Ynis Witrin v3

Les armées démoniaques assiègent le Continent, mais une île résiste toujours
 
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 Qui es tu? Et moi, qui je suis?

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Arwin Manluna
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Féminin Nombre de messages : 37
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MessageSujet: Qui es tu? Et moi, qui je suis?   Lun 17 Aoû - 17:48

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Pv à mes deux prêtresses si elles veulent bien -



L’aube éclaircit l’horizon de ses rayons. Les eaux de lac rosirent sous sa caresse. Peu à peu, ce fut le sable fin qui bénéficia des premières chaleurs dont la nuit l’avait privé. L’aube continua son chemin. Pas à pas. Avec la lenteur et la grâce du jupon d’une marquise qui danserait. Bientôt, elle atteignit le ponton de bois. Puis, la petite barque qui y était amarrée. Et enfin les paupières de la petite endormie. Brusquement, deux grands yeux prune s’ouvrirent.

Quelques secondes s’écoulèrent, le temps que la créature reprenne ses esprits. Quelques secondes où tout sembla s’arrêter. Arwin ne savait pas où elle se trouvait, elle ne savait rien. Elle se souvenait d’une chose. Et cette bribe de vie, elle s’y raccrochait désespérément. C’était tout ce qu’elle avait. Le souvenir de cette voix dans sa tête : « Cours. »

La jeune fille appuya ses paumes contre le fond de la barque et se releva d’un bond. Elle balaya à peine l’horizon du regard et sauta sur le ponton de bois. Elle se mit à courir. Lentement, difficilement. Les muscles de ses cuisses et de ses mollets hurlaient de douleur. Mais lorsqu’elle rejoignit la terre ferme, un sentiment étrange l’envahit. Elle connaissait cet endroit, elle en était sûre. Haletante, elle fit volte face.

La brise matinale caressa son front en sueur. Sa poitrine se soulevait et s’abaissait à un rythme irrégulier. Arwin serra son poing contre son cœur. Ce lieu. Elle le connaissait. Elle était déjà venue ici. Un flash violent lui revient en mémoire.

Une petite fille aux cheveux roses courrait sur ce ponton. Un écureuil tentait tant bien que mal de la suivre.

- Fliiiiiiiiiiiiiiiit !Fliiiiiiit ! Dépêche toi on va être en retard pour l’arrivée ! Tu sais qu’on ne doit pas faire attendre les gens !


L’écureuil s’arrêta sur la quatrième planche du pont. Celle ci grinça légèrement. Assez pour l’immobiliser. Puis il repartit de plus belle.

Le retour à la réalité fut tout aussi brutal. La jeune elfe se recroquevilla sur elle-même, cherchant à échapper à la douleur lancinante de ses tympans. Elle y parvint au bout de quelques minutes et se redressa. Ses yeux étaient marqués par la terreur. Elle ne se souvenait pas d’être venue ici. Pourtant, chaque parcelle de son être semblait reconnaître cet étrange pays. Sa peau se gorgeait de cet air, son odorat aspirait la moindre odeur, ses yeux connaissaient instinctivement les contours des rivages, ses pieds se souvenait de la texture du pont.

Avec précaution, elle avança à nouveau. Une planche. Elle avait perdu la raison. Deux planches, elle s’en souviendrait sûrement, si elle était venue ici. Trois planches, tout ça ce n’était que des histoires. Quatre planches. Un grincement se fit entendre. La gamine se laissa tomber genoux à terre et s’approcha du bord. Dans les eaux calmes elle observa son visage. Elle était semblable à cette gamine aux cheveux roses. Surprise, voulant en savoir plus, elle tendit son doigt vers la surface lisse.

- Hé toi là bas ? Qu’est ce que tu fais ici ? C’est pas un lieu pour… Mais, par la déesse qu’est ce qui t’es arrivée ?!

Le vieil homme à l’allure revêche n’eut pas le temps d’en dire davantage. La gamine s’était enfuie. Invisible à l’œil nu, elle courrait, ne laissant sur son passage qu’une bourrasque du vent qu’elle fendait. Son cœur lui donnait la sensation qu’il allait exploser. Mais Arwin poursuivait sa course. Ses pieds laissaient des traces sur le sable sans qu’elle n’y fasse attention. Du sang ruisselait à nouveau sur sa jambe. La blessure de son genou semblait ne pas apprécier d’être ainsi dérangée par cette course absurde. Elle devait s’enfuir. Elle ne savait pas pourquoi, elle en avait la certitude.
Il ne fallait pas qu’on la rattrape.

