Ynis Witrin v3

Les armées démoniaques assiègent le Continent, mais une île résiste toujours
 
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 Grande Dame et Grand Maître

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Siudern Heavendrop
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MessageSujet: Grande Dame et Grand Maître   Ven 6 Fév - 19:58

C'était un jour comme les autres... En arrivant, avant le point du jour, dans sa forge bien-aimée, Siudern Heavendrop était loin de se douter qu'il recevrait une telle visite. Et comment l'aurait-il deviné ? La journée avait commencé de manière si... banale ! Enfin, si' lon exceptait son idée de génie. Mais il en avait tellement eu, de ces idées géniales quand on les forme et qui, lorsqu'elles se traduisaient dans la matière, trahissaient leur idéale beauté...

Aux premières lueurs grises du ciel, premiers messagers de l'aube naissante, Siudern avait délaissé son habitation pour revenir à son véritable lieu de vie. Sa forge, son orfèvrerie. Dévouer sa vie à son travail, à son art, l'amenait à dormir le moins qu'il le pouvait afin d'assouvir cette passion dévorante. Le jour, il travaillait le métal rougi ou blanchi, et la nuit, il rêvait de l'aveuglante clarté du métal en fusion, des flammes ardentes et agiles, du tintement sourd de ses outils sur la matière qu'il travaillait, retournant travailler dans ses songes. C'était là qu'il avait, souvent du moins, les idées qui amenaient la confection d'une nouvelle pièce, unique, comme toutes les autres.

Cette nuit-là, Siudern avait eu une idée comme il n'en avait jamais eue. Il avait vu, en rêve, si précisément qu'elle semblait déjà réelle, se former une dague d'une magnificence sans pareille. La pensée de cet objet l'avait tiré du sommeil, l'avait tant et si bien excité qu'il n'avait pu se rendormir ; le forgeron avait sauté du lit, d'autant plus enthousiasmé que plus il pensait à cette miséricorde, plus il imaginait un objet merveilleux, plus conforme toujours à son rêve de perfection de travail du métal. Oui, elle serait ainsi... Et ainsi... Et ainsi... L'idée prenait forme, il sentait presque le métal palpiter sous ses doigts...

C'est dans un état second que le forgeron quitta sa demeure. Il avait passé, comme à son habitude, de longs et amples vêtements blancs qui noyaient sa silhouette et l'empêchaient de se confondre avec l'obscurité nocturne. Dénouée, sa chevelure blanche comme neige flottait sr ses épaules alors qu'il avançait d'un pas rapide vers sa forge. Quand il en poussa la porte, il retrouva avec d'indicibles délices l'odeur familière de ce lieu. Elle était bien telle qu'il l'avait laissé la veille, à la tombée de la nuit, impeccablement rangée, propre comme un sou neuf, quelques braises rougeoyant encore à peine au fond de l'âtre, sous les cendres. Se débarassant de la longue cape dont il avait couvert ses épaules, Siudern se mit à la tâche.

Alimenter en bois les braises pour ranimer le feu, sortir les marteaux, pinces et autres outils nécessaires à la confection de cette dague dont il avait eu l'intuition ne lui prit que peu de temps. Remontant ses maches, attachant à l'aide d'une fine bandelette de cuir la cascade immaculée de sa chevelure, actionnant le soufflet pour augmenter l'ardeur du feu, Siudern retrouvait les gestes quotidiens qui faisaient son bonheur. Il était sans doute trop tôt pour que quiconque vienne le déranger dans son ouvrage... Un rapide regard jeté vers la porte, et il se rendit d'un pas rapide dans son arrière-boutique, qui lui servait notamment, entre autres, d'entrepot à matières premières. Au milieu de cette caverne au trésor, il préleva la quantité de métal dont il pensait avoir besoin, ainsi que quelques pierres. Trois aigue-marines, un saphir, un éclat de cristal de roche. Un sourire étira légèrement les lèvres minces du maitre forgeron. Il pouvait se mettre au travail...

Le feu grondait à présent dans l'âtre de la pièce attenante, qui lui servait de boutique. Repassant dans cette salle, Siudern mit à fondre le métal qu'il avait apporté avec lui, dégrossissant les pierres fines sur un établi, couvert d'outils spécialisés, prévu à cet effet. Et, bientôt, peut-être une heure après le lever du Soleil, la forge retentit du fracas du marteau frappant sur le métal chauffé.

C'était à ce moment-là que la clochette avait tintinnabulé. C'était à ce moment qu'elle était entrée. Même s'il ne s'était pas retourné tout de suite, absorbé qu'il était dans son ouvrage, il avait senti comme la présence d'un haut personnage. D'une femme de très haute naissance.


- PV Alaïss -

Le titre te convient, ou je le change ?
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Mer 11 Fév - 19:36

[ J'essaye de suivre une certaine chronologie dans mes rp's donc je situe celui-ci après sa rencontre avec Machi, mais avant celle avec Cassandre. Et je viens de me rendre compte que le début, enfin une partie ressemble pas mal au début de topic avec Cass' xD tanpis!! j'ai un peu la flème de chercher autre chose hihi ]

La Dame était couchée dans son lit, les yeux rivés sur un plafond qu'elle ne voyait même pas. Ses boucles d'ors étaient parsemés sur des draps blancs qui avaient vu ses larmes coulaient toute une nuit laissant ses yeux d'eaux rougis. L'activité naissante de la maison lui apprenait que le jour s'était levé et que bientôt elle devrait quitter son havre de paix pour revêtir son masque de poupée. Nul ne pouvait avoir accès à ses secrets, nul ne pouvait connaître son chagrin. Seul Machi savait et il en demeurait ainsi. La vie continuait et ne s'arrêterait sûrement pas pour panser la blessure dans son cœur. Dans un dernier soupir, Alaïss se glissa hors de ses draps et se dirigea vers la salle d'eau où elle passerait la prochaine heure.

