Ynis Witrin v3

Les armées démoniaques assiègent le Continent, mais une île résiste toujours
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Petites confidences à mon patron

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Petites confidences à mon patron   Lun 31 Aoû - 1:19

[Patron <3 - Il était une fois dans l'Est, partie deux]


Un animal monté sur un autre animal. C'était étrange. Loïs avait fini par s'habituer à chevaucher la bestiole, mais des courbatures commençaient à se faire sentir, ainsi que la fatigue d'être resté éveillé toutes ces heures.

L'apprenti valet respira la fraicheur de la nuit, laissant son regard errer sur le paysage dont seuls quelques rayons de lune révélaient le visage. Des plaines, des forêts. Il croyait parfois deviner l'ombre dérisoire d'une montagne au loin, mais ces géants de pierre ne resteraient que silhouettes noires car il semblait qu'elles ne s'approchaient jamais. Quelquefois, de petites tâches jaunes indiquaient l'emplacement d'un village. Il ne fallait pourtant pas s'en approcher.

Ce curieux couple avait dû s'arrêter plusieurs fois afin de laisser un peu de répit aux chevaux, et permettre au garçon d'avaler quelque chose. Lyan semblait ailleurs. Ailleurs, dans un autre monde pas très joyeux et inconnu. Malgré plusieurs tentatives d'engager la conversation, il avait dû abandonner face au manque de répondant du prince...
La lassitude avait depuis longtemps éclipsé toute trace de vigilance. Loïs n'attendait plus que l'arrêt final, là où enfin ils pourraient piquer un bon roupillon d'une douzaine d'heures et éventuellement ingurgiter un énorme repas en guise de récompense.
L'instant tant désiré finit par arriver : sa majesté décida de faire halte dans un petit village. Ce retour à la civilisation enchanta le garçon, qui put laisser sa monture dans un coin, et entrer dans la petite auberge avec un enthousiasme non dissimulé. Quelle était la spécialité culinaire des lieux ? Est-ce qu'ils avaient du lait ? Comment étaient les lits ?

Mais la grand-salle était sombre, et seules quelques braises rougeoyaient encore dans la cheminée : on approchait du matin. Le propriétaire des lieux finit par arriver, en chemise de nuit et armé d'une bougie, point très heureux de se faire tirer du lit par ces tardifs voyageurs. Il leur attribua une chambre chacun et s'en retourna sans prendre le temps de faire la conversation.

Ce n'était pas ce qu'on aurait pu appeler un hôtel de luxe. Les quelques mètres carrés abritaient une petite table, une chaise, une petite cheminée poussiéreuse et un lit dont la couverture avait plusieurs années. Une large fenêtre donnait sur les toits du village. Les deux chambres étaient reliées par une porte placée dans le mur mitoyen.

Sans trop se poser de questions, le garçon aux cheveux noirs se jeta sur un des lits, bras et jambes écartés en mode étoile de mer, prêt à fermer les yeux pour se livrer à un sommeil bien mérité. Il remarqua cependant avec une certaine déconvenue qu'une araignée noire et poilue avait élu domicile dans un coin du plafond entre deux poutres. Non, ce n'était vraiment pas le palace.

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Lyan Key Aleyna
Admin Sadique
Dirigeant de l'Île/ Membre du Conseil

Mister Ynis de l'Eté

avatar

Féminin Nombre de messages : 456
Age : 27
En deux mots : ~~ La fin justifie les moyens ~~
Date d'inscription : 26/03/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Dim 6 Sep - 15:23

Ils n’avaient pas pris le temps de s’arrêter réellement depuis le début de voyage autrement que pour permettre à leur monture de se reposer, et encore, même dans ces moments là, Lyan ne desserrait pas les dents ni ne soufflait mot. Les paysages qui défilaient ne méritaient même pas l’un de ses regards. Enchaîné à son objectif, rien d’autre ne comptait. Lyan voulait regagner l’Essaline au plus vite.

Il ne daigna s’arrêter qu’au deuxième matin, lorsque la fatigue et la faim se firent sentirent chez sa monture, chez le félin, mais également en lui-même. Le prince se complaisait dans un silence obscur, ne prenant pas la peine de prévenir réellement Loïs de cet arrêt. Les chevaux furent amenés dans une sorte de petite écurie, les chambres furent grassement payées, pas assez cependant pour leur éviter la mauvaise humeur de l’aubergiste et enfin ils purent monter à l’étage et gagner leurs lits.
Lorsqu’il quitta Loïs pour entrer dans sa propre chambre, une vague d’angoisse l’étouffa et il se laissa tomber, dos à la porte close. Cet endroit était pour lui gorgé de souvenirs. A quelques minutes de galop de là, se trouvait le fameux village où il avait repêché Cassandre, sa putain. Et encore un peu plus loin, se dressait les premiers villages d’Essaline, puis la ville en elle-même, et le palais des Aleyna dans toute sa froide puissance. Toute une vie de débauche et de mensonge.

Etre ici, ce n’était comme retrouver ses racines et se ressourcer, c’était comme se noyer et être étouffer par un lierre immense qui s’enroulerait autour de votre personne jusqu’à la dévorer toute entière. Lyan se releva, cherchant en vain dans la pièce une bassine d’eau pour se rafraîchir. Mais ce lieu ne recélait d’aucun confort et une odeur infecte de moisi s’élevait du sommier.
Il ôta lentement sa cape et la jeta négligemment sur le lit, il enleva le cuir qui protégeait son dos et son torse pour ne plus porter qu’une tunique légère. En soupirant il retira ses chaussures. Ses muscles étaient endoloris par le voyage mais il n’y prêtait pas réellement d’attention. Lentement, il s’approcha de la fenêtre et se laissa tomber sur le fauteuil, seul artifice de confort. Les pensées tournoyaient dans sa tête, et il aurait vendu son âme pour un peu de paix au goût d’opium ou de rhum. Il ramena l’une de ses longues jambes vers son menton, et appuya sa joue contre son genou. Son regard se plongea dans l’horizon timide qui rosissait. Une vision bien trop belle pour ce pays.

Le prince était las de tous ces mensonges. Lyan était fatigué d’être prince, d’être pantin, de n’exister quand dans l’optique politique sans être considéré comme un être humain. Car en vérité, Lyan n’existait pas, toute sa personnalité avait été avalée goulûment par son rôle. Et cette amertume qui lui brûlait la gorge n’avait de cesse de lui rappeler que son propre père, cet homme qu’il admirait depuis l’enfance, l’avait utilisé comme un pion. Il murmura pour lui-même :

- Il n’y a pas de place en ce monde pour les faibles Lyan…

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Dim 6 Sep - 20:35

Les yeux mi-clos, Loïs savourait enfin la douceur du repos, loin d'être dérangé par une affliction semblable à celle de son voisin de chambre. Il avait vaguement entendu du bruit, et avait supposé que celui-ci s'était couché. Le temps était venu d'en faire de même ! Il retira ses chaussures et souleva doucement la couette pour s'y glisser lorsque soudain, il dressa l'oreille. Il avait entendu une voix de l'autre côté. Lyan parlait tout seul ? Ou alors il lui avait demandé quelque chose ?

A la fois frustré de ne pas pouvoir se coucher et saisi de curiosité, il se dirigea vers la porte et l'ouvrit doucement, très doucement, en silence. Le patron était assis dans un fauteuil près de la fenêtre, immobile. Il n'avait pas l'air de l'avoir appelé. Le garçon aux cheveux noirs s'apprêtait à refermer la porte, mais il suspendit son geste. Le prince regardait par la fenêtre. Il n'avait presque pas dit un mot depuis leur départ, et cette espèce de malaise qui planait dans l'air était pleinement perceptible à présent. Le patron était triste.

