Ynis Witrin v3

Les armées démoniaques assiègent le Continent, mais une île résiste toujours
 
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 -Brasero- Dan [Le Phare]

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Stellae
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En deux mots : Déesse du temps et des Etoiles, Protectrice d'Ynis Witrin
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MessageSujet: -Brasero- Dan [Le Phare]   Mar 24 Juin - 23:22

Namibe Stark a écrit:
La Lune dansait avec une volupté unique. Elle se gondolait sous la chaleur du brasero qui la soulignait. A une telle hauteur, et à cette heure, on avait presque l’impression que c’était elle que l’on cherchait à faire cuire. Ça n’était pourtant pas le cas. Car sur le brasero était disposé un large récipient en bronze. Dans ce récipient, on avait mélangé de l’eau et du miel roux, que l’on faisait à présent bouillonner à feu très doux. L’odeur de cristal qui s’en élevait semblait se coller à la pierre comme une glue, comme un verni gourmand.

Elle n’en était qu’à la toute première étape de sa recette, mais déjà l’alchimiste voyait dans ce liquide ambré naître l’or espéré. Namibe se tenait droite, assise sur une corniche. Elle était à une hauteur considérable, mais le vertige lui avait toujours été étranger. Une jambe balançant dans le vide, elle avait égaré son regard écarlate dans les alentours de cette lune pleine et neuve. L’air était chaud, d’autant plus à proximité du brasero. Aussi n’avait-elle revêtu qu’un pantalon de lin blanc et simple, noué sur ses hanches avec négligence, et une tunique de lin, blanche également, cintrée par une écharpe de laine rouge. La tenue était rudimentaire et faisait ressortir le caractère profondément puéril du corps de Namibe.

Elle semblait tendue, comme dans l’attente de quelque chose. Trois semaines s’étaient écoulées depuis son départ d’Ynis. Ses blessures n’étaient plus que cicatrices, et il n’en restait pratiquement aucune douleur, si ce n’était une vague gêne dans certaines positions. Elle avait recommencé à s’entraîner, aidée par Obb. Les résultats n’avaient guère été brillants jusqu’à cette dernière semaine. Elle avait alors commencé à faire d’énormes progrès, qui l’avaient elle-même plutôt surprise. Il fallait avouer que le monstre était un adversaire de taille, et qui ne laissait rien passer… Mais c’était finalement ce qu’il fallait à la jeune femme pour se refaire une santé. Elle renouait avec la femme qu’elle avait été il y avait de cela des mois et des mois… ce n’était pas de son voyage pour sa cité, que Namibe devait se remettre, c’était de son premier départ de celle-ci, avant même d’avoir mis les pieds pour la première fois sur Ynis.

Cette remise en forme la confortait dans sa décision de quitter Ynis. Etait-il normal d’avoir à se remettre d’une vie soi-disant saine ? Il y avait bien quelques petites choses qu’elle allait regretter. Quelques petites personnes, telles que Fenrir, Cronos… Et Dan. Que des hommes dans cet univers de paix et d’amour dégoulinant… Cette idée fit sourire Namibe. Mais son sourire s’évanouit lorsqu’elle se demanda ce qu’ils avaient bien pu devenir… Etaient-ils seulement encore en vie ? Cronos avait peut-être déclanché de nouveaux incendies, et s’était consumé avec le misérable sous-bois qui avait pris feu… Fenrir… Fenrir s’était peut-être perdu dans une chasse au-dessus de ses moyens… Et Dan, que devenait-il ? Cela ne faisait que trois semaines qu’elle l’avait quitté, trois semaines depuis qu’elle lui avait laissé cette lettre… L’avait-il lue ? Elle se demandait en fin de compte si elle avait bien fait de la lui laisser, ce jour-là… Pourquoi n’était-elle pas simplement partie comme elle comptait le faire ?

Namibe était une bien cruelle femme, décidément.

De toutes façons, l’homme était sage : la nuit était bien avancée déjà, et il n’était pas venu. Elle n’en méritait pas plus. Rien de plus que l’absence. Après tout, n’était-ce pas elle qui l’avait suscitée ?

Avec un soupir, elle s’étira puis releva ses jambes pour les faire passer de l’autre côté du rebord. Elle se remit sur pied, dans la tour, et fit quelques pas en direction du brasero. S’emparant d’une cuiller en cuivre également, elle ôta l’écume de sa mixture avec un sourire satisfait. La couleur était très à son goût, plus rousse qu’elle ne l’aurait été avec du miel blanchi. Fourrageant sans y prêter un regard dans le sac qui gisait non loin, Namibe en sortit une sacoche où se trouvaient de nombreuses fioles. Elle en ouvrit plusieurs, ce qui dégagea un savoureux bouquet d’odeurs, et en déversa un peu du contenu à main levée. Des épices. Les meilleures. Elle ferma les yeux pour humer le délicieux fumet de cet or liquide. Car or il allait devenir, n’était-ce pas a principale occupation des alchimistes, depuis les temps immémoriaux ? Namibe, elle, faisait cuire de l’eau et du miel… et d’ici quelques temps, cette eau et ce sucre allaient avoir emplit ses poches d’un or bien tintant.

L’hydromel se vendait drôlement bien.

Un nouveau soupir et elle se releva, elle devait encore laisser cela cuire un peu, avant de le récupérer. Elle fit quelques pas autour du brasero, ses pieds nus soulevant des nuages de poussière et de terre que le vent avait amené jusque là haut, puis à nouveau son regard se porta sur cette Lune. Il n’était pas venu, alors…

« Dommage » susurra-t-elle à la nuit.

Elle alla s’asseoir plus loin, dans le fauteuil poussiéreux et taillé dans la roche d’un vieux guetteur qui avait dû mourir depuis des décennies. Elle s’y tint en tailleur, la joue appuyée au creux de sa main. Elle attendait. Elle n’attendait plus Dan, elle attendait la fin de la cuisson.


Dan Ryu a écrit:
Une lune avait passée, pourtant Dan ne s'était pas préparé. Il hésitait encore à la rejoindre... Il relu pour ce qui lui paraissait la centième fois la lettre qu'elle lui avait laissé. La lune montante éclairait les mots, bien qu'il n'en avait nullement besoin. L'émotion le gagna une fois de plus, au fil des mots. Quel idiot avait-il pu être. Continuerait-il à s'en mordre les doigts?

Elle avait raison à propos de la Guilde des Chevaucheurs: il lui manquait ce lien indéfectible, cette chose qui les lieraient tous. En tant que Maître, il s'acharnait à vouloir le faire naître, mais cette guilde était encore bien jeune. Il lui restait beaucoup de chemin à parcourir, peu de temps pour y parvenir. De plus il avait perdu son aide la plus précieuse... et gagné de la tristesse. L'absence de Leïa, sa fille qu'il ne voyait grandir... Il avait compensé par la présence de l'alchimiste, qui lui apportait tant. Maintenant qu'elle était partie... Irait-il la rejoindre? Bafouerait-il son serment envers Leïa encore une fois? Elle même n'avait-elle pas bafoué leurs sentiments? Il serra un poing et frappa la balustrade du balcon de chez Leïa, provoquant un bruit sourd. Son regard se fit dur, aussi dur que sa volonté: le ciment qu'il fallait à cette guilde, il le deviendrait. Jamais les Chevaucheurs ne failliraient, l'île serait protégée. Même s'il n'y sentait que peu d'attache. Namibe pensait que Stellae s'était trompée, mais Dan savait que non. Il ne pouvait dire pourquoi, mais il le savait. Il était sur Ynis par la volonté de la déesse et y obéirait. La petite voix dans sa tête avait finit par le convaincre. Il avait longuement résisté à ses arguments, pour finir par s'avouer qu'elle avait raison... Il s'accouda, posant la tête dans ses mains et soupira avec force.


*Namibe...*

L'alchimiste avait cette idée fixe, d'être une arme, un objet. Toujours, le cavalier du désert l'avait refusé. Et aujourd'hui il regrettait. Elle se vouait à lui comme lui-même se vouait à Stellae. Dan la voulait comme arme, son arme. Malgré tout les sentiments qu'il avait et l'effroi qu'il ressentait à l'imaginer blessée... Il la voulait comme son arme. Et se détestait pour cela. Une telle possession, la considérer comme un objet.



~Dan, qu'attends-tu? Ta volonté ne peut dicter à ton cœur. Et ton cœur est essentiel dans cette bataille.~

~Maître humain rejoindre celle qu'il désire. Ça être seule vrai solution.~


Il sourit, amusé. Depuis le temps il avait apprit à vivre avec ces échos dans la tête. Et à avouer qu'elles sondaient le plus profond de son âme. Sa décision était prise.