Jamais. Jamais. Jamais. Face à elle se dressèrent alors des passants. Ils étaient encore là, mais elle ne pourrait sans doute pas passer devant eux sans se faire remarquer, sans risquer de se faire prendre. Elle freina brusquement et fit demi-tour. Non, elle ne pouvait pas reculer, de l’autre côté, il y avait cet homme. Agitée, la jeune fille papillonna du regard. Et elle finit par la trouver : sa seule issue. Elle ne se fit pas prier pour courir en sa direction. Quelques secondes plus tard, elle laissait la trace ensanglantée de sa main sur la porte d’une vieille cabane. A l’intérieure, les toiles d’araignées semblaient avoir pris possession des lieux mais elle ne s’en préoccupa pas.

Il y avait plus urgent.

La sauvageonne se saisit d’une faux et recula à petit pas jusqu’à ce que son dos soit collé au mur. C’était une biche apeuré, les vêtements en lambeaux, les pieds et les paumes écorchés, le corps couvert de poussière et d’égratignure en tout genre. Qu’est ce qu’elle faisait ici ? Comment était-elle arrivée ici ? L’avait-on enlevé ? A l ‘affût, elle guetta la porte, prête à sauter au visage de quiconque y entrerait pour s’enfuir à nouveau. Elle n’avait qu’un mot en tête. Cours..

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Mesarthim Pampinea
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MessageSujet: Re: Qui es tu? Et moi, qui je suis?   Lun 17 Aoû - 20:27

[En cours, j'espère avoir fini ce soir Wink Je te MP dès que c'est fait.][Fini, pas extraordinaire, j'espère que tu pourras en faire quelque chose Wink Si tu vois une modification à faire, tu me dis^^]

Mesarthim Pampinea s'était réveillée en sursaut peu après l'aube fraiche. Elle tremblait comme une feuille agitée par une violente rafale de vent. En l'occurence, cette rafale était plutôt une sorte de vision qui avait traversé son sommeil. De telles visions étaient maintenant de plus en plus fréquentes. La Déesse lui envoyait de plus en plus souvent ces brefs aperçus de choses à venir. Peut-être à venir. Après tout, le futur était toujours en mouvement...

Mais cette nuit-là, Stellae l'avait gratifiée d'un rêve tout autre que les visions vagues qu'elle lui envoyait de coutume. Cette nuit-là, la prêtresse avait vu clairement une jeune fille aux grands yeux couleur prune, aux cheveux roses et aux oreilles pointues, à peine adolescente, dormir dans une barque. Elle l'avait vue se lever d'un bond, aller et venir comme une perdue, s'agenouiller sur un ponton. Puis l'adolescente avait disparu, mais elle sentait toujours sa présence. Elle suivait en songe un chemin, sans doute sur la trace de celle que son rêve avait pris pour cible, chemin qui aboutit à une vieille cabane, manifestement abandonnée à en juger par son aspect.

Et une main ensanglantée s'était imprimée sur le panneau de bois. La main qui se plaquait sur la porte et y laissait son empreinte ensanglantée. Elle avait déjà vu cela longtemps auparavant. Juste cela. Elle n'avait pas vu, alors, la jeune fille. Juste le panneau et sa marque de main. C'était cela qui avait réveillé Mesarthim. Cette impression de déjà-vu. Il avait jusque là été rare que ses rêves et visions se répètent et, quand cela avait été le cas, ils s'étaient vus réalisés, concrétisés. La jeune fille aux cheveux roses existait. Et elle avait peur.