Perdu dans les vapeurs d'eau, la tête lui tournant, la belle se laissa couler dans ses vils activités, qui comme bien des choses chez elle étaient secrètes et inconnus d'autrui. Seul Lyan avait découvert son petit vice ... et il en demeurait ainsi. Se laissant happer par les charmes de sa drogue Alaïss laissa filer le temps jusqu'à ce que sa petite dame de chambre vienne frapper à la porte quérir de son état. Et comme bien souvent celle-ci fut renvoyé sans ménagement.

Lorsqu'elle fut satisfaite, la belle quitta la pièce pour revêtir une robe de velours d'un vert profond et afin d'en rehausser les couleurs entoura sa taille d'une ceinture d'argent. Elle remonta ses boucles blondes avec une pince d'argent, laissant quelques mèches élégantes courir sur ses épaules et quitta sa chambre telle une reine. Maintenant qu'elle était éveillée et hors de son cocon, elle se devait de penser aux évènements à venir. Elle quitterait bientôt l'île pour aller sur le continent avec les autres membres du conseil et leur dirigeant.A cette pensée, une moue de dégoût passa furtivement sur son visage fermé. Si elle n'était pas aussi fière, sûrement aurait-elle déjà décliné cette expédition puisque sa motivation première avait disparu. Mais elle ne pouvait laisser à ce prince le privilège de lui montrer qu'elle avait tort et lui raison.

Elle n'adressa la parole à personne et personne ne tenta de lui adresser la parole dans la crainte de subir sa colère. La Dame quitta sa demeure dans l'espoir de trouver une solution à son proche avenir et tandis qu'elle s'avançait dans les rues de l'île une fumée montante attira son attention pourtant à des lieux de là. Une forge, une orfèvrerie. Elle s'approcha et resta un moment devant la porte des lieux. Qu'allait-elle chercher ici? La fugace idée de se faire créer une arme, petite et discrète suffit à diriger sa main vers la poignet. Mais ce geste fut ralentit par l'absence de ses gants. Depuis qu'elle les avait cédé au réalisateur de souhait elle n'en avai plus mis. Allez donc savoir pourquoi. Elle ouvrit alors la porte dans un doux tintement de clochette et entra dans la cave aux merveilles.

La petite dame fut éblouit par les différents éclats qui l'entouraient, étouffée par une chaleur qu'elle n'avait pas pour habitude de côtoyer. La tête haute, mais pleine de curiosité elle balayant de son regard perçant cette boutique qu'elle n'avait jamais visité. Ses yeux se posèrent sur la cheminée rougeoyante, puis sur la vitrine de droite et de gauche. Elle s'approcha de la première qui contenait diverses armes, puis se retourna vers celle qui contenait les ornements les plus exquis qui lui avait été donné de voir. Mais son attention fut alors portée ailleurs, porté sur le maitre des lieux.


[ Le titre me va ^^ ]
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Siudern Heavendrop
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Sam 21 Fév - 15:50

[Pas de souci pour la chronologie, c'est noté ! Bon, la longueur c'est pas terrible... Si tu veux que je retravaille quelque chose, il suffit de le dire... Smile]

Le forgeron avait entendu la sonnette. Première impression de grande naissance passée, ayant écouté, autant que le bruit de sa forge le lui permettait, les mouvements de sa visiteuse, Siudern se résolut à se retourner, à abandonner un instant son ouvrage, un léger pincement au coeur. Abandonner ainsi son idée, cette miséricorde naissante, au beau milieu de son élaboration, était loin de l'enchanter. Il lui fallait tout de même penser à se nourrir... C'était l'envers de son art. C'était la vie.

Un soupir à peine perceptible, vite réprimé. Penser aux hommes était inévitable. Le forgeron se retourna donc, d'un bloc, fluidement tout de même, à peine engourdi par le travail qu'il effectuait, et posa son regard clair et calme sur celle qui troublait sa quiétude. C'était bien une dame, une grande dame sans doute, à en juger par son allure, son maintien, sa prestance... La finesse des traits et des habits, l'apparence froide, peut-être comme de la porcelaine, le sérieux du visage, le regard perçant, tout cela semblait confirmer l'intuition de Siudern. Sans doute avait-elle parcouru du regard son antre avant de fixer sur lui le regard qu'il avait rencontré en se retournant.

Si cet examen, préliminaire à toute conversation avec Siudern Heavendrop, avait duré sans doute plus longtemps que les convenances ne le permettaient, le forgeron ne s'en souciait absolument pas. Observer était sans doute ce qu'il faisait le mieux, hormis la pratique de son art, et, méthodique et pointilleux comme il l'était, cela lui prenait toujours du temps. Ne rien faire à la hâte. Ne rien laisser passer. Le regard d'aigue-marine du forgeron se détourna de la grande dame, revenant un instant à la miséricorde, et d'un geste sûr, attrapant le métal par l'une de ses extrémités refroidies, il le déplaça hors de porté du feu. Préserver le travail déjà fait pour mieux le reprendre ensuite.