Loïs fronça légèrement les sourcils tout en réfléchissant. Qu'est-ce qui pouvait mettre dans cet état un prince qui vivait dans l'or, le velours et les pierreries ? Le dédain d'une demoiselle ? Pas entendu parler. Décès d'un proche ? Encore moins. On l'avait traité de vieux pervers ? Il devait être habitué.

L'examen était peu concluant... mais il savait qu'il n'avait jamais vu Lyan Key Aleyna dans un état pareil. Le beau, le grand, le terrible Lyan Key Aleyna. Son patron préféré. Qui entre autres passait une bonne partie de son temps à se moquer de lui ou à être désagréable. Soupir. Mais Loïs l'aimait quand même. Et ça ne lui plaisait pas de le voir comme ça.

Il s'approcha en prenant soin de faire entendre le bruit de ses pas pour ne pas le surprendre, et s'interposa entre le jeune homme et la fenêtre d'un air soucieux. Puis il souleva la jambe repliée de celui-ci pour la poser au sol avec la deuxième, avant de s'asseoir sur ses genoux sans un soupçon de gêne. C'était pourtant la première fois qu'il autorisait une telle proximité avec son chef.

Il hésitait à propos de ce qu'il devait lui dire... Son regard doré parcourait son visage, s'attardant sur ces yeux si sombres et emplis d'amertume. Les mots n'étaient pas son fort dans ce genre de situation. Mais je suis là, moi, tu sais. Tu ne devrais pas rester tout seul dans ton coin. Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourtant il ne dit rien, caressant juste du regard ce triste sire.

Alors il lui lécha la joue avec application, d'un coup affectueux de sa langue large et râpeuse, avant de poser sa tête au creux de son épaule en se blottissant contre lui. S'il ne savait que dire, il pouvait au moins lui apporter un peu de chaleur... On n'allait pas le laisser comme ça, non mais.

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Lyan Key Aleyna
Admin Sadique
Dirigeant de l'Île/ Membre du Conseil

Mister Ynis de l'Eté

avatar

Féminin Nombre de messages : 456
Age : 27
En deux mots : ~~ La fin justifie les moyens ~~
Date d'inscription : 26/03/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Jeu 10 Sep - 11:23


Malgré son épuisement, le Prince n’avait pas sommeil. Il regardait l’horizon. Peut-être verrait-il même l’aube se lever sur cette terre corrompue jusque dans ses sols. A l’époque où l’Essaline était sa demeure, il s’était souvent couché bien après le lever du soleil, mais pourtant jamais il n’avait pris le temps de voir l’astre monter lentement à l’horizon pour couvrir la terre de sa chaleur. Tout cela était tellement futile. C’était vide de sens. Un peu comme tout ce qui avait été sa vie jusqu’à présent. Le prince doutait. Il n’était alors plus ni leader, ni chef.

En raison de sa fatigue, et probablement aussi à cause de la furtivité du garçon, il ne vit pas celui-ci entrer dans sa chambre. Ce qu’il vit, ce fut un corps s’opposant à son observation du monde. Il releva à peine les yeux quand Loïs le fit bouger. Son visage ne marqua pas même de surprise lorsque ce petit corps s’installa sur le sien. Le prince était vide de toute émotion. Il plissa tout de même les yeux, interrogatifs mais une langue vint râper sa joue.

Lyan ferma les yeux. Qu’était ce que cela ? Une marque d’affection ? Cela lui semblait bien agréable, doux, sans intérêt autre que le geste en lui même. Le silence devint brutalement moins lourd, moins étouffant. Le félin se blottit contre lui. Ce genre de comportement était étranger au jeune dirigeant. Jamais de sa vie, il ne se souvenait que sa « mère » ou sa « sœur » l’ait tenu ainsi. Encore moins son paternel, avec qui les contacts s’étaient résumé à une main rencontrant violement sa joue d’enfant.
La chaleur de ce petit corps contre le sien ne lui procurait pas non plus les mêmes sensations que ces dérivées avec maintes et maintes catins. C’était tout à fait différent, c’était autre chose. Une autre chose sur lequel il n’arrivait pas à mettre le doigt. Mais quelle importance ? C’était doux, rassurant…

Lyan passa un bras autour de ce petit corps et le serra un peu plus contre lui. De son autre main, il caressa les cheveux du garçon d’un geste instinctif, naturel.

- Qu’est ce qu’il y a chaton, tu as fait un cauchemar ?

Sa voix était basse, un peu hachée par les difficultés qu’il avait à gérer cette nouvelle émotion. Et puis tout en disant ses mots, il baissa un peu sa tête pour se coller à Loïs. Des deux, il était celui qui avait le plus besoin de cet instant là. Et de toute manière, il n’avait pas l’intention de laisser partir le chat, pas tout de suite. Il aurait voulu rester encore un peu comma ça. Juste un moment de plus. Pour oublier que le monde ne tournait définitivement pas rond.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Sam 12 Sep - 10:43

Loïs se sentait bien lui aussi. Il remua un peu pour s'installer plus confortablement contre le jeune homme, au creux de ses bras. Il avait l'impression de découvrir un tout autre Lyan, une face cachée de lui-même qu'il ne dévoilait qu'une fois poussé dans ses retranchements. Ainsi, le patron n'était pas qu'une brute égoïste, solitaire et sans cœur. Le patron avait aussi besoin d'amour. Cela fit sourire Loïs.

Un cauchemar, hm ? Que pouvait-il bien répondre à ça ? Le garçon aux cheveux noirs resta silencieux un moment, puis finit par murmurer :

-J'ai rêvé que tu étais tout seul... alors je suis venu te voir. Comme ça je suis avec toi maintenant.

Il leva la tête pour lécher une nouvelle fois sa joue, comme pour lui signifier pleinement sa présence. Cela lui faisait plaisir de partager ce moment avec lui... En temps normal, la tendresse n'était pas vraiment la priorité du prince.

Il se mit à jouer du bout des doigts avec les boutons de la tunique brodée de ce dernier, en réfléchissant à une potentielle façon d'aborder les choses. Mais peut-être ne voulait-il pas en parler. Peut-être voulait-il simplement un réconfort silencieux sans questions dérangeantes.

-Tu sais patron... s'il y a une fille... ou quelqu'un qui a été méchant avec toi... je peux le manger...

Le ton était presque timide. Il ne connaissait rien du passé ou des relations du jeune homme, et ne voulait pas s'avancer sur ce terrain-là sans y être invité. Et il ne comprendrait que trop bien un désir de silence.

Ses paupières commençaient à s'alourdir, mais il faisait un effort pour garder ses yeux ouverts. Cette douceur, ce cocon qui le berçait, cette sensation de sécurité, ajoutés à la fatigue du voyage, allaient bientôt avoir raison de lui.

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Lyan Key Aleyna
Admin Sadique
Dirigeant de l'Île/ Membre du Conseil

Mister Ynis de l'Eté

avatar

Féminin Nombre de messages : 456
Age : 27
En deux mots : ~~ La fin justifie les moyens ~~
Date d'inscription : 26/03/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Mer 16 Sep - 20:25

Lyan s’autorisa un léger sourire. Triste. Fade. Sans aucune couleur. D’ordinaire il aurait sans doute taquiné le félin, arqué un sourcil, se serait moqué. Mais l’ironie mordante n’était pas à l’ordre du jour. Loïs avait des réactions, des mots parfois attendrissants. Avec sa tête de gamin insouciant et ses moues malicieuses. Il n’essuya pas sa joue, comme pour garder une trace de cet acte de simple tendresse.