*Amènes toi Shad*

Il sauta de la rambarde, ayant toute confiance en le gros lézard pour le réceptionner. Il sentit les dures écailles entre ses cuisses, une habitude maintenant, avant même de sentir le sol. Shad avait sauté pour l'attraper au vol. Dans la nuit, elle se déplaçait avec une célérité incroyable, sa limite n'étant que son champ de vision, les ombres vivant partout. En quelques instants il était à la cabane du vieil homme, maintenant son meneur préféré. La vieille carcasse rechigna un moment mais devant l'insistance du jeune Maître Ryu, il mena pour lui la barque de l'autre côté des brumes. Avec un furtif remerciement et aucune explication, Dan et Shad disparurent, fonçant vers le phare à cette vitesse vertigineuse. Il n'eut pas le moindre besoin d'escalader les marches une fois que la tour lumineuse fut en vue, son Coursier se glissant dans une ombre du brasero, au sommet. Dans aucun autre bruit que celui du froissement de ses vêtements, Dan s'approcha du petit corps blottit dans son fauteuil, ce corps qu'une partie de lui-même désirait ardemment. Une partie seulement.

"Bonsoir... Namibe. Désolé je suis un peu en retard, j'ai eu un peu de mal à me décider. Mais je suis là, finalement. Ta lettre m'a... touché je dirais. Et... je suis vraiment content de te revoir."

Il avait conscience de la bouffée d'émotions qui tentait de s'emparer de lui, mais se contrôlait maintenant facilement. Il avait bien vieillit, finalement. L'enfant avait finit par laisser sa place à l'homme.

Namibe Stark a écrit:
Les yeux plongés dans la danse des flammes, Namibe laissait les minutes s’écouler comme du sable. L’odeur du miel embaumait le phare d’une douceur moite… Elle le rendait confortable, plus chaud. Elle s’y sentait mieux, plus à l’aise, comme dans un intérieur intime et cossu. Elle ne s’attendait pas à ce que Dan arrive, désormais. Le temps avait passé, et le chef des Chevaucheurs ne viendrait pas. A présent, elle en était sure…

Des minutes passèrent, encore… Peut-être même encore une heure ou deux. Mais à un moment donné, quelque chose changea. Dans sa tête, un murmure… Elle avait pourtant commencé à s’habituer au calme. Mais quelque chose intervint contre ceci. IL EST LA, dit la voix du reptile… Un froissement d’étoffe vint souligner ceci. Je sais, répondit-elle. Ne viens pas, va donc chasser et laisse-nous en paix.

Namibe redressa paresseusement la tête pour observer l’homme. Dorénavant, l’homme n’était plus rien pour elle, et il allait être difficile pour elle de s’y faire. Elle ne savait même plus s’il devait être son amant où s’il devait rester pur. Elle ne savait plus rien. Alors elle se contenta de le regarder en silence, souriant avec douceur. L’odeur agréable du miel bouillonnant, les douces lumières qui ondulaient sur le visage de l’homme… Elle savourait simplement l’instant. Elle s’appuya à l’accoudoir opposé à Dan, et posa son regard sur lui avec calme. Elle ne laissa rien transparaître de sa surprise, elle qui ne l’attendait plus. Et pourtant, elle avait peine à y croire. Elle prit une profonde inspiration pendant qu’il lui parlait. Finalement, elle croisa ses jambes et regroupa ses genoux contre sa poitrine. Alors qu’il lui parlait, elle étira son dos, déplia lentement ses jambes, puis posa ses pieds nus sur le sol pierreux. Le fauteuil était trop grand pour elle, mais elle ne semblait pas s’en formaliser. Tout avait un peu été trop grand pour Namibe, finalement. Même Dan.

Elle ferma les yeux, fronça les sourcils. Elle l’avait ému ? Etait-ce bien ce qu’il venait de lui dire ? Elle ne s’y était pas attendue. Ca n’avait pas été la raison pour laquelle elle lui avait écrit cela. Les yeux toujours clos, elle pinça ses lèvres. Pourquoi… Pourquoi lui avait-elle demandé de venir, en fin de compte… ?
Elle rouvrit finalement ses yeux rouges et les braqua sur lui. Elle garda le silence encore un peu, puis lui tourna le dos sans un mot et se rendit auprès du brasero. Empoignant l’écumoire, elle ôta avec des gestes doux la mousse qui s’était formée à la surface, purifiant ce liquide d’or. Finalement elle s’assit en tailleur, à même le sol, et releva un visage hésitant vers Dan. « C’est pour discuter que tu es venu, alors… »

Elle ferma de nouveaux les yeux, un sourire énigmatique étirant alors ses lèvres. Juste pour discuter. A quoi est-ce que tu t’attendais, idiote ? songea-t-elle. Le sous-entendu était flagrant tant dans le regard qu’elle posa alors sur lui que dans son sourire… Puis elle prit un air d’excuse et haussa les épaules. « Excuse-moi… Oublie ce que je viens de dire »
Elle étouffa une légère quinte de toux dans son poing, puis le quitta des yeux pour observer la Lune. Elle lui avait déjà tout dit… Qu’est-ce que Dan pensait de son départ… Ca elle ne le savait pas. Elle reporta son regard sur lui, un regard intense, silencieux et calme. Ses cheveux en bataille tombaient autour de son visage, ses bras étaient appuyés à la pierre, en arrière… Elle déplia ses jambes et attendit, crispant ses orteils sur les reliefs du sol irrégulier.


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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Ven 11 Juil - 3:00

La déclaration de Dan faite, il attendait la réaction de Namibe. Qui ne fut pas celle qu'il aurait cru. Plutôt que d'entamer la discussion, elle garda les lèvres closes. Même si son regard était intense. A ce moment là, il n'aurait pu dire ce qu'elle avait à l'esprit. Le mystère planait pour Dan qui se contenta d'observer et d'attendre. Elle alla l'occuper de son nectar comme si de rien n'était, une sorte d'insolence qui lui allait si bien. Il garda le silence, ne sachant pas vraiment à quelle sauce il allait être mangé. Les réactions de Namibe avaient toujours eu ce brin de mystère pour lui. Parfois il les savourait, parfois il rageait. Pour le moment il était partagé quelque part entre les deux. Elle s'assied de nouveau et joua une fois de plus avec les nerfs à vif de l'homme.
Discuter! Elle lui avait demandé de venir et elle lui reprochait de ne savoir pourquoi il était là. Elle était d'un culot tout à fait impressionnant. Il eut le souffle coupé face à une telle insinuation. Cette femme avait le don de réveiller en lui les pulsions les plus puissantes. Des excuses qui sonnèrent faux, presque comme une moquerie, pendant que Dan luttait intérieurement.
Il n'avait maintenant plus aucun remord vis à vis de Leïa dont il sentait la relation terminée. Elle avait sans doute été consumée par sa propre passion. Mais cela ne lui importait plus. Il ne voyait maintenant plus que ces yeux rouges sang qui le perçait comme une flèche enflammée, le brûlant avec vice et délice. Tout dans l'attitude de la jeune femme visait à le provoquer, il le savait. Ce n'était pas la première fois qu'on portait sur lui ce genre de charme, mais il avait toujours su rester maître de lui-même. Aujourd'hui la femme au corps d'enfant faisait de lui l'esclave de la chair et cela lui posait une dualité. L'envie de se jeter sur elle et de la prendre dans ses bras contre l'éducation qu'il avait reçut. Oh il n'avait aucun problème contre les plaisirs de la chair mais n'acceptait pas d'y être pousser par ses propres pulsions.


~Pourquoi veux donc tu toujours tout dominer?~

*Les relations dans lesquelles je me suis abandonné n'ont fait que me décevoir, me faire souffrir. Pourquoi recommencer, si ce n'est que pour avoir plus mal?*

~Parce que être heureux signifie avoir connu le fait d'être malheureux. Dan, tu dois apprendre à accepter que les choses se passent, comment elles se passent. Réagir en conséquence et pas vouloir décider de ce qu'elles seront. Laisses toi guider dans le chemin de Stellae. Tu souffriras, tu sauras heureux... laisses la guider ta vie. Vie le aujourd'hui comme un cadeau, il est ce qu'on appelle le présent.~


Ne pas dominer les choses. Etre en harmonies avec elles. Se laisser emplir pour ensuite savoir se contrôler. De vieilles leçons qui lui revenaient quand la paix intérieur lui dénouait l'estomac. Namibe le regarda, toujours si belle, comme dans l'expectative. Il était toujours autant attiré et ses pulsions étaient vivaces, mais il savait maintenant quoi en faire et ne pas se laisser emporter par le courant. Etre le courant.
Il fit un pas rapide en avant pour attraper Namibe par le col avec force, la soulevant du sol comme un fétu de paille de sa seule main droite avant d'enrouler son autre bras autour de sa poitrine pour que la douleur d'être soulevée ne soit que fugace et ainsi agréable. Leurs visages maintenant assez proches pour sentir la chaleur de leurs respirations, Dan la regarda avec passion féroce.