La voix rendue plus rauque par le temps passé à ne proférer aucun son, s'inclinant légèrement, le forgeron laissa filtrer entre ses lèvres :


Ma Dame, ravi de vous accueillir. Siudern Heavendrop, forgeron.

C'était sa présentation habituelle... Souvent, des clients lui avaient reproché la sécheresse de cette entrée en matière, mais ces paroles étaient comme toutes celles qui venaient de lui. Brèves, concises, précises, exacte, rapides. D'ailleurs, qu'aurait-il bien pu dire d'autre ? Se redressant, rejetant derrière son épaule une blanche mèche qui était tombée devant son visage mince, Siudern continua, d'une voix presque monocorde :

Puis-je quelque chose pour vous ?

Et, aussitôt, il se retourna, saisit une pierre encore brute et la tourna lentement entre ses doigts, de nouveau face à sa visiteuse. On lui avait souvent aussi reproché cela, de faire plusieurs choses en même temps. Voyons, Siudern, lui disait-on, un client ça se soigne, tu auras tout le temps de t'occuper de tes affaires ensuite... Plus tard, quand ils ne seront plus là... Quel besoin de continuer à travailler quand le chaland est là ? Ils n'avaient pas compris qu'il était essentiel au forgeron de garder toujours ses mains en action, que toujours son esprit travaillait à son art, et que, même s'il semblait se désintéresser de son interlocuteur, comme c'était le cas à ce moment même, face à la grande dame, c'était simplement une apparence. Toujours présent à la situation, à la présence de sa visiteuse, le forgeron attendait qu'elle prenne la parole, qu'elle exprime quelque chose, levant de temps à autre le regard sur elle, brièvement. Tout autre que lui se serait sans doute mis à parler à tort et à travers, à tenter de faire forte impression... Cela ne l'intéressait pas. Mais si elle lui adressait la parole, alors il lui répondrait, et ferait de son mieux pour la satisfaire.
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Dim 22 Fév - 20:02

Alaïss s'inclina à son tour, un peu maladroite, comme prise au dépourvue.

" Je suis Alaïss Forsaken, conseillère ... "

Avait-elle en reprenant son sérieux. Pourquoi avait-elle nommé son rang? Sûrement parce que le forgerons lui avait donné le sien. En même temps, qu'aurait-il pu être autre qu'un forgerons, dans une forge. Alors qu'elle, aurait pu être n'importe qui. Cette réflexion inutile passé, la petite dame releva son visage vers celui qui l'avait déstabilisé. Pourquoi? Elle n'en savait rien. Peut-être cette froide et monotone intonation, peut-être l'air impassible sur son visage. Mais qui était-elle pour penser de telles choses? Elle petite poupée de porcelaine, froide, au visage sans expression, au coeur vidé. Encore des pensées futiles qu'elle chassa aussitôt apparut. Etait-ce cette forge qui lui inspirait autant de bêtise? Peut-être la chaleur ...

" Oh "

Elle cligna des yeux et esquissa un sourire.

" Je ne sais pas vraiment. A vrai dire je voulais juste regarder "

Elle effectua quelques pas sur le côté vers la vitrine où trônait les armes. Elle se retourna brièvement pour constater que Siudern la regardait toujours, manipulant une pierre. Elle reprit sa contemplation et examina les diverses lames qui brillaient sous les flammes de la forge. Devait-elle en commander une, une pour l'expédition ... Sa serait sûrement plus sûr non? Alaïss médita quelques instants sur la question puis conclus qu'elle verrait ça plus tard. Elle avait un pouvoir qui pouvait lui permettre d'éviter toutes les lames ... toutes? C'était se qu'elle espérait ... Et à bien y réfléchir une lame dissimulé sous sa cape pouvait un jour lui être utile.

Le visage inexpressif, la conseillère se détourna de la vitrine, se glissa devant le forgerons, et se plaça devant la vitrine qui contenait divers bijoux, ornements, pierres précieuses incrustées avec soin, gout, et élégance dans divers objets luxueux. Tous scintillaient, chantaient les exploits de leur créateur. Même si son extase ne se voyait pas de l'extérieur, Alaïss trouvait tout ceci ... fabuleux. Elle possédait de nombreuses choses dans ce gout la, notamment des héritages de sa mère qu'elle gardait plus par souvenir et respect que pour s'en servir. Elle aimait les parures, les choses qui brillaient, mais elle n'en portait que très peu, et rarement. Se n'était pas particulièrement son premier intérêt. Et pourtant, cette vitrine l'éblouissait. Après un moment elle se retourna vers Siudern et plaça ses mains dans son dos


" Avez-vous entendu parler de l'expédition à venir? "

Une Dame qui partait sur le continent n'avait pas besoin de bijoux tout jolis, tout brillants.
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Siudern Heavendrop
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Lun 23 Fév - 2:33

Conseillère. Son impression se confirmait donc. Elle n'était pas de ces sortes de parvenus qui venaient parfois lui rendre visite dans son antre. Oh, cela ne changeait pas grand chose... A ceci près qu'elle était, ou semblait, plus vulnérable qu'eux. L'instant d'hésitation qu'elle avait eu, ce léger accent de surprise à sa question n'étaient pas coutumier à ceux qui se croyaient tout permis. Et l'esquisse de sourire qui étira ses lèvres ne laissaient aucun doute non plus. Et elle indiqua qu'elle souhaitait juste regarder. Léger sourire de Siudern, à son tour, et il répondit :

Regarder ? Mais je vous en prie, ma Dame.