Mesarthim se redressa brusquement sur sa couche du Temple de Verre, tentant de calmer sa respiration rendue haletante par la vision. Il fallait trouver la jeune fille. Echapper, une fois n'était pas coutume, aux rituels du Temple. La Déesse lui pardonnerait sans doute. Après tout, c'était elle qui les lui envoyait, il devait donc y avoir une raison à ce qu'elle voie cette jeune fille. Et quelle pouvait être cette raison, si ce n'est qu'il lui fallait la trouver ? Se levant d'un bond, la prêtresse passa rapidement l'une de ses longues robes bleues, emblême de sa fonction, et épingla rapidement ses mèches rousses. Elle s'apprêtait à sortir de la Chambre des Fidèles et des Egarés quand la porte s'ouvrit sur une autre prêtresse accompagnée d'un vieillard à l'air quelque peu préoccupé. Ils discutaient à voix basse, avec volubilité. S'approchant, le visage empreint de son affabilité naturelle, Mesarthim salua le nouvel arrivant pendant que l'autre prêtresse s'éloignait, manifestement en quête de quelque chose à donner au viel homme.

Avec un sourire, la jeune femme demanda au vieil homme :


Puis-je faire quelque chose pour vous ?

L'air secoué, il se contenta d'un signe de tête en guise de négation. Puis, semblant se raviser au moment où la rousse allait quitter la salle, il se tourna vers elle et la retint par le bras. D'une voix sourde et comme assourdie par la crainte, il marmonna :

Il y a un être sur cette île... Ce n'est pas naturel. Ca ressemble à une jeune fille avec des cheveux roses. Et... Cette céature a littéralement disparu quand je l'ai appelée. Et elle a quand même laissé des traces dans le sol. Des traces de pieds, et un léger filet de sang. J'ai suivi ses traces, et elles mènent à une cabane abandonnée près de l'embarcadère. Et sur la porte de la cabane s'étale une marque sanglante de main. Prêtresse, il se trame quelque chose avec cet être. Ce n'est pas normal. Il doit se passer quelque chose... Et ça me fait peur.

Le coeur de la jeune prêtresse avait bondi dans sa poitrine aux paroles du vieillard. Cheveux roses. Ce n'était pas suffisamment courant sur Ynis pour qu'il puisse s'agir d'une autre jeune fille que de celle de son rêve. Et la marque de main... Dans un murmure, elle rendit grâce à la Déesse. Sans doute avait-elle guidé les pas du vieillard jusqu'à elle pour qu'elle trouve la petite. Après avoir assuré son malheureux interlocuteur qu'elle s'occuperait de cette histoire, elle le salua avec un sourire, lui glissa dans la main une petite brioche et en prit une autre qu'elle emmena, attrapées au passage dans la corbeille qu'elle tenait toujours pleine.

D'un pas vif, Mesarthim quitta le Temple et laissa la Cité de Verre derrière elle. C'était un autre endroit, plus sauvage, près du Lac, qui l'appelait. La cabane abandonnée. Le refuge de l'enfant. Pas le temps de goûter la fraicheur pure de la brise sur son visage ni ses jeux dans ses boucles rousses. Pas le temps. Juste la trouver. Là-bas. dans la cabane.

Elle ne devait pas être d'ici, cette petite, pour avoir cherché refuge en pareil lieu, se dit la prêtresse en arrivant au lieu indiqué et par son rêve et par le vieillard. L'endroit était sale et n'avait manifestement pas ouvert depuis bien longtemps, comme en témoignaient les toiles d'araignées reliant les murs décrépits à l'avancée du toît. Sur la porte s'étalait, bien visible, la marque. Elle touchait au but.

Mesarthim allait entrer, sans rien craindre de la jeune fille qui avait trouvé refuge à l'intérieur, quand elle se souvint brusquement de la crainte, de la peur folle qui imprégnait chaque instant de son rêve. Si elle était réellement si effrayée, il faudrait s'annoncer, agir en douceur (même si être brusque ne faisait pas partie du caractère de la prêtresse). Se penchant légèrement vers la porte, la jeune rousse posa la main sur son panneau, un peu en dessous de celle de la petite, avant de dire, d'une voix aux intonations amicales :


Jeune fille ? Je suis une prêtresse de Stellae, protectrice de l'Île d'Ynis. Tu n'as rien à craindre avec moi.