Le prince des débauchés, le cynique, celui qui ne croyait ni en la bonté des gens, ni en leur innocence se laissait avoir par un môme de quinze ans et acceptait sans rechigner sa présence. Lui qui ne croyait en rien le laissait jouer avec ses vêtements. Il devait bien l’admettre, Loïs n’était pas comme les autres. Il donnait l’impression de ne pas encore avoir été sali par le reste de monde, d’être resté pur. Les yeux fixés dans le vague, Lyan se gorgeait de l’odeur de l’enfant lorsque ce dernier reprit la parole. Non, ce garçon ne venait décidément pas du même monde que lui, et il y avait fort à parier qu’ils ne se comprendraient jamais.

Instinctivement, il resserra son emprise. Il n’allait par lancer un rire méprisant. Il n’allait pas répliquer que rien ne pouvait l’atteindre, que personne ne pourrait jamais le blesser. Parce que personne n’avait le droit d’entrer dans son monde. Si Cassandre avait pu en faire partie, elle n’était qu’une catin, et son âme était sûrement aussi pourrie que la sienne. C’était une relation viciée et destructrice. Ils s’étaient entraînées l’un l’autre toujours plus bas. Quant à sa chère cousine…. C’était une autre histoire.

- Ne t’en fais pas Chaton. Tout va bien.

Il mentait. Oui, et alors ? Lyan n’avait pas envie de parler de tout ça, ni de se confier. C’était contraire à tout ce qu’il était, à sa façon d’être.

- Mais reste encore peu… Ajouta-t-il en calant sa tête contre la sienne.

Ce gamin des rues avaient bien des choses en lui. Des trésors insoupçonnés. L’homme vicié se fit protecteur et la petite chose entre ses bras finit par fermer les yeux. Même après qu’il se soit endormi, Lyan le garda encore un peu contre lui, pour profiter de cet instant si étrange. C’était comme une coupure dans le temps. Un mirage dû à la fatigue. Au bout d’un moment, il porta l’enfant dans sa chambre et le recoucha dans son lit. Il en profita pour faire exploser discrètement l’inélégante araignée noire qui était entre temps descendue sur le mur. Un instant, il regarda l’enfant. Etrangement. Et lorsqu’il daigna aller se coucher, le sommeil ne tarda pas à le saisir. Dehors, le soleil avait déjà commencé sa longue ascension.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Ven 25 Sep - 18:36

Il faisait froid. Loïs ramena la couverture au dessus de sa tête, mais un nouveau frisson parcourut sa colonne vertébrale. Il lança un bras à l'aveuglette à la recherche d'une mercenaire ou d'un prince quelconque, mais ne rencontra que du vide... alors il se décida enfin à entrouvrir les yeux, pour les refermer aussitôt, aveuglé par la clarté qui régnait à présent dans la chambre. Pas de mercenaire. Pas de patron. Est-ce qu'il avait dormi tout seul ?!

Frustré, le garçon se redressa lentement et quitta son lit en traînant les pieds. La couverture ne l'avait pas quitté et l'enrobait à présent comme une glorieuse cape. Loïs le Grand était en pleine conquête... Cheveux ébouriffés, yeux fermés, tête de déterré.
Il ouvrit la porte qui séparaient leurs deux chambres et se traîna jusqu'au bord du lit, accompagné du bruit de la couverture glissant sur le sol. Comme d'habitude, Lyan dormait. A moitié dans les bras de Morphée, son jeune employé ne chercha pas à réfléchir et entra dans le lit, sous la couette du prince, et ajouta la sienne par dessus pour avoir une double épaisseur. Là, c'était mieux.

Hm hmmm. Soupir de contentement.

Tout doucement, Loïs se déplaça dans le lit jusqu'à trouver le corps immobile de Lyan. Tout chaud. Douillet. Confortable. Un vague sourire étira ses lèvres tandis qu'il posait sa tête sur son épaule en guise d'oreiller, et passait son bras autour de son torse. Comme un nounours. Oui, Lyan était un gros nounours, son nounours à lui. Hmmm. C'était bien. Très bien.

Il ne lui fallut pas plus longtemps pour se rendormir, sourire aux lèvres, assez content de lui, et retourner dans ses rêves tendres et sucrés. Un murmure inconscient s'échappa d'entre ses lèvres :

-Manger... patron...

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Lyan Key Aleyna
Admin Sadique
Dirigeant de l'Île/ Membre du Conseil

Mister Ynis de l'Eté

avatar

Féminin Nombre de messages : 456
Age : 27
En deux mots : ~~ La fin justifie les moyens ~~
Date d'inscription : 26/03/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Mer 30 Sep - 0:19

En début de matinée, quelque chose se colla à lui. Lyan bougea à peine, tout en proie à son sommeil. Il ne daigna ouvrir les yeux que lorsqu’un bras vint entourer sa taille. Un murmure vague acheva de lui faire comprendre la présence d’un intrus dans son lit. Les paupières lourdes, il regarda à sa droite. Sur son épaule, le visage endormi de Loïs reposait. Le prince sourit et inspira lentement, profondément avant de remuer légèrement pour être plus à son aise. Il caressa machinalement les cheveux noirs ébouriffés et finit par se rendormir. Et ils dormirent d’un sommeil paisible. Ils dormirent simplement. Cela ne lui était jamais arrivé.

Ce n’est qu’en début d’après midi que Lyan se réveilla complètement. Le chat n’avait pas bougé de place. Il l’observa un moment, tentant de se remémorer quand exactement la bestiole avait envahit les draps mais en vain. Dehors le soleil brillait de toute sa splendeur, lui rappelant qu’ils ne pourraient pas restés éternellement ici. Lui rappelant qu’ils avaient une mission. Et aussi, qu’ils avaient déjà perdu bien assez de temps.

Alors, prenant soin de ne pas éveiller Loïs, il s’extirpe du lit et enfila ses bottes. Ils n’étaient plus très loin à présent. Il descendit chercher le petit déjeuner tout en revoyant encore et encore les détails de son plan. Tout devait être parfait. L’élève en manipulation allait dépasser le maître en toute beauté. Ce serait élégant, froid et inattendu. Un coup de maître qui laisserait planer le doute. Mais il y avait des règles à ce jeu malsain. Ne jamais se faire ouvertement surprendre, ne pas laisser de traces évidentes, éviter tout scandale ouvert. Cet exercice requérait beaucoup de doigté et un esprit purement machiavélique. Lyan possédait les deux. Et en bonus, il avait un joker dans sa main. Un joker qui dormait surement encore paisiblement et qu’il allait devoir réveiller. Et pour cela, il avait une idée en tête.

Voilà comment quelques minutes plus tard, Lyan était assis à côté du félin endormis, une brioche déjà grignotée dans la main et un bol de lait dans l’autre. La tentation était grande, devait-il lui renverser le lait dessus pour être sûr qu’il se réveille bien ? Après, les chats n’ont-ils pas pour réputation d’être de nonchalantes marmottes ? Le prince hésitait. Son choix oscillait entre la volonté de s’amuser et de taquiner le chat ou celle d’être pour une fois « sympathique » avec lui. Frustré par sa propre indécision, Lyan leva les yeux au ciel. Au diable les convenances, un prince de son rang ne pouvait-il donc pas faire ce qu’il voulait sans se poser de question. Et Lyan était d’humeur joueuse !Il fit glisser le bol de lait sous les narines du garçon, lui laissant le temps de s’imprégner de l’odeur avant de le lui retirer aussi sec. Il du répéter l’opération plusieurs fois avant que l’or n’accepte de montrer le bout de sa pupille. Sadique, Lyan mordit de plus belle dans sa brioche avant de s’éloigner de Loïs, le bol hors de la portée de ce gamin.