Elle était étonnante. Pas que le fait d'entrer dans une forge sans objet fût étonnant en soi, certes pas, mais... Au fil de ses regards dérobés et rapidement détournés, l'orfèvre suivait les évolutions de la conseillère dans son atelier. D'abord vers les armes, quelques pas, regard songeur de la Dame... Puis, d'un coup, elle traversa l'atelier devant Siudern, qui attrapa une bouffée de son parfum de grande dame au vol, pour aller examiner l'autre étagère. Rien de bien anormal... Rien que de très normal, en fait.

Et, pendant ces allées et venues, le forgeron, à moitié présent à la situation et à la présence de sa visiteuse, caressait la pierre de ses longs doigts. A ce simple contact, il lui semblait déjà sentir la manière dont elle réagirait à l'outil, la manière dont ses éclats voleraient pour dévoiler les mille facettes scintillantes dont il avait rêvé. C'était bien cette aigue-marine qu'il lui fallait. Pas une autre. Celle-ci était de la bonne taille, et elle se taillerait parfaitement. Comment pouvait-il le savoir ? Il le savait, c'était tout.

Un regard à la Dame. Elle semblait plongée dans ses pensées. Rassuré, pensant pouvoir en faire de même et retourner à ses affaires, Siudern se retourna vers l'enclume et s'empara d'un outil qui trainait malencontreusement hors de sa place. Mais au moment exact où il s'apprêtait à le remettre à l'emplacement qui lui était alloué, au moment précis où il s'éloignait de sa visiteuse, celle-ci se retourna et lui posa une question qui, interrompant une pensée du forgeron au sujet de l'ordre nécessaire à son activité, le laissa un moment sans voix. Posément, il acheva son geste, reposant l'outil à sa place, puis il se retourna, face à la conseillère, qui avait maintenant les mains dans le dos, et, s'asseyant à moitié sur l'enclume, sans aucun respect des convenances (mais si la conseillère voulat s'asseoir où que ce soit, après tout, elle en était libre), il répondit, un léger accent de surprise dans la voix :


Une expédition ? Point, ma Dame, je n'en ai absolument pas entendu parler...

L'orfèvre se tut. Non, il n'avait pas entendu un mot à ce sujet... Expédition, pour quoi faire, d'ailleurs ? Une pointe de curiosité se fit jour dans l'esprit de Siudern Heavendrop, si bien qu'il reprit :

De quoi s'agit-il au juste ? Et pourquoi en aurais-je entendu parler ?

Abandonnant l'aigue-marine sur l'enclume et croisant les bras, à côté de lui, Siudern dirigea de nouveau son regard clair sur Alaïss. Qu'est-ce qu'une femme comme elle pouvait bien aller fabriquer dans une "expédition" ? Pour le forgeron, e vocable n'était guère employé que dans un contexte militaire, et il avait un mal fou à imaginer cette dame en guerrière. Mais après tout, l'hiomme est un animal dissimulateur et habile... Peut-être n'était-elle pas telle qu'elle lui apparaissait. Peut-être, sous le masque froid, presque figé, presque semblable au sien finalement, était-elle d'un tempérament tout autre. Peut-être était-elle d'un tempérament à faire partie d'une expédition... Chassant les divagations de son esprit d'un simple clignement de paupières, Siudern fixait toujours la conseillère de son regard clair et calme.
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Mer 11 Mar - 22:07

Alaïss regrettait presque d'avoir interrompue Siudern. Il était sur le point de travailler la pierre qu'il manipulait quand elle avait détourné son attention. Pourquoi le regrettait-elle presque? Parce qu'elle devinait qu'une création somptueuse aurait eu lieu si elle n'avait pas parlé. Mais il était trop tard pour revenir en arrière et empêcher ses lèvres de bouger. La surprise trônait dans sa voix, il n'était au courant de rien. Cela n'était pas important, elle lui dirait.

" Une expédition oui, sur le continent " Dit-elle lorsqu'il eu finit de lui poser ses questions.

Son regard bleu scrutait son visage, visage où la surprise mais aussi l'intérêt se lisait.


" Je ne suis pas étonnée d'apprendre que vous n'en sachiez rien " Dit-elle doucement, le visage fermé.

Il était forgeron après tout, qu'était qu'une expédition pour lui? Qu'était une expédition pour elle, se demanda-t-elle fugace. L'esquisse d'un sourire étira ses lèvres rouges. Sa question devait être étrange. Qu'est-ce qu'une dame telle qu'elle pensait faire en y participant? Alaïss, elle, le savait très bien. Elle voulait montrer à Lyan Key Aleyna qu'il était tort et que sa folle idée les perdrait. Mais n'était-ce pas tout simplement suicidaire? Si elle finissait par avoir raison elle ne serait plus là pour jouir de sa victoire. L'idée même la fit tressaillir. Elle observait Siudern silencieusement pendant sa réflexion interne.