La brioche dans l'autre main lui rappela son idée initiale. Si cette petite avait peur, elle fuyait sans doute, et si elle fuyait, elle pouvait ne pas avoir de quoi se nourrir. D'où l'idée de lui emmener quelque chose à manger. Et sinon, si elle n'avait pas faim, cela lui ferait peut-être plaisir... Bref, tounant la pâtisserie dans sa main, la prêtresse reprit, sur un ton aussi enjoué que possible :

Tu as faim ? Je peux te donner une petite brioche, si ça te tente...

La vérité, c'était qu'elle craignait la fillette qui se terrait dans cette cabane. Elle avait peur de sa peur, peur de ce qu'elle pouvait fuir ou amener avec elle, peur de son importance, car elle devait avoir une grande importance pour que la Déesse lui envoie, par deux fois, des signes et visions qui renvoyaient à elle. Sans qu'elle puisse lutter, elle était entrainée vers la jeune fille aux cheveux roses.
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Arwin Manluna
Habitante de l'Île
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MessageSujet: Re: Qui es tu? Et moi, qui je suis?   Ven 11 Sep - 10:48

- J’ai voulu attendre Kaellan, mais je crois qu’elle a pas le temps pour le moment, elle nous rejoindra après si elle veut =) –
-
Où était-elle ? Que faisait-elle ici ? C’était quoi cet endroit ? Comment était-elle arrivée là ? Des questions, toujours plus de questions, tournoyaient dans sa tête jusqu’à lui en donner le vertige. Et puis la porte grinça. Le bruit inquiétant la rendit fébrile. Arwin serra ses petits doigts contre la faux, prête à bondir si cela s’avérait nécessaire. La voix ne semblait fourbe ou mesquine, elle avait des intonations douces, mélodieuses, pleine de chaleur et d’espoir.

Mais la petite ne se laisserait pas avoir si facilement par des charmes de ce type. Non, elle était plus maline que ça. Elle se terra dans son silence en espérant que cette femme partirait. Et puis d’abord, c’était quoi une « prêtresse » ? De quelle île est ce qu’elle parlait ?

Le dos collé au mur, elle aurait voulu savoir se fondre dans le décor pour disparaître totalement. Comme si les planche de cette vieille cabane et elle avait pu ne faire qu’un. Disparaître, elle voulait disparaître, qu’on la laisse tranquille. Son regard effarouché cherche une issu, il y avait bien trop d’objets lourds qui obstruaient la petite fenêtre, ses bras n’auraient jamais la force de tout porter. Elle ne pourrait donc pas sortir par là. La seule autre issue était la porte. Mais quelqu’un était devant. Et aussi vite qu’elle puisse aller, il y avait fort à parier qu’elle foncerait sur le corps de cette personne et se ferait attraper. Il n’y avait pas d’ici, elle était prise au piège.

Cette certitude enserra son cœur dans un étau et lui noua les entrailles. Non, non, il fallait qu’elle court, qu’elle se sauve ! C’était ça, la seule chose qui comptait. Elle fronça les sourcils lorsque la voix évoqua de la nourriture. Oui, elle avait faim, elle avait très très faim même, comme si son estomac, sa bouche et sa langue n’avait pas eu de contact avec de la nourriture depuis des années. Et de l’eau, oui, elle avait très soif, sa gorge était sèche et rugueuse, comme une terre desséchée et aride.

Arwin se taisait toujours, elle réfléchissait. Il lui fallut quelques temps pour trouver une idée mais elle la mit rapidement en pratique. Elle attrapa sa faux par le manche, et entreprit par cet outil d’ouvrir la porte. A cause de sa fatigue et de son corps encore frêle, elle dut s’y reprendre à plusieurs fois pour faire passer le bout de sa faux entre la porte et l’extérieur. A bonne distance, elle tira lentement, laissant le grincement s’étirer. Elle l’ouvrit complètement et observa la femme. Le regard apeuré, à moitié fous, elle détailla la prêtresse du regard. Ah, elle pouvait bien avoir l’air gentil, doux, et commode. Arwin n’y croyait pas ! Ce n’était qu’un air, de l’air, rien du tout !