"Je crois qu'il est maintenant temps de laisser parler nos corps."

Il passa sa main libre dans les cheveux blancs neige et serra, avec une force mesurée pour ne pas lui faire mal, simplement éveiller l'agréable sensation d'un cuir chevelu étiré. La main ferme, il approcha le doux visage portant cette nouvelle cicatrice du sien, le blanc contrastant le mat, et n'arrêta que lorsque les petites lèvres de la femme effleurèrent les siennes.
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Namibe Stark
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Ven 11 Juil - 19:06

    Il ne lui répondait pas. Alors elle l’avait mis si mal à l’aise que cela ? Fronçant les sourcils, elle reporta son regard sur le brasero, humant l’odeur suave du miel en train de bouillir. Finalement, avec un soupir inaudible, ses yeux se promenèrent jusqu’au visage de Dan. Observatrice, il ne lui fallut pas un instant pour se rendre compte de ce qu’il se passait. Il avait une « conversation » intérieure. Avec Shad, supposa-t-elle. Celle-ci devait être sage, et conseillait sans doute à l’homme de se montrer prudent avec Namibe. Elle n’aurait eu que trop raison de le faire. Finalement, qu’il ne lui réponde pas arrangeait grandement Namibe. Elle n’aurait jamais dû laisser les choses aller si loin. Jamais, depuis leur premier baiser, elle n’aurait du se montrer si faible et esclave de ses sens. Elle avait beaucoup d’admiration pour le combattant et le chef qu’était Dan. Sans doute avait-elle même une certaine forme de tendresse pour lui… Mais ils étaient aussi différents que le jour et la nuit pouvaient l’être… Et elle avait peur que sa nuit n’assombrisse trop le jour de l’homme. Il était pur et méritait bien mieux que la souffrance que promettait une telle relation. D’autant plus après la délation de Leïa.
    Avec un sourire soulagé, finalement, d’avoir trouvé en elle la force des propos qu’elle allait proférer, elle prit une inspiration. Elle allait s’excuser, sincèrement cette fois, et rassurer Dan… Elle ne le détruirait pas.

    Mais il se passa alors une chose qui la prit de court… Sans qu’elle n’ait rien vu venir, Dan l’agrippa par le col pour la remettre sur pied. Ce geste réveilla le souvenir cuisant de la gifle qu’il lui avait assénée pour ce misérable moineau, aussi crispa-t-elle sa mâchoire avant de sentir le bras de l’homme la soutenir avec douceur. Le visage de Dan au raz du sien, elle le recula un peu, appuyée de ses deux mains sur la poitrine de l’homme, les pieds trop loin du sol pour qu’elle ne soit vraiment confortable. Elle l’observa sans un mot, la curiosité et la stupeur luttant avec le rouge de ses yeux. Ce qu’il lui déclara alors était à des lieues de ce qu’elle avait l’intention de lui dire… Mais ça la séduit également trop pour qu’elle n’ose dire quoi que ce soit. Il la surprenait à chaque fois et elle aurait été une menteuse que de dire que cela n’était pas fait pour lui plaire. Aussi renversa-t-elle un peu son visage avec un très mince sourire, se demandant encore ce qu’il allait bien pourvoir se passer. Agrippant ses cheveux, il la rapprocha. Là encore, elle se laissa faire, jusqu’à ce que leurs lèvres soient suffisamment proches pour s’effleurer. Alors Namibe recula à nouveau pour lui jeter un dernier regard, avant de se laisser aller à un baiser. Dan était l’alliance de la douceur et de la violence, et Namibe y trouverait bien son compte. Finalement, il lui semblait bien que lui aussi aurait à trouver son compte dans la personnalité ombrageuse de Namibe…

    Avec un soupir, elle retint les lèvres de Dan entre ses dents, avant de resserrer ses jambes autour de la taille de l’homme. Ainsi agrippée, la position lui était plus évidente. Se cambrant un peu, ignorant la plainte sourde des coups de fouets qui venaient tout juste de cicatriser, elle glissa l’une de ses mains dans la nuque de l’homme, et de l’autre s’accrocha à son épaule. Elle devait alors lui sembler plus légère. Il était grand, mais elle l’escaladerait facilement, si c’était nécessaire. Elle se suréleva même, le regardant ainsi d’un peu plus haut.

    Namibe retrouvait la sensualité qui était sienne par le passé. Lorsque dans la guilde elle jouait avec ses frères, lorsque certains soirs, elle était pressée par Daeniel de lui offrir ses soins... Dan avait éveillé quelque chose qu'il n'avait sans doute pas soupçonné... Mais ce qu'il avait éveillé plaisait à Namibe, comme si elle se sentait soulagée de voir cette partie d'elle encore vivace. Il était temps pour Dan de faire connaissance avec son ex-bras droit.


    « Dan… »
    Elle lui sourit avec beaucoup de douceur, un sourire qu’elle n’était pas sure de lui avoir déjà adressé par le passé. Elle n’était plus son bras droit, et pourtant, la présence de Dan lui était un baume… Un instant, elle eut presque l’impression de regretter son départ…
    Elle se pencha à son oreille et lui glissa, de sa voix grave :
    « Tu es bien sur de vouloir cela ? »
    C’est dans cette position qu’elle attendit une réponse, sa tempe contre celle du combattant, ses mains lui pressant le dos avec insistance…


Dernière édition par Namibe Stark le Ven 11 Juil - 23:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Ven 11 Juil - 22:25

Au début elle résista, il le sentit. Comme une hésitation. Etait-ce de la surprise? Dan avait l'habitude que les gens prennent souvent ses réactions pour des bizarreries. Ainsi il ne releva pas, surtout quand elle commença à se prendre au jeu. Tout d'abord un sourire, un dernier recul, puis la douceur de ses lèvres. Le contact lui fit naître de nouveau des délices, ceux qu'il avait connu en l'embrassant pour la première fois. Mais cette fois-ci il pouvait s'y laisser entièrement. Certains disaient que le second baiser était toujours meilleur que le premier. Ce fut le cas pour Dan cette fois-ci. Il enfonça ses ongles dans la chair blanche du dos de la jeune femme quand elle lui mordilla les lèvres, répondant à son animalité. Elle était tellement légère qu'il ne sentait presque son poids. Juste l'agréable chaleur de son corps contre le sien. Les délices de la passion qui s'éveillait en lui. Dans la position qu'il prenait, dans l'exactitude de ses gestes, il sentait l'expérience de Namibe dans ce domaine. Lui-même avait été bien éduqué dans ce domaine lors de son adolescence. Des caresses savantes s'annonçaient.
En un instant elle parue transformée. Comme plus ouverte, plus honnête. Sûr de ce qu'il voulait? Dans son ton, sa question, il ressentait son inquiétude. Inquiète pour lui. Il laissa un court instant le plaisirs de cette révélation parcourir ses nerfs avant de la rassurer.


"Namibe, je crois que tu me surestimes. Tu es chaotique et n'a rien à voir avec un ange. Mais cela ne me déplais pas. Dans ta lettre tu avais peur de me souiller. N'ai pas cette crainte. Stellae nous guide et m'a mené vers toi. Peut-être cela ne signifie pas grand chose pour toi, mais moi j'ai confiance. J'ai toujours su ce que je voulais. La question était simplement de l'accepter."

Lorsqu'il eut terminé il la serra avec force, l'étouffant peut-être sous la force de ce qui se passait entre eux deux. L'une de ses mains simulait des griffures de félins sur le dos de la jeune femme, les caresses expertes de Dan s'ouvrant dans un bal d'ivresse. Tout en continuant, il lâcha dans un souffle.

"Et toi Namibe, es-tu sûr de vouloir de moi? Ou bien être à moi?"