" Comme vous le savez très certainement, Ynis Witrin est l'un des derniers havre de paix dans ce monde troublait par le chaos semait par les armées démoniaque " Commença-t-elle avec gravité " Malheureusement ses barrières faiblissent " Poursuivit-elle " Notre dirigeant à jugé bon de partir à la recherche d'éléments qui permettraient un renforcement de notre barrière magique, il a donc organisé une expédition sur le continent pour en retrouver un. "

Elle marqua une pause, jaugeant les expressions de son interlocuteur. Elle ne fit aucun commentaire en rapport avec ce qu'elle pensait de ce voyage bien évidemment, mais une certaine colère avait transpercé sa voix vers la fin de ses paroles. Une colère dissimulait, mais pas assez. Néanmoins elle reprit calmement.


" Je souhaite y prendre part, pour diverses raisons mais comme vous l'avez sûrement deviné je ne suis pas une guerrière " Dit-elle en haussant les épaules, comme si cet élément ne la perturbait pas plus que ça. " Je souhaiterais donc avoir recours à votre savoir faire pour me sortir d'une mauvaise impasse, si je devais en rencontrer une " Continua-t-elle d'une voix qu'elle voulait égale, bien que cette perspective lui déplaisait.

Ses paroles, bien que manquant de précisions, laissés sous entendre assez clairement ce qu'elle voulait. Mais afin d'éviter toutes mauvaises interprétations elle reprit encore une fois.


" Il me faut une lame de qualité, bien que je n'ai nul doute sur votre travail. Il me faut une lame discrète et légère. " Elle montra ses bras et sourit une fois de plus " Comme je vous l'ai dit je ne suis pas une guerrière, mais une conseillère. Cela serait sûrement étrange que je me balade avec une épée qui toucherait le sol, et cela serait fort problématique si je ne pouvais la soulever "

Sa voix ne laissait transparaitre aucunes émotions, mais Alaïss était effrayée à l'idée de ce voyage. Elle ne savait pas à quoi s'attendre et elle serait si loin de chez elle. Rien à voir avec son séjour en Angleterre, des années plus tôt. Cette fois elle se jetait volontairement dans un danger qu'elle ne mesurait pas entièrement.
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Siudern Heavendrop
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Jeu 12 Mar - 2:46

Elle semblait surprise qu'il n'ait pas eu vent de cette fameuse expédition... C'était donc qu'elle n'avait aucune idée de la vie qu'il menait. C'était d'ailleurs tout à fait concevable, puisqu'après tout, la vie d'une conseillère n'avait sans doute rien à voir avec celle d'un forgeron. A chacun ses affaires... Le forgeron laissa parler sa visiteuse sans l'interrompre une seule fois, sans la quitter du regard, calme toujours, semblant toujours aussi froid. Elle par contre semblait soucieuse, préoccupée, tant et si bien qu'un frisson la parcourut. Peu à peu, à mesure qu'elle parlait, Siudern commençait à deviner ce pour quoi elle avait besoin d'une forge. Il y avait bien un but guerrier à cette expédition, même si elle-même n'avait en rien l'air d'une guerrière.

La pensée de sa soeur s'imposa un court instant à lui. Le regard d'aigue-marine se troubla. Alterea était sur le Continent... Et sans doute pas du côté de cette expédition. Il fallait qu'il parte avec cette troupe. S'il fallait protéger quelqu'un des assauts furieux de sa soeur, nul ne le pourrait aussi bien que lui. Et puis, protéger son Île lui semblait un devoir absolu. Elle l'avait toujours hébergé, lui avait donné de quoi se nourrir, se vêtir, un toit, un art... C'était à son tour de rendre à Yinis ce que Yinis lui avait donné.

Le silence s'éternisait. Le regard de Siudern, toujours posé sur la conseillère, se départit progressivement du voile qui l'avait couvert, et le forgeron répondit :


Je comprends le but de cette expédition. Et je compte m'y joindre.

Secouant vivement la tête, repoussant une longue mèche blanche de son visage, Siudern Heavendrop se redressa et s'en alla jeter un oeil aux armes qu'il avait à proposer, rangées sur les étagères. Tout pour éviter de s'apesantir sur l'air presque de détresse qui s'était répandu sur les traits d'Alaïss...

Voyons... Une lame courte, légère et discrète, disiez-vous... Nul besoin de fioritures, au vu des circonstances, je suppose.

Un coup d'oeil lui suffit pour se rendre compte qu'aucune de ses créations présentées ne répondaient à ces critères. Un sourire dansant à la commisure de ses lèvres, le forgeron reprit :

Si vous voulez bien m'attendre un instant, je dois fouiller ma réserve d'armes réelles... Celles-ci sont trop portées sur l'apparat pour vous servir aussi efficacement que vous en aurez besoin.