- Mon chaton. Je m’ennuie. Nous allons faire un jeu.

Un jeu… Lyan… Synthaxe Error ou Perversion ?

Affichant une mine revigorée, le prince se hissa debout sur le lit, un bol de lait dans une main et un panier de fruits, de pains, de brioches et autre gourmandises dans l’autre. Il parvint à sauver in extremis sa propre brioche en la dévorant et reprit la parole tout en mâchonnant son précieux repas.

- Pour chaque information que je te donnerais, tu devras me faire un bisou, ou au moins la mériter. Mais comme je me suis rappelé que je pouvais aussi faire intervenir un autre moyen de pression. A chaque fois que je t’informerais sur ta mission, j’accepterais dans ma bonté d’âme de nourrir ton petit mais vorace estomac. Ca te convient ou bien est ce que je dois tout dévorer tout seul ?

Oui Lyan avait reprit du poil de la bête c’était sûr. Mais de là à le voir joueur ! Que se passait-il donc dans la tête de ce prince ?

- Allez chaton, joue avec moi…

Et là il usa d’une autre technique, une technique indigne du Lyan. Il fit la moue. Comme les filles désespérantes. Comme les enfants. Comme toutes ces personnes qu’il était loin d’être.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Lun 5 Oct - 18:02

[J'ai pas beaucoup pu avancer en fait u_u Mais on verra ensemble pour la suite ! n_n]



HMMM. Dans son rêve, il y avait du lait, une piscine de lait, avec des collines de sucre et de pâtisseries. L'odeur était douce, attirante, délicieuse. Elle disait : “viens me manger ! Je n'attends que toi !” mais alors qu'il allait se jeter à corps perdu dans cette montagne de nourriture, salive à la bouche, quelque chose lui fit ouvrir les yeux juste à temps pour voir s'éloigner un bol de sa boisson préférée. Dans la main d'un Lyan visiblement plein d'enthousiasme. Loïs gémit et se redressa avec difficulté, mais le lait était déjà hors de portée. Ainsi qu'une brioche appétissante...

Un jeu ?! Mais ce n'était pas l'heure des jeux, là, c'était l'heure du petit déjeuner ! Le garçon aux cheveux noirs à moitié endormi vit son patron grimper sur le lit -en s'empiffrant cruellement sous son nez- sans trop savoir comment réagir. Il mit déjà un certain temps à se rappeler où il se trouvait, et pourquoi diable ce guignol avec des cheveux longs sautait partout en exhibant ses vivres -on remarquera que réveiller le Loïs avant terme présente des effets secondaires indésirables.

Son regard déjà point très aimable sembla se noircir au fur et à mesure qu'expliquait le jeune homme. Un bisou ? Non mais il avait fumé quoi avant de venir ? Et... tout dévorer tout seul ? Aurait-il le cœur d'arracher la nourriture de la bouche d'un pauvre gamin sans défense ?

Devant cet air apitoyant que prit le patron, Loïs ne put que le fusiller, éventrer et égorger du regard.

Si vous désirez sauter sur Lyan et lui arracher le p'tit dèj, tapez 1.
Si vous désirez manger Lyan, tapez 2.
Si vous désirez accepter son manège douteux et peut-être ne jamais revoir votre amie la brioche, tapez 3.

Il n'avait pas tout compris mais en gros, dans sa tête, cela ressemblait à bisou = manger. Mais bisou, c'était tout simplement suspect, et il ne tenait pas tellement à être le prochain sur la liste des employé(e)s harcelés sexuellement par leur supérieur. D'un autre côté, son ventre criait désespérément famine... Il resta tout simplement assis dans sa position initiale, perturbé par son dilemme intérieur, en regardant fixement ce type aux mœurs étranges qu'il connaissait assez pour savoir que toute innocence était définitivement absente de son cœur de pierre.

Une idée germa alors dans les méandres de son esprit félin. On allait trouver un compromis, ça serait plus simple, ça ne le contrarierait -peut être- pas, et avec un peu de chance ça lui ferait passer l'envie de demander des bisous à n'importe qui à l'avenir.
Et si ça ne lui plaisait pas, et bien, on taperait 1 ou 2, et tant pis pour lui. Loïs finit par sortir du lit et s'étira avec volupté, en répondant d'un ton beaucoup moins enthousiaste que celui de l'adversaire :

-Bon, d'accord... mais tu triches pas cette fois, hein.

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Lyan Key Aleyna
Admin Sadique
Dirigeant de l'Île/ Membre du Conseil

Mister Ynis de l'Eté

avatar

Féminin Nombre de messages : 456
Age : 27
En deux mots : ~~ La fin justifie les moyens ~~
Date d'inscription : 26/03/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Mer 7 Oct - 23:40

- Mon amour de chat <3 –


Ce chat était adorable. Rah, quelle pensée de fille ! Mais bon, il était vraiment adorable, à croquer, avec son air revêche de garçon à peine réveillé et sa mine grognon. Ah que c’était bon de voir son regard se noircir et devenir agressif. C’était jubilatoire d’échanger pour une fois les rôles, et de provoquer ce regard meurtrier. Provoquer ce gamin était de toute façon devenu le jeu préféré de sa majesté le pervers notoire. Il revint donc à sa première pensée, un sourire ravie et moqueur collé sur le visage : A-D-O-R-A-B-L-E.

Ah non, la mission il n’y pensait alors plus qu’à moitié. Lyan se pencha légèrement en avant et susurra :

« Tu n’oserais pas faire de mal à ton patron préféré, sinon adieu bol de lait si doux et adieu les jolis pièces d’or toutes rondes que tu aimes tant ! Ce serait dommage hein ? »


Et il affichait, par dessus le marché, une mine de satisfaction personnelle non dissimulée. Le fourbe. Le chat finit par daigner accepter la situation, sûrement guidé par l’instinct animal de son estomac, et prit à son tour la parole. Lyan haussa joliment les sourcils. Il ne manquait pas d’air celui-là.

-Chaton ?

Il lui fit un grand sourire.

- Je ne triche jamais. Et, cette fois-ci, j’ai déjà donné les règles du jeu. En plus, tu peux bien mettre le feu ici, je m’en contrefiche, si ça peut assouvir ta pyromanie…

Oui, il se moquait ouvertement de lui. Mais bon, passons aux choses sérieuses. Lyan posa un genou sur le lit, pour se rendre plus disponible mais sans pour autant baisser sa garde. Il tenait toujours haut perché l’objet du désir de Loïs. Il pencha sa joue vers le félin et réclama :

- Mon bisou donc ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Jeu 8 Oct - 23:19

- =3 - tu l'auras un jour ton bisou xD -


Ben ça, il avait l'air en forme, le patron. Loïs se demanda soudain si cette ardeur toute neuve et ce manque d'affection n'étaient pas dus au fait qu'il avait dormi avec lui. Allez, on dort une fois avec eux, et ils se croient tout permis. Pas possible ça.
Il eut un soupir exaspéré devant ce grand sourire que lui présentait Lyan le magnifique, Lyan le souriant, Lyan son supérieur. Ce type était vraiment un cas spécial, dans le genre j'aime-bien-t'embêter-c'est-mon-kif.

La tête du garçon, à ce moment là, ressemblait à peu près à : -___-

Ah, son bisou, son bisou. Loïs s'approcha avec un empressement digne des plus grands coureurs sportifs, se pencha en avant, et colla sa langue sur la joue de Lyan pour lui lécher la joue de bas en haut dans les règles de l'art. Une fois. Pas plus.