Et puis elle détailla sa tenue. Et ses yeux prune s’arrondirent. Cette tenue lui était familière. D’un seul coup des flashs successifs l’assaillirent. Arwin lâcha la faux, et se laissa tomber genoux au sol sous le coup de la douleur et de la surprise. Dans sa tête, des dizaines et des dizaines de femmes portant cette tenue lui revenaient en mémoire. Elle connaissait…. Elle savait… Elle savait quelque chose mais quoi ? Les flashs ne voulaient plus s’arrêter, ils s’accélérèrent jusqu’à lui faire tourner la tête. Une expression de douleur et de terreur marqua le visage juvénile de la petite elfe. Elle n’y comprenait rien, elle avait la nausée. C’était comme si une main étrangère était entrée en elle pour lui donner tout un tas d’informations qu’elle ignorait et qui pourtant la concernait.

Arwin aurait voulu hurler, mais son cri mourrait sans même passer par sa gorge. Sa respiration était devenue difficile et des larmes avaient malgré elle perlé à ses yeux, elles ruisselaient à présent sur ses joues et creusaient des sillons dans la poussière de sa peau sans qu’elle ne puisse rien y faire. Elle suffoquait littéralement. Mais elle ne lâcherait pas, elle ne demanderait pas d’aide, elle se débrouillerait seule. Car ça aussi elle le savait très bien, désormais elle était toute seule pour sauver sa peau.


- Allez vous en!

C'est tout ce que la fillette eut le temps de crier, les sons déchirant sa gorge, avant de s'effondrer sur le sol, recroquevillée sur elle-même.
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Mesarthim Pampinea
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MessageSujet: Re: Qui es tu? Et moi, qui je suis?   Mar 15 Sep - 18:59

[Désolée, c'est pas terrible, mais je ne savais pas trop quoi faire... J'espère que ça t'ira Wink ]

Un grattement à la porte, puis le battant qui s'entrouvrit dans un grincement après un long silence confirmèrent à la jeune prêtresse que la cabane avait effectivement un habitant. Un occupant, plus exactement. et, quand la faux eut fait son usage, quand elle eut fait pivoter les planches, la rousse découvrit la jeune fille qui se terrait à l'intérieur. Elle était exactement telle que sa vision la lui avait montrée, avec ses cheveux oses si caractéristiques, ses longues oreilles en pointe, ses yeux d'un beau violet foncé comme une prune bien mûre. Mais elle avait aussi l'air terrifiée, elle était écorchée et égratignée, couverte de poussière...

Soudain, alors que la prêtresse l'examinait, immobile sous son regard inquisiteur, la jeune fille parut frappée de stupeur, et il sembla à Mesarthim qu'elle se détachait complètement de la situation où elles se trouvaient. Bientôt des larmes perlèrent à ses yeux et roulèrent sur ses joues, y traçant des lignes pâles et humides, elle sembla suffoquer et se recroquevilla sur elle-même avec un cri. S'en aller ? Elle demandait, non, elle intimait à une personne qui venait l'aider de s'en aller, de la laisser seule à son état ?

Si elle lui avait obéi, comme d'autres l'auraient sans doute fait, Mesarthim aurait tout simplement été contre sa nature. Il était hors de question qu'elle laisse la petite là, toute seule, dans cet état. Tout simplement hors de question. Elle avait l'air si fragile, si vulnérable... Et déjà tellement malmenée par la vie ! Qu'est-ce qui aurait pu, hormis d'immenses souffrances, la rendre aussi méfiante envers ceux qui croisaient sa route ? La prêtresse ne doutait plus que c'était cette méfiance qui l'avait amenée à fuir le vieillard...

Sortant doucement de son immobilité, la prêtresse s'avança de quelques pas, jusqu'à se trouver à côté de la fillette toujours recroquevillée. Posant la brioche à même le sol (elle pourrait toujours l'épousseter ou en couper un morceau après), la rousse entoura la fillette de ses bras et la serra contre elle, la berçant doucement. c'était ainsi qu'elle berçait ses jeunes soeurs quand elles avaient des cauchemars, autrefois... Peut-être cela tranquilliserait-il la jeune fille. Et, doucement toujours, elle reprit la parole :


Calme-toi, calme-toi, tout ira bien... Je te le promets.

Mesarthim laissa filer quelques secondes, puis continua, essayant d'amener la petite à lui répondre :

Tu as un nom ? Moi, je suis Mesarthim Pampinea, mais tu peux m'appeler Pamp si tu veux. Beaucoup de monde m'appelle comme ça, ils trouvent mon prénom trop compliqué...