Et, léger comme un souffle d'air, le fogeron disparut dans son arrière-boutique. On n'aurait su dire ce qu'il y farfouilla, car il ne fit que peu de bruit en cherchant une dague correspondant à ce que souhaitait Alaïss, mais toujours est-il qu'il revint avec trois armes à la main, toutes gainées de leurs fourreaux de cuir. Si elles étaient esthétiquement moins réussies que ses créations exposées, elles étaient manifestement d'usage plus pratique. L'une était nettement plus longue que les autres, d'une dizaine de centimètres, mais la finesse de la lame laissait deviner combien elle était tranchante. Les deux autres, plus courtes, étaient également relativement plus épaisses de lame, ajoutant la solidité à la capacité de trancher sans effort. Siudern connaissait chacune de ces armes, son équilibre, l'alliage particulier dont elle était composée, son poids, sa taille... Revenant d'un pas léger vers la conseillère, il lui présenta les trois dagues, lui disant :

Voici, ma Dame, ce qui me semble le plus proche de ce que vous m'avez dit. Sentez-vous libre de les manier un peu, pour sentir laquelle vous correspond le mieux. L'arme vous choisira autant que vous la choisirez...

Détournant le regard vers le feu qui grondait toujours, à quelques mètres d'eux, Siudern Heavendrop s'interrogeait.
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Dim 15 Mar - 19:27

[ J'espère que ca te va]

" Oh " Se contenta-t-elle de dire en entendant le forgerons.

S'il voulait venir libre à lui. Au moins le dirigeant ne serait pas le seul à avoir des "amis" à ses côtés. Bien qu'elle ne connaisse pas le forgerons, elle avait le sentiment qu'il se rangerait à ses idées. C'était bien ainsi. La conseillère demeura silencieuse le temps qu'il aille lui chercher une arme convenable, et hocha simplement la tête lorsqu'il lui demanda de patienter un peu plus. Elle promena son regard d'eau sur l'antre du Maître. La chaleur était étouffante, mais elle le supporterait un peu plus longtemps. Elle n'était pas pressée. Lorsque Siudern revint, Alaïss se rapprocha de lui, ses yeux filant d'une lame à l'autre.

Elles n'avaient rien à voir avec la dague qu'elle possédait déjà. Beaucoup plus pratique se dit-elle. Celle qui était soigneusement rangée dans un des tiroirs de sa chambre était trop "précieuse" pour se qu'elle voulait en faire. Elle prit entre ses doigts la première, courte, mortelle. Soupesant l'arme, elle la fit rouler entre ses doigts pour la regarder sous chaque angles, jugeant son équilibre. Elle glissa son index avec légèreté sur la lame d'argent et sourit en la reposant. Elle refit la même chose avec les deux autres et passa un peu plus de temps sur la plus longue d'entre-elles.


" L'arme vous choisira autant que vous la choisirez " La phrase du forgerons raisonna dans son crâne et Alaïss cligna des yeux. Elle avait attiré son regard la première, mais elle l'avait essayé en dernière. Elle aimait bien le contacte du manche dans sa paume, elle appréciait sa légèreté et sa finesse. Elle la glissa alors entre sa ceinture et sa robe pour en juger la longueur d'un point de vue pratique et se rendit compte avec plaisir qu'elle ne la gênait pas comme elle l'avait appréhendé. Sous sa cape, personne ne la verrait. Elle la remit alors devant elle, dans les mains de son propriétaire et lui sourit.

" Celle-ci peut-être? Bien que je ne sache pas vraiment m'en servir, je m'entrainerais, un peu plus, pour lui faire honneur. "

Elle avait encore un peu de temps devant elle avant l'expédition. Et puis elle apprenait vite. Elle aurait sûrement le temps d'apprendre quelques petites choses, la dérouiller un peu. Son esprit vagabonda alors vers ses souvenirs, ces moments dans un autre pays, prêt d'un homme qu'elle avait tant aimé ... Elle revoyait un jour où il avait prit la décision de lui apprendre à se défendre avec une arme. Au cas ou. On ne savait jamais quelles surprises le destin pouvait nous réserver. A cette pensée, Alaïss sourit. Grâce à ces séances qu'elle avait toujours clamé inutile elle pourrait mouvoir cette arme comme elle le voulait, du moins après une petite remise dans le bain.

Alaïss reprit alors constance de la réalité et plongea ses yeux d'eaux dans ceux de son interlocuteur. Elle glissa une boucle d'or derrière son oreille.

" Pourquoi souhaitez-vous vous joindre à nous, Siudern? " Demanda-t-elle calmement, plus par curiosité que incompréhension.

Après tout, pourquoi un forgeron voudrait-il quitté la paix de sa forge pour se joindre à une troupe en marche vers le danger?
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Siudern Heavendrop
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Mar 24 Mar - 17:49

[I hope it will be all right Smile Si tu vois quelque chose à modifier, faut le dire Smile]

Siudern s'était plongé dans ses pensées pendant que la Conseillère examinait et essayait, s l'on pouvait dire, les trois dagues qu'il lui avait proposé. Mais, contrairement à d'habitude, ses pensées n'étaient pas ordonnées, n'avaient aucune suite. L'esprit du forgeron vagabondait, voletant comme un papillon versatile entre diverses idées.

Les dagues. L'expédition. Le Continent. Cette miséricorde qui n'existait que dans son esprit. Retour aux dagues. Le Continent. Elle. Sa soeur... Il ne parvenait plus à se concentrer. Ses pensées tournaient et vagabondaient sans raison ni suite. Tourbillon mental sans fin, maëlstrom maudit qui l'arrachait à lui-même et à la forge pour le projeter dans des sphères de spéculations et de suppositions. Qu'était-elle devenue ? Il n'osait pas se demander ce qu'elle était allée faire sur le Continent. Il le savait, il ne le savait que trop !