Oui, parce que bon, il n'était qu'un chat, il ne connaissait pas les bisous, n'est-ce pas ? D'accord, c'était totalement faux étant donné qu'il avait appris il y avait quelques années de cela avec Keith. Mais il pouvait toujours feindre le contraire. Hé hé.

-Manger maintenant !

Il tendit la main d'un geste impérieux, parce que bon, là, commençait à faire sérieusement faim ! Tellement qu'il n'avait pas jugé utile de conjuguer son verbe. Le Loïs n'allait pas tarder à entrer en mode “si je ne mange pas un truc tout de suite je tue le lapin”. Pas de lapin sous la main. Bon. Hum. Enfin bref, s'il n'avalait rien dans les minutes qui suivraient, soit Lyan devrait perdre un bras, soit ce serait un autre client de l'auberge. Est-ce que ça se voyait dans ses pupilles fendues, là, tout de suite ?

On remarquera que le Loïs moyen frôle l'agressivité en état de manque de nourriture. Pour l'état sauvage, quelques heures d'affamement suffisent. Il faut choisir ses priorités dans la vie u_u

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Lyan Key Aleyna
Admin Sadique
Dirigeant de l'Île/ Membre du Conseil

Mister Ynis de l'Eté

avatar

Féminin Nombre de messages : 456
Age : 27
En deux mots : ~~ La fin justifie les moyens ~~
Date d'inscription : 26/03/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Dim 11 Oct - 14:47

Ils avaient une conception du bisou très différente. Lyan arqua un sourcil, dubitatif en entendant l’ordre du félin. Une hésitation se fit sentir sur son visage tandis qu’il fixait Loïs. Il n’était pas sûr qu’un bisou de ce type mérite quoi que ce soit mais dans son infini bonté, il daigna lui tendre le bol de lait. Certes ce n’était pas un repas complet, mais c’était un début. Echange à l’image du bisou donc. Naméo !

Il reporta son regard sur Loïs, les yeux plissés par la malice et annonça :

- C’est tout ce que ça vaut.

Non, non, non, il n’avait pas peur pour sa vie. Quel employé sain d’esprit irait tuer son patron alors que celui ci n’avait que quelques pièces d’or en poche ? Et puis, il savait se défendre dans le pire des cas.

Le prince s’assit en tailleurs, protégeant d’un bras les victuailles du panier, et de sa main libre, se saisit d’une brioche dans laquelle il mordit à pleine dent. Il prit soin au passage de lancer un regard de défi à son humble serviteur, qu’il prenait plaisir à torturer, signifiant à peu près : « Approche ta main de ce panier et je te jette dehors, et plus si affinité. ». Voilà qui était bien.

- Première informations donc. Nous allons chez moi récupérer un objet, une bague en l’occurrence, qui m’appartient de droit, mais que mon géniteur garde en sa possession. Il ignore que je sais qu’il l’a et les choses doivent rester ainsi. Il va falloir que tu fasses preuve de discrétion, si tu te fais attraper en train d’essayer de la voler, tu devras te débrouiller tout seul. Puisque bien entendu, je ne suis au courant de rien...

Il évita d’ajouter que son père ne serait, dans ce cas, pas aussi compréhensif que lui lors de l’incendie, car cela coulait de source. Il ne mentionna pas non plus le fait qu’il était un enfant illégitime, le bâtard du pays. Ce genre de choses, il valait mieux les garder pour soi.

Lyan mordit à nouveau dans sa brioche mais son humeur s’était légèrement assombrie. Parler de cette mission le ramenait à la raison et l’éloignait du jeu. Enfin, pas complètement tout de même !

- Pour la suite des festivités, j’attends le paiement.

On ne plaisante pas avec les bisous. Suspens, roulement de tambour, Loïs the Cat allait-il faire mieux ?
To be continued.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Sam 17 Oct - 11:23

[Et c'est reparti 8D]


Il ne fallut que quelques secondes pour que toute trace de lait disparaisse dans le bol. Le garçon aux cheveux noirs essuya d'un revers de langue la trace blanche restée au dessus de sa lèvre supérieure, puis posa le bol dans un coin. Suivant. … … ...c'est tout ce que ça vaut ? Et puis cette espèce de raclure de fond de cale de marin d'eau douce attrapa une brioche et... et... Loïs manqua de lui sauter dessus pour l'étrangler. Ses poings étaient serrés de frustration et on pouvait voir qu'il se retenait à grand-peine de mettre fin à l'arrogance de son patron. D'ailleurs, ce n'était qu'une question de temps...

Mais Lyan reprit la parole et l'adolescent leva un sourcil. Ah, oui la mission. Il avait complètement oublié ça. Mouais, une bague, rien de bien compliqué. Pour le moment cela n'avait pas grande importance. Moment d'inattention... et... et...

Et ce qui devait arriver arriva. Loïs se jeta sur le prince qui tomba à la renverse sur le lit. Des viennoiseries volèrent un peu dans tous les sens, il y eut une mêlée de pieds et de mains, un rire et des cris. Puis, à quatre pattes au dessus de lui, il plaqua sa victime fermement contre le matelas et s'appliqua à lui recouvrir le visage de bave de sa langue chaude et râpeuse. Ça, il l'avait mérité. Lorsqu'il jugea que le dirigeant était suffisamment englué, il s'assit à califourchon sur son ventre, attrapa une brioche qui trônait non loin sur la couverture, et l'enfourna avec délectation, en plissant les yeux de plaisir. On ne plaisante pas avec la nourriture.

-Monchieur est chervi !


Bouhahaha. C'était également jouissif de voir la tête de Lyan qui s'était fait avoir. Enfin, pour l'instant, il avait respecté les règles, n'est-ce pas ? La vengeance du grand méchant prince n'allait pas tarder à arriver; il fallait pour l'instant profiter de sa supériorité temporaire. Jusque là, qui avait eu l'immense honneur et privilège de s'asseoir sur Lyan, hein ? Hein ? <3

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Lyan Key Aleyna
Admin Sadique
Dirigeant de l'Île/ Membre du Conseil

Mister Ynis de l'Eté

avatar

Féminin Nombre de messages : 456
Age : 27
En deux mots : ~~ La fin justifie les moyens ~~
Date d'inscription : 26/03/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Sam 24 Oct - 12:47

Il résista. Légèrement. Mais il avait été pris par surprise et en deux temps trois mouvements, la bestiole avait réussi à avoir le dessus et à le plaquer contre le lit. A ce stade il y avait deux possibilité, reprendre le dessus ou tout de moins se débattre avec sérieux, ou, se laisser faire. Il fallait bien admettre que des deux propositions, la dernière était la plus alléchante. Al-léchante. C’était le cas de le dire. Le généreux baveur englua son visage. Lyan grimaça sans aucune élégance. Se faire tapisser la tête de salive n’était pas des plus agréables. Lorsque Loïs décida que se crime était parfait, le prince eut la possibilité de s’essuyer le visage avec un bout de la couverture, affichant une moue de dégoût.

Pire qu’un démon, cette petite bête.

L’homme se hissa sur ses coudes et observa la mine réjouie du vainqueur.

« Je crois que… » Commença-t-il. Que quoi ? Que Loïs avait besoin d’un apprentissage intensif ayant pour thème l’art du baiser ? Lyan resta immobile. Il fixait l’enfant, l’onyx de ses yeux se teintant d’une émotion étrange, indéchiffrable.