Etre à lui. Il pensait comprendre. Lui avait offert sa vie au Aleyna et à travers elles à la Déesse pour enfin combattre dans un idéal plus fort que lui ne l'était. Il avait trop longtemps été une lame sans propriétaire, errant sans but. Peut-être était-ce qu'elle voulait de lui. Aujourd'hui pour la première fois il se sentait près à accepter une telle chose. Si c'était toujours ce qu'elle voulait.
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Namibe Stark
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Ven 11 Juil - 23:42

    La tempe toujours plaquée à celle de Dan, elle sentit sa respiration s'accélérer sensiblement. Lorsqu'il lui répondit, après un court silence, ses entrailles se nouèrent. Stellae n'avait jamais convaincue Namibe, mais elle était heureuse qu'elle ait convaincu Dan... Elle qui était pourtant entêtée, il avait suffit qu'il lui dise qu'elle ne le souillerait pas pour qu'elle ne s'en fasse plus. Elle soupira, le nez toujours enfouis dans les cheveux de Dan. Elle savoura son odeur âcre et sa puissance. Il la serra dans ses bras, ce qui en devenait presque douloureux bien que délicieux tout à la fois. Elle ne résista pas à cette étreinte, et au contraire s'y abandonna, souple. Il en fallait plus pour briser Namibe... En réponse, elle laissa son souffle effleurer le lobe de l'oreille de Dan, jusqu'à ce qu'à nouveau, il reprenne la parole. Alors elle se figea, soudain plus contractée. Elle marqua une pause durant laquelle un frisson lui parcourut l'échine. Cette fois, elle s'écarta davantage de lui et, sans le moindre mot, l'observa durant de très longues secondes. Que voulait-il dire par là ? Dubitative, elle plissa ses yeux écarlates et entrouvrit la bouche, comme pour parler. Alors il finissait par accepter cela… ? Qu’elle lui appartienne, comme cela aurait dû être le cas dans la guilde… Qu’elle lui appartienne, qu’elle soit à lui comme elle l’était à Daeniel, comme à ses frères… Dan voulait-il réellement qu’elle lie son âme à la sienne ? Est-ce qu’il était conscient de ce que cela avait de signification pour Namibe ? Elle déglutit, hésitante. Elle avait quitté Ynis…
    Finalement, elle l’étreignit avec force, et lui vola un baiser… Mais cela n’était pas gage de joutes à suivre, puisque dans l’instant, elle défit l’étreinte de ses jambes pour se glisser le long du corps de Dan, jusqu’à ce que ses orteils effleurent le sol pierreux. Là, elle s’éloigna de lui, à reculons, sans le lâcher des yeux. Elle s’arrêta à temps en sentant la chaleur du brasero lui effleurer les chevilles. Sans esquisser le moindre geste, alors, elle baissa la tête. Des mèches blanches se glissèrent en cascade sur son visage pour le masquer en partie. Elle s’écoulèrent ensuite sur le côté lorsqu’elle le redressa, les sourcils froncés et un mince sourire sur les lèvres.


    « Tu voudrais me… tu voudrais que je sois tienne ? » Elle semblait très émue. Ses yeux, d’ordinaire plein de vie et toniques, étaient alors plus… éteints. Quelque chose hantait Namibe. Elle regarda sur le côté, puis se mordilla les lèvres et consentit à se rapprocher. En apparence, elle avait rompu ce moment prometteur, mais il n’en était rien pour elle. Il y avait en elle quelque chose qui couvait et attendait son heure pour éclater… Dan n’allait peut-être pas s’en rendre compte, mais elle tremblait légèrement. Proche de lui, elle posa simplement sa main sur la poitrine de l’homme, au-dessus de son propre visage. « Est-ce comme d’une arme que tu veux de moi… Ou comme d’une âme ? »
    Elle ferma les yeux, soulevant la paume de sa main pour ne rester en contact avec lui que via le bout de ses doigts. « Tu voudrais me… montrer ? » Puis elle se contenta de lui sourire d’un air énigmatique… Elle n’était pas sure d’avoir compris… Dan, qui voulait laisser parler son corps et sa puissance, allait devoir l’éclairer. Il ne pouvait plus être son chef, à présent, mais il l’avait été, et quelque part Namibe le voyait toujours ainsi. Elle avait commencé à se faire une raison, à se dire que l’homme n’était pas suffisamment malsain pour accepter le côté angoissant d’une telle relation. Elle se disait qu’un homme qui avait une fille et une femme ne pouvait se laisser aller à cela… Elle se disait que Dan n’était pas le fourreau idéal pour une lame telle qu’elle l’était. Des assassins l’avaient polie puis acérée. Des assassins, des monstres. Ils l’avaient cueillie pure. Ils en avait fait une meurtrière, avait tué en elle la notion du prix de la vie, et de la bienséance. Ils la cueillirent une seconde fois très jeune… Et jeune, elle semblait toujours l’être. Bien qu’elle approche aujourd’hui ses vingt printemps, Namibe était loin d’en avoir les traits. Bien au contraire, ses membres fins, sa taille délicate, son dos encore trop souple, le duvet blond qui parcourait toute sa chair… Seules les cicatrices des coups de fouets et des brûlures venaient, comme des ombres au tableau, évoquer le vécu de ce corps… Mais Dan avait vu ce vécu… Dans avait eu le respect de la laisser l’explorer. Il avait l’impression d’en savoir assez… Et aujourd’hui il voulait qu’elle soit à lui. Comme s’il voulait lui offrir asile quelque part. Oh non, Namibe ne comptait pas retourner sur Ynis… Mais toute mercenaire a besoin d’un endroit où se cacher de temps en à autre… Toute âme à besoin d’un perchoir.
    Et si l’âme, la force, les mains expertes de Dan pouvaient devenir ce perchoir ?

    Elle frissonna plus fort, curieuse de sa réaction… Elle acceptait de s’offrir au bon vouloir de l’homme… parce que lui avait accepté de s’emparer d’elle, enfin… Il avait fallu attendre qu’il en ait besoin…

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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Sam 12 Juil - 22:49

Elle s'écarta pour mieux le regarder. Dan pensait que ses mots avaient touchés juste, mais il ne savait pas encore à quel point. Comment Namibe allait-elle répondre à cela? Elle commença par se jeter sur lui, lui voler un baiser fougueux. Pour ensuite se laisser glisser hors de ses bras. Il ne chercha pas à la retenir. Ce qui allait se passer maintenant nécessitait discussion. Une discussion et un processus. Mettre les choses au clair. Encore fallait-il que l'un et l'autre tombe d'accord sur ce qu'ils voulaient. Dan doutait encore d'avoir bien tout saisit, même s'il pensait s'être approché de la vérité. Pour lui, il ne faisait aucun doute que Namibe gardait une grande part de ses mystères. Son attitude avait tellement changé. Avait-il touché si juste? Il était temps de voir. Voir si l'un et l'autre avait été réuni par la volonté de Stellae. Il répondit lorsqu'elle lui posa la main sur la poitrine.

"Comme une arme ou comme une âme? Dois-je choisir? Ne puis-je avoir les deux? Tu déjà été mon bras droit et m'a offert plus, ce que j'ai refusé. Je n'étais pas encore prêt. Je pense qu'aujourd'hui si. Je veux de toi comme d'une arme: que tu sois ma lame la plus affuté. Et je veux de toi comme d'une âme, la présence qui manque dans ma vie et que je n'ai su combler."

Il attrapa sa main avec douceur, l'entoura de la sienne, tellement plus grande. Il y avait longuement réfléchit à tout cela. Il avait appris à ne pas posséder les autres, mais cette idéal avait-il une quelconque valeur dans ce monde? Dans cette situation? Namibe n'était pas une personne influençable, une faible d'esprit. Elle était une arme redoutable, une lame particulièrement aiguisée. Ce genre de guerrier qui cherche un 'maître', pour avoir une raison pour combattre. Quelque chose qui vaille la peine.
A la façon dont elle avait réagit à la première phrase, à l'excitation à peine masquée qu'elle avait montré, Dan savait qu'elle accepterait. Il voyait dans son regard qu'elle obtenait ce qu'elle attendait depuis longtemps.


*Comment ais-je pu être aussi aveugle. Tout ce temps où elle désirait être bien plus que mon bras-droit.*

Il cercla avec douceur le corps frissonnant de l'alchimiste pour la serrer avec tendresse contre son puissant torse. Comme une malsaine fraternité se changeant en une vassalité moribonde. Il serrait ce petit corps si redoutable qui ne voulait que lui obéir. Il en frissonna lui aussi un instant, quelque peu effrayé par une telle idée. Puis il lui souffla à l'oreille, comme une promesse solennelle.