Il fut interrompu dans ses pensées sinistres par la voix de la Dame. Il lui adressa un sourire, reconnaissant. Sorti enfin de ce tunnel de noires pensées ! C'était comme retrouver l'air pur du matin après une longue nuit dans l'atmosphère étouffante d'une chambre enfumée par un feu de bois vert mourant. C'est toujours avec un léger sourire aux lèvres que l'homme aux cheveux blanc lui répondit, en reprenant la lame :


Nul doute que vous le ferez, ma Dame.

Et, presque aussitôt, alors qu'il sanglait de nouveau la dague dans son fourreau de cuir, elle lui posa une question. La question. La seule question qu'il urait dû attendre, et à laquelle il ne s'était en aucune façon préparé. Pourquoi les accompagner ? Un soupir échappa à Siudern Heavendrop. Oui, après tout, pourquoi se joindre à eux ? Il ne connaissait ni le dirigeant, ni les autres membres de l'expédition. Juste cette Dame qui venait de lui en apprendre l'existence. Pourquoi ?...

Un visage s'imposa aux yeux du forgeron. Un long visage blanc comme la mort, encadré de longues mèches noires, percé de deux yeux plus sombres que la nuit, à l'éclat carnassier. Un visage de fauve fait jeune fille. sa soeur, sa grande soeur, tellement différente de lui... Il sembla un instant au forgeron qu'il sentait de nouveau Alterea tenter de s'infiltrer dans son esprit. Il crut ressentir de nouveau le martèlement de la volonté de sa soeur contre les murailles qu'il avait, en hâte, sans soin, érigées pour se défendre contre son assaut furieux.


Cette île, c'est ma vie. J'y suis né, j'y ai grandi, j'y ai appris mon métier... Alors je viendrai pour la protéger, et pour vous protéger.

Siudern hésita un instant. Fallait-il vraiment lui en parler ? Lui dire qu'Alterea sévissait quelque part, là où ils allaient, qu'elle était sans doute incontrôlable, et que personnes, sinon lui, ne pourrait l'arrêter ? Il en avait de toute façon trop dit... Se résignant à achever ce qu'il allait dire, il prononça, d'une voix plus sourde qu'à l'ordinaire :

Il y a sur le Continent un monstre que vous ne connaissez sans doute pas. Telle que je la connais, elle doit être inconnue, et pourtant, je parierais que le mal qu'elle y fait est immense. Si je viens, elle ne s'attaquera qu'à moi. Il est possible qu'elle ne se montre pas, mais... On ne sait jamais.

Soudain, le regard d'aigue-marine du forgeron se déroba. Il lui fallait s'échapper un instant, un tout petit instant... Siudern se retourna et parcourut rapidement, à longues enjambées souples, les trois dagues dans la main, la courte distance qui le séparait de son entrepot. Après y avoir disparu quelques instants, il en ressortit, la lame choisie par Alaïss dans une main et une pierre à fusil dans l'autre, et dit, comme pour s'excuser de ce mouvement brusque :

J'ai pensé que vous pourriez avoir besoin de ceci... Pour affûter la lame. Si elle doit vous servir pour vous défendre, elle n'est pas encore assez tranchante... Je ne les aiguise jamais assez pour qu'elles coupent véritablement avant de leur trouver un porteur, vous comprenez...

Et voilà. Il était de nouveau gêné par la présence de quelqu'un... Décidément, l'habitude du monde lui manquait !
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Dim 19 Avr - 15:16

Alaïss ne pouvait comprendre le trouble qui faisait rage dans la tête du forgeron. Elle ne pouvait que voir que quelque chose le perturbait, le mettait mal à l'aise. Et en bonne Dame qu'elle était, elle garda le silence, ses yeux calmement rivés sur le personnage. Pour palier au silence qui planait, la conseillère fit mine de s'intéresser à la vitrine proche d'elle. Une fois de plus Alaïss ne pu que s'émerveillait de la beauté, de la finesse des objets qui y scintillaient. Cet homme avait un don avec les métaux, les pierres précieuses. Un sentiment de respect naquit en elle. Il était l'un des rares hommes à avoir l'avoir gagné.

La conseillère se retourna vivement vers lui lorsqu'il reprit la parole. Ses yeux étaient grands ouverts, surpris, et ses joues se tintaient doucement d'un rose pâle. La protéger? Elle? Mais elle ne lui avait rien demandé. Quelques minutes plus tôt il ne connaissais en rien l'existence de cette expédition. Et quelques unes encore il ne la connaissait pas. Pourquoi voulait-il donc la protéger? N'était-ce pas un peu excessif? Quoi qu'il en soit, ces paroles perturbèrent grandement la petite dame et elle fut soulagée lorsqu'il poursuivit.

"
Allons Siudern ... " commença-t-elle.

Mais le forgeron avait déjà tourné les talons pour disparaitre dans une autre pièce. Qui était ce monstre? Et pourquoi était-il aussi sur qu'elle ne s'en prendrait qu'à lui. Intriguée la conseillère prit appuie sur l'enclume. Était-ce une bonne idée que cet homme vienne avec eux? Si ce qu'il disait été vrai alors il mettait sa vie en danger. Elle releva son visage pour suivre Siudern qui se rapprochait d'elle et lui tendait la dague et une pierre à fusil. Sans broncher, elle les prit et les mit à côté d'elle. Puis elle se mit à chercher sa bourse et farfouiller dedans.

