenir à ses fins? Le chat avait du mal à lire en ces yeux sombres, dont la profondeur sybilline laissait imaginer un passé amer.

Se doutant que son petit cinéma n'avait pas eu grand effet, le voleur prit parti de revenir à des choses plus sérieuses. Il ne savait pas encore quelle était la meilleure attitude à adopter face à un homme de cette envergure, et avait la désagréable sensation que celui-ci serait prêt à l'éliminer au besoin. Non qu'un combat au corps à corps soit une éventualité déplaisante, mais...

Bref. Comment réussir de façon habile à entourlouper ce joyeux noctambule?

-N'importe qui ou presque peut venir vous assassiner pendant votre sommeil, vous en êtes conscient? C'est pas très conseillé pour un chef. Je serais vous, je mettrais des gardes près de la porte et des fenêtres. Et même un ou deux sous le lit, et dans l'armoire. Z'avez bien des sous à cacher aussi? Ils sont où?

Waouh, Loïs, quelle subtilité. C'était sorti tout seul.

-Non, parce que, faut aussi mettre des gardes devant ^^' Et sinon, ça vous dirait de me lâcher, parce que ça commence à faire mal, là.

Il était coincé, bel et bien coincé. Bien sûr, s'il l'avait vraiment voulu, il aurait pu se dégager sans problème, quitte à traumatiser l'éphèbe au kimono couleur de sang. Mais c'était tellement plus amusant... il faudrait prendre garde à ne pas se faire tuer. En attendant, il pourrait peut-être tirer parti de la situation, et obtenir certaines informations intéressantes, surtout concernant de quelconques richesses. Et apprivoiser ce charmant étalon jeune homme.


[Népa la quantité qui compte, né la qualité :3 et à ce niveau là y'a pas de problème xD]

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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Dim 30 Nov - 21:49

- Enfin -


Petit chat sauvage ta curiosité te perdra.


Un gosse. Rien d’un môme. Un corps frêle et un regard félin. Des yeux d’or, une fente fine. Lyan ne desserra pas le moins du monde son étreinte en sentant la fragilité de son vis à vis. Pire encore, il la raviva. Il le dominait du regard, ignora ses petites mains posées sur son avant bras et garda ses yeux sombres dardés sur son intrus. Il ne se laissa pas prendre au jeu de la séduction, il ignora la plainte décidément incongrue de l’inconnu et resta silencieux.

Un soldat de marbre, rigide, comme figé dans le temps. Pourtant, c’était palpable, au moindre mouvement de trop il n’hésiterait pas. Lyan Key sentait le sang et le musc. Il avait l’odeur de ceux qui ne laissent rien passer, de ceux dont l’ambition est assez haute pour qu’ils baignent dans le meurtre et la conspiration. Parce que tout les moyens sont bons…

Il ne leva pas les yeux au ciel pour signifier son exaspération. Il n’était pas exaspéré par le babillage mensonger du môme. Il appuyait son regard puissant sur lui, jusqu’à ce qu’il se décide à changer de facette. Le chaton aux yeux doux n’était rien d’autre qu’un chat sauvage. Un matou des rues qui sentait l’eau des gouttière et la débrouillardise. Alors lorsqu’il changea de masque, Lyan réagit enfin. Il haussa simplement un sourcil. Cet enfant avait le mérite d’être amusant et surtout il n’avait pas tort. S’il trouvait l’imbécile de ses gardes qui n’avait pas vu le chat entrer, il allait payer très, très cher son incompétence. Il avait laissé un voleur pénétrer sa demeure. Il le laissa charitablement finir sa petite tirade avant d’ouvrir la bouche.


« Tiens donc. Un petit gamin maigrichon et voleur se croit assez doué pour subtiliser un trésor national. »

Le prince desserra alors son étreinte sur la gorge de l’enfant qui put enfin respire sans voir sa gorge comprimée. Il fit un pas en arrière. Toujours sur ses gardes Lyan eut un sourire presque diabolique.

« C’est intéressant. »

Fit-il simplement. Il noua enfin son kimono autour de sa taille pour se rendre plus décent, le pourpre descendant sur son torse en un V attractif. Car après tout, il n’avait pas à se soucier d’être habillé convenablement, il était chez lui, dans ses appartements et un inconnu l’avait tiré de son sommeil.

Calmement, Lyan s’assit sur le bord du lit. Nonchalant, négligé. Les mains posé à plat sur l’amas de vêtements, il reprit la parole.


« Les chatons dans ton genre ne devraient pas rentrer dans les grandes maisons. Ils risqueraient fort de se retrouver entre les croc d’un impitoyable chien.
Personne ne t’a-t-il donc appris que l’argent est quelque chose qui se gagne pour les personnes de ton genre ? »


Il insinuait que la différence entre eux deux étaient immensément plus grande que ce qu’il n’avait imaginé. Né dans l’or et la soie, Lyan n’avait jamais rien eu à gagner. Les images de son rêve encore bien présente à l’esprit, le prince se dit qu’il avait bien besoin d’un amusement. Comme les jeunes enfants torturent les insectes pour expérimenter leur domination suprême sur un autre être vivant, Lyan jouait avec les êtres humains. Il pencha légèrement sa tête sur la droite, un sourire mauvais, bien que terriblement discret, sur les lèvres.

« Tu veux de l’or petit chaton ? Divertis-moi. »

C’était à se demander qui était la proie de qui.