Là. Il y avait quelque chose de bizarre. Dans le creux de son ventre, comme quelque chose qui le chatouillait, qui se révoltait, s’agitait. Instinctivement, il plissa les yeux. Qu’est ce que c’était que cette chose qui réchauffait sa peau glacée. Cela détonnait totalement, ne ressemblant en rien à un désir charnel, celui qu’il connaissait si bien. Lyan se releva à moitié, faisant glisser Loïs sur ses jambes, et passa un bras autour de l’enfant. Il approcha ses lèvres de son oreille et chuchota :

« Que tu as gagné. »

Oui mais le prince ne perdrait rien pour autant de sa superbe. Il fit basculer le garçon-chat sur le côté et glissa sur le rebord du matelas. Fin de partie, reprenons les choses sérieuses avant que tout ça ne dégénère. Lyan se releva et alla récupérer sa cape dans un coin de la chambre. Ils ne tarderaient pas à partir. Les paumes posées sur le rebord de la fenêtre, le dirigeant reprenait ses esprits.

« Quand on sera là bas. N’ouvre pas la bouche, je veux que tu sois muet comme une tombe tant que je ne t’en ai pas donné l’ordre. Il faudra que tu sois sage et si tu te tiens bien... Tu pourras t’amuser quand nous repartirons. »

Il fit volte face, le visage grave. Il avait enfilé son costume de général des armées, ou presque.

« Un incendie, quelques meurtres, ce genre de choses, tu vois…. On ne restera sur place qu’une soirée. Quand nous allons arriver, tu devras t’occuper des chevaux, les conduire à l’écurie. Quant à moi, j’aurais surement le droit à une réunion de famille dans le petit salon, sans valets évidemment. Ca te laissera un peu de temps pour repérer les lieux, le nombre de gardes, l’endroit où ils se trouvent. Ne te fais pas remarquer. On se retrouvera dans mes appartements après le dîner, peut-être quelques minutes avant… Après, il faudra attendre qu’ils s’endorment.

N’oublie pas une chose, si on te pose des questions, nous sommes là-bas pour des raisons de politiques. Tu n’es pas censée les connaître exactement.

Et une dernière chose… »


Le regard de Lyan se teinta d’amertume.

« Quand on sera là-bas … Méfie-toi de tous le monde. N’accepte pas de nourriture, même si c’est joli bol de lait fraîchement tiré. On pourrait t’empoisonner, ou te droguer pour obtenir des informations. »

Il se tut et haussa les sourcils, lui demandant silencieusement s’il avait des questions. Bienvenue dans son monde petit chat. Apparence serait le maître mot.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Mar 27 Oct - 13:09

[Tu me dis si ça va pas uu]

Mouhaha. Lyan le magnifique avait admis sa défaite, c'était un grand pas pour l'humanité !
Loïs ne vit pas le trouble du perdant, trop occupé à engloutir tout ce qui lui passait sous la main, tel l'ogre insatiable qu'il était au réveil. Et à tous les autres repas. Puis le jeu fut terminé, comme l'on balaie les gamineries pour en venir aux choses sérieuses, aux choses d'adultes, aux choses déplaisantes.

Loïs s'assit en tailleur sur le lit, une brioche dans la bouche, pour écouter les instructions de son supérieur, hochant la tête de temps à autre. Un incendie ? Des meurtres ? Cela risquait d'être une mission un peu plus mouvementée que les précédentes. Il remarqua que Lyan était bien plus grave que d'ordinaire, et cela avait certainement un lien avec la déprime de la veille. Il ne semblait pas particulièrement réjoui et cette demeure familiale ressemblait plus dans son imagination à une jungle hostile qu'à un doux berceau d'enfance. Lorsqu'il eut terminé, le garçon aux cheveux noirs hocha une nouvelle fois la tête et répondit simplement :

-D'accord. Il faudra que tu me montres l'endroit où se trouve le bijou avant la réunion.

Il fila ensuite dans sa chambre pour remettre ses chaussures, tenter vaguement de défroisser son costume bleu, avec lequel il avait dormi, et passer ses doigts dans ses cheveux pour avoir l'air présentable. Le résultat fut jugé convaincant ; il fourra dans ses poches les quelques accessoires qu'il avait emportés, et rejoignit son patron pour le départ.

Ils quittèrent l'auberge à cheval ; l'après-midi était bien avancée. Lorsqu'ils trottaient vers leur nouvelle destination, Loïs put observer à loisir son compagnon, mais du coin de l'œil. Ce costume d'apparat lui allait bien, il avait l'air élégant des princes des contes de fées, des princes charmants qui allaient secourir leur demoiselle en détresse, perchée dans la plus haute tour des plus hautes tours du château. Mais il n'avait pas cet air joyeux et conquérant. Loïs fronça les sourcils en creusant dans sa mémoire, mais pas un traître mot de Lyan ne lui indiquait ce qui pesait sur son cœur. Il se dit qu'en même temps, Lyan avait très rarement l'air joyeux et conquérant. Mais il semblait encore plus renfermé que d'habitude, avec un air triste plus ou moins dissimulé...

Mais qu'est-ce qu'ils allaient lui faire, là-bas, hein ? En plus, il ne pourrait pas être là pour le surveiller. Voilà qu'il s'inquiétait à présent. La mission se compliquait, il allait falloir garder très discrètement un œil sur Lyan sans compromettre le cambriolage, dans un lieu inconnu. Il y aurait intérêt à ce qu'il touche une prime conséquente. Première paroles du trajet, il glissa :

-S'il y a un problème, tu m'appelles, hein. J'suis payé pour ça.

Le garçon aux cheveux noirs se doutait que la fierté du dirigeant empêcherait à jamais un tel geste, mais au moins il pouvait lui témoigner son soutien. Puis il reporta son attention sur la route : les premières maisons approchaient, et à quelques centaines de pieds se dessinait l'enceinte d'une fortification, de l'autre côté de la ville.

Cette nouvelle aventure risquait d'être assez pittoresque.

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Lyan Key Aleyna
Admin Sadique
Dirigeant de l'Île/ Membre du Conseil

Mister Ynis de l'Eté

avatar

Féminin Nombre de messages : 456
Age : 27
En deux mots : ~~ La fin justifie les moyens ~~
Date d'inscription : 26/03/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Lun 2 Nov - 23:38

La ville s’étendait sous les sabots de leurs chevaux et tandis qu’ils progressaient, les murmures s’intensifiaient. Etait-ce bien monsieur Lyan ? Personne n’osait le regarder attentivement, on ne faisait que jeter quelques coup d’œil à la dérobée. C’était monnaie courante en Essaline. Le bas peuple ne pouvait accéder aux hauteurs de ceux qui gouvernaient. Quant au prince, il gardait un visage fermé, son regard fier rivé droit devant lui. Son pays avait changé, il semblait appauvri, noirci. C’était à croire que la guerre ne l’avait pas épargné. Malgré lui, il se senti concerné.

Bientôt, Loïs et lui passèrent les murs de l’enceinte. Trois grandes bâtisses s’offrirent à leur vue. A droite, les écuries se dessinèrent. A gauche, l’humble bâtiment où les domestiques avaient pour habitude de dormir. Et en face, une immense demeure, presque un petit château. Ils mirent pied à terre en silence et quelqu’un accourut vers eux. Un jeune homme d’une vingtaine d’année portant la livrée rouge et noire des serviteurs de la maison. Derrière lui, une vieille femme courbée observait la scène d’un œil étrange.

- Monseigneur ! Quelle heureuse visite ! S’exclama le garçon.