"Il est temps petite lame. J'accepte d'être ton fourreau."
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Dim 13 Juil - 2:43

    Dan ne tarda pas à lui fournir de réponse. Lorsqu’il prit la parole, elle frémit plus encore, appuyant ses doigts à sa poitrine pour gagner en consistance. À la question qu’elle lui avait posée, pour une fois, elle ne savait quelle réponse lui serait fournie. Mais celle qu’il entama fit naître sur son visage un sourire discret. Il était gourmand et de la lame ou de l’âme, il ne savait laquelle choisir. Le retour qu’il fit sur les mois et les mois où, en vain, elle tentait d’acquérir auprès de lui cette place qui lui manquait tant, lui fut comme un courant glacé venu parcourir ses entrailles. Une fragrance prenante mêlée de malaise et de volupté, comme un regard plus doux et avenant sur cette période de souffrances. A ce moment-là, Namibe était comme malade. Cette époque était celle où elle s’était le plus approchée de la fin. Celle où Zane venait lui promettre un avenir brillant, quand au fond d’elle l’Assassin luttait pour sa propre survie. Cette époque, où Namibe avait besoin d’une raison de vivre afin de ne pas sombrer, Dan ne s’en aperçut pas. Il était resté aveugle. Ce qui était normal. Cet homme, s’il en avait la trempe, n’avait pas l’expérience d’un vieux chef de guilde. Il ignorait de quelle manière les hommes pouvaient le voir, et ce qu’il y gagnerait… Namibe, elle, savait. Elle le savait parce qu’elle était de l’autre côté de la vitre. Dès son entrée dans la guilde, dès cette épreuve, ce parcours dont elle revint sur les genoux, il aurait dû se rendre compte que c’était autre chose qu’une banale allégeance.
    Namibe, c’était une identité qui lui avait manqué, via Dan. Via ce que l’homme représentait pour la communauté. L’alchimiste apprenait tout juste ce qu’était la vie seule. Elle qui semblait si indépendante et si forte, elle n’avait toujours existé qu’en tant que l’ombre d’un être plus important. Et Dan en offrait une spacieuse, confortable. Mais à présent qu’elle avait fui Ynis pour se réfugier dans la solitude et l’opportunisme du mercenariat, elle ne savait trop comment revenir en arrière… En un sens, Dan acceptait trop tard ce qu’elle lui demandait. Mais à le voir ainsi, tous deux tendus l’un vers l’autre, dans l’attente d’une sorte de contrat délicieux, elle n’avait pas le cœur de songer à un refus.

    Sentant sa petite main se crisper dans celle de Dan, elle reporta sur leurs doigts un regard très intense. C’était sa main gauche qu’il avait saisie… Et cette main n’était pas ordinaire. Sur cette main, sans doute Dan ne l’avait-il pas remarqué, ou pas relevé, mais une longue et profonde cicatrice se promenait de la naissance de son petit doigt jusqu’au pouce. Il s’agissait de l’entaille qu’elle s’était faite à son entrée dans la Guilde Blanche.


    LE VERMEIL, POUR LA BLANCHE GUILDE.


    De ce sillon avait coulé son sang, pour rejoindre celui de ses frères dans une urne fabuleusement grande et ouvragée. C’est avec une certaine tristesse que, regardant toujours leurs mains, Namibe se demanda ce que les démons qui avaient pris possession des sous-sols avaient fait de cette urne ou son sang se mêlait à celui de tous ces hommes, qui ne vivaient plus qu’en elle. C’était un lourd fardeau que l’âme de la mercenaire avait à porter. Un fardeau qu’en dépit du nouveau chemin que prenait sa vie, elle endosserait jusqu’à sa propre mort. Ce fardeau, en fin de compte, il lui était vital. Et c’est en prétendant l’alléger que Zane l’avait faite sombrer… Dan lui inspirait davantage le partage. Il ne soupçonnait pas le poids de cette âme qu’il lui demandait de lui offrir, ni celui de cette main qu’innocemment, il étreignait en lui offrant quelque chose comme… Une raison d’être.
    Sentant les bras de Dan se glisser autour d’elle, comme un rituel à eux, Namibe se laissa aller vers lui et savoura leur étreinte. Un instant, elle ferma les yeux, savourant cette chaleur. En voyant tomber ses frères, Namibe voyait les pans de la forteresse sur laquelle elle était juchée s’effondrer… Ainsi blottie dans les bras de l’immense Dan, elle s’imaginait une nouvelle enceinte, plus légère, une enceinte qui laissait un peu de place à la lumière… Mais qui avait la volonté de la protéger également… Tout en se servant d’elle. Namibe, en dépit de tout ce que l’on pouvait croire, était très loin d’être une faible. Son corps avait enduré tortures, flammes, fouets, et autres sévices innombrables par le passé. Mais cela n’était rien à côté de ce qu’il avait fait endurer à autrui. Son âme avait vu la mort de toutes les personnes qui lui étaient chères. Elle avait voyagé, à des lieues et des lieues de sa patrie… Pour y parler une langue si différente de la sienne, y découvrir des gens qu’elle ne pouvait pas aimer, si différents de ce qui couvait en elle… Elle endura l’espoir et les désillusions, dans le seul et unique but d’honorer la promesse faite à Daeniel, alors qu’il s’éteignait sur son lit de cristal et de glace…
    Et après tout cela, elle recommençait. Ailleurs, autrement… Avec l’immensité de ce continent comme foyer. Et elle se sentait forte, aujourd’hui encore. Même dans les bras si imposants de Dan, elle puisait de la force. Elle décala sa main gauche, pour en observer la cicatrice avec émotion. Dan ne le voyait pas.

    C’est à ce moment qu’il lui glissa cette promesse.

    Elle serra les dents, et doucement, referma son poing, soustrayant la ligne pure et chargée de souvenirs à ses yeux. Elle les ferma et se laissa aller à leur étreinte. Elle laissa passer de longues secondes, durant lesquelles ses mains parcouraient le dos de l’homme, puis elle leva le nez pour qu’il entende son murmure.
    « Je te remercie, Dan… Tu es fou, d’accepter cela… Mais je te remercie du fond du cœur. » Elle fit en sorte que leurs regards puissent se croiser et ajouta : « Dans ce cas… C’est à toi de disposer de cette lame… Tu dois t’y essayer… Tu dois découvrir ce que tu viens de me souffler. »
    Elle fronça les sourcils, puis lui souffla : « Tu ne connais pas Namibe Stark. Et sans doute ne la connaîtras-tu jamais tout à fait. Mais il est des choses que tu dois découvrir… Et il en va de même pour moi. Je… J’ai hâte d’apprendre à adapter un peu de mon âme à ce fourreau. Dan… » Se mordillant les lèvres, ce tic qui ne l’avait jamais quittée depuis sa plus tendre enfance, s’il était possible d’en ainsi parler, elle se dressa sur le pointe des pieds et, chose plutôt étonnante, se servit des vêtements de Dan pour l’escalader, à la manière d’un mur. Arrivée à hauteur satisfaisante, forçant Dan à relever son visage pour croiser son regard, elle entoura la taille de celui-ci de l’une de ses jambes, l’autre toujours repliée et en appui sur sa ceinture. Ses avant-bras appuyés aux larges épaules du chevaucheur, elle courba l’échine pour déposer un baiser sur son front et, avec un petit rire, rejeta sa tête en arrière.
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Lun 14 Juil - 2:04

L'acceptation de Namibe était totale, il le sentait tant dans son corps que dans ses paroles. Sans doute ne se rendait-il pas totalement compte de ce qu'il venait d'accepter. Mais il n'en n'avait cure. Il sentait qu'eux deux venaient de passer un cap essentiel. Il eut un petit rire quand elle l'escalada. C'était bien la première fois qu'il n'avait pas à se baisser pour embrasser une fille sans la porter lui même. Namibe avait ce côté félin, très féminin, très plaisant. Il la regarda dans les yeux avec un regard plus léger, plus détendu.

"Oh non, je ne te connais pas bien du tout ma chère. Il va falloir que j'apprenne je le crois. Et tu découvriras de nombreuses choses à propos de moi aussi. Mais je suis sûr que tu sauras te faire à ton nouveau fourreau. Tout comme je suis déjà satisfait de ma nouvelle lame. Une véritable merveille."

Il pressa son pouce contre les lèvres de la jeune femme, avec douceur, comme pour découvrir sans bouche. Puis sa main se fraya un chemin sur son visage, pour le découvrir au touché comme s'il était aveugle. Ses sens particulièrement développés, il pouvait marier l'image qu'il avait de Namibe de part son regard avec celle que lui donnait son touché, lui donnant une dimension toute autre. Il sentait la moindre de ses odeurs, entendait les battements de son cœur. Il apprenait à tout reconnaître en elle, d'une manière bien plus complète que le pouvait un autre être humain. Tout son corps se gravait dans l'esprit de Dan.
Il chassa de son esprit toute pensée parasite, se fermant à Shad ou à la petite voix. Ce moment était le leur, à eux seuls. Il voulait pouvoir le vivre en toute tranquillité. Tout à Namibe, et elle toute à lui. Deux âme se mêlant pour mieux cesser d'être seuls.


"Je suis heureux de pouvoir passer ce moment avec toi, petite lame. Je crois que cela fait bien longtemps que je le désire..."

Il passa une main lentement dans le dos de la jeune femme, ce qui eut pour effet d'ouvrir son chemisier. La fine lame coincée entre ses doigts avait tranché le tissu comme une simple feuille de papier et de ses mains expertes il n'avait pas un seul instant touché la peau glabre. Il eut un sourire amusé une fois ceci achevé, en voyant ce qui lui servait de vêtement pendre maintenant lamentablement sur ses épaules.

"Un peu chaud peut-être?"

Abaissant sa tête, il baisa le creux de la clavicule avec douceur, apportant un peu de sa chaleur à ce corps plus froid que ne devrait l'être un humain. Il ne se posa pas la question de pourquoi. Elle était en tout point singulière et ne présentait aucun signe de mauvaise santé. En fait, elle paraissait bien plus en forme que du temps de son séjour sur Ynis Witrin. Le Continent lui convenait mieux. Il n'en était pas attristé. Elle avait changé, renoué avec elle-même sûrement. Cela valait sans doute mieux pour elle. Rangeant sa lame du bout des doigts, il frotta le dos nu du plat de ces ongles, fredonnant avec délice.
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Mar 15 Juil - 12:38

    Alors qu’elle se tenait en hauteur, toujours en appuis sur la ceinture de l’homme, il lui fournit une réponse prometteuse. Alors il était satisfait de sa nouvelle lame ? Il était satisfait de la tournure que prenaient les évènements ? Namibe s’était attendue à le faire souffrir, si leur relation s’était éternisée de la sorte. Mais avec celle qu’ils avaient tous deux instaurée, Dan était sans doute plus préservé… Le sentant parcourir son visage du bout des doigts, elle le laissa faire, un sourire délicat au coin des lèvres. Elle ferma les yeux pour ne point qu’ils le dérangent, et savoura cette découverte. Elle renvoya sa tête en arrière, un peu cambrée, jusqu’à ce qu’à nouveau il prenne la parole. Elle aussi le désirait… Il s’agissait de la première étreinte de cet ordre qu’elle savourait depuis… Depuis deux ans à présent. Depuis que son Daeniel était mort.
    Elle aussi, désirait quelque chose depuis très longtemps. Quelque chose que Dan lui apportait aussi… Mais ça n’était pas lié à ce qu’il évoquait. Elle sourit et rabatti son visage vers lui, lorsque son chemisier s’ouvrit dans son dos. Elle ne l’avait presque pas sentit l’ouvrir, et adressa à l’homme un regard amusé et surpris. Son dos ainsi exposé tantôt au douces vapeurs du brasero, tantôt à la brise qui luttait pour les réprimer, elle frissonna. Sous la large chemise qui lui tenait lieu de tunique, elle ne portait rien du tout. Comme à son habitude en somme. C’était la tenue dans laquelle elle s’entraînait, autrefois, face à Daeniel, et durant les instants de tendresse qui suivaient. Aussi avait-elle prit l’habitude de la revêtir lorsqu’elle se détendait. C’était également ainsi que l’homme l’avait vue avant de s’en aller. Sa chemise maculée de sang, ses genoux rougis par la neige dans laquelle elle les avait traînés, de douleur. C’était ainsi qui l’homme qui l’avait faite avait fixé son image, en quelque sorte… Ce qu’elle était réellement, au fond d’elle.

    Son sourire, plus nostalgique, se fit tendre. Elle haussa les épaules et fit glisser l’étoffe qui ne tint alors comme masque de sa nudité que grâce à ses bras, toujours agrippés aux épaules de l’homme. Avait-elle chaud ? Pas vraiment, non. Son sang froid résistait moins bien à la fraîcheur qu’il le faisait autrefois. Mais appréciait-elle cela ? Grands dieux, oui.
    Alors qu’il lui frottait le dos, déposait sur sa gorge de tendre et chauds baisers, Namibe resserra l’étreinte de la jambe qui entourait les hanches de Dan, et la remonta un peu pour s’appuyer sur celles-ci. S’abaissant, elle laissa l’autre glisser pour s’y agripper aussi, et se retrouva de ce fait plaquée au bassin de l’homme, son visage juste en dessous du sien. D’une main elle s’assura, saisissant la ceinture du bout des doigts. L’autre se promena sur le torse de Dan, dans son cou, sur son visage… Elle trouva des attaches, dans le complexe assortiment d’étoffes qui le recouvraient. Elle en défit une première… Voyant que cela ne lui ôtait rien, elle en chercha une autre, fourrageant toujours. Cela lui prit du temps, et elle n’avait toujours rien ôté. Avec un rire un peu crispé, elle lui demanda :

    « Tu devais avoir froid, toi, pour t’être ainsi empaqueté… » Son visage mutin et joueur, elle redoubla d’efforts, s’impatientant un peu lorsqu’enfin, elle entrevis un bout de chair. Cette chair mate et satinée.
    Dan lui rappelait l’un de ses frères, un touareg qui lui avait beaucoup appris sur ses us et coutumes. Un soir où l’opium les avait un peu trop saisis tous deux, ils s’étaient mis en tête d’entrer plus avant dans le patrimoine de l’autre… Et Namibe se souvint, juchée sur Dan et écartant les pans de ses hardes, avoir dit en riant à son compagnon : « Je ne sais pas ce que vous autres, hommes du voyage, hommes du désert, craignez le plus ; le Soleil, ou vos épouses ? » A cela, il lui avait répondu que lui en avait plusieurs, dans différentes villes, et qu’il en allait de sa santé… C’était hilares que tous deux avaient inspiré la bouffée de drogue suivante.

    A ce souvenir, elle eut un rire léger et amusé. Entre temps, le souvenir aidant, sans doute, Namibe était venue à bout de ce qui couvrait le torse de Dan.

    « Ca n’est pas trop tôt ! » Elle glissa sa seconde main jusqu’à la ceinture, ce qui eut pour effet de l’éloigner du torse de l’homme, et ajouta : « Vais-je devoir ouvrir un manuel pour ceci ? »
    C’est le moment que l’étoffe choisit pour se glisser le long de ses bras, et venir couvrir ses hanches. Elle la regarda faire sans un mot, puis avec un sourire délicat, s’abîma dans l’étude du corps de Dan. Sa musculature était imposante, sans pour autant l’effrayer. Anatomiste confirmée, elle comprenait, en quelque sorte, d’où lui venait une telle vigueur. Sa détente, cela devait être ses muscles longs et tendus qui la lui offraient. Tendus comme les cordes d’arcs, fournissant l’effort à la moindre sollicitation. C’est alors qu’elle aperçut quelque chose d’autre. Son œil aiguisé n’eut besoin que d’un instant pour trouver sur le tatouage de Dan un code. Habituée à en décrypter de bien pires, et de bien plus complexes, La seule chose qui manquait à Namibe était la traduction. Sans doute aurait-elle pu la trouver, en en prenant le temps. Mais elle lui laissait le soin de découvrir quelques un de ses secrets… Après s’être pressée contre lui, et laissant le bout de ses doigts effleurer le tatouage, elle le regarda d’un air curieux, sans même lui poser la question…
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Ven 18 Juil - 5:53

Elle sourit, amusée. Lui aussi. Il lui sembla que c'était la première fois qu'ils partageaient un moment de diversion. L'un et l'autre trop sérieux sans doute. L'enfant insouciant et rêveur qu'il avait été n'était plus qu'un souvenir. Là, avec ce petit corps si séduisant dans ses bras... montait en lui comme une bouffée d'air pur. D'air frais. Oh bien sûr, Namibe n'avait rien de la pureté, sauf peut-être en ce qui concernait son physique. Mais peu importait pour Dan. Lui-même berçait maintenant les ombres. Ce qui se passait entre eux allait changer de nombreuses choses. Il en avait conscience. Tout bougeait, rapidement. Ynis, sa vie, son point de vu. S'adapter était la clef. Et au-delà d'un but, il avait trouvé une existence à partager. Quelqu'un pour le compléter, d'une certaine manière. Jamais on ne les verrait habiter une maison, élever des enfants. Leurs vies étaient leurs combats. Bien que Namibe ne voulait plus de sa vie sur Ynis Witrin, sa liaison avec l'île demeurait. En servant Dan, elle servirait la Déesse. En étant sa compagne... peut-être ainsi trouvaient-ils une place dans ce monde. Ou plutôt s'y faisaient une place. Liés par leurs corps, liés par leurs âmes. Tout aurait pu se mêler en lui et pourtant la clarté s'imposait, limpide. Son rôle, son esprit, son cœur. Comme lorsqu'il vivait au Lareish, Dan jouait sa partie de la scène.

"Lorsque l'on vient du désert, le reste du monde est froid..."

Il frissonna quand sa peau nue goutta la caresse du vent nocturne. Elle mit encore un moment afin de venir à bout du complexe assemblage d'étoffe. Il se sentit soulagé du poids de l'acier fixé à son corps, ses poignards tombant lourdement sur le sol. Son puissant torse à l'air libre, il la regarda en détail à la lumière du brasero dont les rayons éclairaient tant qu'ils renforçaient les ombres. Une métaphore de leur vie sans doute, ce feu vivace dans la nuit noir. Il vit le regard sanguin s'arrêter un instant sur son épaule, comprenant.

"Un vieux souvenir, quelque chose qui n'a maintenant plus de signification..."

Il sut se séparer du goût amer qui lui avait envahie la bouche. Son passé conservait toute sa douleur, même avec le temps. La seule différence était qu'il avait apprit à l'accepter. Abaissant sa main d'un geste doux, il débarrassa Namibe du peu qui lui couvrait encore le tronc. Puis la fit remonter pour coller le ferme torse de l'alchimiste contre le sien. Le froid et le chaud. Le blanc et le noir. Le contact de leurs corps avait quelque chose de surnaturel. D'inconnu. Il chercha sa bouche de la sienne pour y déposer un fougueux baiser, serrant le bassin tant désiré contre le sien. Le désir, la pulsion, l'animalité; mêlés d'une certaine manière à leurs 'sentiments'. Cette magie qu'avaient les premières fois.
Ses doigts fourragèrent un peu plus aventureux vers sa féminité. Des phalanges expertes qui cherchaient à éveiller des délices à chacun de leurs mouvements. Il se permit un sourire, un peu coquin.


"Ais-je besoin d'un manuel moi aussi?"


Dernière édition par Dan Ryu le Ven 18 Juil - 13:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Ven 18 Juil - 13:25

    Deux âmes et deux corps. Liés, peut-être inexorablement, d’une certaine manière. D’un lien qui marque à tel point que même rompu, il en demeure les stigmates sur la chair. Liés comme elle le fut à chacun de ses frères… Ne vois-tu point les traces de chaque chaîne venue se briser, à chaque mort ?
    C’était avec délices qu’autrefois l’âme et le corps de Namibe était ligoté par tout cet amour qu’il avait pour ces frères corrompus. Maintenant tout cet amour souffle comme une volute de fumée, seul en demeure le délicat arôme… Et celui qui naissait alors… Jamais, elle en était consciente, ne rivaliserait au souvenir. Seulement, il lui procurerait un savoureux plaisir. Une réminiscence de sa puissance et de sa dévotion d’antan. Il est des êtres qui aiment la servitude. Qui aiment… les chaînes, si celles-ci savent les lier à la bonne personne. La relation qui s’esquissait alors était-elle de l’amour, de la tendresse ? Pour leurs corps, sans doute, oui. Pour leurs âmes… C’était autre chose. Namibe offrait son âme, mais ne s’emparait pas de celle de Dan. Elle ne le voulait pas. Elle lui offrait la sienne comme une arme. Lui offrait ses techniques et son savoir ancestral. Elle lui offrait un savoir-faire dont il n’entreverrait jamais les limites. Elle lui offrait son héritage, son art du combat et sa… froideur face à la Mort. Aujourd’hui, Namibe n’était plus qu’une mercenaire. Mais ce qui, à Dan, faisait aujourd’hui un serment d’allégeance n’était qu’un assassin. Il s’allouait les crimes et la furie d’un assassin.


    ***


    Vivaces sont ces souvenirs… Si vivaces que l’un d’entre eux, pourtant très anecdotique, lui revint en mémoire alors qu’elle ôtait à Dan, ou plutôt s’échinait à le faire, ses vêtements. Un souvenir à propos de son frère du désert. Ce nomade échoué comme beaucoup d’autres dans cette cité de glaces et de givre. Qu’est-ce qui avait mené les pas de cet homme, ce touareg aux hardes de ce bleu si profond, au regard si prenant, jusqu’en ces lieux de froideur et de débauche ? C’était une histoire touchante qu’il lui avait conté, ce soir-là, avant que, comme lui semblait-il, Dan et elle allaient le faire, ils n’unissent leurs corps dans une étreinte pleine de leur savoir mutuel. Ce que lui répondit Dan, Afellan, son frère d’alors, aurait pu le lui dire, de son accent étrange.
    Le reste du monde et froid. Et ça n’était pas Namibe qui le contredirait. Ses rares excursions dans le désert avaient été très éprouvantes pour elle qui venait des steppes glacées du nord. Pour elle, le reste du monde était… Moite. Rien, ni même la chaleur torride du désert, n’avait à ses yeux la fureur et la puissance du vent dont le froid déchire chair, cuir, métal comme s’il s’était agi des feuilles d’un saule.

    Parvenue, enfin, à le débarrasser de ses lourdes hardes, elle avait étudié du regard le torse de Dan, jusqu’à repérer un étrange tatouage. Ce qu’il dit à ce sujet, elle peina à le croire. On ne marquait pas sa chair d’un souvenir éteint. De plus, sans pour autant comprendre, elle jugea qu’à en croire l’agencement des éléments de ce tatouage, il devait avoir à faire avec l’essence du Chevaucheur. Il était en quelque sorte marqué. Son regard, après la réponse de Dan, s’attarda un peu encore, puis elle le détacha pour voir l’ombre amère de la douleur flotter sur ce visage. Un instant, fugace… Il était comme elle. Il avait abandonné une existence, ou on la lui avait tuée, elle l’ignorait. Mais ce qu’elle savait était que c’était souvent la première de ces existences qui définissait clairement ce que l’on avait à offrir, la façon dont se conduirait la vie future. Namibe avait eu besoin de plus d’un an pour le réaliser… Mais l’apprentissage en était douloureux, et elle n’avait pas l’intention d’enseigner à Dan ce genre de choses. Elle se contenta de lui sourire en sentant la main de l’homme descendre sur son torse pour la débarrasser de ce qui lui restait de chemise. Elle était à présent nue. Mais le froid ne l’incommodait pas le moins du monde. Au contraire, elle trouvait même qu’il faisait un peu chaud, avec les vapeurs du brasero et leur sucre qui lui effleuraient le dos. Dan lui vola un baiser, qu’elle lui remit presque docilement. Ce faisant, elle laissa un sourire paraître au coin de ses lèvres. Pour ne point perdre l’équilibre, ses orteils agrippés à la ceinture de l’homme, elle se saisit d’une touffe de ses cheveux bruns, dérangeant ainsi le foulard qui ceignait la tête de Dan. Elle y glissa sa main pour le lui ôter tout à fait, puis, sentant la main de l’homme s’aventurer sur son aine, se cambra et appuya à nouveau sa tempe à celle de l’homme. Elle contracta ses doigts, sa respiration ne se faisant plus que par à-coups. Namibe était souple, escaladeuse hors pairs. Mais sa position ne se prêtait pas à ce qu’elle lui rendre la pareille. Elle aurait perdu l’appui qu’offrait la ceinture de l’homme.
    Le souffle toujours court, le dos agité de frissons auxquels le froid était totalement étranger, elle laissa un rire l’agiter quelque peu aux mots de Dan. Trouvait-il le moment propice aux plaisanteries ? Certes, Namibe était amusée par ses mots… Elle se vengerait lorsque la situation le permettrait.
    Avec un souffle un peu plus fort que les autres, un sourire de plaisir toujours collé à ses lèvres, elle se recula un peu pour plonger son regard dans celui de Dan. Comme cela, il voulait jouer un peu.
    « Je te dirais ça plus tard.. » Avec un sourire amusé, elle mordilla le lobe de l’oreille de Dan, puis, déliant ses jambes, se laissa glisser contre lui, se soustrayant à ses attouchements. Des ses mains délicates, elles fourragea dans l’étoffe qui entourait la taille de l’homme pour comprendre sa confection. Après avoir trouvé ce qu’elle cherchait, elle entoura du morceau d’étoffe voulu ses doigts blancs, et se contenta de lui tourner le dos et de s’en aller, tirant dessus et par-là même de lui délacer sa ceinture. Satisfaite, à quelques coudées de lui, alors que l’étoffe la suivait à présent à même le sol, elle lui adressa un clin d’œil :
    « J’apprends vite, n’est-il pas ? »
    Avec un sourire amusé, elle marcha à reculons, comme dans l’attente de le voir la rejoindre, quand, son regard se teintant de défi, elle se mit en garde. « Je t’attends, Chevaucheur »
    Pensait-il qu’obtenir le corps et les faveurs de l’alchimiste était de tout repos ? Le jeu amenait toujours, au goût de Namibe, à des étreintes plus savoureuses… Comme la douleur…

    Ô bien entendu, Dan était de loin plus puissant qu’elle, mais il aurait à cueillir la demoiselle s’il voulait en explorer l’intimité. Nue comme un vers, sa chair prenant des teintes orangées à la lueur suave du brasero, Namibe attendait l’assaut de cet amant.
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Mar 22 Juil - 0:29

-Hrp- Sourry ce sera pas si développé que le tient, mais si je tente de faire de la longueur ça va juste donner de la lourdeur :/ -/Hrp-

Le Foulard Blanc était tombé. Il était Dan, simplement Dan. L'homme, non la fonction. Il pouvait se consacrer à fond à ses tendres caresses. Namibe, perchée sur son pantalon, appréciait ses caresses. Le déchaînement de leurs corps dans une véritable étreinte, au-delà de leur humanité se dévoilait leur bestialité. Le rire, par de simples mots. Elle le trouvait drôle? Il pensait avoir perdu le sens des plaisanteries. Peut-être qu'une partie du petit garçon vivait toujours en lui. Derrière toutes ces horreurs qu'il avait pu voir, connaître. Quand elle descendit de son perchoir, il sentit un vide à combler, leurs torses séparés par une trop grande distance. Mais il la laissa faire. Il se frotta la morsure qu'il avait à l'oreille quand elle dénoua sa ceinture, faisant une nouvelle fois tomber des poids d'aciers. La joueuse le narguait avec sa ceinture, ce qui fit naître au plus profond de Dan un rire grave, puissant.