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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Dim 14 Déc - 18:45

[Le sac à puces est de retour 8D]



Oh, non. Pas le trésor national. Juste votre trésor à vous <3. Quoique, la première opportunité est tentante aussi...
Le jeune homme se décida enfin à libérer ce pauvre matou qui n'avait (presque) rien demandé à personne. C'est intéressant. Si vous le dites uu' Loïs porta sa main à son cou douloureux pour le masser, tout en constatant avec un soupçon de déception que son agresseur s'était rhabillé. Ces barbares de dirigeants connaissaient peut-être la délicatesse, après tout.

-Nianiania. C'est pas bien de voler. Vous faites pas dans l'originalité, hein.

Les gosses de riches avaient une façon fort détestable de mépriser les tentatives des simples mortels, plus ou moins honnêtes, d'attirer vers eux quelque misérable butin. Celui-là serait moins fier lorsque cette chère panthère que voilà aurait mystérieusement fait disparaître sa fortune (c'est qu'il ne doutait pas de lui, le mioche).

-Et puis je suis pas maigrichon. Je suis svelte et adorable!

Ajoutez à cela un air déterminé, des sourcils légèrement froncés, des petits poings serrés et vous obtiendrez le Seul et l'Inimitable, Loïs. Pourquoi cette brute de chef n'était-elle pas déjà complètement sous son charme, hein? Qui pouvait se targuer de résister à un regard si innocent et si enjôleur? Si tous ses efforts mis en oeuvre n'aboutissaient à rien, le chat finirait par en conclure que Lyan était totalement insensible et qu'il ne méritait pas autant d'attention.

-Chez moi, l'argent n'existe pas. C'est quelque chose de merveilleusement fascinant que vous, les hommes, avez inventé pour vous entretuer. Ca brille et c'est amusant. Mais travailler pour en obtenir est absolument sans intérêt.

Pauvre humain. N'était-ce pas une lueur d'intelligence qui brillait dans ses yeux? Brave bête. Les hommes étaient une espèce très curieuse. Mais mieux valait les savoir en cage plutôt qu'à dévaster le monde comme ils y prennaient tant plaisir. Cependant, Loïs qui faisait son expérience et évoluait parmi eux obtenait des trouvailles intéressantes: ils n'étaient pas tous irrécupérables comme Lyan. Mais passons.

Le garçon aux cheveux noirs resta un instant méfiant quand vint la proposition. Ca n'était pas du travail convenable pour un cambrioleur. Il avait très envie de lui répondre directement: “Non merci, je préfère le voler.” A quoi pensait-il exactement, en guise de divertissement? N'espérait-il tout de même pas un gentil matou pour assouvir ses pulsions charnelles? Oubliant quelque fantasme déplacé, le simple vagabond qu'il était ne ferait jamais office de catin à qui que ce soit, si séduisant fut-il. Mais quelques considérations l'empêchèrent de montrer à nouveau son insolence et de risquer sa peau, avec cet apollon vicieux sûrement capable de tout un tas d'atrocités.

Curiosité, curiosité, laisse moi jouer avec toi; curiosité, curiosité, tu me perdras...

Il y avait bien quelque chose qui l'empêchait de laisser en plan ce nanti peu commun. Sans qu'il ne sache trop quoi. Une aura attractive, différente? Le naturel espiègle du gamin le poussait à vouloir tourmenter son hôte. Juste pour voir. Il s'approcha alors de Lyan, qui était assis sur le lit, jusqu'à se trouver en face de lui. Il remarqua alors une odeur nouvelle qui imprégnait les draps, et en y accordant un peu plus d'attention, le corps du damoiseau. Opium. Absinthe. Des plantes facilement reconnaissables pour un gamin des rues. D'autres effluves indéfinissables perturbaient ses sens. Si l'on en croyait les apparences, Lyan était plus suppurant de substances compromettantes que n'importe quel dealer trouvé dans une ruelle sombre. Tiens tiens...

Loïs pressa un doigt contre la poitrine du chef, comme pour l'accuser. Ses yeux se plissèrent légèrement tandis qu'il l'observait.

-On va faire un jeu. Je suis le chat, tu es la souris.

Ses lèvres s'étirèrent pour former un sourire, dévoilant des canines plus longues et pointues que celles des humains. Il était passé au tutoiement, puisqu'après tout, le respect se devait dans les deux sens, n'est-ce pas?

L'attitude du chat ne promettait rien de bon, il avait une idée derrière la tête...

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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Ven 6 Fév - 20:53

- Waaaaa faut que je me refasse la main u.u Si tu veux que je change quoi que ce soit ou que ça ne te va pas, hésite surtout pas ! -



Le prince eut un rire étouffé et moqueur face à la remarque du môme. Ce dernier avait le mérite de l’amuser, sa conception des choses étaient intéressantes chez un gamin de son âge. L’argent, un des moteurs de ce monde à l’instar du sexe et du pouvoir. La bassesse du genre humain était sans pareil et tous leurs beaux discours ne sonnaient aux oreilles de Lyan que comme une merveilleuse comédie, une superbe hypocrisie qu’il méprisait.

« Oh mais tu peux voler qui tu veux tant qu'il ne s'agit pas de moi. De plus, travailler pour gagner de l’argent, c’est le lot de tous les pauvres mortels. »

Avec arrogance, Lyan se plaçait en dehors de cette catégorie. Il n’avait jamais eu à travailler pour de l’or, il était né et avait été façonné avec le métal des rois. Les conséquences n’étaient pas très difficiles à saisir.
En digne dirigeant, il aurait dû lui faire couper la tête ou les mains, ou selon les règles de l’île, le forcer à travailler jusqu’au remboursement total de ses butins. Mais qu’y aurait-il gagner ? Absolument rien. En revanche, sa nuit avait été tourmentée et un divertissement n’était pas de refus, ce qu’il proposa – ou imposa - .