"
îtes moi, combien vous dois-je? " Demanda-t-elle le nez dans son porte-feuille.

Devait-elle essayer de le raisonner sur son ajout à l'expédition? Peut-être n'était-ce pas une si bonne idée. Mais en même temps elle aurait alors une protection. Égoïste pensée, mais Alaïss n'a jamais prétendu être l'âme la plus blanche. Et il était toujours utile d'avoir quelqu'un sur qui compter surtout en territoire inconnu, avec des compagnons dangereux ... Le visage du prince lui vint un instant avant qu'elle ne l'efface d'un revers dédaigneux de la main.

"
Oh mais j'y pense, vous parliez d'un monstre? "
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Siudern Heavendrop
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MessageSujet: Re: Grande Dame et Grand Maître   Lun 11 Mai - 11:37

[Désolée pour le retard... J'espère que ça t'ira et que je n'ai pas fait trop de boulettes Wink]

Le moment que Siudern détestait le plus dans ce genre d'entretiens (même si jamais auparavant il n'avait autant discuté avec un client, ou avec une quelconque personne ayant passé le seuil de son antre) était enfin arrivé. Faire payer. Il agissait en général à la tête du client (il fallait bien appeler un chat un chat...) et en fonction du temps que lui avait demandé la confection de l'objet, et non pas selon la valeur que l'on pouvait y attacher. Après tout, sa matière première, à l'état brute, ne coûtait pas tant que ça... Et pour un homme comme lui, point n'était besoin de faire payer des mille et des cents, surtout pour un objet aussi usuel que celui qu'Alaïss tenait entre ses mains. Réprimant un soupir, le forgeron répondit simplement, pensant mentionne un prix tout à fait raisonnable :

Cela vous fera dix rins, ma Dame.

Et la question fusa, innocente. Parler d'un monstre, oui... Elle aurait même pu demander diectement quel était ce monstre. Le monstre... Oui, c'était bien comme ça qu'il l'avait appelée, alors qu'elle était du même sang que lui. Pourrait-elle comprendre cela ? Ou alors, fallait-il lui mentir ? Elle allait sur le Continent, elle avait toutes les chances de la croiser, puisque lorsqu'il avait eu vent de rumeurs pouvant concerner sa soeur, toutes avaient trait à ce lieu où jamais pourtant il n'avait mis les pieds. Cela le troublait tant de parler de cette soeu qu'il n'avait plus vu depuis des années, mais au sujet de laquelle (du moins il lui paraissait évident que c'était d'elle qu'il s'agissait) circulaient nombre de rumeurs peu engageantes. Les résumer aurait été long et fastidieux, mais leur souvenir ramena celui de sa soeur. Sa soeur, à laquelle il avait voué une admiration sans borne quoique muette avant... Avant ce jour funeste. Les pensées de Siudern se décousaient, et son discours n'en fut que plus haché.

Ce monstre... C'est ma soeur. Alterea Heavendrop. Une assassine. Pour elle, la vie n'a aucune valeur. Elle tue comme elle respire, parfois même pour le plaisir. Elle aime la souffrance, et elle n'a de cesse de s'acharner sur quelqu'un que lorsque son corps et son esprit sont également brisés. Elle hait Yinis. Elle la hait de tout ce qu'elle a d'âme, et si par malheur elle apprenait que des Yinisiens avaient pris pied sur son domaine, elle vous poursuivrait jusqu'à vous avoir tous exterminés, jusqu'au dernier, homme, femme, vieillard, enfant, car elle en fait pas de différence.

Un regard aigue-marine voilé lancé à la Grande Dame. Devait-elle en savoir plus ? Juste un point de détail, sans doute...

Il faut que je vienne parce que je suis le seul qui soit capable de vous en protéger. Vous, et tous les membres de cette expédition. Si elle vous crois, ou plutôt si elle nous croise, devrais-je dire, c'est sur moi qu'elle s'acharnera. Parce qu'autrefois j'ai résisté à ses assauts. Ses premières armes, sa première tentative de détruire un esprit, elle l'a fait sur moi, et je suis le seul qui lui ait résisté. Elle a trop d'orgueil pour l'avoir oublié. Alors si elle nous croise et si je suis avec vous, vous serez en sécurité.

Gêné d'avoir autant parlé, Siudern Heavendrop baissa les yeux. Il ne se souvenait pas d'avoir raconté tout cela à qui que ce soit. D'ailleurs, il n'avait pratiquement jamais rien raconté à personne. Chassant de nouveau une mèche blanche qui avait décidé de pendre juste devant l'un de ses yeux, il rattrapa la pierre qu'il pensait tailler pour la miséricorde qui était (si l'on pouvait dire...) sur le feu, et, s'abimant dans ses reflets, il murmura :

Ne laissez pas ça sortir d'ici...

Reprendre son masque. C'était cela qui le sauverait de ces souvenirs qui revenaient à la charge en bataillons irrésistibles. Siudern Heavendrop redevint l'artisan, forgeron et orfèvre, redressa la tête et esquissa un sourire.

Mais je vous fais sans doute perdre de votre temps, ma Dame...
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