Heureuse visite n’était pas le terme exact. Lyan ne prit pas la peine de répondre. Derrière lui l’horizon déclinait. Il n’accorda pas un regard à son propre valet, espérant qu’il se souviendrait des consignes. Le jeune garçon accompagnerait probablement Loïs aux écuries. Le prince pinça les lèvres. Il ne devait pas se soucier de ce qu’il adviendrait du félin. Il devait se concentrer sur sa propre mission.
Un bras le long du corps et l’autre replié noblement sur son ventre, il monta les marches qui le conduiraient chez lui. Le son familier de ses bottes sur la pierre l’engloutit totalement. Il redevint fils des terres d’Essaline. Il inclina légèrement la tête vers la femme.

- Lysen.

- Jeune maître.


Elle courba ses vieux os pour le saluer. Sa gouvernante.

- Veuillez m’annoncer.

Pas de tremblements dans la voix, pas la moindre hésitation.

- Bien sûr, monseigneur.

Elle le précéda. Lyan se perdit derrière la grande porte en bois, le coupant de Loïs pour un moment. Faîtes que tout se passe bien. La vieillarde eut l’obligeance de se taire. Elle connaissait fort bien les us et coutumes de la famille ainsi que leur goût pour le silence. Ils passèrent dans un petit salon où Swan, sa mère, discutait avec sa fille. La conversation semblait aller bon train, il s’agissait d’un mariage organisé par son père. Le fils prodigue n’attendit pas pour faire ressentir sa présence.

- Un mariage Sara ? Aurais-tu enfin empoisonné ton mari ?

La jeune femme le foudroya de ses yeux chocolat.

- Une de ses maîtresses s’en est chargée. Et nous nous sommes chargés de la punir convenablement. Mais tu comprends que par les temps qui courent, nous devons mettre toutes les chances de notre côté, et il semblerait que je sois désormais la seule à me préoccuper de notre pays.

S’il avait pu, il l’aurait étranglé sur place. Il imaginait bien refaire la décoration de la pièce avec ses entrailles. Au lieu de faire sentir son inimitié prodigieuse, Lyan lui sourit. De ce sourire qui glace et qui apparaît comme aimable. Brave petit garçon qui a bien apprit sa leçon. Leur mère fit cesser cette joute d’un regard.

- C’est un plaisir de te revoir Lyan. Quelle est la raison qui te pousse à nous honorer de ta présence ?

Ironie et rancœur enveloppé d’une voix sans émotions. Ah le cocon familial, quel bonheur.

- J’ai à faire avec Père.

S’il pouvait la faire écarteler. De toute manière, ces deux femmes n’avaient aucun intérêt.

- Monseigneur William Aleyna. Annonça une voix chevrotante.

- Lyan Key !


Le prince se retourna et fit face au père...



_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Jeu 5 Nov - 0:07

[Tu me dis si y'a un truc qui te plaît pas]


Loïs regarda partir son employeur avec une certaine appréhension. Cette grande bâtisse l'avala sans un bruit, comme un gros animal immobile, mais qui n'aurait pas l'intention de le recracher sans avoir broyé le moindre de ses os. Il plissa les yeux comme pour la défier, mais le jeune homme qui les avait accueillis lui adressa la parole :

-C'est par ici pour les chevaux. Comment tu t'appelles ?

Il eut un moment de trouble lorsque le garçon aux cheveux noirs tourna la tête pour lui faire face. Quel drôle de regard... des yeux de chat ? De quelle espèce était donc ce drôle de valet si jeune en livrée bleu clair ? Décontenancé, il prit le rêne d'un des chevaux et commença à l'emmener vers un bâtiment trapu sur leur droite, bientôt suivi par l'étrange bestiole.

-Loïs. Mais je t'autorise à me trouver un surnom. Ça fait longtemps que tu travailles ici ?

Ils pénétrèrent dans les écuries et conduisirent les montures vers un box libre, où attendait une paille fraîche et un abreuvoir tout propre. Depuis que j'ai huit ans. Et toi, ça fait combien de temps que tu sers Monseigneur Lyan ? Les deux serviteurs entreprirent de desceller les bêtes et d'ôter toutes leurs entraves. Quelques mois. Mais je le connais assez bien. L'ambiance n'a pas l'air géniale, ici, hein ? Une sangle, puis l'autre. Le garçon qui n'y connaissait pas grand chose mit un moment à comprendre comment desserrer tout ce bazar. Les maîtres sont très stricts. Et c'est sûr qu'on ne s'amuse pas tous les jours, dans la famille. Cela fait froid dans le dos quelquefois quand on les entend discuter. Est-ce que ton maître est toujours aussi... aimable ? Loïs sourit. Alors comme ça, t'étais déjà un grincheux avant de venir à Ynis.
Puis il réussit enfin à retirer la dernière boucle, et débarrassa le cheval de son harnais de cuir. Ouais, il s'est pas amélioré. Je fais ce que je peux pour le dresser, m'enfin ça marche pas trop. Cela fit rire le jeune homme, mais il s'arrêta bien vite en se demandant si cette outrecuidance n'était pas passible du fouet, ou de pire encore. Ce petit était bien sûr de lui. Ils prirent chacun une brosse afin de polir les animaux, et Loïs se dit qu'il fallait vraiment tout leur faire à ces foutus canassons, qu'ils n'étaient même pas fichus de se nettoyer tous seuls, et est-ce qu'ils ne voulaient pas qu'on leur chante une berceuse tant qu'on y était. Et tous les deux continuèrent à parler. Ne pas dire un mot, cela ne valait qu'en présence des maîtres, n'est-ce pas ?

Le damoiseau, qui se nommait Rind, lui proposa de lui faire visiter rapidement les lieux avant de retourner à ses propres tâches. Et sur le chemin, ils en vinrent à parler de l'enfance de Lyan, et Loïs apprit des choses que son nouvel ami aurait eu plus intérêt à ne pas divulguer. C'était là l'avantage des gens bavards.

-En fait, Monseigneur Lyan n'est pas un fils légitime de Monseigneur William.

Rah, c'était quoi cette manie de mettre des Monseigneurs partout ? Cette grandiloquence ne s'adaptait absolument pas à Lyan, d'après le point de vue de son employé préféré.

-Je l'ai appris de mon oncle, qui travaille ici depuis bien longtemps. Il a surpris une conversation. Il paraît que la vraie mère n'est plus de ce monde. Je me demande qui cela pouvait être.

-Ça veut dire que c'est pas un vrai prince alors ? C'est un demi-prince ? .__.

Ah bon. En fait, cela importait peu à Loïs lui-même, mais il savait que les humains accordaient grande importance à ce genre de choses. Ce qu'il comprenait assez mal étant donné que dans sa tribu, on avait rarement un partenaire fixe. Mais les crises de jalousie de Keith l'avaient empêché de commettre de tels écarts, et il avait finit par retenir que c'était très mal considéré dans les sociétés humaines.

-On peut dire ça comme ça...

Et, après un “à tout à l'heure peut-être” et un signe de la main, Loïs se retrouva seul avec ses réflexions dans une espèce d'antichambre réservée aux domestiques. Bon, qu'est-ce qu'il était sensé faire à présent ?

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Lyan Key Aleyna
Admin Sadique
Dirigeant de l'Île/ Membre du Conseil

Mister Ynis de l'Eté

avatar

Féminin Nombre de messages : 456
Age : 27
En deux mots : ~~ La fin justifie les moyens ~~
Date d'inscription : 26/03/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Mar 24 Nov - 17:52

- Père.

Lyan n’inclina pas la tête comme il aurait du le faire, ce qui n’échappa au regard acéré de son géniteur qui pinça les lèvres. Les deux hommes s’affrontèrent du regard un moment, se jaugeant mutuellement. Le saphir contre l’onyx.