Il ne put néanmoins résister à l’idée de fouiller furtivement dans l’esprit du chaton. Ce qu’il y découvrit l’intrigua. Le chat, car son esprit ne pouvait être simplement humain, avait gardé en lui une spontanéité surprenante. Cependant, si d’aucun l’aurait jugé innocent, tel n’était pas le cas de Lyan. Personne, jamais personne n’est véritablement innocent. Ce n’est jamais qu’un masque pour cacher des vices plus répugnants encore.

A son hésitation, il susurra :

« Serais-tu effrayé ? »

Son murmure avait quelque chose d’arrogant et de sensuel, son regard d’onyx brûlait ardemment. Ses pensées n’avaient rien de pures, le gamin avait tous les attraits nécessaires. De plus, les rêves turbulents qui avaient contredit son sommeil lui faisait repousser l’idée de se rendormir, et plus encore de se rendormir seul. Il devrait faire attention à ce que cette faiblesse – même en pensée ce mot le révulsait – n’empiète pas sur sa méfiance et ne l’adoucisse pas.

Il le laissa pose son doigt sur sa peau sans un mouvement qui eut pu trahir ses pensées. Il baissa simplement les yeux vers ce contact avant faire glisser lentement son regard sur le bras de l’enfant, de remonter sur sa gorge pour regagner ses yeux.

Il arqua un sourcil lorsque le ronronnement du félin tomba dans ses oreilles. Être la souris ? Lui ? Il devait sûrement y avoir une erreur d’interprétation. Les canines affilées le surprirent une seconde. Par méfiance, il ouvrit son esprit de manière à être prêt à réagir si le chat décidait commettait l’incommensurable bêtise de vouloir l’attaquer.

Sans doute aurait-il dû réagir dès maintenant, appeler un garde, et réduire en poussière la boule de poils. Cependant - peut-être était-ce une folie, un acte totalement déraisonné dû à une volonté de goûter des lèvres le danger – il n’en fit rien. Plus encore, il se saisit de poignet du garçon et l’attira en avant de sorte que leur visage ne soit plus qu’à quelques centimètres.


« Et en quoi consiste ton jeu, chaton ? »

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Loïs Lleweyn
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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Jeu 26 Fév - 3:16

[pareil pour toi xD ...j'ai l'autorisation de la patronne patapé *s'enfuit*]


-Voler sa princière majesté, ça me ferait une renommée considérable...*.*

Le voilà perdu dans ses rêves, dorés de richesse et de prestige. Et puis mince, depuis quand demandait-on leur avis aux gens avant de les cambrioler? Il ne manquait pas d'effronterie, ce dormeur.

Tandis qu'il réfléchissait à la façon dont il pourrait mettre en place son stratagème, il tentait également de ne pas se laisser déconcentrer par la proximité soudaine qu'avait mis entre eux le dirigeant.
Celui-ci semblait intéressé. Anormalement intéressé, d'ailleurs, pour qui jugeait avec un minimum de prudence se trouver devant un carnivore proposant ce genre de jeu. Peut-être ne s'attendait-il qu'à un simple chenapan croisé avec un chat, qui ne représentait pas le moindre danger pour un homme de son envergure. Soutenu par la fougue de la jeunesse et sa garde qui devait dormir un peu plus bas. Peut-être aussi n'avait-il pas envisagé le fait que ledit chenapan pouvait avoir des tendances anthropophages.

-Le principe est simple.

L'espièglerie de son rire s'éleva dans la pièce; il se dégagea avec légèreté. Il parcourut la pièce du regard, et plus exactement chacun des murs, avant de s'attarder sur la fenêtre. Le désordre s'établissait parfaitement dans ses calculs. L'audacieuse rencontre avait jusqu'alors eu lieu dans le fief de la pénombre, guidée seulement par les rayons de l'astre lunaire et la vision féline du garçon. Il n'y avait donc rien de ce qu'il cherchait ici. En un bond il avait gagné le couloir, et s'était saisi d'une des torches qui l'éclairaient.

-Tu dois survivre.

Déesse, que lui était-il passé par la tête? En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le flambeau échappait malencontreusement de ses mains pour venir par un malheureux hasard rencontrer l'un des documents qu'avait jetés l'intrus lors de sa recherche frénétique. Oh, les flammes léchaient avidement le papier... restait à espérer que celui-ci n'était pas important. Et puis, bientôt, l'un des pans du rideau attenant sembla se distordre, avant de s'enflammer joyeusement. L'illumination soudaine donnait à la pièce une vie nerveuse, de par les ombres mouvantes qu'elle créait et recréait sans cesse. La chaleur se montrait peu à peu, timidement, tiédissant cette ambiance trop calme.

Impressionné par cette force naturelle qui commençait son oeuvre de destruction dans toute sa splendeur ardente, Loïs admira un instant son entreprise. Les flammes se propageraient prestement aux tentures, tapis et boiseries. Il songea au Pavillon de Verre qui serait peut être réduit en cendres grâce à lui, pauvre petit voleur de rien du tout. Il songea à la tête de Lyan devant ce futur anéantissement, s'il en réchappait. Il songea aussi que sa tête allait être sacrément mise à prix. Mais, oubliant toutes ces merveilleuses perspectives: seule la partie de la chambre avoisinant la fenêtre daignait brûler convenablement, on était loin du grand brasier de joie prévu par le chat. Peut-être que, s'il soufflait un peu dessus, cela accélèrerait le processus?