Avec un peu de chance, se dit-elle en jetant un regard à la faux tombée au sol, la jeune fille n'aurait pas le réflexe de s'en servir contre elle et elle ne finirait pas dépecée avant que la nuit ne tombe...
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Arwin Manluna
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MessageSujet: Re: Qui es tu? Et moi, qui je suis?   Ven 25 Sep - 12:33

On l’emprisonna dans des bras. Mais Arwin n’avait pas la force de se débattre. Elle n’avait qu’une envie, pleurer, pleurer de tout son soûl et ne plus jamais s’arrêter. Elle n’y comprenait rien, rien du tout ! Qu’est ce qu’elle fichait ici ? Qui était-elle ? Et comment et pourquoi tout ça ? Et cette plaie béante dans son cœur, cette terreur au fond de son ventre, tout ça, tout ça ça voulait dire quoi ? Qui avait les réponses, qui pouvait savoir ?

Alors elle pleura de plus belle. Elle n’avait pas la force d’être hargneuse, de taper et de cogner la peau blanche de cette femme si douce. Et elle avait mal, elle avait faim, elle avait soif, mais surtout, oui surtout elle avait mal comme jamais. Là, dans sa poitrine. Et c’était tellement oppressant qu’elle en suffoquait. Et cette promesse, elle n’arrivait pas à y croire parce que la petite elfe savait que ça n’allait pas et que ça n’irait pas. Quelque chose n’allait pas.

Petit à petit, ses sanglots se calmèrent. Après quelques soubresauts de sa poitrine, ils cessèrent. Lentement, elle se détacha des bras de la prêtresse. Elle ne voulait pas qu’on la touche. L’idée de s’enfuir ne lui vint même pas à l’esprit. Elle n’avait plus la force, plus le courage. Elle se sentait vide de tout. La petite entoura ses genoux avec ses bras et les ramena sous son menton. Ses grands yeux mouillés observaient la femme dans un mélange d’appréhension et de gratitude. Elle l’écouta lui dire son nom sans répondre. Les sourcils froncés, la gorge nouée, le cœur dans un étau.

- Je sais pas… Je sais pas où je suis. Je sais pas qui tu es. Et je sais pas, je sais plus…. Je… Je…

Elle ferma les yeux avec force. Elle se sentait stupide de ne pas réussir à rassembler ses idées, à former des phrases concrètes. Elle s’en voulait de ne pas obéir à la voix qui lui avait dit de fuir. Elle était sûre que cette voix était proche d’elle, qu’elle devait suivre son conseil, qu’elle était la seule chose au monde qui ait un sens.

Arwin renfila bruyamment, tentant de se calmer. La petite sauvageonne était épuisée.

- Je crois…

La petite se tut. Avait-elle un nom ? Elle n’en avait aucune idée. Elle ne savait pas qui elle était, ni d’où elle venait. C’était tellement terrifiant. L’enfant eut un léger mouvement de recul, comme si son corps voulait montrer qu’elle était insaisissable, qu’il ne fallait plus la toucher ou l’enfermer dans une prison de chair.

- Je sais pas mon nom. Je crois que j’ai oublié, que j’ai oublié tout. Je sais juste que je dois courir, que je dois me sauver. Et je sais pas, depuis quand je cours, je sais pas si je suis assez loin, et je sais pas où on est.
-
Petit animal effarouché qui refusait qu’on l’approche, qui ne comprenait pas.
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Mesarthim Pampinea
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MessageSujet: Re: Qui es tu? Et moi, qui je suis?   Dim 27 Sep - 1:11

La petite fille avait l'air épuisée mais s'était tout de même arrachée à elle pour se recroqueviller sur elle-même. Les larmes avaient de plus en plus nettoyé ses joues pâles alors que les sanglots secouaient sa frêle carcasse. Mesarthim l'avait laissée reprendre de la distance, pour évite de lui forcer trop la main, et la regardait posément, calmement, amicalement. Les sourcils de l'adolescente s'étaient froncés, et elle avait pour la première fois entendu sa voix autrement que dans un cri.

Ne pas savoir où elle était ? Que pouvait-il donc lui être arrivé de si terrible pour que la mémoire la fuie ainsi ? Être sur le seul sol encore pleinement sûr de cette contrée et ne pas le savoir... Comment était-ce donc possible ? Les questions se bousculaient déjà dans le regard de la prêtresse avant que la jeune fille reprenne la parole, les yeux fermés, mais atteignirent leur paroxysme quand elle affirma ne pas connaître son nom.

Les yeux bleus de Mesarthim s'écarquillèrent. Elle se sentait perdue, désorientée face à cette enfant qui semblait avoir tant souffert avant que la Déesse ne guide ses pas vers elle. Rattrapant la brioche, elle lui tendit sans un mot, attendant que la jeune fille la prenne ou la dédaigne. Puis elle se résolut à prononcer :


Tu es sur Ynis Witrin. C'est le dernier endroit dans où l'on peut être en sécurité, pour autant que je sache.

S'asseyant en tailleur, la jeune femme appuya son coude sur son genou et posa légèrement son menton sur sa paume avant de continuer :

L'Île est protégée par la Déesse que je sers. C'est Stellae, Déesse des Etoiles et du Destin.

Comment lui dire de lui faire confiance ? Le léger mouvement de recul avant les derniers mots de la fillette ne lui avait pas échappé, et elle commençait à se faire vaguement une idée de son état d'esprit. Elle devait se sentir traquée, pour avoir cette impression de devoir absolument fuir sans cesse, toujours plus loin... Et elle avait l'air si déboussolée... Un instant, Mesarthim reporta son regard sur la pureté du ciel au-dessus de leurs têtes, et souffla :

Tu sais, j'ai vu ton arrivée... Enfin, j'ai vu la porte de la cabane avec la marque de ta main. Et puis... J'avais déjà vu ton visage dans mes... Dans mes rêves.

Posant de nouveau l'azur de ses yeux dans ceux de la jeune fille, elle continua, guère plus haut :

Il y a des choses qu'on ne comprend pas, et qu'on ne comprendra probablement jamais... Et malgré le fait qu'on ne les comprend pas, on sait comment agir face à elles. Ce que je veux dire...

Comment lui dire sans la faire fuir ? Comment éviter de l'effaroucher plus encore ? Après une brève seconde de silence, la rousse opta pour l'honnêteté.

Je pense que ma Déesse m'a envoyé ces rêves pour que je te trouve. Mais je ne sais pas pourquoi... Et je pense aussi que je dois prendre soin de toi... Tu ne peux pas rester comme ça à fuir dans l'endroit le plus sûr de ce monde, à errer sans fin. Je pourrais t'emmener au Temple, tu pourrais y vivre avec les autres prêtresses et moi...

Un profond soupir qu'elle ne sut pas expliquer souleva la poitrine de Mesarthim alors qu'elle scrutait le visage de la jeune fille aux yeux prune. Comprendrait-elle qu'un impérieux commandement avait dicté ses mots à la prêtresse ? Qu'elle avait suivi ce que sa langue avait à dire, comme si elle n'en était plus maîtresse mais plutôt comme si une autre volonté s'exprimait à travers elle ? cette jeune fille était donc d'une telle importance pour sa Déesse ?...
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Arwin Manluna
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MessageSujet: Re: Qui es tu? Et moi, qui je suis?   Ven 2 Oct - 12:26

A la vue de la brioche, la faim reprit ses droits sur le petit corps de l’elfe. Celle-ci fronça d’abord le nez, ses grands yeux prune observant l’objet de son désir. Avec précaution, elle tendit la main et s’en saisit. Son estomac gronda bruyamment sans qu’elle n’en rougisse. Elle avait faim oui, mais était ce vraiment une brillante idée d’accepter de la nourriture de la part d’un inconnue ? Tout en écoutant la prêtresse parler, Arwin tâta l’épaisseur de la brioche et la renifla. Ah quelle bonne odeur ! Comme ce serait bon de mordre à pleine bouche dedans ! Mais non, pas trop vite… Il fallait prendre son temps, être sûr. Aussi reprit-elle son examen approfondi. Elle ouvrit la brioche en deux et n’y trouva rien d’anormal. Son ventre gargouilla une nouvelle fois. Très bien, très bien. Il avait gagné. Elle mordit dedans. Une petite bouchée. Savourant le goût sucré de la brioche sur sa langue. Elle dut mâchouiller longtemps son morceau avant de pouvoir l’avaler. Sa bouche était atrocement sèche. Mais dieu que c’était bon !
Recroquevillée sur elle-même, la petite ne disait rien. Elle réfléchissait. Une nouvelle bouchée. Ynis… Witrin ? Arwin fronça les sourcils. Elle connaissait ce mot. Il avait l’air d’avoir un sens pour elle, mais lequel ? Ca, elle l’ignorait. Ensuite, Stellae. Ca, elle était sûre de le connaître aussi. Mais le même problème s’imposa à son esprit.

- Je vois. Murmura-t-elle dans un souffle.

Manger la revigorait. La peur desserrait son étreinte dans ses entrailles et elle se sentait plus apte à réfléchir à présent. Elle mordit une nouvelle fois dans la brioche. La petite fut plus vorace cette fois-ci, tant et si bien que ses jours s’arrondirent et qu’elle eut du mal à mâcher correctement. Elle tourna enfin son visage vers la jeune femme et l’observa avec attention. Cette prêtresse était-elle dangereuse ? Etait-ce un piège ? La petite elfe plissa les yeux. Elle n’en avait plus l’impression. Elle se sentait en confiance. Du moins, autant qu’une petite fille sauvage puisse l’être.

Du revers de la main, elle sécha les restes de ses sanglots, les quelques larmes qui s’étaient accrochées à ses joues par exemple. Elle ne voulait pas pleurer. Le regard de Mesarthim s’accrocha au sien et à aucun moment, la petite ne détourna les yeux. Elle frémit en l’écoutant. Silencieuse et attentive. Cette femme ne la connaissait pas et pourtant, elle l’avait vu dans ses rêves. C’était un peu comme elle finalement. Comme elle avec la voix dans sa tête, comme elle avec ses flashs. Mais de là à se soumettre à la tutelle de quelqu’un pour une simple ressemblance.

Arwin mordit à nouveau dans la brioche sans rien dire. Elle en avait envie quelque part. Au fond d’elle même, elle désirait un lit douillet et chaud où se reposer à sa guise, de la nourriture, et un endroit où rester. Mais elle savait aussi que ce n’était pas vraiment sa place. Elle n’avait sa place nulle part.

- Je n’ai pas besoin de pitié. Je… Je sais me débrouiller toute seule.
La petite affichait une mine résolue et déterminée. Qu’est ce que vous voulez en échange ?

L’orpheline plissait les yeux, attendant une réponse. Sa voix avait tremblé. Qu’attendait-on d’elle ? Et puis tout à coup, elle demanda :

- Ton île… Elle est protégée par des brumes c’est ça ?


Cette fois-ci, sa voix ne tremblait plus. Elle savait. Elle savait mais ignorait comment elle était au courant de ce genre de choses.
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Mesarthim Pampinea
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MessageSujet: Re: Qui es tu? Et moi, qui je suis?   Mer 28 Oct - 20:38

Mesarthim se détendait quelque peu. La jeune fille aux cheveux roses avait accepté sa brioche et mordait dedans à belles dents... Certes, elle avait d'abord vérifié qu'elle ne représentait aucun danger... Elle devait en avoir vu, des choses terribles, pour en arriver à pareil comportement alors qu'elle était encore jeune... Mais enfin, elle s'était calmée, elle ne pleurait plus et elle écoutait ce que la prêtresse lui expliquait. C'était sans doute un bon début, après tout.

Mais... Où voyait-elle de la pitié ? Ce n'en était pas. Il fallait distinguer... La pitié, c'était négatif. On se sentait supérieur sans avoir envie de réhausser l'autre. Mais la compassion, voilà ce qui poussait la prêtresse vers la jeune fille. La volonté d'aider, parce qu'elle sentait confusément qu'elle avait besoin d'aide.


Que tu me fasses confiance. Voilà ce que je voudrais...

[En cours, MP dès que fini]
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MessageSujet: Re: Qui es tu? Et moi, qui je suis?   

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Qui es tu? Et moi, qui je suis?
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