"Et bien jeune demoiselle! Vous savez vous y prendre!"

Il dégageait ses jambes du vestige de son pantalon et délassa ses bottes, nécessitant quelques instants. Il ne portait plus que son bas de coton, une couche de douceur sous ses vêtements guerriers. Le vent lui hérissait le poil. Le vent du soir qui rappelait les souvenirs.

***
Sélène. Il revoyait encore le premier baiser qu'elle lui avait volé. A l'époque déjà, il était ancré dans ses obligations. Et ses sentiments pour sa princesse ne devaient pas être. Et pourtant... ce baiser volé avait entraîné la relation la plus passionnée de sa vie. Celle qui avait conditionné son coeur avec tant d'autres femmes. Dan était mort avec Sélene. Son cadavre ambulant avait trouvé une nouvelle âme en Ynis Witrin. Mais les souvenirs restaient, et une partie de lui appartiendrait toujours à la jeune femme aux yeux si noirs.
***

Alors qu'elle l'appelait à rejoindre le jeu, il porta un instant le regard sur la douce boisson dorée. Luisant au braiser du phare, il faisait naître un reflet dorés sur les yeux sombres du jeune homme.


*Pourquoi pas...*

Le liquide d'or lui faisait de l'œil. Il se dit qu'il tenterait bien d'y goûter. Avant qu'une partie de lui-même lui rappelle la chose qu'il voulait goûter avant toute autre chose: l'alchimiste. Les pulsions avaient vaincu l'envie d'ivresse. Peut-être celle-ci reviendrait. Mais pour le moment son inconscient, ses muscles, ses sens, nécessitaient le contact du corps frais de l'alchimiste. Sans plus hésiter, il s'élança vers elle avec une vigueur toute nouvelle, ainsi nu, débarrassé du poids constant qu'il portait sur son corps, sur ses épaules. Avec une détente de félin il s'approcha d'elle à grande vitesse. Profitant de l'inertie, il l'attrapa en pleine course. Avec cette force douce qui le caractérisait. Puis il ralentit avec quelques pas et la posa sur la rambarde de sécurité, proche du vide du phare. Couvrant le corps désiré de baisers et de caresses, il se laissa aller. Il n'était plus que Dan. Namibe et Dan, deux corps, deux esprits, qui se liaient.


(...Parce que sur ce forum il y'a des mineurs Surprised, si l'ellipse te gène je la développe!...)

L'étreinte fut puissante, vigoureuse. Tout deux tellement entraînés, tout deux tellement désirés. Il la serrait fort dans ses bras. Il avait laissé sur le dos de la jeune femme quelques griffures, signes de son plaisir. D'une main il caressait le blanc de sa chevelure et se délectait de la caresse de son souffle. Il se sentait bien. Cela ne durerait sûrement pas, trop de choses tournaient mal. Pourtant, tout ceci valait la peine. A présent que Dan et Namibe avait fait fusionner une partie de leurs existences, peut-être pour l'un comme l'autre les fardeaux seraient moins lourds. Pour le chef en tout cas, ça semblait le cas.

"Dis moi petite lame... ressens-tu au moins une parcelle de bonheur dans tout ceci? Réponds moi avec ton cœur je te pris. C'est lui que je veux entendre."
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Namibe Stark
Mercenaire


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En deux mots : Ce personnage ne sera plus joué en RP désormais.
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MessageSujet: Re: -Brasero- Dan [Le Phare]   Ven 25 Juil - 11:59

    Toujours en garde, la jeune femme attendait l’assaut de celui qui avait été son chef, et qui dorénavant serait son fourreau. Un délicieux écrin, très noble, pour la lame rouillée et perverse, enfantée par des assassins. Elle ne cherchait nulle adoption. C’était la paix et la plénitude qu’elle voulait ce soir. Elle voulait la fièvre et la langueur de l’étreinte. Elle voulait se sentir frémir contre un corps si puissant et imposant. Elle voulait Dan. Celui-ci tarda quelque peu à l’attaquer, le regard vague. Elle avait elle aussi son lot de souvenirs… Des souvenirs prenants. L’amour que Namibe abritait était très vivace, ainsi que l’échos de cette douleur. Elle était plus équilibrée, et moins souffrante, maintenant que son père était mort. Elle ne crachait plus ses poumons à la moindre contrariété à présent… Mais il restait en elle la cicatrice du passage de ces frères qui l’avaient faite grandir un peu trop vite. Daeniel était d’ailleurs le dernier à avoir joui d’une étreinte de Namibe… Le dernier à avoir précédé Dan dans ce qu’il voulait entreprendre. Autant dire que le souvenir grandirait de secondes en secondes… Sans doute pour s’estomper quelque peu par la suite. Mais, bien entendu, il n’en saurait rien.
    Le voyant se mettre en branle, Namibe se planta dans sa position, avec l’espoir de faire quelque chose pour le mettre en échec, mais… De toute évidence, ça n’était pas envisageable avec Dan parce que bien vite elle sentit ses pieds se décoller du sol Armée, elle aurait pu faire quelque chose, mais nue, pieds nus, et à coups de poings, c’était un rêve un peu vain… Lorsqu’il la souleva pour l’approcher de la rambarde, elle replia un peu ses genoux pour les appuyer contre le torse de Dan. Puis il l’y posa. Elle se cambra un peu, pas le moins du monde incommodée par la hauteur, savourant les caresses de l’homme pour mieux les lui rendre. Rejetant sa tête en arrière, elle prit une légère inspiration…


    ***


    La fougue de Dan, l’éducation de Namibe… Leur étreinte avait été des plus vives… Tous deux avaient de l’énergie à revendre, et en avait échangé une bonne dose. Namibe, d’ailleurs, en portait quelques traces : quelques griffures de Dan, pas mal d’éraflures du sol… Mais ces petites douleurs, loin de l’incommoder, ne faisaient que souligner l’apaisement de Namibe. Elle avait encore le souffle court, ses cheveux collés à son front par la sueur. Frémissant encore quelque peu, accompagnée par le bouillonnement de l’hydromel, elle appuya son front au torse de Dan, puis glissa sa tête sur l’épaule solide de celui-ci. Elle avait agrippé son bras à l’homme…Lorsqu’il prit la parole, elle releva les yeux pour croiser son regard. Etait-elle heureuse ? Elle fronça les sourcils et y songea quelque peu. Depuis son retour, elle ne s’était pas posée la question… « Tout ceci », c’était sans doute l’état du continent… La guerre permanente, les démons, les morts… Elle se mordilla les lèvres… C’était égoïste. Très égoïste, mais elle avait sa réponse.

    « Tu sais, Dan… J’ai… un passé très chargé. J’ai en moi certaines souffrances que je ne saurais oublier. Et pourtant, j’ai trouvé un équilibre, avec le temps. Je pense que… Que oui, je retrouve un peu de bonheur à présent. » Elle ferma les yeux. « Je me suis lavée de beaucoup de douleur que je m’infligeais. J’ai appris à retrouver mon état d’antan… Et j’ai appris à aimer vivre de nouveau… »

    Elle fut parcourue d’un long frisson, puis se détendit quelque peu. Finalement, après avoir glissé une main sur le visage de Dan, elle se défit de son étreinte et se redressa. Elle s’étira puis se glissa auprès du brasero. Il lui fallait s’occuper de son hydromel si elle ne voulait pas qu’il ne cuise trop. Aussi éteignit-elle d’un regard les flammes. A l’aide d’une louche, elle ôta l’écume. Finalement, refroidissant les anses de la cuve en cuivre, elle reversa le liquide ambré dans diverses bouteilles où il allait s’éventer un peu avant qu’elle ne le place dans des tonneaux pour la fermentation. Ceci fait, elle s’assit en tailleurs, face au brasero éteint, puis elle tourna un regard, un peu éteint lui aussi, vers Dan.

    « Et toi, tu sais être heureux dans tout cela ? »

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