Enthousiasmé, il se recula de quelques pas, puis se retourna face au dirigeant de l'Ile. Il ne pouvait trouver son jeu que d'une originalité prodigieusement excitante, n'est-ce pas? Très fier de lui, il résolut de grimper en haut de l'armoire afin de voir comment s'en sortait sa victime face au premier obstacle. Le plus sérieusement du monde, il ajouta:

-Et pas le droit de demander de l'aide, hein.

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Lyan Key Aleyna
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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Dim 1 Mar - 13:09

Lyan plissa les yeux sachant pertinemment que le rire de l’enfant-chat ne signifiait rien de bon, absolument rien. Celui ci observait méticuleusement la pièce et puis, en un bond, il n’était plus là. Le prince se releva prestement jetant un regard purement haineux à l’animal qui tenait un flambeau. Il sentit le fiel de la colère courir dans ses veines. Un goût de sang lui remplit la bouche tandis qu’il se mordait la langue pour se contenir et ne pas hurler. Le feu… Envahissait l’espace, son espace. Une bonne partie de la chambre gémissait en crépitant sous l’effet dévastateur des flammes.

Debout, au centre de la pièce, il n’esquissa tout d’abord pas le moindre geste, il fallait à tout prix qu’il analyse la situation s’il voulait réussir à contrôler le tout. Lyan darda un regard à vous glacer le sang sur le chaton et lui annonça d’une voix calme, mesurer, suintant la vengeance et la cruauté :


« Je n’aime pas ton jeu. »

Qui aurait pu l’apprécier d’ailleurs ? Ce n’était pas tant qu’il était attaché aux meubles, aux boiseries, ou bien même à tous les papiers qui concernaient l’île – même si certains revêtaient une grande importance, la plupart étaient dans son bureau -, mais cet endroit. C’était tout ce qui lui restait d’Emma. Ici, la présence de l’ancienne dirigeante de l’île était plus forte que jamais. Son odeur. Parfois encore, il la voyait arranger des fleurs qui n’existait pas, traverser la grande salle de son pas léger, s’entraîner dans le terrain de derrière. Il la voyait sans arrêt parce qu’elle était encore là. En essayant de brûler la demeure, le chat venait de signer son arrêt de mort. Il avait réveillé la haine qui sommeillait en Lyan depuis la mort de sa cousine. Celui-ci avait d’ailleurs la sensation qu’on essayait de lui enlever une deuxième fois ça cousine. Et cela, il ne le permettrait pas. Cette fois ci, il la sauverait.

Anormalement calmement, le prince s’avança vers l’armoire au-dessus de laquelle trônait le vainqueur, le futur mort, de cette bataille. Les flammes les séparaient et commençaient à lécher le bois sans grande conviction. Pas le droit de demander de l’aide ? Il allait dépecer ce chat et s’en faire une descente de lit. Lyan avait à nouveau empoigner son sabre et les jointures de ses doigts blanchissaient à cause de la force qu’il exerçait autour du manche.


« Les règles du jeu ont changé.* »

La colère l’envahissait, il en tremblait, la mâchoire serrée. Et brusquement, il tendit la paume sur l’armoire qui vola en de minuscule éclat de bois se répartissant dans la salle. Certain atteignirent Lyan aux avant-bras, sur son torse, sur son visage. Ces légères coupures laissaient s’échapper quelques gouttes de sang dont il n’avait cure. Ce n’était que des égratignures. La douleur dans son avant bras ne tarda pas à fuser. Il détestait ce pouvoir, il le haïssait. Il pouvait bien détruire, cela se répercutait automatiquement sur son propre corps dans une douleur assourdissante. Mais cette nuit-là, il s’en moquait bien. La douleur n’était rien en comparaison de la colère, du désir avide de vengeance qui recherchait à tout prix un coupable à punir.

Avec ce qu’il avait de volonté, il tendit la lame vers le chat prêt à lui trancher la gorge. Mais non, cela serait une mort bien trop douce en comparaison de son crime. Il fallait qu’il souffre mille morts. Il fallait qu’il paie pour ce qu’il venait de faire.


« A l’aide ! » Hurla-t-il. « Au Feu , dépêchez-vous ! »

Sa haine ne laissait aucune place à la peur. Et puis… Il ne mourrait pas aujourd’hui, pas avant d’avoir arracher griffes, crocs et oreille à ce sale animal. Déjà des bruits de bottes retentissaient dans le couloire. Des murmures pressés, étouffés par la fumée due à l’incendie. Vite qu’on apporte de l’eau et surtout qu’on noie le félin.

Brusquement, Lyan s’éloigna en un bond, arracha l’une des tentures dans le fond de la chambre, pas encore atteinte par le feu et la jeta sur le chat pour l’empêcher de brûler vif. Les gens de la demeure s’activaient, déjà, il lui semblait vaguement que quelqu’un remontait avec des sceaux. Cela lui paraissait lointain, comme un rêve, ou un spectacle dont lui ne ferait pas parti. Le prince n’avait d’yeux que pour le chat.


« Tu vas me le payer. »

Mais il ne s’était pas rendu compte que la douleur de son avant bras venait d’une large entaille dont le sang s’échappait peu à peu.

* Hugo Boss Cool , les règles du jeu ont changé


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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Mar 10 Mar - 20:26

Espèce de mauvais joueur.

Oh oh oh. Les plans machiavéliques du cambrioleur avaient coûlé bien mieux d'une enclume dans un lac.
Cette haine si terrible et si brusque le prenait au dépourvu. Il comprit vite qu'il y s'agissait d'autre chose que des richesses détruites... mais l'enchaînement des évênements l'empêcha d'y réfléchir. Le bel au bois dormant avait visiblement l'intention de l'aider à descendre de son perchoir, et la façon délicate dont il s'y prit laissa l'innocent matou complètement paniqué. La chaleur commençait à atteindre les limites du supportable; la fumée opprimait complètement son odorat; et il sentait une légère douleur en différentes parties de son corps, dont il ne connaissait pas la source.
Le feu, le sang, et cette lame froide si proche de son cou. Il commençait à admettre qu'il venait de faire une bêtise.

L'instinct de survie lui décocha une pulsion d'adrénaline. La tenture fut écartée rapidement et, à quatres pattes, le garçon aux cheveux noirs se jeta entre tous ces gens qui s'agitaient, masses de couleurs et de sons indistincts, vers l'issue la plus proche. Il ne pouvait pas se transformer maintenant, au risque de se trouver coincé dans cet univers peuplés d'humains démoniaques -il avait du mal à ouvrir les portes avec ses pattes. Les poils hérissés sur ses bras et sa nuque, haletant, il finit par arriver dans le couloir et se relever en manquant de se casser la figure. Un instant d'analyse. Il ne pourrait pas ressortir par où il était entré s'il tenait à ses os. Plusieurs hommes arrivaient du couloir de gauche. A droite, une jeune femme sortant de sa chambre, visiblement inquiétée par tout ce grabuge. Et Lyan qui se frayait un chemin pour parvenir jusqu'à lui.

Dieu des panthères, fais quelque chose.

La raison disparut soudainement, et l'instinct prit totalement les rênes de son jeune corps. A droite. Et il courut, il courut, jusqu'à en perdre haleine. Il sentait l'autre. Il le sentait, quelques mètres derrière. Il courait plus vite que lui, mais il ne savait pas où il allait, hésitait, se trouvait face à des impasses. L'autre était dans son milieu. Comme un traqueur avec sa proie. Les rôles n'auraient pas dû s'inverser. Les rôles n'auraient jamais dû s'inverser! Il descendait un escalier. En escaladait un autre, quatre marches par quatre marches.
Le regard du prince restait gravé dans son esprit. Il allait le tuer. Le tuer. Le tuer. C'était sans doute ce regard qui affolait le plus l'adolescent, car il savait qu'il ne s'en tirerait pas aussi bien que toutes les autres fois. Il se rappelait aussi la façon dont l'armoire avait volé en éclats sans qu'il la touche.

La chasse durait depuis plusieurs minutes déjà. La fatigue étreignait les jambes de Loïs, qui jurait intérieurement. La sortie ne daignait pas se montrer. Peut-être que ces humains-là s'amusaient à s'enfermer dans cette tour. De nouveaux bruits derrière lui, une cavalcade de plusieurs jambes. L'équipe de secours. Tous contre lui. Il risqua un oeil en arrière, et se glaça en aperçevant un arc.

Ils allaient le faucher à distance. Transpercer sa vie d'un simple bout de bois. Merde, je veux vivre, moi.

Et ils tirèrent. Le destin est parfois très ironique. Le hasard poussa le coup, au départ dirigé vers l'épaule du fauve, à se décaler de quelques centimètres. Et c'est ainsi que la petite fléchette alla se planter dans le princier derrière de Lyan Key Aleyna, dirigeant de l'Ile d'Ynis Witrin.

Un silence très pesant suivit cet acte régicide. Même Loïs se retourna pour voir avec effroi le jeune homme effrondré au milieu du couloir, interpellé par cette atmosphère anormale. Nul n'osait prononcer un mot. Lui ne comprit pas ce qui venait d'arriver, mais cela semblait être quelque chose de très, très grave.

Quoi que ce fut, cela ne pouvait être plus important que la sauvegarde de sa propre espèce en perdition. Il reprit sa course. La stupeur passée, l'un des soldats attrapa l'arc et se lança à sa poursuite, fidèle à son devoir, évitant très soigneusement son souverain étalé sur le tapis. Il ne lui fallut que quelques minutes (et kilomètres) pour parvenir à épuiser le chat et lui infliger la morsure empoisonnée du bois.

Du coton. Il était devenu du coton. Son esprit s'embrumait. Il vit une carotte géante s'approcher, et le regarder de loin, très loin. Le légume le souleva, et l'emmena pendant ce qui lui semblait une éternité. Il croisèrent plusieurs autres légumes. Un lapin rose, aussi. Et puis elle le déposa dans un endroit très sombre. L'animal se roula en boule, incapable de quoi que ce soit d'autre, et ferma ses grands yeux d'or.

C'est ainsi que se termina l'épopée du chat légendaire à travers l'aile Ouest.

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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Mar 10 Mar - 23:01


Il s’était fait prédateur, juste pour être à la hauteur.


L’incendie n’avait plus d’importance, les autres n’avaient plus d’importance. Il n’y avait plus que la proie et le chasseur ainsi que les quelques mètres entre eux deux. C’était la seule réalité qu’il admettait. Le reste n’étant que du vent, qu’un mirage impalpable dont il n’avait que faire. Son esprit n’avait déjà plus qu’une chose en tête. Un avide désir de vengeance et de violence bien plus obsédant que la possibilité de voir ses appartements avaler par les flammes. Tendu à l’extrême, le prince attendait l’instant où le chat sortirait ses griffes pour pouvoir les lui trancher.

Mais le môme s’enfuit à toute jambe comme s’il avait sentit le renversement de la situation. Lyan ne perdit pas une seconde pour s’élancer à sa poursuite, bousculant sans ménagement une jeune femme qui portait un sceau d’eau. Le temps avait comme suspendu son cours et Lyan ignorait totalement les gardes qui se joignaient à la poursuite. Ivre de rage, de folie, ses yeux noirs plissés, il chassait la carrure fine et gracile qui fonçait devant lui sans savoir où. Et puis brusquement….

Perdu dans sa course, il avait à peine senti la pointe effilée entamer la chair de son glorieux postérieur. Le couloir sembla vaciller, la silhouette qu’il suivait se fit floue et ses jambes lâchèrent comme si un maladroit marionnettiste avait coupé les mauvais fils. Non pas maintenant. Un de ses hommes le rattrapa de justesse et l’allongea sur le sol, le tireur se rapprocha. Le dirigeant était incapable de distinguer l’expression de leurs visages, la tête soudainement très lourde. Les mots se brouillaient, s’emmêlaient et sa bouche pâteuse se refusait à formuler les mots qu’il aurait voulu prononcer : Courrez lui après, attrapez le, enfermez le, laissez le lentement mourir de faim, que son agonie soit longue, très très très longue.

Et il n’y eut plus que le noir. Complet. Opaque. Constant.


C’est en sursaut que Lyan se réveilla. La rage s’était évaporée, mais il se sentait vaseux. Quelques secondes lui furent nécessaires pour réajuster sa vue puis comprendre où il était. Une chambre oui, mais pas la sienne. L’une des suites réservées aux invités probablement. Avec précaution, il s’assit, passant la main dans ses cheveux d’ébènes. Il ne savait alors ni pourquoi ni comment il s’était retrouvé ici mais bien vite, la sensation de picotement dans sa fesse droite et le bandage enserrant son bras firent remonter les souvenirs de ces dernières heures à sa mémoire.

Détestable petit chat noir.


Et ce fichu mal de tête qui bourdonnait dans ses oreilles en l’empêchant de penser convenablement. Affaibli, le teint plus pâle qu’à l’ordinaire, le prince se leva et enfila les vêtements qu’on avait laissés dans la pièce à son intention. Ses jambes lui paraissaient moins solides qu’à l’ordinaire, il dut même se retenir de tomber en s’appuyant contre le mur lorsqu’il ouvrit la porte. Dans le couloir, une garde l’informa de ce qui s’était passé. L’enfant avait été attrapé et jeté en cellule. Enfin, ça c’était après l’accident. Lyan avait automatiquement serré les dents. Mais même là, dans le brouillard qu’était sa tête, il avait mieux à faire que de réprimander sa garde personnelle.

Les escaliers en colimaçon lui donnèrent le vertige. Il devait en finir vite. Leur fichue drogue l’enfermait dans un carcan d’immobilité et de lenteur où tout semblait être arrondi. Il descendit un dernier escalier de pierre qui l’emmena dans les sous sol de l’aile ouest et salua un garde. Ici, il n’y avait guère qu’une seule cellule, le principal des effectifs carcéraux étant dissimulé dans l’aile est. Heureusement, les gens de sa demeure avait eu la présence d’esprit d’attendre la réaction de leur dirigeant avant d’envoyer l’intrus pyromane aux mains de dame Justice. C’était une affaire personnelle. D’un pas lent, il s’avança dans l’étroit couloir et annonça au garde :


« Laissez nous. » L’homme le salua de la tête mais Lyan l’arrête de la main et lui prit son épée ainsi que les clefs. « Merci. »

Le prince semblait épuisé, mais son regard, bien que moins affuté, demeurait déterminé. Calmement, il déverrouilla la grille de fer et pénétra dans l’arène. Personne ne pouvait plus assister à la scène. Tant mieux, ses arrières étaient ainsi couverts.

« Crois-tu que quelqu’un te regretterait petit chaton ? »

Lyan arqua un sourcil, le regard posé sur l’enfant. Il lui parut soudainement plus frêle et plus inoffensif que lorsqu’il avait essayé d’incendier la demeure. Dans quel état d’ailleurs étaient sa chambre et le reste de l’aile ? Le feu s’était-il propagé ? Qu’importe. Il s’adossa à la grille, et fit tinter les clefs les unes contre les autres pour attirer l’attention de malvenu.

« Alors ? »


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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Ven 13 Mar - 13:55

Des barreaux autour de lui. D'épaisses barres de fer qui l'enserrent, l'étouffent, aspirent son oxygène minute après minute. Et de l'autre côté, leurs visages scandalisés à la vue du Monstre, ou bien radieux d'une curiosité malsaine. Il se recroquevilla davantage. Il était enfermé à nouveau. Ca n'était pas sa naïveté qui l'y avait conduit. Pas cette fois. Lorsqu'il se risqua à ouvrir les yeux, ils avaient disparu. Tout était si sombre.
La porte, fermée, bien entendu. Une grille, des murs épais. Il rejetait cet endroit de toutes les fibres de son corps. Les restes de drogue amenaient par moments la joyeuse musique du cirque dans le silence, qui prenait alors des allures de cauchemar.

Le garçon aux cheveux noirs, qu'une folle angoisse sortait de son engourdissement, avait sondé chaque pierre, chaque barreau, et usé désespérément ses griffes sur la serrure pour tenter de la faire céder. Son adresse habituelle, envolée; ses combines ne fonctionnaient pas plus sur le mécanisme de la serrure que sur l'ordre de ses pensées. Après plusieurs minutes à tourner en rond, éperdu, il avait fini par s'asseoir dans le coin le plus éloigné de la porte. Ses bras vinrent entourer ses genoux.

Il voyait des années de servitude pour rembourser l'attentat. Il regardait sa main, qu'on allait certainement couper, puisque c'était le sort réservé aux marauds trop téméraires. Il essayait de s'imaginer la potence. Et pire que tout, le regard dément le poursuivait, ainsi que la question de savoir s'il allait vivre assez longtemps pour y laisser sa main ou son cou lui tordait les entrailles. Le peu de réactions qu'il avait pu voir laissaient entendre que l'homme était capable de tout.

Des bruits de pas. Des paroles. Loïs retint sa respiration, aux aguets. Un déclic. La clé qui fait jouer le verrou. Et il était là.

Deux constats s'imposèrent immédiatement à lui: la porte s'était ouverte, et Lyan se trouvait devant. Avec une arme... et les clés, accessoirement. Il ne pouvait pour l'instant que se contenter de fixer le dirigeant d'un air farouche, jusqu'à ce qu'il prît la parole.
Le regretter ? Qu'attendait-il de cette question ? N'était-ce qu'une préparation à son agonie ? Ou désirait-il vraiment savoir s'il était le seul à n'être vraiment aimé de personne sur cette satanée île ?! Non, effectivement, il y aurait peu de gens pour le regretter. S'ils n'étaient pas déjà morts, ou qu'ils l'avaient effacé de leur mémoire...

-S'il n'y avait personne, tu aurais moins de remords ?

Il détourna un bref instant les yeux pour vérifier si, par un miracle quelconque, un trou dans la grille ou dans le mur n'était pas apparu pour lui laisser recouvrer sa liberté ô combien chérie. Le fait que le dirigeant ne se soit pas immédiatement jeté à sa gorge le rassurait quelque peu. Il ne savait pas s'il aurait la force de se battre, mais il se persuadait férocement qu'il ne rendrait pas l'âme avant d'avoir goûté au sang de son futur assassin.

Le garçon n'avait pas bougé d'un centimètre. Quelque chose en lui semblait hurler : “Va-t'en, va-t'en !”, tout en désirant qu'il reste. Et sans savoir pourquoi.

La culpabilité l'effleurait à peine. Si cet amas d'incidents s'étaient enchaînés les uns après les autres, c'était bel et bien la faute de Lyan qui n'avait pas suivi les règles du jeu. D'où l'incompréhension du chat qui avait exaucé son souhait. Ca, en matière de divertissement, il devait avoir eu sa dose pour les mois à venir. Ses yeux dorés se perdirent dans le vague tandis qu'il arborait un air morose.

-Tricheur.

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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Sam 14 Mar - 12:34

- Honte à moi je n'ai pas encore corrigé les fautes, mais promis je m'y attellerais dans le week end -

Lyan se sentait épuisé par les évènements qui s’étaient déroulés. L’effet des drogues sans doute, avait apaisé la haine qui l’avait tenu debout. Et ses migraines habituelles reprenaient le flambeau, embrouillant son esprit, tranquillisant son caractère. Il regardait l’intrus recroquevillé sur lui-même, paraissant brusquement beaucoup plus fragile et innocent. Ce n’était finalement qu’un gamin. Un môme certes très agaçant, mais rien qu’un môme tout de même. Il resserra sa main sur le manche de l’arme pour faire passer cet accès de faiblesse. Il n’était pas de ceux qui se laissaient attendrir. Enfant ou non, l’inconnu devait payer.

« Je ne suis pas homme à avoir des remords. »
Annonça-t-il d’une voix bien plus claire et assurée que ne l’était son esprit. Il poursuivit : « Je droit prendre ça pour un non ? »

Le dirigeant observait l’enfant sans le moindre mouvement. C’était sans compter son orgueil qui lui chuchotait amoureusement de lui trancher la tête sans attendre. Mais la voix semblait lointaine et étouffé par autre chose. Il plissa les yeux pour mieux distinguer les contours du visage du chaton dans l’obscurité ambiante. Celui qui était auparavant moqueur et taquin, qui lui avait offert un sourire carnassier paraissait maintenant morose et comme creux. Un sorte de compassion, ou bien de lassitude, envahit Lyan qui resta immobile et silencieux quelques secondes de plus.

Il l’avait pourtant là, à sa merci. Il pouvait régler toute cette histoire en un coup d’épée et il ne faisait pourtant pas le moindre mouvement. La rage envolée, le crime paraissait bien médiocre et la sentence trop cruelle. Même pour quelqu’un comme lui. Les yeux rivés sur le corps roulé en boule, Lyan n’émit pas le moindre son. Il semblait attendre une réponse, une solution, qui ne viendrait sans doute pas. Egoïstement, il voulut un instant gardé le môme enfermé ici, sans savoir pour quelle raison.
Et lorsque le mot de tricheur brisa le silence de la cellule, Lyan ne put retenir un sourire. Celui-ci n’était ni malveillant, ni ironique. Le dirigeant secoua légèrement la tête devant l’entêtement du garçon.


« La prochaine fois, tu t’assureras que le jeu convient aussi à l’autre personne.»

Mais il s’était trahit en prononçant ses simples mots. La prochaine fois. Il avait admis sa faiblesse et le chat avait sans doute déjà compris que son heure n’était pas venue. Comment aurait-il pu y avoir une prochaine fois s’il mettait un terme à sa vie. Cette prise de conscience effaça le léger sourire de son visage. Il baissa à nouveau les yeux vers le chat et fut estomaquée. Lyan ferma à nouveau son visage à toute expression, sentant une explosion résonner en écho dans sa tête. La douleur était intense et il du serrer les dents pour n’en rien montrer. Là, dans le coin de la froide cellule, Emma Aleyna serrait jalousement le corps de l’enfant contre elle, lançant un regard accusateur à son cousin. L’instant d’après, elle avait disparut, ne laissa dans l’air qu’un léger parfum de Lys.

Le dirigeant soupira et baissa les yeux. Toute cette histoire le fatiguait. Conscient de prendre un risque inconsidéré, il posa son arme à terre, révélant l’espace d’une seconde le bandage qui serrait son avant bras. Il tourna le dos à son adversaire sans dire un mot. Inconscient. Puis le cliquetis de la serrure se fit entendre. La grille fut ouverte dans un grincement métallique désagréable.

L’embrasure de la porte était encombrée par la silhouette du prince qui reprit la parole.


« Vas-t-en ! Je suppose que tu sauras te faufiler sans être vu. Et ne reviens pas. »

Sans ajouter un mot de plus, Lyan quitta les lieux, laissant la porte ouverte. Il rendait sa liberté à l’enfant sans oser poser une nouvelle fois ses yeux sur lui.


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Loïs Lleweyn
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MessageSujet: Re: La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]   Dim 29 Mar - 11:50

Pas de réponse. Il pouvait bien “prendre ça pour un non” ou bien ne rien prendre du tout, tant qu'il le laissait croupir au fond de cet endroit horriblement claustrophobisant. On voyait bien qu'il n'avait pas passé des mois dans une cage.
Les yeux clairs percés de deux fentes verticales glissèrent du visage de son altesse jusqu'à sa main, crispée sur la garde de son arme. Il ne semblait pas vouloir se décider. Et puis, un sourire... un sourire ? Une lueur d'incompréhension traversa le regard du chat. Cet humain là devait être terriblement lunatique. Ou bien schizophrène. Ou bien pervers au point de vouloir laisser croire à un attendrissement pour mieux décevoir cet espoir par la suite.

Il esquissait une moue boudeuse lorsque son interlocuteur changea une nouvelle fois de masque; les théories précédentes se confirmaient ! Sans bouger d'un centimètre, il vit un Lyan usé déposer la froide lame porteuse des menaces sur les pavés de la cellule, puis s'occuper du verrou qui défendait le chemin de la liberté. Toute l'attention du damoiseau était fixée sur l'espace vide entre la porte et la grille... Trop surpris par ce geste inattendu, il n'avait pas esquissé un mouvement, et quand bien même, il ne lui serait pas venu à l'esprit d'attaquer l'homme par derrière.

Il le chassait par des paroles, avant de s'enfuir, lui, cet énergumène étrange déguisé en éphèbe enchanteur ! On a beau dire, les animaux sauvages et imprévisibles ne sont pas toujours ceux qu'on croit... La stupéfaction passée, et une fois que les bruits de pas eurent disparu dans le couloir, Loïs se déplia lentement avant de s'approcher de la porte entrouverte, sans un bruit, de peur de déclencher quelque chose. La route était déserte, mis à part le garde en faction qui hésitait entre l'arpenter langoureusement et s'appesantir sur sa lance afin de récupérer un peu de sommeil.

A la fois perturbé et soulagé, le garçon aux cheveux noirs se métamorphosa rapidement. La sentinelle ne l'avait pas encore remarqué. Profitant de l'occasion, le félin se faufila vers l'escalier non surveillé, d'où il saurait facilement retrouver la sortie. Il repensait aux réactions de Lyan. Avec un peu de recul, terreur et autres sentiments désagréables oubliés, il avait envie de manifester son indignation: ce malotru s'était éclipsé sans même une formule aimable ? -on remarquera que lorsqu'il s'en tire bien, le Loïs moyen a tendance à occulter ce qui l'arrange-
L'obscurité jouait en sa faveur; il ne lui fallut pas beaucoup d'efforts pour éviter les soldats et filer hors du bâtiment. L'air pur de la nuit avait un effet délicieusement vivifiant, et la vue de tout cet espace libre étira son sourire jusqu'à ses oreilles. L'aube pointait déjà. Il ne restait plus qu'à trouver un coin chaud et calme pour se remettre de cette cuisante aventure: en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il n'y avait plus trace de la panthère.

Une parole l'obséderait durant des jours, une parole qu'aurait peut-être dû éviter de prononcer ce cher dirigeant: “Et ne reviens pas”... Quelque chose laissait présager que ce dernier n'en avait pas fini avec les ennuis. Et ce quelque chose était noir, poilu et terriblement adorable.

[Topic clos <3]

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La loïstique des hallucinations nocturnes [appartements de Lyan, le retour]
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