- On dirait que mon fils est devenu un homme.


Un petit rire d’une perfection méprisante franchit le seuil des lèvres des femmes. Le prince les ignora.

- Nous avons à parler.

- Très bien.


Et sans plus de façon, les fioritures et les vains bavardages n’étant que pour les faibles ou pour les soirées mondaines, le père entraîna le fils dans son bureau. Pas un mot ne fut échangé durant le trajet dans les couloirs. Les domestiques saluaient poliment Lyan en inclinant la tête, ponctuant parfois leur geste d’un « monseigneur » mais sans jamais oser croiser son regard. La politique de la maison. Pas un mot non plus lorsque le père ferma la porte. Celui-ci ne reprit la parole qu’une fois assis dans un fauteuil pourpre.

- Je t’écoute.

- Je voudrais conclure une alliance avec l’Essaline.
Annonça Lyan tout en s’asseyant à son tour.

Sa voix ne tremblait pas, son regard ne faiblissait pas. Il fallait qu’il garde un contrôle absolu de son visage et de ses gestes. Que rien ne le trahisse. Absolument rien. La moindre marque de faiblesse signerait son échec. William arqua les sourcils, un trait que son fils lui avait emprunté. Il répondit néanmoins d’une voix calme et mesurée.

- Il en est parfaitement hors de question. Qu’est ce que ton île pourrait bien avoir à nous apporter ? Ce serait un poids mort dans cette guerre.

- Nous possédons des informations, une force magique d’exception, et…

- Ahahah.. Nous ? Nous, Lyan ? Tu emploies un nous ?


Lyan pinça les lèvres. La froideur de son père était plus accentuée que dans ses souvenirs. C’était une morsure douloureuse. Mais bien plus que sa voix, c’était son regard qu’il lui devenait difficile de soutenir. Un regard de fer, incapable du moindre compromis. Le regard d’un chef qui n’acceptait rien et qui prenait tout. Il dominait simplement, sans le moindre effort, écrasant Lyan, lui faisant ressentir toute son insuffisance.

- Aurais-tu oublié où est ta véritable place mon fils ? Notre pays est en guerre et toi, tu te soucies plus d’une île étroite sans grand intérêt et dont les habitants ne savent rien faire d’autres que se cacher et fuir ? Tssss. Que tu m’aies désobéi par besoin de t’affirmer passe encore, mais que tu me demandes mon aide parce que tu n’es pas capable de te débrouiller seul ! C’est pathétique.

Il n’avait pas pris la peine de hausser le ton ou de paraître contrarié. Il n’avait pas même eu cet égard. Lyan frémit. Toute son enfance était là. Il se leva et siffla entre ses dents.

- J’espère que tu seras à même de conduire l’Essaline à la victoire.
William rit. Lyan se sentit bouillir de colère, il serra les poings et inspira profondément, le plus doucement possible pour que cela ne soit pas entendu. Il devait absolument reprendre le contrôle ! Alors, il se força à afficher un visage serein, se para même d’un sourire suffisant et reprit.

- Si tu permets, je souhaiterais me retirer dans mes appartements maintenant. La route a été longue et demain elle le sera également. J’ai d’autres pays à voir, des alliés à informer.
Le pic était subtil et fut reçu avec adresse.

- Nous feras-tu l’honneur de ta présence à dîner, mon fils ?

Il ne perdrait pas la face.

- Ce sera un plaisir d’être en votre compagnie ce soir. Père.

- Lyan Key.


Ils se saluèrent sans plus de façon. Le prince dut se faire violence pour ne pas claquer la porte, pour garder un pas calme et mesuré en sortant. Ne rien laisser paraître. Ne rien laisser paraître. Ne rien… Les escaliers. Il allait lui faire payer. Il allait gagner ce petit jeu sordide dans lequel il l’avait entraîné enfant. Il se débarrasserait des chaînes que son père lui avait mises. Un couloir. Et le vieux ne s’en remettrait pas. C’est la porte de ses appartements qu’il claqua avec fureur.

Il croisa son reflet dans un miroir et l’examina attentivement. Ses traits étaient déformés par la frustration et la rancœur. Il donna un grand coup dans la glace. Un coup de pied, il n’allait tout de même pas s’écorcher le dos des mains, cela ne serait pas passé inaperçu ici.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loïs Lleweyn
Voleur
avatar

Nombre de messages : 391
Age : 25
Localisation : Sous ton lit :3
En deux mots : Moi vouloir être chaaat ~
Date d'inscription : 12/07/2008

MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   Ven 4 Déc - 18:16

“Alors tu montes l'escalier, tu prends à droite et puis... second couloir... escalier... à gauche...” Les humains aimaient bien les trucs compliqués. Il allait pouvoir s'amuser à se perdre encore une heure ou deux, et puis il pourrait peut-être, s'il n'était pas mort de faim d'ici là, retrouver Lyan et les informations nécessaires à sa mission.

Tout d'abord, la chambre du couple dominant. S'il ne pouvait songer à la visiter, une petite promenade dans les couloirs attenants ne ferait de mal à personne. Il repéra les issues, le trafic de serviteurs, de gardes, les refuges possibles. Rien de bien compliqué, en somme. Puis il rôda autour des grands salons, des cuisines et de tout ce qui revêtait une certaine importance au sein du domaine.

Il se demandait combien de temps restait avant le dîner, comme le lui avait dit son cher et tendre, car ils auraient peut-être l'occasion de se voir un petit peu. Il n'avait d'ailleurs pas eu de nouvelles de lui...

Quelques minutes plus tard, Loïs finit par un quelconque miracle par se retrouver devant “les appartements de Monseigneur Lyan”. Il gratta doucement à la porte, avant de se faufiler à l'intérieur et de refermer derrière lui. C'était une espèce de grande suite. Le Patron était déjà là, et...
Le garçon eut un soupir inaudible. Mais qu'est-ce qu'ils lui faisaient dans cette famille ?

Il alla se percher sur un fauteuil un peu plus loin sans mot dire, et passa ses bras autour de ses genoux en l'observant. La tension qui émanait de lui lui hérissait presque les poils. Il savait bien que le prince n'était jamais content, mais de là à se mettre dans un tel état... les débris du miroir gisaient sur le tapis comme avait volé en éclats son masque habituel.

Bon, au moins, il était toujours vivant.

...câlin ? Non, pas câlin. S'il veut un câlin, il viendra tout seul. Sauf s'il se met à avoir l'air triste comme hier... bon, on verra.

-J'ai commencé à me promener un peu dans le château.

Il pencha la tête sur le côté comme pour considérer Lyan sous un angle différent. A tous les coups, s'il essayait de lancer la conversation, il allait se faire jeter sans prendre de gants. Lui demander comment s'était passée l'entrevue familiale aurait été parfaitement inutile. Alors il attendait sans trop savoir que faire ou que dire, jusqu'à se balancer légèrement d'avant en arrière...

Allez patron, ça va aller.

-Nous n'allons pas rester longtemps de toute façon, n'est-ce pas ?

_________________

Avatar by Karineko
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ghost-stories.forum-actif.net/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Petites confidences à mon patron   

Revenir en haut Aller en bas
 
Petites confidences à mon patron
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pierre Léger patron du Sud traverse l'Etang de Miragoane à dos d'homme
» PETITES COURGETTES RONDES FARCIES AUX PIGNONS DE PINS
» Petites interviews des patrons des chaînes
» Hedi Annabi nouveau patron de la Munisthah en Haiti.
» Petites Devinettes...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ynis Witrin v3 :: ~.*.~ Le Continent ~.*.~ :: Le reste du Continent-
Sauter vers: