Ynis Witrin v3

Les armées démoniaques assiègent le Continent, mais une île résiste toujours
 
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 Un nouveau destin [Cissée - Anarion]

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Stellae
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En deux mots : Déesse du temps et des Etoiles, Protectrice d'Ynis Witrin
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MessageSujet: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 20:44

Citation :
Cissée:
Cela faisait quelques jours que Cissée n’était pas allée sur le continent. Depuis sa rencontre avec Anarion, l’escorteur de l’au delà. Quelque chose la retenait sur l’île, une envie de calme, une étrange envie d’ailleurs pour une jeune fille sans cesse à la recherche de sensations fortes. Comme ce dernier l’avait dit, depuis qu’elle était rentrée de cette rencontre, les questions se bousculaient, tout comme les images de ce futur chaotique dont elle avait eu droit à l’avant première. Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi… ? Pourquoi… ? Elle restait, là sans bouger des journées durant en vain.

De plus, elle abandonnait son poste de chevaucheuse. Du moins elle l’avait mis en suspend du coup, et elle ne savait pas si cela serait vraiment du goût de Dan, leur chef. Ainsi, elle se prit en main, et décida daller sur le continent, reprendre du service, et qui sait peut être faire ce que le démon lui avait dit. L’appeler. Mais pourquoi était elle dans cet état. Elle avait vraiment envie de l’appeler de lui parler comme si une entité étrange l’y poussait. Elle se croyait devenir fille mais n’était ce pas réellement le cas ? Peut être que tout cela lui montait finalement à la tête.

Une fois que Lily l’apprentie meneuse de barque l’eut déposé de l’autre côté de la rive, la jeune chevaucheuse, accompagnée de sa fidèle amie se mit en route pour le village le plus proche. En chemin, elle traversa un bois, réputé pour cacher de nombreux démons. Elle put le vérifier. Alors qu’elle avançait à pas furtif et silencieux, un zombie apparut devant elle. Elle l’observa quelques secondes avec dégoût, haine et écoeurement, puis le transperça de son épée. Trop rapide, pas assez dangereux, la jeune Cissée voulait se vider l’esprit. Elle s’affaissa alors contre le tronc d’un chêne immense, Neïla venant se poser sur son épaule lui réchauffant ainsi le cœur de ses flammes éternelles. Et elle resta là des heures durant sans bouger, ne sachant que faire. Elle savait qu’il était dangereux de rester là sans le moindre mouvement à la merci du moindre petit démon, mais c’est ce qui lui plaisait et après tout elle ne savait elle même plus ce qu’elle souhaitait.

Décidant qu’il était temps de partir à la nuit tombée, elle se redressa, et erra jusqu’au premier village. Les portes étaient en trin de se fermer lorsqu’elle arriva. L’homme, le gardien, l’incendia quelque peu, il ne comprenait pas qu’une jeune fille traîne si tard sur le contient si dangereux. Elle ne lui répondit pas, complètement dans ses pensées, et partit directement à l’auberge la plus proche. De l’argent, Ahh, non ca allait elle l’avait coincé dans la petite pochette sous son armure d’écailles. Elle se paya ainsi une boisson bien chaude, elle aimait la chaleur, et resta assise devant le comptoir, pensive. Et sans réfléchir, d’un coup, elle dit :

« Anarion »

Elle ‘lavait pensé, mais ne s’était pas rendue compte qu’elle l’avait aussi dit à voix haute. Elle se demandait comment il réagirait et comment elle verrait les choses en sa présence. C’était étrange comme ce démon avait agit sur elle, et ses pensées, sa manière de voir les choses.

Citation :
Anarion:
Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis que l’escorteur avait fait la connaissance de Cissée. Depuis ce jour, il n’avait cessé de l’observer spirituellement depuis le sommet d’une région rocheuse dans laquelle il aimait rester seul. A chaque instant, il guettait le moment où il sentirait de nouveau son aura sur le continent car malgré sa puissance, il devait reconnaître que la barrière magique entourant Ynis Witrin l’empêchait de bien sentir les choses et les gens de cette île. Enfin, toutes ces considérations n’avaient plus grand intérêt pour lui car seul comptait son prénom que la jeune femme venait de prononcer, condition qu’il lui avait offerte si elle voulait le revoir. Imbu de lui-même, il fallait pourtant reconnaître qu’il ne s’était pas trompé sur le fait qu’irrémédiablement, la guerrière serait attirée par lui, probablement pour tenter de percer son essence où peut-être parce qu’elle s’en était déjà enivrée.

Se levant du rocher sur lequel il était assis jusque là, il se prépara à se rendre dans cette petite auberge de village où la chevaucheuse venait de s’arrêter. Avait-elle choisis cet endroit peuplé afin de s’assurer une certaine sécurité ? C’était possible mais il n’y croyait pas, pensant plutôt que même si elle pouvait le craindre, elle préférerait se battre seule plutôt que de mettre en danger des innocents. D’ailleurs, il n’avait pas non plus manqué sa performance dans la forêt contre le zombie mais aussi contre les dangers que pouvaient présenter ce lieu à une heure si tardive. Peu à peu, elle lui dévoilait sa force et il savait qu’elle était encore très loin d’avoir montrée tout son talent. L’escorteur brûlait d’ailleurs d’être celui qui lui permettrait de déployer ses forces pour un monde qu’elle pourrait ainsi façonner elle-même sans craindre personne qu’il soit humain, elfe, démon ou même divin.

Anarion avait ainsi beaucoup de projets pour cette femme mais aussi pour lui car il ne fallait pas s’y tromper, l’escorteur n’agissait pas sans arrières pensées. La jeune femme était, virtuellement pour le moment, au cœur de projets que lui seul connaissait. Il n’avait plus qu’à tenter de l’attirer peu à peu à lui, chose à laquelle il allait s’employer dès à présent.

Il ne fallut pas plus de quelques secondes au « démon » pour arriver à la porte de cette auberge. Cette fois-ci, il n’était pas vêtu de son épaisse cape noire, bien au contraire. En effet, il avait opté pour une tenue plus légère, celle qu’il revêtait depuis qu’il avait accepté son appartenance aux escorteurs de l’au-delà. La couleur, blanche, était totalement en décalage avec la noirceur de son âme mais il aimait ce contraste et aussi le fait que sa veste était ouverte sur le haut, laissant ainsi découvrir une partie de son torse. Associé à son regard rouge et à ses cheveux fins tombant jusqu’au bas de sa nuque. Bref, Anarion arborait sa tenue « traditionnelle » qui montrait, par sa légèreté et le contraste avec sa personnalité, sa confiance en lui. En effet, nul besoin d’une armure pour quelqu’un qui ne voyait personne, hormis la Mort, capable de le terrasser.

Assise au comptoir, elle prenait une boisson chaude, probablement un signe de son lien avec la chaleur. Avançant vers elle, l’escorteur attirait l’attention de la « faune locale » mais ne s’en préoccupait pas vraiment car pour lui, tous les autres n’étaient que des insectes inutiles bien loin de ses desseins. Seule Cissée l’intéressait et à un point qui le surprenait même comme si, de son côté également, elle parvenait à l’attirer par sa présence, chose qui ne fut jamais le cas avec Sykanh par exemple. Enfin, il fallait dire que le cas de la chevaucheuse était unique vu qu’il n’avait jamais laissé à quiconque de « bon » la possibilité de lui parler sans que ceci ne finisse soit de manière tragique, soit dans l’indifférence.
Une fois arrivé à ses côtés, il s’assit à son tour et prit la parole sans pour autant la regarder encore.

- « Qualifieriez-vous cet entrevue de rendez-vous Cissée ? Car si tel est les cas alors vous n’avez pas fait le choix de la personne la plus recommandable. » dit-il comme pour détendre l’atmosphère, chose qu’il ne faisait que rarement mais qui, ici, était nécessaire pour ne pas mettre la jeune femme mal à l’aise d’entrée de jeu.

Dans quel état d’esprit pouvait-elle bien être ? Il ne fallait pas être voyant pour comprendre qu’elle devait se poser de nombreuses questions suite à leur dernière rencontre. Il allait donc la laisser venir à lui et lui fournir les réponses qu’il s’autorisait à donner. Cette fois-ci, elle n’aurait pas à craindre un éventuel affrontement et bénéficiait encore de la protection de son phénix. Son volatil lui était hostile mais cette fois-ci il serait bien obligé de se rendre compte qu’il ne voulait pas le moindre mal à la jeune femme.
A présent, il allait véritablement entamer la conversation afin de mieux saisir son état d’esprit et voir ce qu’elle attendait de lui. Pour ce faire, il devait être attractif comme le ferait tout vampire cherchant à attirer à lui une proie féminine qu’il choisirait pour « saveur » et ses senteurs.

- « J’imagine que si vous m’avez fait venir à vous ici ce n’est pas pour m’entraîner dans un chambre et y faire des choses qui feront rougir d’indécence les dieux qui nous observent pour tromper leur ennui n’est-ce pas ? Bref, si vous le voulez bien, jouons au jeu des questions- réponses chacun à notre tour car j’ai l’impression que ce que je vous ai dit la dernière fois est de rigueur : chacun de nous veut saisir la personnalité et l’essence de l’autre. » dit-il en la regardant cette fois-ci.

Il serait un peu hâtif d’attribuer de l’humour à l’escorteur mais force est de constater qu’il était à l’aise en cet instant, non pas parce qu’il se sentait dominant mais parce qu’il aimait le jeu qu’il était en train de lancer. Restait désormais à voir jusqu’où cela le mènerait, jusqu’où Cissée le mènerait.

Citation :
Cissée:
Cissée se tenait au comptoir, pensant à tout et à rien à la fois. Elle n’en revenait pas que finalement le démon avait raison, elle avait fini par céder et l’appeler. Mais viendrait ils seulement ? Puis pourquoi voulait elle tant le voir, lui poser ces questions ou tout simplement lui parler comme des gens civilisés. Il fallait quand même qu’elle se méfie, mais y arriverait elle seulement face aux révélations qu’elle aurait et au comportement qu’il adopterait ? Telles étaient les questions existentielles que la jeune femme pouvait se poser en sirotant son vin chaud. Un vin chaud et épicé selon sa demande pour un mélange plus explosif en matière de chaleur et de sensation piquante. Pourquoi ? Et bien Cissée, emplie elle-même du feu du dragon aimait particulièrement, cette douce sensation, qui lui apportait un certain confort. Elle avait découvert cela peu de temps avant sa rencontre avec Anarion, alors qu’elle essayait de soigner un rhume particulièrement dévastateur sur ses pouvoirs.

Quoi qu’il en soit, c’était fait, ce nom avait été prononcé. Mais en était elle consciente ? Dans ces pensées, elle avait impulsivement dit ce prénom qui la hantait jours et nuits depuis cette fameuse journée dans les marécages. C’était presque devenu maladif, même ses combats étaient devenus machinaux, sans importance comparée aux réponses qu’elle attendait. Et bien sûr, à présent que ce nom était sorti de sa bouche sans même qu’elle ne s’en rende compte elle ne s’attendait de fait pas à le voir. Elle ne vit pas que l’attention de l’assemblée s’était portée, quelques instants sur une personne qui venait d’entrer dans l’auberge.

Quelqu’un s’assit alors à côté d’elle, le froid en émanait de chacun de ses pores, Cissée le sentait très bien. Neïla, installée sur ses genoux se mit à émettre de petits sifflements désagréables. Mais ce fut avec surprise qu’elle accueillit les premiers mots prononcés par cet homme. Elle se retourna vivement vers lui et ouvrit des grands yeux en le reconnaissant. Anarion, il était vraiment apparut !! Comment d’ailleurs ? Elle ne se souvenait toujours pas avoir prononcé son nom. Puis outre cela, il était vêtu d’une manière toute à fait élégante et de fait un certain contraste opérait entre la nature de l’homme et l’allure qu’il avait. Mais vu comme cela, Anarion était plutôt attirant. Elle l’observa alors quelques instants, essayant de se convaincre qu’il venait bien de faire une plaisanterie. Mais quel décalage, vraiment !

« Comment avez-vous su où j’étais je ne vous ai même pas appelé de vive voix ?? Quant au rendez vous, pourquoi n’en serait ce pas un ? »

Un petit air malicieux avait tout de même fini par s’accrocher aux lèvres de la jeune fille. Mais au fond toujours la même angoisse, et les même questions. Et surtout cette étrange attraction qu’elle ne maîtrisait absolument pas. Son regard, elle voulait l’éviter, elle se souvenait de ce qu’il avait réussit à faire à Thylion, alors que les messagers de l’ombres sont de puissantes créatures. Cependant, il ne lui était pas possible d’échapper à ce regard de braise si profond et semblant pourtant tellement calculateur.

Cissée ne comprenait pas très bien où tout cela la mènerait et encore moins à quoi jouait Anarion avec ses petites phrases pleines de jokes et pourtant elle souriait malgré elle. Et en parlant de jeu, ce fut ce qu’il proposa ! Un jeu de questions réponses. Tellement de légèreté pour éclaircir un sujet si lourd ! Cela était presque indécent aux yeux de la jeune chevaucheuse. Mais elle ne nota rien restant fixée sur son siège ; La seule chose qu’elle nota réellement fut le regard de l’escorteur. Il l’observait dans les yeux à présent chose qu’il n’avait faite avant ! Ses yeux de braise fixaient les siens.

« Très bien, de quoi d’autre pourrions nous parler de toute manière ? Qu’attendez vous réellement de moi depuis cette fameuse journée dans les marécages ? Pourquoi croyez vous que e suis capable de choses si puissantes pour changer le futur que vous m’avez montrez ? »

Elle se rapprocha de lui, entraînant un sifflement du phénix qui s’était mis à dormir. Puis elle se saisit de la main d’Anarion. La différence de température de leur deux corps était évidente et en parfaite opposition. Le mélange de ce froid et de cette chaleur aurait presque pu entamer une danse des éléments sans que personne ne s’en rende compte excepter els deux concernés.

« Pourquoi l’être froid que vous êtes et si attiré par mon essence ? »

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 20:52

Citation :
Anarion:
Dès qu’elle formula sa première réponse, l’escorteur comprit deux choses importantes. La première était que, comme il pensait, elle se trouvait dans le doute allant même jusqu’à s’étonner de sa présence, assurant qu’elle n’avait pas prononcé son nom ? La deuxième était qu’elle lui répondait avec une expression qui lui indiquait qu’elle n’était pas indifférente à sa tentative de la mettre à l’aise d’entrée. Quoi qu’il en soit, elle lui donnait déjà matière à discuter, chose qui témoignait de son intérêt pour lui visiblement. Il allait donc s’exécuter tandis que le phénix troublait finalement quelque peu ce « tête à tête » qu’il voulait par dessus tout de façon à ce qu’elle ne puisse se réfugier, si elle en ressentait le besoin, derrière quelqu’un.

- « Certaines personnes pensent les choses de manière si forte qu’elles finissent par les prononcer voir même les matérialiser sans s’en rendre compte. Je sais bien que je ne suis pas quelqu’un qui inspire la plus franche confiance mais je peux vous assurer que vous avez prononcé mon nom ici même et, comme promis, je suis aussitôt arrivé auprès de vous après avoir senti cet appel. Quant à la notion de rendez-vous, je crois l’avoir trop assimilé à un sentiment amoureux pour ne pas l’appliquer à moi-même qui ne suit pas en mesure de ressentir ce sentiment si humain. » dit-il de manière posée mais à la fois concise comme s’il voulait montrer qu’il n’avait rien à ajouter à tout cela, notamment sur ce terme de rendez-vous lié à un sentiment qu’il ne maîtrisait pas, où plutôt croyait ne plus maîtriser.

Contrairement au jour où tous deux s’étaient rencontrés dans les marécages, l’escorteur ne dégageait pas d’intentions meurtrières à l’encontre de la jeune femme car il ne voulait en aucun cas la perdre, tant elle pouvait être vitale à ses plans. Pourquoi elle d’ailleurs ? C’était notamment la question qu’elle-même se posait avec intensité visiblement. Pour sa part, Anarion avait longuement réfléchi à la question même si pour lui rien n’était encore clairement établi puisqu’il devait avant tout faire pencher suffisamment Cissée de son côté, dans cette voie qu’il ne réservait qu’à elle pour le moment. Il allait donc lui répondre de manière beaucoup plus précise que la dernière fois afin de mieux lui faire comprendre sa valeur et sa place dans ses desseins. Espérant qu’elle lui donnerait du crédit, il attendrait ensuite ses réponses afin de voir si elle lui accorderait une partie de sa confiance.
Avant cela il fit un signe au tavernier et demanda qu’on lui serve la même boisson que celle de Cissée tout d’abord pour mieux la connaître mais aussi car l’odeur qui se dégageait de la boisson lui donnait envie d’apaiser sa soif. A présent, alors qu’elle avait accepté ce jeu de questions-réponses, il était prêt à lui répondre tout en continuant à soutenir son regard avec le sien qui montrait le feu de l’ambition. Toutefois, le geste qu’elle fit avant de lui poser une question supplémentaire le troubla. En effet, elle venait de lui prendre la main, chose qui était presque inconcevable pour ceux qui connaissaient la réputation macabre de l’escorteur. Devait-il alors, avec ce geste, comprendre qu’elle se trouvait au-dessus d’un vulgaire sentiment de peur à son égard ? Voulait-elle simplement le comprendre ou lui transmettre quelque chose ? Il n’avait pas encore la réponse et ceci lui plaisait beaucoup d’ailleurs. Il aimait ressentir ces stimulations que 2000 années en tant qu’escorteur de l’au-delà avaient presque effacées. Ainsi, sans le savoir, la guerrière venait de lui tendre une perche dont il allait se saisir pour son argumentation tandis qu’il ne cherchait pas à se dégager de son geste.

- « Comprenez que dans le futur qui s’annonce, les démons auront définitivement remporté la bataille contre ceux qui se veulent défendre le bien. Je dois reconnaître que les combats entre les deux camps m’indiffèrent totalement s’ils ne me concernent pas. En revanche, je ne tiens pas à ce que l’un des camps écrase l’autre. Si tel était le cas alors le monde me semblerait bien insipide même si j’imagine qu’il y aurait encore des guerres entre ceux du même camp puisque la violence est un élément central de ce monde. Quant à vous, lors de notre première rencontre, j’ai senti une particularité de taille qui se trouvait dans votre sang. Il m’a fallut un bon moment avant de déterminer que vous possédez du sang de dragon. Associé à votre talent pour l’élément du feu, vous me semblez en mesure de créer une chaleur plus intense que celle de l’Enfer. Bref, vous êtes en mesure de venir troubler le futur qui s’annonce mais pour cela, il va vous falloir quelque chose en plus. »

Anarion venait d’exposer ce qu’on pouvait appeler la petite partie émergée de ces projets. En effet, il ne voulait clairement pas de ce futur dans lequel plus aucune grande âme ne naîtrait dans l’objectif de changer les choses puisqu’il n’y aurait plus d’espoir de le faire, hors, l’escorteur avait un besoin vital de ces âmes puissantes pour augmenter sa puissance et venir destituer la Mort. De plus, et c’est là que Cissée intervenait, il avait besoin d’autre chose pour ses projets et il allait le lui montrer par un petite démonstration que personne ne serait en mesure de voir mais que la jeune femme sentirait avec intensité. Ainsi, il fit passer son énergie dans la main qu’elle avait posée sur la sienne. Le froid qu’elle sentait en lui fusionnait alors avec la chaleur qu’elle détenait, offrant un ainsi une association de puissance inimaginable.
Personne n’était en mesure de déceler cette union invisible mais tous deux pouvaient sentir à quel point leur énergie, contre toute attente d’ailleurs, fusionnaient parfaitement ensemble pour aboutir à une énergie nouvelle, semblable finalement à cette troisième voie si chère au « démon ». Puis, après le fait, l’escorteur décida de passer aux mots tandis qu’un sourire de satisfaction s’était dessiné sur son visage comprenant qu’il ne s’était pas trompé sur elle.

- « Je crois qu’il est désormais inutile de préciser davantage pourquoi je suis attiré par votre essence. Ainsi, je suis en mesure de vous confier une partie de ma puissance si vous acceptez de la recevoir. Avec cette force, vous serez en mesure de changer le futur à la condition que vous en ayez vraiment la volonté. Bien sûr, je ne vais pas vous cacher que recevoir ma force c’est aussi accepter une partie de mes crimes mais ne faut-il parfois pas faire quelques entorses au règlement afin de réussir quelque chose ? La décision vous appartient entièrement. »

Sur ce point, l’escorteur ne lui mentait pas. En effet, avec l’association de leurs deux puissances, la jeune femme serait peut-être en mesure de repousser les invasions de démons. Il n’avait toutefois pas mentionné de quelle manière il lui offrirait cette force ni même tout ce que cette association lui permettrait d’obtenir personnellement. Quoi qu’il en soit, il n’allait pas en dire davantage car il devait déjà voir l’effet de ces révélations mais aussi car c’était finalement à lui de poser une question désormais.[/i]

- « A présent, c’est à moi de vous poser une question qui sera unique et simple. Ainsi, j’aimerai savoir si vous pensez qu’il est vous ait désormais possible de vous détacher de moi ? » dit-il avec sérieux sans la quitter du regard.

A première vue, avec cette question, l’escorteur montrait à quel point il se portait en haute estime mais ceci n’était qu’illusoire ici car finalement, le véritable sens de cette question était de mettre en avant que, quelle que soit la force des convictions de Cissée, elle ne serait plus en mesure d’écarter ces rencontres avec lui. Peut-être mentait-il, peut-être qu’il cherchait simplement à la tromper mais elle connaissait la force de l’escorteur et savait que ses pensées s’étaient tournées vers lui malgré ce qu’il représentait. Pouvait-elle faire marche arrière ? Telle était la question d’Anarion qui cherchait à s’attacher cette femme si particulière par son sang, sa volonté mais aussi la place qu’elle allait probablement tenir dans le destin de ce monde.

Citation :
Cissée:
Rencontrer un escorteur de l’au delà dans une auberge. Que pouvait il y avoir de plus étrange ? Un jeu de séduction entre deux personnes en opposition totale ? Oui peut être, mais la discussion qu’entamaient les deux personnes aussi diamétralement opposées soit elle était plus qu’attendue par Cissée. Elle avait besoin de réponses. Jamais auparavant elle n’avait subi une telle pression à cause de sa conscience. Elle avait fait l’erreur de laisser se démon s’échapper vivant la dernière fois mais elle était aussi tout à fait consciente d’être incapable de le vaincre, et puis ces mots…elle savait qu’il ne fallait pas porter trop de crédit aux mots d’un démon, même si il ne se faisait pas appeler démon mais escorteur, pour elle s’était la même chose. Néanmoins, cette fois ci, l’unique fois où elle s’était laissée approchée sur un terrain de chasse, la jeune chevaucheuse semblait prise au piège. Etait ce pour son bien, ou pour son malheur ?

« Soit. »

Fut alors la seule et unique réponse de Cissée. Elle acquiesçait par là, les précédenst mots d’Anarion. Il était fort probable qu’elle est prononcé son nom en pensant à lui, elle ne le niait aucunement, et la notion de rendez vous était fort bien traduite à ses yeux. Peut être par cette simple réponse semblait elle songeuse et évasive, et surtout peu loquace, mais ne l’étai elle pas après tout ? Mais n’était il pas tout aussi étrange de voir els rôles inversés ? D’accoutumée, les humains sont bavards et les démons pas vraiment. Et ce sont les démons qui sont attirés par la gente féminine. L’inverse se prouvait cependant et en cet instant précis, bien qu’Anarion était lui aussi attirait par l’essence de la jeune hybride.

Elle devrait se méfier, Cissée le savait, mais elle avait avant tout une soif de connaissance, elle souhaitait des réponse, et elle ne sentait pas chez l’homme d’hostilité notable. Un aimant, voila à quoi elle aurait pu l’assimiler, un aimant contre lequel on ne peut avoir aucune résistance tellement sa puissance nous dépasse. Elle se laissait aller dans ce regard, qu’elle ne soupçonnait aucunement calculateur, et pourtant…oui pourtant elle savait qu’elle ne ressortirait pas de cette auberge sans dommages. Etrange sensation s’insinuant dans l’âme sans que l’on puisse lutter contre. L’appel des réponses était le plus fort.

« Cette boisson est très forte, c’est un cocktail à ma sauce, faites attention… »

Etait ce juste un avertissement, ou un simple renseignement ? Cissée avait dit cela sur le ton de la constatation, mais à vrai dire elle n’avait réellement cure de ce que pouvait bien provoquer cette mixture chez l’escorteur. Ce qui l’importait le plus étaient les réponses, oui celles pourquoi elle n’était plus dans son état normal depuis quelques temps. Même sa témérité avait augmenté en intensité. D’ailleurs, la peur s’était enfuie, elle aussi, vague brise de quelques secondes lorsqu’un souffle apparaît pour balayer quelques grains de sables. De cela, naquit une aisance, et une facilité de contact avec l’homme qui à ses côtés se tenait, regard profond ancré dans le sien. Une main, petite, mais dure, et sachant parfaitement manier l’épée se posa alors sur celle d’Anarion. C’était bien sûr, celle de la chevaucheuse. Elle souhaitait communiquer, lui faire passer sa chaleur, pour qu’il comprenne le contraste qui opérait entre eux, contraste qui els rapprochait, ou les éloignait peut être ? Mais ne dit on pas que les contraire s’attirent ? Suite à se toucher particulièrement étrange, duquel Anarion ne se dégageait absolument pas, vint enfin une réponse. La jeune femme exposa alors ses pensées à voix haute.

« il est étrange de voir que comme un démon vous êtes vile et n’agissez que dans votre intérêt, mais il l’est encore plus en ce sens, que si l’on vous écoute bien, votre neutralité du à votre condition originelle ressort à travers vos paroles ?...Quant à ma particularité, mon sang, vous lui accordez bien trop d’importance ? Certes je maîtrise le feu, plus chaque jour, mais ma volonté, mes principes, ne surmontent ils pas le potentiel de mes pouvoirs et de mes origines ? Qui vous dit que je voudrais utiliser mes pouvoirs à de telles fins ? »

Cissée était calme, elle contrôlait parfaitement son rythme cardiaque, mais sa main étant dans celle d’Anarion, elle en profita pour donner un coup de chaleur supplémentaire, agrémentant le tout d’un sourire remplit de malice, mais tout aussi mystérieux. Puis soudain, alors qu’elle ne s’y attendait absolument pas, des picotements remontèrent le long de son bras, une énergie nouvelle, une énergie sombre, et froide. Et au même instant, Neïla se réveilla et d’une manière que la jeune chevaucheuse ne comprit pas, elle délia les mains des deux jeunes gens. Un sifflement perçant traversant l’auberge. Autre étrangeté de ce lien naissant. Mais Cisssée avait senti une telle puissance en elle ! Que penser de tout cela ? Pourquoi son amie, son phénix, l’avait elle séparé de cette union ? Cissée décida de murmurer alors quelques mots à Neïla, et celle-ci après un coup d’œil désapprobateur qui se notait malgré le fait même qu’elle était un phénix, s’envola, et resta perchée dans le coin opposé du bâtiment.

«Si je comprend bien, vous me demandez de faire un choix ? Et quand bien même j’accepterez, comment voulez vous lier nos deux puissances ? »

Il fallait le reconnaître, Cissée était intéressait par cette alliance, et si cela pouvait fonctionner, elle en réfèrerait certainement à Dan, même si il fallait qu’elle n’engage qu’elle, il fallait qu’elle essaye, qu’elle se donne au moins le moyen d’éviter un tel futur chaotique. Mais comme elle ‘lavait promis, c’était un jeu de questions réponses, et elle en avait déjà posé plusieurs, il était temps pour Anarion de faire de même. Néanmoins, pour la première fois depuis le début de cette entrevue, Cissée craignait les mots qui allaient sortir de la bouche de l’escorteur.

Se…se détacher de lui ? Quelle étrange demande, qui pourrait presque passer pour du lyrisme, ou, dans un tout autre registre, pour de la peur. La peur de ne pas être reconnu aux yeux de la jeune fille. Que répondre ? Fallait il qu’elle soit sincère ? Après tout avait elle seulement la preuve que ce « rendez vous » n’était pas un leurre, une mascarade depuis le début ? Mais dans un autre sens, le monde ne marchait il pas ainsi ? N’était il pas qu’une avancée, aveugle face au destin ?

« Me détachez de vous ? Je vous ai rencontré, nous avons parlé, peut être était ce une erreur, mais vous avez indéniablement marqué mon passage sur terre, pour mon bien ou en me damnant je n’en sais rien, ou du moins pas encore, et peut être probablement jamais ! Mais me détacher est, à ce stade, et selon avis impossible, et je crois que cela l’aurait été pour n’importe qu’elle autre personne à ma place. Et quand bien même je le voudrais, à quoi cela me servirait il ? Je n’aime pas oublier els gens que je rencontre, et je n’aime pas oublier mes combats de la même manière car ce sont toutes ces étapes de notre vie qui nous façonnent…Vous voyez cette large cicatrise sur mon visage ? … »

Elle lui montra cette ligne blanche qui traversait son visage de part en part en une ligne diagonale traversant son nez et son œil gauche.

« C’ets le vestige de l’un de mes combats et j’ai été brûlée. Certaines personnes voudraient oublier car c’est un mauvais moment, mais pas moi, et de toute manière on ne le pourrait car nous sommes marqués à vie…Vous m’avez marqué à vie Anarion, que je le veuille ou non, et que vous le vouliez ou non, c’ets ainsi. Donc pour répondre plus simplement à votre question, non je ne crois pas pouvoir me détachez de vous. Mais ne le prenez pas pour vous, il s’agit là d’un unique fait. »

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 20:55

Citation :

Anarion:
Depuis leur première entrevue, il fallait bien constater que chacun détenait quelque chose qui lui offrait, par moments, un ascendant sur l’autre. C’était entre autre cela qui avait empêché l’escorteur de la tuer et qui la faisait désormais entrer dans ses projets personnels. D’ailleurs, ceci était devenu la clé de leur « relation » même si la chevaucheuse n’avait pas encore conscience de la menace qu’il pouvait représenter, notamment pour son île qu’il avait pour objectif de s’accaparer en tuant les sœurs Aleyna. Elle ignorait aussi la raison de son attachement à vouloir la lier à lui d’une manière ou d’une autre. En effet, si le sang qui coulait en elle et ses aptitudes avaient autant attiré son attention, c’était pour une raison bien précise qu’il dissimulait encore parfaitement même s’il était évident que Cissée se doutait qu’il ne tournait pas autour d’elle sans buts précis. Cacher ainsi la nature de ses objectifs était donc une chose à laquelle il s’attacherait autant que possible ou, en tout cas, jusqu’à ce qu’elle soit en mesure d’être plus « ouverte » à ses choix et pratiques.
Pour le moment, il écoutait ce qu’elle avait à ajouter concernant la boisson qu’il commandait et qui, selon elle, était très forte, chose qu’il put vérifier de lui-même. Le liquide lui offrit effectivement une sensation de forte chaleur qu’il compara alors, durant un instant, à la sensation que pourrait lui offrir la jeune femme dans une étreinte corporelle. De manière générale, il était courant de penser que les « démons » étaient attirés par la gente féminine mais ce n’était pas le cas de l’escorteur qui ne se laissait aller à la luxure que si cela lui permettait d’obtenir une âme puissante. S’il l’avait désiré, il aurait pu se livrer à tous les vices possibles et imaginables en ce monde car il en possédait la puissance et la ruse mais il ne s’y pliait pas jugeant que ceci n’était pas digne de lui ou bien parce qu’il gardait encore en lui, des souvenirs si forts pour sa fille et sa femme décédées.

Quoi qu’il en soit, il remarqua à quel point la jeune femme semblait captivée par ce qu’il disait ou allait dire. Son regard était plongé dans le sien tandis que la main de la chevaucheuse était posée sur la sienne. De plus, elle ne dégageait pas de sentiments montrant sa peur, chose qui confortait Anarion dans son idée qu’elle commençait peu à peu à pencher de son côté même si c’était encore de manière très légère car il savait qu’il ne suffisait pas simplement d’attirer quelqu’un par sa personne pour le faire adhérer entièrement à sa cause.
Pour le moment, Cissée lui demandait ce qui le faisait croire qu’elle utiliserait ces pouvoirs afin de changer le futur et il allait lui répondre de manière claire tout en lui montrant qu’il n’agissait peut-être pas que dans son simple intérêt comme elle pouvait le penser.

- « Pour moi il ne fait aucun doute que vous utiliserez ces pouvoirs car vous devez avoir des gens auxquels vous tenez en ce monde et je pense que l’idée de les voir assassiner par des démons n’est pas une chose qui vous enchante. Constatez bien que la faiblesse des humains est de ne pouvoir combattre de manière totalement détachée. Ainsi, les êtres qui vous sont chers sont une faiblesse sur laquelle jouent les démons. Vous pourrez alors penser qu’il en va de même pour moi mais quoi qu’il en soit, je pense que si la situation tournait mal pour ceux que vous aimez, alors vous aurez besoin de ces pouvoirs pour les défendre. »

Dans ces mots, l’escorteur ne cherchait pas à la manipuler mais il savait que tout ou tard, s’il lui montrait l’intensité des pouvoirs qu’il pouvait lui offrir, elle ne pourrait refuser son aide d’autant plus que ses proches seraient en danger quoi qu’il arrive comme tout le reste du monde d’ailleurs et ceci on ne pourrait pas le lui mettre sur le dos.
Concernant cette puissance qu’il voulait lui transmettre, il venait de lui en faire une petite démonstration, s’étonnant même de l’intensité de cette union à moindre échelle qui fut soudainement interrompue par une intervention du phénix qui ne voulait visiblement pas de cette association. Anarion aurait pu être énervé par cette intervention mais il n’en était rien car le temps qu’elle dura fut suffisant selon lui pour faire prendre à la guerrière à quel point elle pouvait devenir puissante. Juste après cette démonstration, elle lui posa deux questions notamment sur le moyen de lier leurs puissances. Sur ce point, elle n’aurait pas de réponses car le moment n’était pas encore venu selon lui.

- « Vous dire maintenant le moyen de lier nos forces ôterait beaucoup de piments à la situation alors permettez-moi de vous laisser dans l’attente d’une réponse que vous finirez par apprendre par des faits. »

Sur ce point, on pouvait dire que le « démon » était maître du jeu et il en avait conscience tout comme il savait parfaitement le moyen d’unir leurs forces. Toutefois, pour lui, fournir une réponse à la jeune femme enlèverait tout goût à son exécution. Elle devrait donc attendre encore un peu avant d’obtenir une lumière claire à son interrogation.
Puis, ce fut à son tour de lui poser une question et la réponse qu’elle lui fit eut pour effet d’attiser encore l’intérêt qu’elle lui suscitait. Ainsi, elle lui confiait clairement le fait qu’il l’ait marqué de manière presque indélébile comme cette cicatrice qui resterait sur son visage. Elle ne voulait pas oublier les gens ou les événements de sa vie et il en serait de même à l’intention d’Anarion qui n’en avait pas espéré autant aussi vite. D’ailleurs, il devait reconnaître que cette addiction précoce le troublait quelque peu mais de toute manière ce qui comptait pour lui était qu’elle se rapproche de lui de manière de plus en plus nette. Effectivement, il se servirait d’elle mais il lui offrirait réellement une puissance suffisante pour combattre la menace future. En tout cas, cette discussion même si elle était encore relativement brève était riche et lui donna une idée qu’il allait soumettre à son interlocutrice juste après que l’escorteur ait touché avec délicatesse la cicatrice de la jeune femme comme pour lui montrer qu’il aimait cette trace du passé.

- « Je ne sais pas si vous êtes au courant du fait que non loin d’ici, dans une grotte scellée par les dieux se trouve enfermé le père des démons terrestres. Sa puissance était telle qu’il fut désigné par les démons de l’époque le désignèrent comme leur roi et les dieux comme le père de ces monstres. Alors que cet être augmentait sa puissance de jour en jour, les dieux redoutèrent qu’il finisse par les attaquer à la tête d’une armée. Ils unirent alors leur force et l’emprisonnèrent dans une grotte par un sceau que nul ne pourrait rompre. Toutefois, les démons pensent que l’union de deux êtres opposés pourrait venir briser le sceau, chose que les dieux pensent impensables. »

Anarion venait de présenter les faits, il ne lui restait plus désormais qu’à lui montrer l’intérêt de libérer le père des démons terrestres.

- « Je pense que vous avez senti tout comme moi tout à l’heure la puissance que nous pouvons obtenir en nous unissant et je pense que cela peut nous permettre de briser le sceau. L’intérêt de ceci serait de s’entraîner face à un adversaire et d’adresser un message aux dieux. En tout cas, ne vous inquiétez pas pour la puissance de ce démon, je pense qu’elle n’est pas du tout insurmontable et je vais vous le prouver. Ainsi, peut-être accorderez-vous plus de crédit à ma cause. Etes-vous prêt à relever ce défi ? »

En quelque sorte, l’appât venait d’être lancé. Cette histoire était authentique tout comme l’assurance de l’escorteur à vaincre ce père des démons terrestres. Bien sûr, ceci était un nouveau moyen de tester la jeune femme et leur union. Bien sûr, cette idée, il l’avait eut bien avant de la retrouver dans cette petite auberge et voyait même un signe dans le choix du lieu de leur rencontre qui était finalement si proche de la prison du démon. Toutefois, le but principal de cette excursion possible était de permettre au démon de briser un sceau qu’il ne pouvait pas faire seul et de s’emparer de l’âme d’un des êtres les plus puissants en ce monde. Son désir de partir vers ce lieu avec Cissée était tout à fait palpable dans ces paroles et dans son regard, restait désormais à savoir si la guerrière serait en concordance avec lui.

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 20:55

Citation :
Cissée:
Piquante, épicée, chaude, voilà des mots qui pouvaient aussi bien résumer la boisson que Cissée tenait entre ses mains, que la chevaucheuse elle-même. Des mots, inspirant joie, gaîté, féerie même, aussi bien que chaos, tristesse et mal. Un étrange contraste, mais qui englobait bien des visions du monde. Un contraste qui se notait aussi entre ces deux individus, comme inéluctablement attirés l’un à l’autre sans dans une sensuelle danse vampirique. Une danse qui mènerait certainement l’un ou l’autre à sa perte ou à son ascension…le destin, quelle vaste notion d’inconnu et de méprise ! On en parlait, mais qui pourrait le prévoir, où ne serait ce que l’entre apercevoir ? Réellement, sans aucune possibilité de changement ? Personne, la réponse était réellement simple, personne, car la fatalité n’est elle pas on plus elle-même une notion abstraite ? Et pourtant, Anarion lui exposait l’avenir, et dans cet avenir de chaos, il faisait la promotion de l’union bénéfique de leurs deux êtres. Quel beau scénario, quelle idée alléchante ! Mais Cissée, de son côté doutait, elle savait que son âme n’était pas pure. Et la sienne non plus d’ailleurs, mais au moins, sa volonté de faire le bien n’était pas factice, elle voulait voir vivre les personnes qui lui restaient et qui en ce moment même devaient dormir dans un lit douillé à rêver de leur avenir ?

Mais, bien que cela était sa volonté, l’escorteur se servait de ce fait pour la faire adhérer à sa cause. Il cherchait en elle, le point sensible, la corde qui casserait le plus facilement. Et il trouvait, et plus il en jouait, plus Cissée baissait sa garde, mais restait cette question, ce doute. Comment pouvait il penser, que malgré sa volonté de fer à garder un monde assez neutre pour que les êtres lui étant cher puissent vivre, elle utiliserait ses pouvoirs en son nom à lui, dans une alliance plus saugrenue encore que le fait même qu’elle soit attirée par sa présence. Cissée se doutait qu’il se jouait d’elle, qu’il y avait un plan sadique, ou bien très minutieux et recherché derrière cette approche, et pourtant… Elle entendait ce qu’il fallait, lorsqu’il le fallait, et ses doutes s’envolaient plus vite encore que si la magie devait opérée. Et tout cela dans une subtilité pouvant paraître effroyable de part sa finesse.

Mais plus encore, la réponse d’Anarion, bien qu’il ne connaisse son histoire, elle en était sûre, touchaient la jeune chevaucheuse au plus profond d’elle-même. Et certains mots résonnaient encore dans son esprit alors que l’escorteur avait fini. « …vous devez avoir des gens auxquels vous tenez en ce monde et je pense que l’idée de les voir assassiner par des démons n’est pas une chose qui vous enchante », voilà qui mettait Cissée hors d’elle. Soudain les images de son dernier jour dans son village lui revinrent en mémoire, et particulièrement celle de son père vira, ou faut peut importait à l’époque et encore aujourd’hui, en train d’agoniser, brûlé à vif. IL ne pouvait pas imaginé à quel point, avec ces quelques mots, plus que banals, Anarion venait de faire basculer la jeune femme dans une rage sans nom contre le mal qui pouvait régner dans ce monde. Cela devait logiquement s’appliquer à l’escorteur, néanmoins il était la source de cette demande, elle le voyait donc, inéluctablement, différemment. De plus il pouvait lui offrir ce pouvoir pour éviter cette nouvelle fatalité !

Son poing s’était crispé, ses yeux figés, et son corps chauffait sous le coup de la colère, et de l’ambition, oui l’ambition de sauver ce monde d’une manière ou d’une autre. Elle se contrôlait heureusement, et encore plus fortunée, elle resta elle-même durant l’établissement de ce lien étrange par Anarion. A travers deux mains, tant d’énergie circulait librement,c’en était assez déstabilisant. Mais Neïla était visiblement tout à fait contre cette démonstration, tout comme elle n’aimait pas Anarion, c’était tout à fait notable dans ses agissements. Néanmoins, elle retourna de suite sur son perchoir après avoir brisé le lien, comme si de rien était. Mais il fallait l’avouer, ce que l’escorteur venait d’accomplir intéressait vaguement Cissée, qui se laissait glissée, sans le vouloir sur une pente qu’elle ne contrôlerait bien tôt plus, et que certainement elle regretterait, ou non. Mais elle voulait en savoir plus, maîtriser son sujet avant de faire quoi que ce soit, et le fait que le « démon » ne veuille lui en dire plus, lui fit faire un pas un arrière. La méfiance, quelle dangereuse mère de toute prudence ! Mais ne plus contrôler une situation faisait se sentir, indéniablement, faible et sans défenses, ce que Cissée par certains côtés était. Quoi qu’il en soit, en cet instant pile, il menait la danse, et ce n‘était pas pour plaire à la jeune chevaucheuse, qui, paradoxalement, toujours décontractée, écouta ce qu’il avait dire, et surtout sa question, comme le devait le petit jeu qu’ils avaient entamé. Une question étrange soit, mais à laquelle, elle répondit, et se fit loquace dans ce but. Elle voulait montrer que sa venue, et son implication dans cette discussion n’étaient pas factices, qu’elle le faisait vraiment, par pure curiosité, ou non, mais elle était sincère. Le feu de l’ambition et celui de l’envie de vaincre n’avaient jamais était aussi présents dans son sang qu’en ce moment précis. Son regard de braise devait d’ailleurs bien le montrer.

Il effleura cette cicatrice qui lui barrait le visage de part en part, e une étrange sensation un frisson à vrai dire la parcourut de l’échine jusque dans la coup, d’une manière pas si désagréable que cela. Le touchait était froid, mais pour Cissée, bien que cela puisse paraître étrange, l’intention semblait chaude, cuisante, intéressée. Et à ce toucher s’ajouta alors une histoire, fort troublante. Elle savait pourtant, au plus profond d’elle déjà, que cette petite histoire n’était pas gratuite. Et ce qui vint ensuite, la proposition d’Anarion, ne plut pas vraiment à Cissée ! S’unir, pour libérer le démon terrestre ! Même si il était facile à vaincre avec leurs deux pouvoirs, elle ne pouvait pas se risquer à mettre en danger Ynis, avec une telle folie, non elle ne pouvait pas ! C’était hors de question ! Mais comme pour contredire cette volonté ferme de refuser, une image vint s’introduire dans son esprit.

‘ Les dragons venaient vers son village. Elle en était la cause. Elle courait, courait encore et encore, pour essayer d’aider els gens qu’elle aimait, mais trop tard. Du feu, oui des flammes de partout, envahissant toute la contrée, le petit village y comprit. Son père ? Où était il ? Le seul être vivant avec son frère et sa petite sœur, qui lui restait. Le premier endroit où elle se dirigea, fut le bon. Mais le pire était arrivé ! Après avoir fouillé les décombres, elle le trouva là, étendu sur le sol, quasiment brûlé dans son intégralité, respirant à peine. Ses dernières larmes avaient été pour lui, les ultimes, depuis le chagrin, elle ne le ressentait plus. Elle avait perdu son dernier pilier…’

« D’accord ! »

Fut la seule exclamation qu’elle eut pour montrer son accord. Elle paya alors le barman, et se leva aussi promptement que son exclamation était intervenue. Elle réajusta son ‘armure’ d’écailles, et se dirigea vers la porte d’un pas ferme et décidé. Elle attendit Anarion dehors. Elle avait besoin de prendre l’air, et surtout de reprendre le contrôle sur sa flamme interne. Neïla revint vers elle aussi et se reposa sur son épaule. Enfin, un petit combat lui ferait du bien, même si pour cela elle s’alliait au pire des manipulateurs. Mais quelque chose disait à Cissée qu’elle ne sortirait pas perdante de cette alliance. Elle récupéra sa lance et son épée.

« J’espère que tu me fais confiance mon amie… »

Dit elle alors à l’adresse de son phénix.

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 20:56

Citation :
Anarion:
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Anarion se tenait fixement devant un pilier de marbre parsemé d’orchidées blanches et sur lequel reposait un large récipient rempli d’eau claire qui semblait d’ailleurs presque être la seule source « lumineuse » dans cet endroit profondément sombre situé dans un lieu que probablement aucun humain, en vie du moins, n’avait foulé.

- « Alors Anarion, tu es toujours en train de fixer cette île que tu veux détruire ? Ne comprends-tu pas que ton entreprise est vaine ? »

- « Et toi pauvre fou, ne sais-tu pas que je suis un dieu et que rien ne peut se mettre entre un dieu et sa volonté ? » répondit l’escorteur à cette voix qui semblait englober tout le lieu dans lequel il se trouvait.

- « Lequel est le plus fou d’entre nous ? Celui qui croit être un dieu alors qu’il n’en est pas un ou moi qui tente encore de tenter de te raisonner ? Je crois que nous sommes désormais tout d’eux à mettre dans le même sac mais la vérité dans tout ça c’est que quoi qu’il arrive nous sommes liés à jamais et que d’ici peu nous serons tous deux vaincus par cette femme. » renchérit cette voix vive mais également posée.

- « Tu cherches encore à me parler de cette « Cissée » c’est bien ça ? »

A cet instant, le démon caressa légèrement la surface de l’eau qui se trouvait devant lui et fit apparaître l’image de la chevaucheuse qui ne devait probablement pas se douter qu’elle était observée depuis un monde qu’elle n’avait encore jamais foulé. Durant quelques secondes, il resta silencieux et l’observa fixement avant de briser son reflet d’un coup de poing sec.

- « Je crois que tu as finalement bien fait de me reparler d’elle aujourd’hui car maintenant j’ai envie d’aller lui rendre une petite visite. Tu dis qu’elle causera notre perte et je vais prendre cela comme un défi. Ainsi, je peux te garantir qu’elle ne nous causera aucun tort et qu’au final je la ferai même devenir notre alliée. » ajouta l’escorteur qui avait désormais un plan bien particulier en tête concernant la chevaucheuse.

Puis, son aura se mit à grandir jusqu’à envelopper tout le lieu puis repousser celle qui entretenait un dialogue avec lui depuis le début tandis que le visage de la jeune femme réapparut à la surface de l’eau.

- « Alors Cissée, dis-moi un peu : aimerais-tu devenir notre reine ? » s’exclama-t-il avec l’excitation de mener à bien ses plans la concernant.

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Pour que Cissée se rapproche de lui l’escorteur avait eu l’idée de lui montrer la puissance que tous deux pouvaient avoir en unissant leurs forces et il avait trouvé que se confronter au père des démons terrestres serait une occasion parfaite pour plusieurs choses. Tout d’abord, il sentait, et particulièrement en ce moment précis, que la jeune femme brûlait de se confronter à de nouvelles choses, de nouveaux challenges et il allait lui en offrir un de taille. Il sentait à travers son attitude et son regard de braise qu’elle voulait en apprendre plus sur ce côté sombre qui se trouvait en elle et il allait tentait de lui faire sentir que la chaleur d’une flamme sombre était bien plus enivrante et puissante qu’elle ne pouvait le penser. Lui-même voulait en apprendre plus et allait beaucoup plus loin avec elle que ces quelques échanges déjà prometteurs.
L’escorteur sentait qu’il avait réussi à lui faire légèrement baisser sa garde grâce aux mots et à de légers avant-goûts de la puissance qu’il pouvait lui offrir. A présent, il allait tenter de briser sa garde par les faits. Toutefois, il fallait aussi savoir qu’il ne faisait pas tout cela sans arrières-pensées puisque grâce à elle il pourrait détruire le sceau qui retient le père des démons et ainsi acquérir une puissante âme qui renforcerait considérablement ses pouvoirs, l’approchant ainsi encore un peu plus de son but. Quoi qu’il en soit, il se leva à son tour et sortit de l’auberge un peu avant elle. Dehors, le froid régnait en maître et il se demanda alors si la flamme de la jeune femme serait suffisante pour qu’elle ne le craigne pas. Enfin, de toute manière, d’ici très peu de temps les conditions climatiques ne seraient pas son principal soucis.

- « Nous n’avons que quelques centaines de mètres avant de parvenir à la grotte. Ça peut paraître surprenant de savoir qu’un tel monstre se trouve si près d’un village mais pour information sachez que, même si les habitants actuels l’ont oublié, les premiers colons qui s’installèrent ici le firent afin de rester proche de leur maître pour son éventuel retour. Quoi qu’il en soit, ce vieux démon n’aura pas le temps de se poser la question de savoir où sont ces disciples aujourd’hui. » dit-il en esquissant un petit rictus.

Il resta ensuite silencieux jusqu’à arriver dans une gigantesque plaine glacée ou visiblement rien ne semblait venir troubler ce blanc infini qui s’étendait à perte de vue. Maître en illusions, l’escorteur savait parfaitement que la grotte se trouvait tout juste devant lui mais qu’elle était invisible à tous ceux qui ne possèdent pas de sang divin. Ainsi, si quelqu’un s’aventurait ici, il ne serait pas en mesure de localiser la grotte et ne ferait que traverser du vent s’il passait à travers. Pour faire apparaître la grotte il fallait donc surpasser le pouvoir d’illusion qui la masquait et c’est ce que le démon fit après avoir tracé face à lui différents signes anciens qui étaient utilisés par les escorteurs qui existaient dès la naissance du monde. Ainsi, la grotte apparut aux yeux de ceux qui venaient pour briser son sceau et l’entrée des lieux offraient un renseignement sur la taille de ce qui pouvait se trouver à l’intérieur. En effet, l’entrée de la grotte était tout simplement colossale avec sa hauteur de près de trente mètres et sa largeur de cent mètres. L’entrée donnait alors une ouverture vers les profondeurs du sol qui se trouvait être la prison du démon. A présent, le moment était venu d’ouvrir cette lourde porte faite d’un alliage divin tout comme son sceau représentant un ange et un démon s’affrontant à l’aide d’un glaive.

- « Voilà, nous y sommes enfin, le moment est venu de vous montrer la puissance que nous pouvons avoir ensemble. En tout cas, une fois le sceau brisé, il faudra que vous attaquiez le monstre de toutes vos forces dès le début car si on lui laisse l’occasion d’attaquer en premier alors il pourrait détruire notre corps et notre âme en instant. De mon côté j’aurai besoin d’un peu de temps pour lancer mon attaque et l’associer à la votre mais cela ne devrait pas vous poser de problème majeur. » dit-il avec sérieux mais aussi avec une telle assurance que cela pouvait paraître troublant au vu de l’adversaire colossale qu’ils allaient tous deux devoir affronter.

Ce combat comportait réellement beaucoup d’enjeux. Si tout réussissait comme il l’espérait alors l’affrontement marquerait l’avènement réel de Cissée comme alliée, c’est en tout cas ce en quoi il croyait. Toutefois, pour lui, la suite des événements serait bien plus intéressante encore mais ceci était une toute autre histoire qui n’existait que dans sa tête pour le moment.
Anarion finit ensuite par retirer sa cape qui disparut sans laisser la moindre trace au moment où il la laissa au vent, son élément de combat et d’essence. Il resta ensuite aux côtés de la chevaucheuse avant de tendre ses mains en direction du sceau et d’y projeter un courant d’air très violent.

- « C’est le moment Cissée, associez vos forces aux miennes et laissez-moi vous montrer qu’ensemble nous allons pouvoir vaincre ce que même les dieux n’ont pas pu vaincre. Montrons leur notre avènement ! » s’exclama-t-il en redoublant de puissance.

Lorsque les deux attaques se combinèrent, le sceau qui fut forgé par les dieux ne mit que quelques instants à se briser tandis que le sol trembla tout autour d’eux devant leur puissance cumulée. Jusque là rien ne surprit l’escorteur jusqu’à ce qu’il ressente un nouveau tremblement de terre qui cette fois ne fut pas leur œuvre mais celle du père des démons qui sortit de la grotte. Le monstre était tout simplement hideux mais également colossal. Toute sa peau était plus noire que le charbon lui-même et son buste était supporté par deux pattes qui se terminaient par cinq griffes de près de deux mètres chacune. Son visage était une sorte de croisement entre celui d’un homme et celui d’un minotaure, le tout orné par une imposante barbe blanche mettant en avant son ancienneté. Son buste se terminait par une queue semblable à celles d’un vers de terre à ceci près qu’elle mesurait bien un kilomètre pour une épaisseur de dix mètres. Face à lui, Anarion et Cissée semblaient tels des insectes. En tout cas, l’escorteur n’avait pas prévu que ce titan sorte en compagnie de près d’une cinquantaine de démons qui furent enfermés en même que leur maître.

Anarion aurait pu reprendre la parole mais il savait que la jeune femme était consciente de ce qu’elle devait faire et de son côté il fit sortir de terre près de cent squelettes pour qu’elle ne soit pas gênée par les démons. Débuta donc un combat entre les deux camps tandis que pendant ce temps, il sortit sa faux et prépara la création d’une tornade qui s’associerait à la puissance de la jeune femme. Toutefois, le père des démons eut le temps de lancer une attaque colossale, cette même technique qui pouvait à la fois détruire l’âme et le corps.
Ainsi, tout le paysage d’hiver disparut et laissa place au cosmos, à l’univers infini. Tous les protagonistes du combat se trouvèrent alors au beau milieu des ténèbres de l’espace avec tout autour d’eux, une myriade d’étoiles les entourant. Cette illusion était puissance et montrait que le père des démons pouvait briser tous les repères de ces adversaires. Bien sûr, ceci ne causait encore aucun dommage direct pour le moment mais ceci n’allait pas durer puisque après avoir poussé un long râle, une pluie de comètes se dirigea sur Cissée et Anarion. Cette attaque ne faisait pas de pitié puisque les démons et les squelettes furent pulvérisés par ses comètes qui les broyèrent en un instant. Visiblement marqué par l’emprisonnement, le père des démons ne faisait plus la différence entre ses alliés et ses ennemis.

* Tu crois pouvoir nous battre avec si peu ? Comment les dieux ont-ils pu avoir tant de mal à t’enfermer espèce de vieux fou ? J’aurai ton âme quoi qu’il arrive et c’est encore la meilleure chose que tu puisses offrir à ce monde. * pensa-t-il, transcendé par le combat et la présence de Cissée.

A cet instant, une tornade enveloppa Cissée et son créateur et les protégea des comètes qui virent s’y briser. Le moment de la contre attaque était venu et c’est ainsi qu’Anarion flotta en l’air, porté par le vent au creux de la tornade et donna un souffle offensif à la tornade en la frappant de sa faux. Le moment de l’union véritable des forces des deux combattants était venu quand soudain, le monstre envoya directement un puissant message dans l’esprit de la jeune femme.

- « Aujourd’hui je meurs pour de bon mais je sais que ma cause contre les dieux ne mourra pas avec moi… Je te souhaite bonne chance dans ta lutte contre les dieux… Cissée, toute puissante reine de l’au-delà. »

Ce message que seule la jeune femme pouvait entendre prendrait fin tout comme l’illusion au moment où elle frapperait le monstre. A présent, il ne restait plus à la jeune femme qu’à unir ses forces à l’escorteur, si elle l’acceptait encore.

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 20:57

Citation :
Cissée:
Feu des Enfers
Feu de l’Ame
Feu des Morts
Et Feu de la Vie

Quel était celui de Cissée, chevaucheuse de l’Ombre, pour le compte d’Ynis ? Elle se sentait un peu seule, perdue. Jeune, oh que oui, ça elle l’était ! Mais comme les autres jeunes de son âge, elle, elle n’avait pas eu l’occasion de vivre ces instants intenses des jeunes années, les rigolades avec les copines les discussions chiffons, ou alors se faire courtiser ou faire des combats dans le cas de la jeune Cissée. Où étaient donc passées ces années de légèreté où l’insouciance est la principale caractéristique de l’individu. Le pire dans l’histoire était que Cisée n’avait aucun regret sur tout cela vu qu’elle n’y avait jamais goûté. Non elle continuait son chemin, celui qu’on avait tracé pour elle quelques temps auparavant en brûlant le village auquel elle appartenait. Et bien qu’elle vivait sur Ynis, son cœur était toujours sur la terre de sa naissance, là où son père été décédé de graves blessures après une attaque de dragons. Dragon qu’elle ne pourchassait plus à présent malgré la cicatrice que l’un d’eux avait imprimée sur la belle peau de la jeune chevaucheuse. Mais quel goût aurait une autre vie ? Une vie plus innocente, moins combative, une vie jeune, et sans guerre ! Voulait elle vraiment le savoir ? Non assurément, tout comme elle ne voulait pas savoir ce que serait une vie encore plus dure, plus enfermée dans ce monde de frayeur et de combats, et pourtant elle devait faire des choix, pour se protéger et protéger ceux qu’elle aimait. Des choix qui pouvaient faire pencher la balance de sa vie ainsi que de nombreuses autres.

Pourtant, elle était à la sortie de cette auberge, dans l’attente d’une personne qui changeait sa vie, pour le meilleur…ou pour le pire. Elle n’avait certes pas laissé les préjugés dominer son opinion et sa décision, mais était ce vraiment sage ? Ressortirait elle vivante de cette affaire, et pire, ne provoquait elle pas là la chute d’Ynis ? Tant de questions qui se soulevaient alors que sur son bras, Neïla semblait inquiète et sur ses gardes. Quand Anarion fut prêt, le chemin, vers l’inconnu, le danger et un destin incertain commença.

Le temps était plus qu’incertain, et surtout un froid considérable régnait. L’atmosphère rendait la situation glauque et encore plus incertaine, voire à l’issue néfaste. Mais elle avançait, son esprit essayant en vain d’analyser ce qui l’attendait. Le froid la picotait certes mais sa flamme intérieure la protégeait. De fait, ce n’était pas cette neige qui pourrait l’arrêter. Non ce serait plutôt la peur, ou le doute, mais elle s’efforçait de mettre cela de côté. De suivre sa décision, de prendre des risques. Elle vida alors son esprit et observa son phénix voler au dessus d’eux tel l’aigle guettant le danger du ciel. Leur marche était silencieuse jusqu’à ce qu’Anarion fasse un commentaire. Auquel, la jeune femme ne dit rien, écoutant seulement d’une oreille tendue, et divertie par les potentiels craquements de feuilles ou autre qui trahirait une présence étrangère. Néanmoins, le reste du chemin se fit en silence. Un silence de mort d’ailleurs. De son côté, Cissée ne pouvait s’empêcher de se questionner sur le but final du démon. Si il faisait cela ce n’était pas pour rien. Quoi qu’on en dise, les démons avaient toujours un dessein derrière toute action.

Quoi qu’il en soit, ils finirent par arriver, du moins semblait il aux dires de l’escorteur. Cissée, elle ne voyait rien, absolument rien à part une étendue blanche à perte de vue. Non il n’y avait rien, même pas âme qui vive. Ce silence d’ailleurs rendait le lieu plus que suspect. Ce qui d’ailleurs mettait des doutes en Cissée quant à la véracité du renseignement. Il était fort plausible que ce soit la vérité. C’était la vérité même, car une fois le rituel d’Anarion effectué, une immense ouverture leur fit face. Une ouverture qui, alors que Cissée levait la tête pour essayer d’en voir le haut, lui donnait le vertige. C’est alors que la peur, pour la première fois depuis des années, la prit, au plus profond de ses entrailles. A quoi avait elle dit oui ? La chose qui habitait ces lieux semblait impossible à vaincre, rien que de par l’entrée de son habitat, tout simplement impossible. Et elle avait dit oui pour apporter son aide, et jamais elle ne rompait ses promesses. Qu’allait il advenir de sa jeunesse pas encore vécue, ou de son futur tout aussi incertain ?

Mais voilà. Le moment fatidique. Oui, il était là, devant elle, dans le futur, ce futur proche, très proche et incertain. Elle devait attaquer pleine puissance, amis savait elle au moins ce que cela voulait dire ? Elle ne l’avait jamais fait ! Ou peut être que si après tout, mais cela ne devait pas être bien fort alors. Et surtout elle devait être rapide. Habituellement il n’y avait aucun problème à cela, mais ici cela suffirait il face à ce colosse ? Autant de questions qui se bousculaient dans l’esprit de la jeune Cissée. Elle qui était d’accoutumée sûre d’elle et prête à de nombreuses choses, d’un seul coup ses forces, et son assurance s’envolaient malgré elle. Elle ne se sentait pas prête, la chevaucheuse était à la fois impressionnée parce qu’elle ne voyait pas encore, mais aussi par le fait que ce soit Anarion qui l’ai emmené ici, un démon. Néanmoins, le choix ne s’offrait plus à elle et bientôt elle devrait affronter ce qui se trouvait derrière ce sceau, derrière cette immense porte.

Soudain, avant même qu’elle ait pu dire ouf, Anarion lança son attaque contre le sceau. Cette chose que des Dieux avaient apparemment laissé là des années, voir des siècles durant par crainte de la puissance de ce qui se cachait derrière. Etait elle folle pour faire ce qu’elle allait faire ? Devait elle-même le faire ? Pourquoi le ferait elle ? Après tout elle ne devait rendre de compte personne. Toutes ces questions, étaient là et lui faisait perdre du temps, pendant que l’escorteur lui lançait toute sa puissance contre ce qui les séparait du combat final. Quelques secondes peut etre même minutes passèrent, lentement, très lentement, du moins pour Cissée, avant que celle-ci n’envoie sa flamme e combiner avec le vent et la force d’Anarion. Le résultat fut magistral, encore plus impressionnant que la petite étincelle dans l’auberge. Il ne fallut d’ailleurs pas longtemps avant que l’effet souhaité surgisse. Un monstre, hideux sortit de son antre. Cissée avait combattu des dragons, qui étaient des bêtes déjà immenses, mais elles étaient tout aussi magnifiques et avaient beaucoup de prestance. Ils avaient ce quelque chose qui change tout. Néanmoins, ce monstre là, était…hideux, informe, puant et surtout…plus qu’accompagné.

Des dizaines de démons accoururent vers eux. Neïla survolait les lieux et quand un cri de danger s’échappa de son bec, elle prit flamme, et passa au milieu des démons en détruisant la première ligne. Cissée, elle regarda Anarion, énervée et complètement assommée par ce qui était en train d ‘arriver, elle allait lâcher, pour une fois ses nerfs étaient mis à rude épreuve, il fallait qu’elle se reprenne, qu’elle reprenne le contrôle de tout son être. Mais rien ne la mettait en condition pour, pas même son coéquipier du moment qui mettait trop d’espoirs en elle, qui la croyait de choses bien plus au-delà de ce dont elle était capable. Elle n’analysait même plus la situation, et envoyait juste des boulets de feux ou se battait avec son épée contre les démons.

Soudain le décor entier changea. Cissée crut devenir folle ! Dans quoi elle était tombée ?? Elle qui n’avait peur de rien, cette nouvelle sensation lui brûlait l’estomac, lui donnait des sueurs froides, et la faisait trembler. Pourtant, sa précision au combat ne s’était pas dissipée elle. Non au contraire, elle restait lucide sur cet unique fait. Et encore, lucide, un mot sans vraiment de but ni de définition propre dans l’état où elle se trouvait. On aurait dit une enveloppe charnelle ayant perdu son âme. Ses yeux étaient figés sur les cibles, et elle ne calculait plus rien d’autres. Quelle était cette illusion si puissante, si dévastatrice. Des comètes tombaient en tout sens, dévastant tout sur leur passage. Cela allait être la fin, elle le savait. Les démons et les squelettes d’Anarion ne furent que poussière sous ses géantes de feu ! Cissée eut l’idée d’envoyer ses flammes pour essayer de contrer l’arrivée des comète, mais cela était il seulement suffisant ? Peut être en combinant ses pouvoirs à ceux de l’escorteur ? Mais encore fallait il qu’il soit encore en vie ou présent. Elle ne voyait même plus Anarion. Le lâche il avait du fuir en douce la laissant affronter seule ce démon horrible contre lequel elle n’avait bien sûr aucune chance. Elle ne le voyait pas non c ‘était simplement cela, mais dans sa tête, oui dans sa tête une petite voix lui disait qu’elle était seule, seule au monde pour défendre ceux qu’elle aimait, et qu’elle voulait voir vivre.Mais il était présent, elle le sentait, tout comme elle sentit cette protection, se souffle puissant l’englober et lui redonner du courage, un courage qui lui fit analyser mieux, plus objectivement la situation. Un démon lui donnait du courage, voilà une étrangeté bien insaisissable ! Leur destin était il vraiment lié ?... Et cette petite voix finit par se transformer en puissante onde télépathique. Cette voix, ces mots, tout redonna un courage étrange à Cissée, non pas pour une raison quelconque, mais plutôt parce qu’elle n’en revenait pas de cette absurdité !

« Reine de rien du tout !!!! Cissée je suis Cissée je resterais à jamais, unique, simple et surtout libre !!!!!!!!!! »

Et sur ce elle envoya les plus puissantes flammes qu’elle eut jamais développées en elle. C’est alors que tout s’éclaira, et qu’elle reprit conscience de l’environnement et du combat. Elle revit Anarion, en plein dans son attaque, la sienne se mêlant ainsi. Le démo quant lui explosa en milles morceau sous la puissance des deux flux magiques. L’illusion elle aussi s’évanouit, et tout redevint normal, la lande de neige blanche reparut sous leur pieds, et tout alentour était baigné de sang et d’os. La chevaucheuse quand à elle, se sentit mal, comme vidée de son énergie. Elle s’affaissa, tomba à genoux se soutenant alors grâce à son épée, puis soudain, même les muscles de ses bras lâchèrent, et elle se retrouva allongée dans la neige, le visage enfouit dans cette nuée blanche et froide. Un monde de ténèbres s’offrit alors à elle.

Ce qui lui sembla quelques secondes à peine après sa chute, elle se releva. Tout était noir. Seule une lueur luisait au loin, l’illuminant elle, et uniquement elle. Cissée avançait, à l’aveuglette quand un murmure lointain se fit entendre. Elle essaya alors de le suivre même si elle ne comprenait pas les mots, même si elle ne savait pas où ca la menait…

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 20:58

Citation :
Anarion:
A la base, l’escorteur avait prévu d’observer avec attention les faits et gestes de la jeune chevaucheuse mais la venue des différents démons aux côtés de leur père et l’extrême rapidité de son attaque avait fait qu’il n’avait pas réussi à tenir son objectif. Toutefois, s’il n’était pas parvenu à l’observer visuellement, il fut parfaitement en mesure de suivre son aura quand elle déploya ses forces pour briser le sceau et pour frapper mortellement le démon. Il n’avait pas non plus manqué de constater qu’elle s’était impliquée dans le combat aux cotés de son phénix contre les démons alors qu’il avait fait en sorte qu’il y ait suffisamment de squelettes pour qu’ils ne soient pas dérangés. Il avait aussi remarqué que face à cet adversaire titanesque, elle avait perdu certains de ses repères comme si la réalité du combat lui avait fait perdre l’assurance qu’elle lui avait montrée précédemment. Pouvait-on dire que le démon était alors déçu ? Non, il ne l’était en aucun cas et se sentait même presque rassuré en estimant que les mises en garde qu’on lui avait faîte n’existaient pas. Selon lui, elle n’était pas capable de le battre ou même de lui faire face. Toutefois, il ne pouvait pas nier sa puissance, celle qui avait brisé le sceau et celle qui frappait désormais le père des démons. Mais ce qui le frappa avant tout fut le fait que son courage sembla ravivé par la protection qu’il lui offrit. A cet instant, il commençait à croire qu’elle serait peut-être vraiment en mesure de diriger l’au-delà à ses côtés, idée qu’il ne lâcherait plus désormais.
En tout cas, le véritable déclic sembla se produire au moment où elle s’exprima à voix haute. Visiblement elle semblait répondre à quelqu’un qui devait soit être le père des démons, soit elle-même. Anarion n’eut pas le temps de s’attarder sur ces mots tout d’abord car il devait maintenir son attaque mais aussi parce que les flammes déployées par Cissée furent si puissantes qu’il en fut presque aveuglé tandis qu’il devait reconnaître qu’il n’avait encore que très rarement rencontré une aussi forte intensité de chaleur dans une attaque de feu.

Frappé par l’union des deux attaques, le père des démons n’allait pas tarder à disparaître et tandis qu’il cessait à jamais d’exister et que l’illusion semblait imploser, Anarion se jeta sur le démon et tendit son bras pour aspirer son âme. A cet instant, son adversaire s’adressa mentalement à lui comme il l’avait fait pour Cissée.

* Tu es vraiment très puissant pour un escorteur de l’au-delà mais ta confiance en ta puissance t’aveugle et même si tu crois avoir échappé à mon attaque, sache qu’il n’en est rien et que lorsque ma puissance sera tienne alors tu ne seras plus ce que tu es. *

Anarion, bien trop content d’acquérir une âme si puissante ne crût pas un mot de ce qu’il venait d’entendre. Pour lui, il ne s’agissait là que de la malédiction d’un mourrant, seule chose que le père des démons pouvait encore tenter contre lui.

- « Ton âme est à moi !! A présent je suis en mesure de vaincre les dieux ! Non, je suis déjà bien au-dessus de ça… Désormais je suis tout simplement devenu un dieu ! » s’exclama-t-il à haute voix sans prêter la moindre attention à Cissée.

A cet instant, l’aura de l’escorteur devint encore plus conséquente et se déploya tout autour de lui tandis que paradoxalement l’illusion se dissipa pour laisser peu à peu place au paysage enneigé initial. Toutefois, il n’aurait pas la chance de voir la fin de l’illusion puisqu’il ressentit soudainement une violente douleur à la tête qui le fit tomber au sol. A présent, il était inconscient tandis qu’une énergie inconnue se dégagea de lui et l’enveloppa tout comme la jeune femme qui avait alors le visage enfouit dans la neige.


La jeune femme avait eut l’impression d’avancer à travers le noir tandis qu’une lumière l’illuminait et qu’une voix se fit entendre. Suivant cette voix, elle allait bientôt se rendre compte qu’elle était celle d’Anarion qui se trouvait assis sur une chaise près d’elle qui se trouvait alors allongée dans un petit lit en bois et recouverte d’une épaisse et moelleuse couette. Le regard de l’escorteur qui se posait sur elle était doux et affectueux, ce qui était tout à fait inhabituelle voir impensable pour quiconque connaissait un tant soit peu le personnage. Sa tenue était elle aussi bien différente. Le noir n’était plus de rigueur, il portait une veste marron usée et il en était de même pour son pantalon. Sa chemise semblait elle aussi avoir souffert du temps. Il ressemblait alors à une sorte de baroudeur, de chasseur voir de garde forestier. A sa ceinture se trouvait une petite hachette qui semblait lui servir à couper des morceaux de bois assez fin. Quoi qu’il en soit, l’homme qui se trouvait à présent en face d’elle semblait complètement différent de ce qu’il fut.
Puis, constatant que la jeune femme était réveillée, un sourire se dessina sur son visage avant qu’il ne s’adresse à elle avec une voix relativement basse qui se voulait préserver la jeune femme d’une nuisance sonore qui pourrait s’avérer bien nuisible à cet instant.

- « Et bien, autrefois, ma mère m’avait raconté l’histoire d’une jeune femme qui était tombée dans un sommeil sans fin suite à un mauvais sort. J’ai crû un moment que vous étiez cette femme mais votre réveil me rassure. J’imagine alors que vous êtes simplement une grande paresseuse puisque cela fait bien deux jours que je vous ai ramené chez moi après vous avoir trouvé inconsciente dans la forêt. » dit-il en souriant du fait qu’il voulait se montrer amical et qu’il avait ajouté une pointe d’humour à ses propos.

Visiblement, Anarion et Cissée avaient été transporté dans un lieu qui n’était pas celui de leur combat tandis que l’escorteur semblait ne pas reconnaître la jeune femme et être quelqu’un d’autre. Pour le moment, il était difficile d’en dire plus car la maison qui les abritait semblait certes appartenir au jeune homme mais c’était bien tout ce qu’elle pouvait révéler de concret hormis le fait que l’unique pièce comprenant le lit mais aussi la cuisine, une table pour manger et une petite cheminée, indiquait qu’il vivait seul en ce lieu qui dégageait une chaleur accueillante.

- « J’ai bien conscience que vous venez tout juste de vous réveiller mais j’aimerai savoir si vous savez qui vous êtes car comme cela peut-être que l’on pourra tous deux expliquer votre présence en ce lieu perdu de cette vaste forêt et vous ramenez auprès de vos proches. Pour ma part, je me nomme Anarion, je suis ce qu’on pourrait appeler un marginal vu que je vis éloigné de tout au milieu de la forêt et vous vous trouvez d’ailleurs chez moi. Je ne suis pas médecin mais j’ai essayé de faire de mon mieux afin de faire baisser votre fièvre et concernant votre équipement, rassurez-vous, il se trouve juste à coté de ce lit. » dit-il tout en gardant une attitude qui se voulait apaisante et attentionnée.

Anarion semblait vouloir aider la jeune femme et connaître son identité sans pour autant se rendre compte que lui-même ne connaissait pas la sienne.

Citation :
Cissée:
L’attaque finale avait était rapide, et Cisssée n’avait même pas calculé ses gestes, elle s’était jetée à corps perdu dans une attaque, dirigée par l’unique volonté de vouloir faire taire cette voix stupide et fortement désagréable. Elle se laissait diriger par des sentiments, chose qu’elle ne faisait que rarement, mais qui pour une fois avait été bénéfique dans la puissance de l’attaque. Néanmoins, toutes ses forces, visiblement y étaient passées. Peut être aurait elle dû s’économiser au lieu de combattre les démons elle aussi. Elle savait qu’Anarion faisait le nécessaire, parce qu’il y avait au moins son intérêt si ce n’était pas pour elle, mais Cissée ne se sentait vraiment en confiance que lorsqu’elle s’impliquait elle aussi ! D’ailleurs, cette protection qu’Anarion lui offrait la déstabilisait quelque peu, car elle ‘n’avait pas l’habitude des combats accompagnés, elle était toujours seule face à son adversaire habituellement, et surtout elle contrôlait tout. Elle était son propre maître de combat. Mais pour cette fois ci elle faisait avec, essayant de jouer le jeu ; Qui plus est sentir cette protection n’était pas si mauvaise, elle donnait du courage à Cisée, même si celle-ci était trop fière pour le reconnaître, du moins au premier abord.

L’attaque combinée touchant le démon, celui-ci rendit vite fait l’âme. Mais dans le même temps, Cissée se rendit compte en quoi Anarion prenait avantage de la mort de ce monstre hideux et qui devait etre bien plus puissant par le passé qu’il ne l’était maintenant, après tant d’années d’enfermement. En effet, son âme, oui elle devait être puissante, plus puissante que n’importe laquelle que l’escorteur aurait pu arracher aux hommes. Il tirait donc avantage d’une potentielle puissance inespérée. Mais ne voyait il pas trop gros pour lui justement. L’équilibre du monde n’allait il pas être renversé ? La chevaucheuse ne savait pas vraiment ce qui allait se passer à présent, elle ne pouvait pas arrêter l’escorteur, elle ne s’en sentait pas la force, mais ce qui était sûr, c’est qu’elle ne le laisserait pas s’en sortir ainsi. Il ‘avait utilisait dans un unique but, et elle n’aimait pas cela, elle n’aimait pas être ainsi privée de cette liberté de choix et d’action, et encore moins être manipulée. C’est ainsi qu’en gardant son regard fixé sur Anarion elle grogna pour elle-même « Tu me le paieras ! ».

Mais après cela, elle tomba littéralement dans le sol, la douleur la parcourant entièrement ; Son visage maintenant enfoui dans la neige blanche et douce, reparut une fois l’illusion disparue, Cissée se retrouva dans un lieu fort étrange et inconnu. Elle ne comprit pas très bien ce qui lui était arrivée. Tout ce qu’elle vit : du noir, et une lumière, lointaine, et faible. Elle avait suivi cette lumière, ainsi que la voix, d’abord un murmure qui s’intensifiait au fur et à mesure de ses pas. Petit à petit, les sensations revenaient dans son corps ; elle sentit ses jambes, son dos, ses bras, son visage. Elle devait donc encore etre en vie, oui c’était obligé ! Et doucement, elle reprit conscience, ses paupières battirent doucement et ses yeux s’ouvrirent, un peu agressés par la lumière du jour. De fait, sa vision fut troublée quelques instants durant, mais elle finit par distinguer une silhouette, puis…un visage et surtout sa voix lorsqu’il se mit a parlé, évoquer un étrange souvenir même. Sa mémoire intacte, lorsqu’elle le reconnut, se fut comme si elle n’avait pas contrôlé, mais son bras s’activa et la gifle partit quand soudain, elle se rendit compte que quelque chose n’allait pas. Cissée se redressa dans le lit. Tout d’abord, le ton de la voix d’Anarion n’était absolument pas le même que celui qu’elle connaissait, et lorsqu’elle le regarda une nouvelle fois, elle remarqua que la cape noire avait était abandonnée à l’insu d’une tenue plus…comment dire…forestière. Quoi qu’il en soit le style était complètement décalé avec ce qu’elle se souvenait de l’escorteur qu’elle avait rencontré et auprès duquel elle avait combattu deux jours plus tôt à ce qu’elle avait compris. Mais cela n’était il pas une autre illusion ?? Alors, un peu à la manière de quelqu’un qui découvre un visage pour la première fois, ou du moins ce qu’est une personne, elle approcha doucement sa main du visage de l’escorteur, puis la posa sur sa joue. Et, un peu à la manière d’un aveugle, avec le regard assez interrogateur, elle parcourut ainsi tout son visage, ainsi que son torse et ses bras, comme si elle voulait voir si il était bien réel.

Elle regarda ensuite le lieu où elle se trouvait. Une petite maison coquette, où l’on voyait bien que seule une personne donnait vie au lieu. Elle souleva ensuite le drap et vit que son armure n’était plus là, il ne lui restait plus sa tunique qu’elle mettait en dessous et ses braies. Dans le même temps, elle se remémorait le moindre détail pour essayait de trouver comment elle avait pu atterrir ici, avec un Anarion complètement différent. Qui plus est, sa bouche était pâteuse, et sa gorge sèche, ainsi, elle avait du mal à parler. Mais elle réussit tout de même à répondre à l’escorteur, même si tout cela lui semblait absurde et complètement loufoque. « Cissée ! Je m’appelle Cissée, mais vous vous n’êtes pas un marginal ! Ne vous fichez pas de moi, je e souviens de tout !...Merci pour les soins… » La jeune femme avait pris un ton à la fois perdu et dur sur les fait qu’elle était convaincue de savoir justes. Elle le regarda droit dans les yeux, et ce changement, le voir ainsi compatissant et attentionné était plus qu’étrange pour elle. Elle finit alors par se lever, avec difficultés, ses membres étant engourdis, et elle essaya d’atteindre la porte, tant bien que mal, en se tenant à ce qu’elle pouvait. *Que s’est il passé ? Que lui est il arrivé ? Où suis-je ?* Une fois à la lumière du jour cependant, elle trouva ses appuis et appela : « Neïla ?? » Mais avant de voir quelconque silhouette, ses forces la quittèrent de nouveau et elle s’affaissa le long de la porte….

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 20:59

Citation :
Anarion:
Contre toute attente, alors qu’il faisait tout pour ne pas la brusquer, Anarion se prit une gifle de la part de Cissée qui lui semblait totalement inconnue. Puis, quelques instants après et de manière encore plus surprenante, elle passa délicatement sa main sur son visage puis sur son torse et ses bras tandis que son regard était tout à fait interrogateur. Le baroudeur n’avait pas l’habitude de rencontrer beaucoup de personnes mais il savait que cette attitude était parfaitement inhabituelle encore que, il devait le reconnaître, ce second aspect tactile ne le dérangeait pas, bien au contraire. En effet, à cet instant précis, il tenta de se remémorer la dernière fois où une femme caressa sa peau. L’aboutissement de sa pensée le renvoya alors à des événements bien sombres.
En tout cas, il resta silencieux et l’observa laisser aller son regard sur toute la pièce puis constater qu’effectivement, il lui avait retiré son armure qui aurait été bien trop gênante pour son repos dans ce lit. Puis, elle prit enfin la parole au moment où il commençait à croire qu’elle était peut-être aphone. Son ton était à la fois perdu et dur, ce qui l’étonna sans qu’il ne le montre. Tout d’abord, elle lui confia son prénom puis qu’elle se souvenait de tout tandis qu’elle finit par le remercier pour ses soins. Le moment aurait alors été propice pour reprendre la parole et tenter d’y voir plus clair ou bien de rassurer cette jeune femme qui semblait indéniablement troublée pourtant il n’en fit rien, voyant que Cissée tentait désormais de quitter les lieux sans même prendre le temps de reprendre son équipement et sans se rendre compte qu’elle n’avait pas récupéré toutes ses forces. Conséquence de cette faiblesse, elle vacilla près de la porte avant d’avoir tenté d’appeler un ou une certaine « Neïla ». Cette fois-ci, le baroudeur n’allait pas rester inactif ou silencieux et sans plus attendre il arriva près d’elle et la porta avant de la ramener sur le lit. Visiblement, Anarion ne semblait ici pas très costaud mais il leva la jeune femme avec une véritable aisance qui témoignait contre toute attente d’une force physique considérable. Il prit alors la parole et même si son regard était devenu celui d’un homme inquiet et voir en peu en colère face à la prise de risque que sa « patiente » venait de prendre. Toutefois, sa voix n’avait pas changé et se voulait toujours aussi amicale.

- « Si l’on fait un léger bilan, je sais désormais que vous vous appelez Cissée et que chez vous il est coutume de frapper un inconnu et ensuite de lui caresser le visage afin de lui dire bonjour. D’une certaine façon, j’ai trouvé que ceci pouvait être une coutume originale mais ce n’était encore rien par rapport au fait que visiblement, chez vous, on aime également sortir dehors avec assez peu de vêtements sur soi. » dit-il en souriant avant de la poser sur le lit et de relever la couette sur elle.

Pour lui, l’humour était le meilleur moyen de la rassurer même si cela pouvait paraître léger en de telles circonstances. Bien sûr, il aurait aimé savoir pourquoi elle semblait troublée en le voyant mais aussi pourquoi elle lui avait dit qu’il n’était pas un marginal. Toutefois, il savait également qu’il y avait un temps pour chaque chose et en cet instant, il devait avant tout lui faire reprendre quelques forces que sa fièvre récente lui avait ôtées. Il se dirigea donc vers un petit placard en bois, en sorti quelques framboises ainsi que des baies qu’il avait ramassé il y a peu et les versa dans une petite soucoupe de bois avant de l’apporter à la jeune femme avec un petit verre d’eau en plus.

- « Tenez, buvez et mangez ça, ça vous apportera un peu de forces. Je ne peux vous donner plus car je suis végétarien, je considère que nous n’avons aucun droit de tuer pour vivre même si c’est pour nous nourrir. Enfin, rassurez-vous, je mange ces fruits tous les jours et je m’en porte pas plus mal. » dit-il en déposant le tout sur la petite table de nuit qui se trouvait juste à coté du lit.

Il ne voulait en aucun cas la brusquer et c’était d’ailleurs pour cela qu’il avait laissé le tout sur la table de nuit et non sur le lit afin qu’elle choisisse ou non de manger. En tout cas, il voulait désormais tenter de l’aider de manière plus efficace en commençant à lui raconter les circonstances dans lesquelles il l’avait retrouvé inconsciente au beau milieu de la forêt. Il commença alors à parler après s’être assit de nouveau sur la chaise.

- « Visiblement vous n’avez souffert d’aucun choc à la tête mais je ne sais pas si vous vous souvenez de la façon dont vous êtes arrivée dans la forêt. En tout cas, je pense que vous ne devez pas être ici depuis plus de deux jours car la dernière pleine lune a eu lieu au même moment et lorsqu’elle se termine, plus personne ne peut quitter la forêt à cause de cette maudite barrière magique, le Kekkai. Et concernant ce ou cette « Neïla » que vous avez appelé, je pense que si cette personne n’est pas avec vous en ce moment, il est alors fort possible qu’elle se trouve en dehors de la barrière. Dans ce cas là, il faudra qu’elle attende la prochaine pleine lune avant de pouvoir venir ici. »

Anarion ne s’attarda pas plus sur cette histoire plutôt peu ordinaire de kekkai, préférant attendre une éventuelle réponse ou question venant de celle sur qui il avait veillé sans se reposer durant deux jours en lui préparant des décoctions de plantes dont il avait le secret et en lui renouvelant continuellement une serviette humide sur le front. Pendant qu’il l’a soignait, il avait d’ailleurs eu tout le temps nécessaire pour l’observer. Ainsi, il ne fallait pas être devin pour constater que malgré son jeune âge, Cissée était une guerrière relativement expérimentée dans le sens où son corps témoignait de la rigueur d’affrontements passés et même récents.
Quoi qu’il en soit, il ne l’assaillerait pas de questions même s’il souhaitait lui en poser une importante avant de la laisser se reposer de nouveau si tel était son choix.

- « Tout à l’heure, vous avez parlé comme si vous me connaissiez. Etait-ce anodin ou étaient-ce des mots fondés ? » lui demanda-il avec sérieux.

Lui aussi semblait en proie aux plus fortes interrogations et les réponses qu’il attendait n’étaient peut-être pas si éloignées des questions qu’elle devait se poser, même s’il l’ignorait encore.

Citation :
Cissée:
Cissée semblait totalement perdue devant ce nouveau décor qui contrastait totalement avec le champ de bataille dont elle se souvenait et qui pour elle n’était pas si loin que cela. Se réveiller ainsi, dans un endroit inconnu en pensant être à peine tomber face la première dans la neige, est assez déstabilisant, sans en plus se retrouver devant un démon qui n’avait plus le moindre comportement du démon ! Enfin elle se demanda si ce n’était pas une illusion dans le but de la mettre en confiance pour mieux la leurrer. Elle passa alors délicatement ses mains calleuses sur le visage d’Anarion. Il semblait pourtant parfaitement vrai. Sa peau était chaude, étrange pour un escorteur de la mort. Il semblait totalement différent, comme si sa vie d’avant l’avait rattrapé. Cissée quant à elle désorientée, se rendit tout de même compte qu’elle n’était plus vraiment couverte. Uniquement cette grande tunique qui lui arrivait au dessus du genou, et des braies, tout cela était bien léger, surtout face à un homme qu’elle ne connaissait pas. Elle observa alors le reste de la demeure et y aperçut ses affaires dans un coin.

Elle se demandait réellement ce qui lui arrivait, pourquoi le tableau était si différent et les protagonistes étranges. Du moins l’unique protagoniste qu’elle connaissait et qui était présent. Elle essayait de se remémorer chaque détail en observant els lieux, mais il n’y avait rien à faire. Elle ne se souvenait de rien après avoir lancé son attaque contre le père des démons. C’est ainsi, que sans rien demandé, elle se leva, ne se souvenant pas de Neïla, enfin de ce qu’elle était devenue. Elle voulait la revoir, qu’elle lui apporte son réconfort. Mais à la porte d’entrée, bien que l’air frais lui ai fait un peu de bien, ses forces la quittèrent. Elle ne comprenait pas. Cissée avait envie de crier car jamais elle n’avait été dans un tel état de faiblesse, et être surveillée par Anarion, celui qui ne se reconnaissait même plus lui-même était comme jouer avec un feu qui envahie votre chambre lorsque vous dormez. Pourtant, elle se laissa faire et passa même ses mains autour de son coup lorsqu’il la souleva de ce sol frais et humide. C’était étrange, ce contact sur sa peau, celui d’un homme. Il était même bien différent de celui qu’elle avait eu dans l’auberge quand l’escorteur avait voulu lui faire la démonstration du lien qu’ils pourraient établir.

Elle ne pouvait s’empêcher de garder son regard sur lui, de le dévisager. Quelque chose n’allait pas, mais quoi? Et son humour, elle ne connaissait vraiment pas cet aspect là chez cet homme habituellement calculateur et possédant des plans toujours plus ambitieux les uns que les autres. Elle était sûr que même en jouant la comédie, il ne pourrait être ainsi, mais que se passait il donc alors ? Tout était flou, et comme si un doux voile s’était posé sur la réalité, les projetant dans une réalité alternative. Mais elle ne si résolvait pas…La nourriture, cependant avait l’air bien réelle et Cissée qui avait la bouche pâteuse fut reconnaissante envers Anarion, et lui sourit avant de prendre un de ces fruits bien colorés. Elle analysait en même temps ce qu’il lui avait dit, et fut surprise de trouver ses réflexions assez marrantes. Et c’est là, alors qu’elle but un peu après les explications de l’homme sur son état végétarien qu’elle prononça un « Merci » rocailleux. Mais quelque chose lui manquait, elle avait besoin de Neïla mais elle n’était pas là, elle avait besoin de ce contact chaud qui l’apaisait. C’est alors que s’en même s’en rendre compte elle saisit la main d’Anarion qui commençait à lui explique certaines choses avant même qu’elle ne l’eut demandé.

« Neïla est mon amie, c’est un phénix. Je suis arrivée dans la forêt à cause de vous… »

Cissée avait dit cela simplement, mais son regard plongea dans celui de l’escorteur, et elle comprit que ce n’était pas à cause de cette personne là qu’elle était ici ? Certes il s’agissait de son cops, mais son âme n’était pas la même, une autre personne était abritée sous cette chaire. Elle ne comprenait pas l’étendue du phénomène, mais assurément, après sa perte de connaissance, Anarion avait subit u choc, ou quelque chose du genre. Elle comprenait de mieux en mieux.

« … non je me trompe, ce n’est pas de votre faute. »

Mais en même temps elle s’inquiétait pour Neïla. Était-elle sauve ? Avait-elle pu fuir après lui avoir porté secours, Autant de questions auxquelles elle n’aurait pas de réponses avant un moment. SA main, celle qui tenait Anarion, commença d’ailleurs à chauffer et elle le lâcha. Au même moment vint une question, étrange, mais qui expliquait la véracité des pense de la jeune chevaucheuse. Néanmoins, devait-elle lui dire la vérité ou le laisser dans le doute afin de conserver ce coté bon et chaleureux. La jeune femme le jaugea alors plusieurs secondes du regard, essayant de peser le pour et le contre. Valait il mieux être au courant de son passé et risqué de le laisser nous rattraper, ou valait il mieux être dans l’ignorance, et risquer de le découvrir plus tard ? D’autres options étaient plausibles bien sûr, mais pour Cissée, ces deux là étaient les plus évidentes et les plus risquées. Mais elle se souvint d’un vieux dicton de son père « Mieux vaut l’inconnu qui sauve que le connu qui peut tuer ». Elle n’avait jamais vraiment compris cela, mais à présent la lumière se faisait.

« Non, je suis désolée, mais vous ressemblez étrangement à celui que j’accompagnait. Vous avez le même regard…mais je ne vous connais pas… » mentit elle.

Elle espérait seulement qu’elle n’avait pas fait le mauvais choix, et qu’elle ne le regretterait pas amèrement. Néanmoins, elle était plus que curieuse sur le pourquoi de la question. Généralement on ne pose pas ce genre de chose lorsque l’on connait son identité.

« Puis je savoir pourquoi vous me posez cette question ? Êtes-vous sujet aux pertes de mémoires ? »

Elle n’osait plus vraiment le regarder car les mensonges et elle, ne faisaient pas vraiment bon ménage, mais elle tenait à garder ce secret aussi prenait elle énormément sur elle. Elle finit alors par se redresser dans son lit, s’asseyant en tailleur. Et elle l’invita d’un geste de la main et d’un regard à s’assoir sur le lit près d’elle.

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 21:00

Citation :
Anarion:
Cissée s’était laissée faire quand il la porta dans ses bras afin de la ramener sur le lit. De toute façon, il ne lui aurait pas laissé le choix vu qu’il était devenu son médecin et que par conséquent il en avait la responsabilité. Il allait donc continuer à veiller sur elle comme il l’avait fait depuis qu’il l’avait trouvé inconsciente au beau milieu de la forêt juste après la dernière pleine lune. Depuis son réveil, ses réactions étaient étranges mais comment pouvait-il en être autrement ? Visiblement, elle avait subi un traumatisme et n’importe quelle personne dans sa situation se serait réveillé avec le sentiment d’être complètement perdu d’autant plus qu’elle avait repris conscience dans la maison d’un inconnu. Utilisant son humour et son attention, il faisait tout pour la mettre en confiance et ceci avait l’air de fonctionner vu qu’elle accepta de boire un peu et de manger les fruits qu’il lui proposait. Ainsi, pour lui, elle était hors de danger et il suffirait de quelques jours pour être remise sur pied. Durant ce temps il serait donc son docteur de fortune qui, il devait le reconnaître, aimait tenir son rôle lui qui était tant habitué à la solitude.

La jeune femme lui avoua ensuite que « Neïla » était un phénix. Puis, elle commença à lui dire qu’elle était arrivée dans la forêt à cause de lui avant de se rétracter. Décidément, il ne comprenait pas pourquoi elle semblait affirmer le connaître car lui était absolument certain de ne l’avoir jamais vu. D’ailleurs, il ne voyait jamais personne alors comment pouvait-elle le connaître ? Elle ignorait très certainement tout de lui car ceux qui lui étaient chers étaient désormais tous morts tandis que lui était condamné à un exil infini. Enfin, le sujet n’avait pas encore besoin d’être abordé pour le moment d’autant plus qu’elle reprit la parole.
Cette fois-ci, elle lui confia qu’elle avait voyagé avec une personne ayant le même regard que lui, ce qui serait alors la raison de sa méprise. Puis, elle lui demanda s’il était sujet aux pertes de mémoires. Décidément, il commençait à comprendre qu’elle lui mentait. Ceci, il pouvait le voir à son regard fuyant et à la sonorité de sa voix mais, contre toute attente, il ne le lui ferait pas remarquer. Il continuait à croire qu’elle avait reçu un traumatisme qui la perturbait et de toute façon, si elle voulait lui confier sa vérité, elle en aurait certainement l’occasion plus tard. Pour le moment, il s’assit sur le lit à ses côtés puisqu’elle l’y avait invité.

- « C’est un peu utopiste mais certains disent que, dans le monde, chacun d’entre nous à une personne qui lui ressemble presque trait pour trait alors je veux bien croire que j’ai le même regard que votre ami. » dit-il en souriant.

Anarion continuait à tenter d’instaurer une atmosphère légère pour que l’état de Cissée ne s’aggrave pas. C’était d’ailleurs aussi pour cela qu’il ne lui parlait pas de son histoire qu’elle ignorait visiblement. Pourtant, comment ne pouvait-elle pas avoir entendu parler de lui dans la région ? Cela n’avait pas encore beaucoup d’importance pour le moment et il décida de lui répondre concernant les pertes de mémoires.

- « Je n’ai aucune perte de mémoire, bien au contraire, car je fais partie de ces gens dont la passé se rappelle à eux à jamais. » répondit-il avec une expression de tristesse qu’il tentait de ne pas mettre en lumière.

A cet instant, beaucoup de sujets de conversations s’offraient à lui. Il aurait pu lui demander de lui parler d’elle et de tenter de se remémorer ses derniers souvenirs mais il préféra tout autre chose qui lui fit retrouver un sourire plus énigmatique mais extrêmement chaleureux.

- « J’ai quelque chose pour vous, ne bougez pas surtout, je n’en ai que pour quelques instants. »

Après s’être levé du lit il se dirigea vers une vieille armoire en bois qu’il ouvrit et dans laquelle il fouilla avant d’en sortira une magnifique robe blanche qui semblait plus légère que le vent lui-même. Il prit le cintre sur lequel elle se tenait et la montra à Cissée avant de prendre la parole avec une certaine émotion.

- « Lorsque je vous ai retiré votre armure, j’ai pu jauger votre gabarit et je me suis rendu compte qu’il était identique à celui de ma défunte femme. Votre tunique et vos braies sont en mauvais état et sentent le sang alors, si vous l’acceptez, le temps que je les lave, portez cette robe quand vous pourrez vous lever. Ne pensez pas que je suis un homme considérant que les femmes ne peuvent pas se battre mais en revanche, je suis de ceux qui croient qu’une femme ne devrait pas avoir à le faire. Ainsi, si vous le souhaitez, cette robe pourrait peut-être vous éloigner quelque peu des conflits de ce monde. » dit-il en déposant la robe sur la chaise se trouvant à côté du lit.

Concernant la correspondance des tailles, il ne s’était pas du tout trompé puisque cette robe semblait avoir été faîte pour que Cissée la porte. Pour le reste de l’histoire, ceci relevait plus de l’intime et du passé de cet homme qui avait laissé de côté son humour à cause d’une émotion très vive. En tout cas, il n’ajouta rien de plus là-dessus et décida que le moment était venu pour lui de la laisser se reposer. Enfin, avant cela, il décida de rajouter une dernière chose.

- « Ne vous en faîte pas pour votre phénix, il est tout à fait possible que lui aussi se trouve dans cette forêt. Nous partirons à sa recherche dès que possible. Nous avons d'ailleurs jusqu'à la prochaine pleine lune pour cela. A présent, reposez-vous un peu, je veillerai sur vous. » dit-il en se rasseyant près d’elle.

Elle l’ignorait mais sa présence en ce lieu faisait revivre cette maison qui n’avait plus connu la chaleur d’une femme depuis très longtemps. Bien qu’étant affaiblie, elle ramenait ici une lumière qu’Anarion lui-même ne semblait plus espérer. Cet homme qui se trouvait en face d’elle ne semblait plus du tout être celui qu’elle avait connu et ceci ne serait certainement pas la seule question à laquelle elle devrait répondre.

Citation :
Cissée:
Désorientée ? Cissée l’était de moins en moins. Elle finissait par comprendre qu’Anarion avait subi un choc, et son passé avait du le rattraper. Mais quel passé ? Celui d’un ermite, enfoui dans le souvenir d’une vie passée heureuse ? Elle ne savait pas et ne pourrait se permettre de juger. Et égoïstement, elle voulait garder pour elle le fait qu’elle le connaissait, effectivement. Elle voulait apprendre à la connaître, d’une autre manière. Elle voulait voir comment pouvait être le Anarion qui n’avait pas soif de pouvoir ! Cela était peut être égoïste et peut être serait elle déçue, mais au moins elle aurait essayé. Et qui plus est, Cissée était tout de même femme aimant le risque. Le problème restait de garder ce beau mensonge pour elle, de ne pas se vendre. Mais cela était difficile pou la jeune chevaucheuse, qui n’avait pas pour habitude de mentir. L’avantage : elle pouvait jouer sur le fait qu’elle était désorientée par les derniers évènements…

D’ailleurs en parlant des derniers évènements, la Cissée solitaire semblait avoir souffert de la bataille, et ne voulait plus être seule, du moins pour lors. Non, elle voulait parler (étrange de la part de la jeune femme). Elle invita d’ailleurs l’homme à s’installer face à elle, afin d ‘avoir un échange qui serait plus d’égal à égal. Le voyant ainsi, Cissée trouvait Anarion fort sympathique, et presque pacifique. Non pacifique. Il était aux petits soins, ce qui le rendait fort étrange à ses yeux, car elle n’était pas habituée à cette image de lui. Un homme charmant usant de beaucoup d’humour. Le pire c’est que cela fonctionnait sur elle contre toute attente. Finalement, peut être avait elle aussi été touchée par l’issue de cette bataille contre ce démon. Ou bien étaient ce les pouvoirs de l’escorteur. Quoi qu’il en soit, elle était prête à agir en jeune fille de bonne famille polie, et à écraser ses instincts de guerrière quelques temps.

Baissant la tête elle sourit à la légèreté des propos d’Anarion sur la ressemblance des gens. Elle se demandait si elle était convaincante et si elle ne se vendait pas toute seule. Puis la jeune chevaucheuse finit par se dire qu’en y pensant pas, elle ferait plus crédible. Elle le regarda alors de nouveau dans les yeux. Il s’était assit face à elle. Et pas la suite elle put apprendre, qu’en effet Anarion n’avait aucun souvenir de sa vie d’escorteur, ou du moins il ne emblait pas revendiquer sa soif de pouvoir. Qui plus est un passé apparemment troublant semblait rattraper sa vie quotidienne malgré lui. Et, sur un élan de bonté, après avoir pris un dernier fruit, elle avait posé furtivement sa main sur la sienne en signe d’un réconfort qu’elle donnait sans même savoir s’il en avait réellement besoin. Au pire des cas cela servirait de remerciement.

Soudain, il changea de direction, et la conversation, devint une offre. Cissée avait vraiment l’impression de changer de dimension, et sur le coup elle haussa un sourcil prête à l’envoyer paître mais elle se rappela au bon moment qu’il n’était pas le même et qu’il n’y avait surement rien derrière le tableau apparent. Elle le suivit alors du regard, jusqu’à voir une magnifique robe blanche qui devait donner des allures aériennes à la femme qui la portait. Elle esquissa un sourire en voyant le tissu, car elle se souvint subitement que c’était le genre de vêtements que portait son amie palefrenière sur Ynis, alors qu’elle, était toujours en garçon manquée. Sans cesse Arwana essayait de la mettre en robe, mais jamais elle n’y était parvenue. Elle se redressa alors encore un peu et s’assit au bord du lit, laissant ses jambes pendantes. Et bien sûr au vu du discours d’Anarion, Cissée ne pouvait s’empêcher d’être touchée, car le don n’était pas rien tout de même, et de fait son scepticisme s’envolait peu à peu. Elle-même oubliait avoir connu cet homme sous un autre jour, beaucoup plus noir. Et bien qu’au début elle voulait refuser ce présent bien trop conséquent, elle se regarda de haut en bas et jugea qu’effectivement elle était bien trop peu habillée ace à un homme et ses vêtement ne sentaient pas vraiment la rose ! Ainsi alors qu’il déposait le tout elle dit :

« Merci, beaucoup, j’espère que cela ne vous dérange vraiment pas. J’aurais bien aimé connaître la femme qui portait ce somptueux vêtement. Une amie porte le même genre de chose et elle est formidable, je pense que votre femme devait aussi l’être…Je suis désolée… »

Bien que Cissée était assez indifférente face à la mort, lorsque cela touchait des personnes proches, elle ne pouvait que se sentir triste, se souvenant sans cesse du décès de son père. Et puis ce n’était tout de même pas une jeune fille insensible, même si elle ne montre pas ses émotions.

« Mais pour ce qui est des conflits, jamais je ne pourrais m’en éloigner, c’est mon fardeaux, mon destin. Je suis née pour combattre… »

Bien sûr que non ! Elle en avait décidé ainsi, attirée par les combats de tout temps, mais l’image était tellement ancrée en elle, qu’elle ne voyait pas les choses autrement. Cependant, son état ne lui permettrait certainement pas de combattre avant un moment, et surement qu’Anarion l’en empêcherait. Une autre différence d’ailleurs faisait son apparition. L’escorter qu’il était se serait servi des talents de combat de la jeune fille au lieu de les terrer sous une robe qui la rendrait féminine !

Enfin, sous les consignes d’un homme qui venait de reprendre place sur la chaise qui se situait tout prêt du lit où il l’avait déposé, Anarion la rassura au sujet de Neila et la commanda de s reposer, chose qu’elle fit volontiers. Délicatement, elle posa sa tête sur l’oreiller, jeta un dernier regard à l’escorteur et ferma les yeux, confiante pour on ne sait quelle raison. Sa tête se fit légère et son esprit se vida puis elle sombra dans un sommeil profond. D’abord sans rêves, il tourna bien vite au cauchemar. Ce qui d ‘ailleurs s’en ressentait de l’extérieur. Elle se mit à s’agiter, et se tourner dans tous els sens, gémissant et articulant des paroles incompréhensibles. Quand enfin elle agrippa ce qui devait être une main et se réveilla en sursaut, hurlant :

« Tu vas mourir tas de flammes !!!! »

Puis peut être pour la première fois depuis bien des années, elle se mit à rougir. Sa bouche était sèche et elle eut du mal à déglutir. Il lui fallut un petit moment pour reprendre ses esprits et se remettre de son cauchemar, mais un verre d’eau s’imposait tout de même. Elle en prit un verre qu’elle se servit grâce à la carafe qu’avait posé Anarion quelques temps auparavant. Et seul un regard vers son médecin improvisé s’échappa. Un regard triste et perdu. La Cissée solide et combattante était elle en train de sombrer ?

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 21:01

Citation :
Anarion:
Avant qu’il ne parte chercher cette robe qu’il voulait voir sur elle, sachant qu’elle lui irait probablement à ravir, il sentit la main de la jeune femme sur lui. Même s’il ne l’avait pas montré, ceci fit remonter en lui des sensations presque oubliées : la chaleur d’une femme sur sa peau. Etait-ce un geste anodin pour elle ? Il l’ignorait et décida de ne pas s’attarder davantage même s’il l’aurait voulu.
Lorsqu’il lui montra la robe blanche de sa femme il vit clairement son sourire sur son visage. Avait-il fait mouche avec cette proposition ? Ceci le surprenait déjà car si elle était effectivement une guerrière, il n’aurait pas imaginé la voir sourire ainsi aussi promptement. Elle lui confirma qu’elle accepterait de la porter, ce qui eut pour effet de le faire sourire à son tour. Puis, elle lui dit que celle qui devait porter cette robe devait être une femme formidable tout comme l’une de ses amies. Evoquer son épouse aurait pu être de nouveau une source de tristesse mais cette fois-ci, il tenterait de faire en sorte que ce soit le contraire.

- « Elle s’appelait Séphira et s’était vraiment une femme formidable, effectivement. Le destin l’a retiré beaucoup trop tôt à ce monde et depuis, plus rien n’a la même saveur. » dit-il en caressant le tissu blanc.

Malgré sa volonté, la tristesse s’était de nouveau installée dans sa voix mais il n’allait pas s’y attarder car il se devait de répondre à ce qu’elle ajouta ensuite. Elle affirmait être née pour combattre et lui, même s’il ne la connaissait pas, pensait le contraire.

- « Je crois au contraire qu’aucun d’entre nous ne soit né pour combattre. C’est le monde dans lequel nous vivons qui fait de nous des combattants d’infortune car je crois que personne n’aspire vraiment à la destruction à moins d’avoir été pervertie. Enfin, je pense que je ne pourrai jamais prouver mes dires par les faits car je n’ai pas l’espoir qu’un jour les guerres cessent. »

Quels événements avait-elle vécue pour arriver jusqu’ici, inconsciente et portant des vêtements couverts de sang ? Combien de combats avait-elle mené jusqu’à présent ? Il ne connaissait rien d’elle mais avait un désir naissant de l’écarter de son passé. Or, couper quelqu’un de ses racines pouvait être un moyen de s’asservir une personne mais ce n’était pas son intention. Au contraire, il voulait lui offrir une certaine libération mais avant cela, et après l’avoir rassuré sur son phénix, il la laissa se reposer un peu car son état actuel ne lui permettrait pas de faire grand chose pour le moment.
A présent, il n’avait plus qu’à veiller sur son repos et c’était ce qu’il allait faire sans se lasser à aucun moment. Ceci pouvait paraître surprenant d’ailleurs car regarder quelqu’un dormir n’était pas ce qu’il y avait de plus exaltant mais s’était sans compter le nombre d’années qu’il avait passé seul. Les heures s’écoulèrent ainsi jusqu’à ce que son sommeil devint plus troublé. Cissée était désormais très agitée signe qu’elle était très probablement en plein cauchemar. Puis, elle lui prit la main et s’écria « Tu vas mourir tas de flammes » en se réveillant avant de prendre un verre d’eau et de le regarder de manière perdue. Visiblement, elle devait également se sentir gênée et à cela, il allait tenter d’y remédier.

- « Oui, moi aussi je tiens à vous souhaiter une bonne journée. Par contre, pouvez-vous relâcher ma main pour que je puisse aller calmer ma douleur dans de la glace ? » dit-il en riant aux éclats.

Anarion ne se moquait pas d’elle, il voulait simplement la sortir de son cauchemar sans plus attendre. Avait-il réussi ? Il l’ignorait encore et pour le moment, il la laissa se réveiller tranquillement tandis qu’il allait lui parler doucement.

- « Vous avez dormi durant douze heures et à présent, le jour est levé depuis quatre heures. Comme promis, et si vous vous sentez mieux, nous partirons rechercher votre phénix, je pense avoir une idée de l’endroit où il se trouve. Enfin, avant ça, j’ai préparé quelque chose qui pourrait vous remettre définitivement sur pied. Rejoignez-moi dehors dès que vous le souhaiterez et vous verrez rapidement de quoi je parle. » l’informa-t-il avant de se lever de sa chaise et d’ouvrir la porte de la maison, faisant ainsi entrer le soleil dans la maison telle une douce caresse.

Que pouvait-il bien avoir préparé dehors ? En fait, dès qu’elle aurait franchi la porte, elle le verrait tout de suite. Dehors, un grand fût de bois d’une hauteur d’environ 1m50 se dressait au milieu de l’herbe. Ce fût était fermé par un couvercle et pour accéder à sa hauteur, une petite échelle se trouvait là. C’est d’ailleurs sur cette dernière qu’Anarion grimpa pour ôter le couvercle qu’il fit tomber sur le sol. A cet instant, une épaisse vapeur sortit du fût dans lequel se trouvait une eau parfumée par des petites fleurs. En fait, il s’agissait là d’une sorte de bain où l’eau chaude était conservée par les spécificités du bois utilisé ainsi que par le couvercle.
Lorsque Cissée le rejoignit, il lui expliqua la raison de tout ceci.

- « J’ai préparé ce bain pour vous. C’est un système très ancien mais qui à fait ses preuves car toute la construction permet de conserver la chaleur de l’eau et je peux vous assurer que vous serez même surprise en y entrant. A l’intérieur, il y a une éponge dont vous pourrez vous servir tandis que l’eau est parfumée par des fleurs qui se trouvent dans cette forêt, ce qui fait que l’eau est à elle seule une sorte de savon. Pour vous essuyez, j’ai laissé un drap blanc sur l’échelle. Vous verrez qu’après cela, vous vous sentirez revivre. »

Durant la matinée, Anarion avait fait plusieurs fois chauffer de l’eau dans un chaudron sur un foyer qu’il avait allumé en dehors de chez lui. Faire tout cela n’était pas quelque chose qui le dérangeait puisqu’il avait l’habitude de le faire pour lui-même et aujourd’hui, l’avoir fait pour une femme avait été quelque chose de très plaisant. Ceci l’avait replongé dans des souvenirs beaucoup trop lointain à son goût.
A présent, il décida d’ajouter une dernière chose avant de la laisser se détendre.

- « Quand vous aurez fini, il faudra que je vous parle de cet endroit et du Kekkai qui l’entoure. En attendant, détendez-vous, je vais aller cherche des fruits pour le repas et j’en aurai pour plus d’une heure. » dit-il avant de commencer à s’éloigner à travers la forêt environnante.

Il savait qu’il ne pourrait pas la laisser dans l’ignorance plus longtemps concernant cet endroit mais il voulait avant tout qu’elle soit totalement remise avant de tout lui raconter. Il craignait qu’elle pense qu’il lui cachait la vérité. Quoi qu’il en soit, il décida de la laisser seule afin qu’elle puisse se détendre tranquillement sans craindre qu’il l’observe. La seule chose qu’il ne lui avait pas dit concernant ce bain était qu’il avait laissé sur la poignée de la porte côté extérieur, sur un cintre de bois, la robe de sa femme.

Son expédition dura près d’une heure et demie. Ce délai était bien plus important que ce qu’il avait l’habitude de faire mais de cette façon, Cissée avait eu du temps pour se détendre tandis qu’il ramenait un plein panier de fruits des bois en plus de quelques pommes. Ou serait-elle à son retour ? Il allait le découvrir puisque, à présent, il se trouvait de nouveau chez lui.
Citation :

Cissée:
Voir un homme qui avait donné une image forte puissante et froide de lui conter un morceau de son passé était fort déstabilisant pour la jeune chevaucheuse. En effet elle avait gardé pour elle le fait qu’elle le connaissait, mais avait elle bien fait ? Cela ne se retournerait il pas contre elle à un moment donné ? Ne craquerait elle pas sous l’effet de cette vision angélique d’un homme qu’elle avait connu sans pitié et totalement subjectif ? Son mensonge allait il la rattraper finalement ?...Une robe…voilà ce qui mettait tous ces doutes dans la tête de Cissée. Le passé d’une robe qui avait du appartenir à une jolie femme et gentille. Le blanc, couleur de prêté, ne va pas à tout le mode, et la jeune femme, dans un sens pensait qu’elle allait souiller cette magnifique pièce. Elle regrettait presque d’avoir dit à Anarion qu’elle la porterait. Elle ne voulait pas bafouer le souvenir d’une femme qui rendait cet homme si triste. Peut être alors, en y réfléchissant, se disait la jeune femme, que le Anarion qu’elle connaissait avant la bataille était si noire à cause de ce souvenir et de ce dont on l’avait privé si tôt, sa femme. Peut être était ce la chagrin de cet être perdu qui avait, au fil du temps, pris un autre sens. Quoi qu’il en soit, elle n’avait plus du tout le même sentiment vis-à-vis de cette robe à présent, et elle se sentait mal à l’aise. Néanmoins, elle avait une promesse.

Très vite il changea de sujet et passa aux propos de la jeune chevaucheuse. Bien sûr elle savait l’opinion de la plupart des hommes sur les femmes combattantes, elle savait que son amie avait eu quelques soucis avec son homme aussi, mais elle se devait de garder toujours le même optique. Elle ne devait pas oublier les innocents qui étaient morts à cause de sa négligence et son père le premier ; Alors elle prenait cela comme son fardeau et une fatalité à laquelle elle n’échapperait jamais. Mais en l’écoutant, elle ne pouvait qu’approuver ses dires ; Néanmoins sa vision de la paix était étrange, différente de celle de l’Anarion qu’elle connaissait avant.

« Je dois avouer que vous avez raison ! Néanmoins, il est des choses que l’on ne peut se pardonner, et je me bats en quelques sortes contre moi-même…pourtant, contrairement à vous je crois en la paix ! J’y aspire… »

Pourquoi disait-elle cela ? Elle qui d’accoutumé ne disait rien sur son compte ou du moins rien de si personnel ! Il arrivait à établir une atmosphère de confiance à laquelle Cissée n’aurait jamais cru adhérer. Et ce fut sur ces belles paroles qu’elle s’endormie, s’abandonnant doucement au monde de Morphée. Durant un long moment, rien ne se passa. Elle déambulait dans de longs couloirs noirs, et uniquement cela toute la journée. Soudain, cependant, elle vit un rayon de lumière. Non, une flamme plus précisément. Naturellement, elle se dirigea vers cette source de lumière et de chaleur. Peut être était c un signe. Pourtant, quelque chose l’oppressait, elle avait un mauvais un pressentiment. Mais elle avançait malgré tout jusqu’à ce qu’elle du passer par une petite fenêtre. Vous savez commet els rêves sont fait ! Sans savoir par quel moyen elle se faufila au travers et se retrouva devant un tableau familier ; Bien plus que familier et encore trop présent en sa mémoire pour l’oublier. Son village dévaster, brûler mis à feu par des dragons, son père agonisant, ces tas de gens brûlés à vif…par sa faute, son unique responsabilité. Un seul élément s’était jouté à la réalité des faits. Le dragon, oui celui là même qui avait ôté la vie de son père chéri, ne laissant rien de lui, juste un corps inerte qui perdait vie peu à peu. C’est ainsi, en voyant cette masse qu’elle haïssait, qu’elle se réveilla en sursaut, prononçant une phrase fort incompréhensible pour l’homme qui se tenait à ses côtés.

Pour une fois, elle se sentait gênée d’ainsi à travers ces quelques mots dévoiler une de ces faiblesses. Même si cela n’était pas entièrement une divulgation, c’en était une. Qui plus est la gentillesse assez glauque du Anarion qui avait veillait sur elle, la laissait sceptique. Pourquoi ne posait-il pas de questions ? Ou bien était ce elle qui était sans cesse sur la défensive en sa présence ? Pourquoi la situation la déstabilisait elle tant ? Etait ce l’absence de Neïla ? Etait ce simplement ses faiblesses qu’elle ne contrôlait plus ? Autant de questions qui affluaient sans but précis. Si bien…oui si bien, qu’elle n’avait quasiment pas écouté ce que l’homme lui avait dit. Elle le regarda avec de gros yeux ronds qui voulaient tout dire.

« Désolée, oui Neïla, vous savez où elle peut être ? …Et Dehors ? »

Du moins, elle avait entendu le principal, mais il lui fallait le temps qu’elle se réveil et reprenne ses esprits. Elle l’observa alors se lever, faire entrer lumière et chaleur dans la maison puis sortir. Quant à elle, Cissée se redressa dans le lit, puis pivota et posa les pieds au sol. Il était frais, mais que cela était bon ! Elle se sentait revigorée ! Cela la motiva à sortir , ce qu’elle fit à petits pas, s’assurant d’un bon maintien.

Arrivée dehors, elle fut impressionnée parce qu’elle pouvait voir. Une véritable petite piscine chauffée. Lma vapeur qui se faisait voir grâce à Anarion lui donna envie de plonger dedans sans attendre. L’appel de la chaleur certainement ! Cela lui rappela aussi sa première rencontre avec Vart , dans les sources d’eau chaudes, sous le volcan. Une rencontre explosive qui avait pourtant bien fini ! Enfin, ses yeux pétillant fixant le bain, elle écouta tout de même Anarion dans ses explications. Elle retombait cependant en enfance, et devant l’attention qu’il lui avait apporté depuis tout ce temps, l’espace d’un instant, elle oublia totalement la personne qu’il était *oui était* et alla le serrer dans ses bras, telle une gosse à qui l’ont aurait donné son plus beau jouet de Noël.

« Merci, merci de faire tout cela pour moi. »

Puis elle desserra son étreinte e se recula. Il fallait l’avouer, elle avait depuis la mort de leur père et leu fuie sur Ynis assumé bien des responsabilités et cette liberté que l’escorteur lui offrait sans même le savoir lui faisait chaud au cœur. Elle regarda alors cette grande cuve et l’observa de nouveau.

« Les fleurs sentent très bon… » dit elle rêveuse. « J’ai hâte d’avoir cette conversation avec vous tout à l’heure ! »

Puis elle le laissa partir, songeant à l’heure de rêve qui l’attendait. Alors, doucement elle entra dans l’eau bouillante et parfumée ? Un pied une jambe, puis l’autre, et le reste du corps, lentement et avec la sensualité qu’elle ne possédait pas. Et oui, Cissée n’était pas ce que l’on pouvait qualifier de très féminine. Une fois immergée, elle prit de l’eau chaude et à l’odeur particulièrement douce et suave au creux de ses mains et s’en aspergea le visage. Comme promis, elle trouva l’éponge. Un luxe, ce bain était tout simplement un luxe ! Et elle en profitait tout simplement ! Elle était guerrière mais femme avant tout ! Finalement, Cissée finit par s’adosser contre la paroi de cet immense fût et avec l’éponge elle se frotta doucement délicatement, imprégnant sa au de ce doux parfum printanier.

Elle ne sut jamais combien de temps elle profita de cette au chaude, et de cette charmante attention venant d’un homme qu’elle avait jugée rustre et assez barbare. Mais le moment était venu de sortir. Elle attrapa alors ce drap blanc laissé là à son attention, et s’enroula dedans. Lui aussi sentait bon. Qui aurait cru que l’escorteur puisse être une vraie fée du logis !! Le seul problème, comment allait elle faire pour les vêtements ? Elle n’avait pas vu la robe, et elle n’allait tout de même pas remettre sa tunique et ses braies ensanglantées ! Elle décida alors de rentrer dans la maisonnette à la recherche d’un vêtement.
Mais au lieu de finir avec un vêtement sur elle, elle récupéra une chose étonnante. Là sur un petit bureau, coincé dans le coin de la pièce, elle trouva des petits carnets. Qui a dit que Cissée n’était pas curieuse ?? De fait, bien sûr, elle ramassa le plus prêt, s’assit le sol contre le mur,, replia les jambes ses genoux touchant à présent son menton et feuilleta l’ouvrage. Il était composé de nombreux croquis fait main. Des paysages, une belle forêt d’arbres feuillis et semblant pleins de vis ! Mais on y trouvait aussi des animaux, tels des daims, des chevaux… Lorsque la jeune femme en et finit avec le premier, elle s’en saisit d’un second et ainsi de suite, oubliant l’heure et même de s’habiller…

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 21:02

Citation :
Anarion:
Durant son excursion, Anarion avait repensé aux derniers échanges qu’il eut avec celle qui venait de débarquer dans sa vie sans le vouloir. Il lui avait confié avoir une idée de l’endroit où son phénix pouvait se trouver en ce moment. Certes, il n’en était pas absolument certains mais il avait quelques pistes de recherches en tête et de toute manière, il ne se serait pas permis de lui donner de faux espoirs. Il aurait pu le chercher durant cette escapade mais il préférait le faire en compagnie de la jeune femme car il voulait lui montrer l’endroit où il estimait retrouver le phénix. Cet endroit était à la fois le centre de la forêt et le début de son histoire, c’est là que Cissée apprendrait la vérité sur cet endroit.
Il repensa également à cette étreinte qu’elle lui fit telle une enfant après avoir découvert avec joie le bain qu’il avait préparé spécialement pour elle durant son sommeil. Ce moment l’avait profondément troublé et dans le sens positif du terme. En effet, même s’il avait déjà été en contact avec elle, ça n’avait pas encore été aussi fort qu’en cet instant. Pour elle, ceci ne devait pas représenter grand chose de plus qu’un remerciement mais pour lui… Non, en fait, il ne savait pas non plus ce que ceci avait représenté pour lui mais en tout cas, il avait ressenti cette envie très forte de passer ses bras autour d’elle à son tour mais elle avait desserré son étreinte avant qu’il se décide à le faire. Regrettait-il de ne pas avoir été jusqu’au bout ? Il cherchait à se convaincre que non.
Avant de partir, elle lui confia qu’elle avait hâte d’avoir cette conversation avec lui sans savoir que ce qu’il aurait à lui dire était non d’être amusant, bien au contraire. Enfin, il ne lui montra rien et se contenta de lui sourire avec affection tout en laissant son regard fixé sur elle durant un temps qu’il ne maîtrisa pas. Il ne voulait rien ajouter de plus car il voulait avant tout qu’elle se détende dans ce bain peu ordinaire.

Finalement, il ne se focalisa pas vraiment sur la cueillette des fruits durant cette heure et demie qu’il passa dans la forêt. En fait, toutes ces pensées étaient tournées vers cette femme qui avait débarqué dans sa vie sans prévenir et qui venait briser un cercle qu’elle ne pouvait pas soupçonner. Et puis, savoir qu’elle se trouvait actuellement dans sa maison lui donnait, pour la première fois depuis très longtemps, l’envie de rentrer chez lui le plus rapidement possible même s’il se força à ralentir son élan pour lui donner le temps de se détendre pleinement.
Lorsqu’il arriva dans ce qui lui faisait office de jardin, il la chercha tout de suite du regard mais ne la trouva pas. Visiblement, elle ne se trouvait plus à l’extérieur alors que la robe était pourtant toujours suspendue à la poignée de la porte d’entrée de la petite maison de bois. Ou pouvait-elle bien être en ce moment ? A l’intérieur probablement et c’est d’ailleurs là qu’il se rendit sans plus attendre. Là, il la vit en train de regarder les carnets de croquis qu’il avait laissé sur le bureau dans la pièce. Avait-elle remarqué sa présence ? Probablement pas vu qu’elle se trouvait plonger dans l’observation des dessins mais aussi parce que Anarion ne faisait aucun bruit. La raison à cela était qu’il l’observait avec attention.

Cissée était recouverte du drap qu’il lui avait laissé pour s’essuyer et à ce moment, le tissu blanc épousait les formes de son corps à cause de l’humidité. Il ne fallait pas croire que son silence était dû à de la lubricité car même s’il était sensible à ce qu’il pouvait entrevoir, les motifs de sa discrétion étaient ailleurs. En fait, il voulait s’attarder à ressentir la présence de cette femme qui apportait cette douce odeur des fleurs du bain dans toute la maison. Là, il s’approcha d’elle, déposa le panier de fruits sur la table et marcha de façon suffisamment appuyée pour faire craquer le parquet et ainsi, faire remarquer sa présence.
Une fois découvert, il s’approcha d’elle, se baissa pour être à son niveau et déposa une couverture sur ses épaules. De cette manière, le drap ne dévoilerait plus son intimité tout en lui permettrait de ne pas prendre froid. Puis, finalement, ce geste lui permettait de se trouver à une courte distance d’elle, de sentir de chaleur et de lui dire quelques mots.

- « Je dois vous avouer que cela fait quelques instants que je vous observe dans cette pièce. En vous voyant ici, je me suis rappelé à quel point la présence d’une femme pouvait illuminer un foyer. Je sais que ces mots peuvent paraître un peu étranges alors que nous nous connaissons à peine mais je peux vous assurer que vous apportez une lumière dans cette pièce et dans mon regard… Tout cela fait beaucoup de bien, Cissée… » avoua-t-il avec une certaine pudeur malgré sa sincérité.

Il ne savait pas que Cissée ne se trouvait pas très féminine mais à cet instant, sa féminité resplendissait aux yeux de celui à qui elle avait tant manqué dans cette demeure, dans son monde. Puis, pensant qu’il pourrait la mettre mal à l’aise, il se releva, recula de quelques pas et tenta de changer de sujet. Pour cela, il repensa aux croquis qu’elle tenait dans ses mains.

- « Je vois que vous avez découvert mes dessins. Ils n’ont rien d’extraordinaires mais je crois qu’ils sont fidèles à cette forêt qui nous entoure. Enfin, disons que c’est un passe-temps contre l’ennuie qui sévit ici. Bref, inutile de s’attarder là-dessus, dîtes-moi plutôt : est ce que le bain a été agréable ? »

On ne pouvait pas dire qu’il avait envie de parler de ces croquis mais ne pas l’avoir fait alors qu’elle les tenait aurait été un peu étrange. En fait, l’origine de ses dessins l’était bien plus dans le sens où à la base, il ne savait pas du tout dessiner. Enfin, tout ceci trouverait bientôt des explications. A présent, le moment était probablement venu pour lui parler de son histoire mais avant cela, mademoiselle Cissée allait devoir revêtir quelque chose.

- « Nous avons encore du temps devant nous avant de nous rendre là où pourrait se trouver votre phénix donc si vous souhaitez manger un peu avant n’hésitez pas, surtout que la cueillette a été bonne. Et puis, je pense que je vais vous laisser un peu de temps pour vous habiller à moins que vous ne souhaitiez vous promener nue ? Je ne dis pas que je serai contre mais laver vos vêtements pourrait s’avérer être une meilleure solution non ? » dit-il en la taquinant quelque peu.

D’une certaine façon, si un observateur était en mesure d’observer ces deux-là, n’aurait-il pas l’impression d’assister à une scène de la vie quotidienne au sein d’un couple ? C’était étrange mais quelque chose de naturel s’était installé entre eux comme s’ils se connaissaient ou plutôt comme si tous deux avaient besoin de la présence de quelqu’un à ses côtés. Qui sait de quelle manière pourrait évoluer leur relation dans ce cas ? Aucun des deux ne le savait mais peut-être que tous les deux le cherchait.

Citation :
Cissée:
Depuis son réveil soudain et assez violent, Cissée avait changé. Quelque chose en elle, la menait sur un chemin qu’elle ne contrôlait pas, dans une voie inconnue et pourtant si sécurisante. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle ne se sentait pas en danger. Peut être était-ce une erreur. Peut être pas ! Mais ce sentiment que lui procurait Anarion la transformait, elle devenait en quelques sortes une femme enfant. Elle échangeait sa place de guerrière contre celle de femme. En un certain sens du terme cependant. Pourquoi ? Oui pourquoi si soudainement, alors qu’elle était perdue au milieu de la forêt seule avec cet homme qui voulait en finir avec la moitié d monde quelques jours plus tôt, voulait elle ressentir de l’affection ? Car oui, il s’agissait bien de cela. L’étreinte était pas exemple, un désir de sentir la peau d’un homme et avait pour but d’offrir de la tendresse, sentiment qu’elle avait totalement mis de côté pour son travail de chevaucheuse, et de part son ressentit du monde et de son passé ; Mais cet isolement la changeait totalement. Et peut être que cette étreinte n’était qu’un début à sa libération !

Bref, la jeune femme avait plus que profité du somptueux bain que l’escorteur lui avait préparé durant son repos. L’odeur était fort agréable et la sensation de l’eau nettoyant une peau souillée par le sang était plus que bénéfique. Cependant, à présent bien propre, elle était sortie du bain, en quête d’un vêtement à se mettre sur le dos. Heureusement, Cissée n’était pas de ces filles pudiques qui ne veulent pas montrer un carré de peau à quiconque étrange à la famille et encore ! Ainsi, elle se promenait sans difficultés avec cet unique drap blanc sur elle, que l’eau avait du rendre un peu transparent et humide donc collant. Elle aurait donc du se concentré sur le fameux vêtement, ou a robe qu’elle avait promis de porter, mais au lieu de ca la jeune chevaucheuse curieuse tomba sur de petits carnets. Elle els feuilleta les uns après les autres, ne se rendant pas compte du temps qui passait ni même de l’heure et demie qui devait bientôt être écoulée en son plein ; Non au lieu de cela, elle laissait ses yeux vagabonder sur ces petits dessins qui bien que maladroits pour certains, exprimaient beaucoup de choses. Pour la jeune femme, cela était signe de tristesse et de nostalgie. Peut être se trompait elle.

Malgré son silence, elle l’avait remarqué, elle n’était pas chevaucheuse pour rien. Cependant elle avait préféré le laisser air et voir ce qu’il allait faire. Sans doute son instinct de chasseuse. Observer puis agir. Elle ne fut pas déçue et feinta la surprise lorsqu’il fit du bruit pour se faire entendre. Elle observa en premier les fruits, surprise par la quantité que l’homme avait amassé, puis elle le regarda lui, nullement gênée par le fait qu’elle avait ses petits carnets en main. Non au contraire elle lui sourit lorsqu’ déposa sur elle une serviette. Certes elle n’avait pas froid, Cissée n’avait jamais froid de part ses pouvoirs, mais l’attention qu’elle recevait lui faisait chaud au cœur, bien que dans un autre contexte elle aurait tout envoyé balader.

Elle l’écouta alors parler, et sentit les sentiments étranges qu’il pouvait ressentir à ce moment même. Bie sûr elle ne pouvait comprendre ce qu’il entendait par la chaleur qu’une femme apportait au foyer, étant elle-même une femme, elle ne possédait pas son point de vue. Néanmoins, la façon qu’il avait de le dire, ainsi que son visage qui exprimait une sincérité pure, lui faisait comprendre une partie de ses propos. Sa seule réaction qui la surprit elle-même, fut de serrer la main d’Anarion dans la sienne. Un geste audacieux, qu’elle ne contrôlait pas. C’était comme si toutes ces émotions qu’elle avait auparavant gardées en elle, s’exprimaient dans ce lieu de paix.

Soudain, il se leva ; Elle ne comprit pas vraiment pour qu’elle raison, mais elle ne le retint pas ! Après tout il était libre de faire ce que bon lui semblait. Lorsqu’il aborda le sujet des dessins, elle acquiesça, mais bien vite l sujet fut éludé pour en venir au bain. Elle même se leva, laissant els croquis de côté comme si cela n’avait été qu’une utilité dans cette journée, bien que la jeune chevaucheuse se doutait qu’ils cachaient bien plus que cela. Enfin, puisqu’il en était ainsi, elle se releva lentement, le drap glissant quelque peu et découvrant ainsi un peu plus le haut de sa poitrine.

«Oui, il tait parfait, merci. Bonne température, odeur très agréable…Cela fait beaucoup de bien je dois l’avouer ! », dit elle le sourire aux lèvres.

Elle le entait tout de même mal à l’aise, ou dérangé par quelque chose. Mais Cissée qui avait l’habitude de vivre avec son grand frère et dans un milieu d’hommes de par sa fonction sur Ynis, e se doutait absolument que cela puisse être par le fait qu’elle était à demie nue ; Peut être ne l’était ce pas après tout !? Mais dans ce cas soit elle se trompait, soit cela était dû à autre chose. Quoi qu’il en soit, elle n’était pas très bavarde, et c’est en se dirigeant vers les fruits qu’elle lui fit comprendre qu’elle avait faim, et qu’elle acceptait volontiers d’en manger. Elle prit quelques mûres dans sa main droite et se retourna vers Anarion, une idée soudaine, voire deux, lui revenant en tête. Mais avant tout elle devait lui avouer un petit détail.

« J’avoue que j’étais rentrée pour trouver quelque chose à me mettre mais… »

Elle se regarda pour signifier qu’elle n’avait visiblement pas trouvé ce pourquoi elle était à l’intérieur de la maison. Puis quand elle releva la tête elle fixe l’escorteur et ajouta :

« Néanmoins, au-delà de ça, la prochaine fois laissez-moi vous aider à trouver des fruits. Je n’ai pas à manger votre récolte, vous faites déjà assez preuve d’hospitalité comme cela ! »

Peut être que la jeune femme changeait un peu et se laissait aller pour une fois, mais elle ne dérogerait pas sur ce fait. Elle ne voulait pas se faire assister. Etre gentil et doux avec elle, elle l’acceptait volontiers mais elle ne voulait pas pousser non plus et abuser de la nouvelle gentillesse de l’escorteur.
Soudain, elle prit alors Anarion par la main et l’entraîna dehors, toujours enroulée dans son drap blanc qui contrastait énormément avec la couleur flamme de sa chevelure et de ses yeux. Peut être que l’homme sentirait la chaleur incroyable qui émanait de ses mains. Oui, Cissée était curieuse en cet instant. Elle l’emmena alors un peu dans la forêt juste derrière la maisonnette, et se planta devant un arbre. Un vieux chêne. Elle en avait d ‘ailleurs vu un semblable de dessiné dans l’un des carnets d’Anarion, si sa mémoire était bonne. Quoi qu’il en soit, si l’on s’approchait bien et que l’on regardait de près l’écorce, là oui plus près encore, juste sous le bourgeon, ici à put être un mètre cinquante du sol, on pouvait distinguer une gravure. Cissée passa ses doigts dessus. Elle sentit les petites écailles de bois créées par l’ustensile pointu qui avait servi à la gravure.

« Un ‘s’ et un ‘a ‘. Y’a-t-il un rapport avec vous Anarion ? »

Elle ne voulait pas être indiscrète, mais en même temps elle était une femme très curieuse, et elle repérait bien les petits détails inutiles, ou pas, selon les cas.

« J’ai découvert cela tout à l’heure tout à fait par hasard, je ne vous oblige pas à répondre, je suis juste curieuse… », lui dit elle en l’observant, son regard flamboyant aux rayons d soleil que les branches feuillues de ce grand chêne filtrait.

Ils restèrent devant cet arbre quelques instant. Puis quand Cissée eut ce qu'elle souhaitait, elle se rappela avoir vu la robe en emmenant Anarion devant ce chêne. Assez naturellement cette fois ci, elle reprit la main de l'escorteur, et l'entraîna de nouveau devant le grand bain, puis le planta devant la petite porte à laquelle la robe était pendue.

"Je ne l'avais pas vu au premier coup d'oeil, désolée...c'était gentil à vous."

Alors, sans aucune inhibition, lentement, avec des gestes qui n'étaient pourtant pas doux, loin de là, elle fit tomber le drap sur le sol; Elle se moquait totalement d'être vu ainsi? et lentement elle revêtit la belle robe blanche de Séphira, d'abord avec appréhension puis avec un plaisir immense. Un fois habillée, elle s'éloigna avec de petits ps joyeux et tournoya;

"Alors, comment suis je?" demanda t'elle à Anarion, un sourire aux lèvres!

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 27 Juin - 21:03

Citation :
Anarion:
Il n’est jamais facile de dire ce que l’on a sur le cœur et même s’il ne fallait pas parler d’aveux sentimentaux, Anarion venait tout de même de confier quelque chose d’important à celle qu’il apprenait à découvrir. Il n’y avait pas une once de mensonge dans ses propos qui étaient même encore en dessous de ce qu’il pouvait ressentir grâce à sa présence dans cette petite demeure qui fut bien trop longtemps privée d’une femme en son sein. Enfin, ce solitaire se posait des barrières afin de ne pas agir de manière déplacée mais contre toute attente, Cissée semblait le suivre voir même le dépasser dans une démonstration de tendresse. Ainsi, après l’avoir serré contre elle, la jeune femme lui tenait désormais la main. Or, ce genre de geste était loin d’être anodin et jetait le trouble dans l’esprit de son compagnon. Ce dernier avait l’impression qu’elle cherchait soit à se rapprocher de lui, soit à le soutenir, le tout de manière prononcée et ceci le surprenait au vu de leur rencontre très récente. Il repensa donc à cette question qu’elle lui avait posée tout à l’heure concernant d’éventuelles pertes de mémoires et, peu à peu, il commençait à croire qu’il n’était pas le seul à avoir des choses à révéler tandis qu’il avait cette impression que d’une manière ou d’une autre, leur proximité avait un sens caché.

En se relevant, il mit fin à ce geste au sens encore imprécis et regarda son invitée se lever à son tour. A partir de ce moment, il sembla quelque peu la fuir du regard et c’est pourquoi il ne remarqua pas que le drap qu’elle portait se trouvait désormais un peu plus bas qu’auparavant. Elle lui dit ensuite que le bain avait été agréable puis elle se dirigea vers la corbeille de fruits afin d’en manger quelques-uns. Au moins, elle ne semblait pas du tout avoir perdu de sa joie de vivre et il s’en réjouissait. C’était d’ailleurs l’un de ses objectifs afin de la mettre en confiance et de l’amener peu à peu à retrouver la mémoire afin qu’elle puisse lui dire de quelle manière elle était arrivée là.

La gêne qui s’était installée en lui à cause de l’histoire de ces lieux qu’il n’avait pas encore mentionnés mais aussi par cette proximité n’allait pas se poursuivre dans la fuite car Cissée ne cessait de plonger son regard dans le sien comme pour capter son attention ou plutôt, peut-être, pour lui faire passer ses sentiments et sensations. D’ailleurs, après lui avoir avoué qu’elle n’avait pas trouvé quelque chose à porter, elle le remercia de son hospitalité en lui faisant part de son souhait de l’accompagner dans ses futurs excursions. A cela, il répondit de manière assez naturelle et sincère même si tout n’était pas forcement évident dans ses paroles.

- « Rassurez-vous, ces fruits ne proviennent pas de mes récoltes personnelles et de toute manière, il y a en bien trop pour moi tout seul. Quant à mon hospitalité, si vous accepter de rester un peu ici avec moi, vous aurez en main la plus belle des façons de me remercier. »

Cette fois-ci, son regard avait croisé le sien et alors qu’il remarqua ce drap tombant, Cissée l’entraîna à l’extérieur en le prenant de nouveau par la main et en dégageant une chaleur qu’il était impossible de manquer. Que souhaitait-elle faire? Voulait-elle lui montrer quelque chose ? Il n’en avait pas la moindre idée et se laissa kidnapper par cette femme qu’il observait désormais de dos et que rien n’aurait pu arrêter en cet instant. Après quelques pas, ils arrivèrent devant un vieux chêne qu’Anarion connaissait parfaitement et sur lequel deux lettres étaient inscrites l’une à coté de l’autre. Le « s » et le « a » inscrits sur l’écorce signifiaient tout simplement Séphira et Anarion mais derrière cela se cachait une histoire plus profonde qu’il décida de lui raconter puisque sa curiosité semblait l’y inciter.

- « Malgré les siècles, je n’oublierai jamais le jour où Séphira et moi avons gravé nos initiales sur ce chêne. J’avais dix ans tandis qu’elle en avait neuf. Nous avions tous les deux l’habitude de venir jouer près de ce chêne et dans ce qui autrefois n’était qu’une petite prairie. Un jour, nous avons décidé de laisser une trace de notre passage sur cet arbre sans savoir que quelques années plus tard c’est tout naturellement ici que nous allions décider de construire notre maison pour y vivre ensemble. Cette inscription n’était alors plus seulement le symbole de notre amitié d’enfance mais celui de notre amour. » dit-il en caressant l’écorce.

Combien de gens pouvaient se vanter de s’aimer depuis l’enfance ? Bien sûr, il peut s’agir, dans cette période d’insouciance, d’un amour inconscient mais ceci n’en diminue pas pour autant l’intensité. Quoi qu’il en soit, cet arbre fut comme le point de départ des liens qui l’unissaient à sa femme et il ne pourrait jamais l’oublier. C’est donc avec émotion qu’il laissa encore un peu sa main sur le tronc de cet arbre qui avait à la fois connu la chaleur de leurs deux corps mais aussi la rage d’Anarion quand ses poings vinrent le frapper après que sa femme soit morte.
En tout cas, à coté de ce vieux chêne, un autre arbre, tout aussi ancien portait une inscription et cette fois-ci, c’est Anarion qui le ferait découvrir à la jeune femme qu’il invita à le suivre. Après seulement une courte enjambée, il coupa quelques hautes herbes et fit apparaître un prénom gravé dans l’écorce : Orianne. L’inscription, beaucoup moins précise, était située en bas du tronc et semblait ainsi montrer que son auteur n’était pas bien âgé. Enfin, à présent, il se devait de donner des explications à Cissée mais ceci n’allait pas se faire sans peine tant sa voix fut chargée par l’émotion.

- « Cette inscription est un peu plus récente… C’est celle de ma fille, Orianne, qui n’avait que cinq ans à ce moment. Ma femme et moi lui avions appris à écrire son prénom rien que pour ça en espérant qu’à son tour, un autre prénom viendrait se graver à côté du sien. Hélas, ce maudit destin en avait décidé autrement ! »

Malgré les années, l’émotion et l’attitude de cet homme montraient qu’il était impossible de se remettre de la perte d’un si petit être. Même si le deuil finissait par s’imposer, l’absence restait irremplaçable. Anarion dévoilait ainsi sa plus grande tristesse à celle qui l’avait connu bien différent dans ce qui semblait aujourd’hui être une autre vie. Enfin, d’une certaine façon, Cissée n’était-elle pas elle-même en train de goûter à une autre vie ? Ne changeait-elle pas au contact de l’homme qui s’occupait d’elle depuis qu’il l’avait retrouvé inconsciente au beau milieu de la forêt ? Peut-être que la réponse se trouvait juste sous ses yeux alors qu’elle revêtait la robe qui avait appartenue à Séphira.

Cet instant fut tout à fait particulier pour Anarion et pour plusieurs raisons dont la plupart relevaient de l’intime. Durant quelques instants, il eut l’impression de voir revivre sa femme mais finalement c’était plutôt Cissée qui redonnait vie au vêtement. En fait, hormis sa taille et son gabarit elle ne ressemblait pas à son épouse et c’était donc bien elle qui insufflait une nouvelle vie à ce tissu si précieux.
De plus, que dire de sa façon de la mettre ou plutôt de sa façon de se changer ? Le moins que l’on puisse dire était qu’elle n’était pas du genre pudique puisqu’elle s’était mise nue alors qu’il se trouvait juste à côté d’elle. Visiblement, le geste n’était pas calculé mais il n’en restait pas moins troublant car elle ne pouvait ignorer sa présence. Qu’avait-elle donc cherché à faire ? Etait-ce une invitation plus franche ? En tout cas, elle était désirable et il aurait pu succomber si toute cette tristesse ne le submergeait pas encore. Enfin, il ne manqua pas les cicatrices qui parcouraient sa peau et qui témoignaient de combats passés. Ainsi, comme ces vêtements l’avaient déjà montré avant, cette femme était une guerrière mais la robe qu’elle portait désormais allait, peut-être, il l’espérait, lui faire découvrir une nouvelle existence.

Beaucoup de pensées lui traversaient l’esprit en cet instant mais il en fut tiré quand Cissée lui demanda comment il la trouvait. Répondre à cette question n’allait pas vraiment être difficile car sa réponse s’était déjà dessinée sur son visage de la même manière qu’elle montrait actuellement sa joie par ses gestes et son sourire.

- « Vous êtes magnifique, tout simplement. » dit-il avec un regard d’une douceur qui ne se trouvait pas facilement chez tout le monde.

A ce moment, il fit deux pas et se trouva ainsi juste à côté d’elle. A son tour, il aurait pu la serrer contre lui mais c’est autre chose qu’il avait une tête et ceci n’était pas de moindre importance. Il reprit donc la parole afin de transmettre un message fort à celle qui se trouvait devant lui tandis qu’il posait ses mains sur ses épaules comme pour focaliser son regard sur le sien.

- « Il y a une chose importante que je tiens à vous dire sans plus attendre. En fait, je ne veux pas que vous croyez que je cherche à faire revivre ma femme à travers vous. Tout d’abord parce que je sais que ceci est impossible mais aussi parce que c’est vous qui êtes en train de faire revivre chaque chose ici. Je vous supplie de bien vouloir me croire. »

Après ces mots prononcés avec une intensité certaine, il décida de reculer de plusieurs pas jusqu’à lui tourner le dos désormais. Là, il prit une grande respiration en levant son regard vers le ciel avant de prendre de nouveau la parole pour faire une demande troublante à la jeune femme.

- « Cissée, seriez-vous d’accord pour rester un peu plus longtemps ici avec moi ? » demanda-t-il avec une voix quelque peu angoissée.

Cette fois-ci, Anarion ne s’était pas retourné vers elle et son regard se portait désormais sur le sol même s’il semblait plutôt errer dans le vide. Sa demande était liée à l’histoire de ces lieux même si elle n’en avait pas encore conscience. Sa question était incomplète tandis qu’il attendait la réponse avec une appréhension telle que son cœur battait tellement qu’il semblait être sur le point de sortir de sa poitrine. Beaucoup de choses gravitaient autour de cette question qui était une sorte de chemin encore encombré par des ronces que Cissée allait devoir couper pour connaître la vérité sur tout et y compris sur ses propres sentiments.

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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Mer 2 Juil - 16:29

Un sentiment doux traversait le cœur de la jeune chevaucheuse trop longtemps dirigée par ce cœur de pierre qu’elle s’était bâtie plus jeune, quelques années auparavant. Incapable de ressentir ? ! Non uniquement car elle le voulait, et souhaitait se protéger. Mais à présent, peut être parce que cette maison avait une âme, Cissée récupérait cette envie de se transformer en quelque chose de plus aimant. Peut être en femme même ! Comment, d’ailleurs, pouvait-elle se trouver plus homme que femme. Elle combattait certes, mais ce domaine difficile l’avait rendue fermée, et solitaire. Cependant, en ces instants, Cissée se sentait même plus enfant que jamais, avec un besoin affectif qui s’amplifiait de secondes en secondes. C’était comme si son séjour ici, soignée par cet homme, faisait revenir en elle tout ces manques qu’elle avait subit durant es dernières années. Elle se rendait compte que depuis sa fuite de son petit village, elle n’avait pas bien souvent ressemblé ne serait ce qu’à un humain.

Etrangère ? Non étrangement elle ne se sentait pas étrangère en ces lieux paisibles. Plutôt peu commun, mais au contraire c’était comme si elle avait toujours vécu ici, auprès de cet homme qui agissait, selon elle, comme si un nouveau souffle de vie le poussait au delà de ses retranchements. Peut être se trompait elle, mais elle le ressentait ainsi. Elle avait l’impression, qui plus est, que cet homme avait besoin d’une affection particulière. Cissée ne se sentait pas de lui donner, mais ne le faisait elle pas inconsciemment ? N’était ce pas c qui conduisait Anarion à fuir son regard, à la rejeter ?

Elle n’insista pas et se leva alors, et lentement aussi souplement que possible, elle se dirigea vers la corbeille de fruits. Et alors qu’elle mordait dans l’un des plus juteux, une fuit rouge qui lui rendit les lèvres rouges et pulpeuses, l’homme lui révéla que ce n’était pas de sa réserve personnelle que tous ces fruits provenaient. Quand bien même, elle voulait l’aider et faire cette cueillette avec lui, à moins qu’il ne veuille profiter de ce moment pour être seul. D’ailleurs elle n’y avait pas vraiment pensé à ce fait et elle s maudit d’avoir eu une volonté si égoïste. Cependant l’enchaînement d’évènement successifs brefs mais intenses l’avaient empêchée de dire le fond de sa pensée et de s’excuser. Ce n’était à présent plus du tout dans le contexte.

Ce regard de feu, vivant, étincelant et vif qui avait croisé le sien pendant cette fraction de seconde l’avait subjugué. Cissée se souvenait, et dans ce souvenir l’Anarion qu’elle connaissait en avait un tout autre. Froid, distant, calculateur et sanglant. Voilà comment elle aurait défini le regard de cet homme sous l’identité de l’escorteur. *Le regard est le miroir de l’âme*. Cette pensée, non la voix de son père qui lui apprenait à qui il fallait faire confiance ou non alors qu’elle était encore toute jeune. Si cela était vrai, elle pouvait alors faire confiance à cet homme, mais comment changer comportement comme cela, comment faire confiance à celui qu’elle avait connu sous un jour bien plus noir ?

Un regard posait beaucoup de problèmes qui surement se résoudraient au fur et à mesure. Elle eut d’ailleurs l’idée de l’emmener vers ce chêne où elle avait vu l’inscription qui elle s’en doutait devait provenir d’une lame qu’avait tenu successivement Anarion puis sa femme, à un moment donné de leur vie. Elle ne l’emmenait pas ainsi pour le plaisir, mais pour lui faire conter un morceau de son histoire. Pour apprendre à connaître la facette de l’homme qu’elle ne connaissait encore pas. Mais bientôt, elle fut troublée, ne sachant si elle avait ben fait de le ramener dans son passé. Il semblait s’y perdre, son regard s’éloignant dans une contrée qui à présent n’était plus. Peut être ce retour aux sources, d’un autre côté, n’était pas si mauvais ? Mais la jeune chevaucheuse n’avait pour lors aucun moyen de juger ce fait. Et elle l’écoutait patiemment, retenant son drap autour d’elle afin qu’il ne dévoile pas toute son intimité bien qu’elle n’avait cure de ce fait.
Sa main, à présent effleurait les inscriptions sur cet arbre. Maladroites, mais pourtant présentent. Quelle nostalgie affluait dans le cœur d’Anarion ? Cissée se le demandait, mais en même temps elle s’en doutait. C’était comme lorsqu’elle regardait ce médaillon que sa mère lui avait offerte ou cette épée que son père lui avait forgé. Lentement, elle comprit ce qu’elle devait faire, comment elle pouvait effacer la solitude de cet être perdu. Elle posa alors doucement, légèrement sa main sur celle de l’escorteur. Elle comprenait à présent, qu’avant que celui ne change complètement, l’homme, l’escorteur qu’il était devait être guidé par ce souvenir, par la rage provoquée par la perte de l’être cher. Il est des gens qui se rangent du côté du bien pour cette raison, mais il en est d’autres qui préfèrent l’autre voie ! Comme Anakin Skywalker qui choisit, le côté obscur de la force.

Quoi qu’il en soit, à son tour, il la traîna vers un autre arbre. Après quelques petits gestes de désherbage, il lui montra une autre gravure. Et y lut « Orianne ». Elle savait, à la taille que cela devait être sa fille mais à nouveau elle ne dit rien. Cissée préférait écouter que parler, c’était un peu aussi du à son entrainement sur le terrain. Et sous ses yeux attendris, la vision de cet homme qu’elle aurait auparavant haïs changeait, tout comme elle changeait et laissait une apparente féminité transparaître au travers de la douce et blanche robe qui autrefois avait appartenu à la femme d’Anarion.

Cissée était loin d’être pudique, cela tout le monde le sait à présent, mais pourquoi agissait elle ainsi ? Oui elle savait qu’il était homme et elle femme. Mais voici le problème. Pendant trop longtemps elle avait vécu dans un monde d’homme de par ses agissements, et de par trop de fois elle s’était retrouvée obligée de faire comme si ils n’étaient pas là pour se changer ou se laver. Car par trop de fois, durant une mission on ne pouvait s’éloigner du camp sous peine d’attirer l’ennemi. Alors, à présent, elle était capable de se changer n’ importe où et devant n’importe qui sans même qu’elle ne réagisse au fait que cela puisse troublait un homme tel Anarion. La preuve, l’insouciance la pris dès le vêtement enfilé. D’ailleurs, la jeune chevaucheuse se demandait si à travers ce vêtement, l’homme ne voulait pas faire revivre sa femme défunte, mais comment pourrait il ne serait ce que l’espérer ? Mais après tout ce sourire, cette joie qui se dessinait sur ses trait pouvait être du à tout autre chose. Elle se décida alors à poser une question. Elle n’avait pas vraiment de sens dans ce contexte, mais elle voulait savoir. Une enfant ? Peut être mais surtout le début d’une vie en tant que femme ! N’allez cependant pas croire que Cissée oubliait son combat, ou qu’elle n’avait plus envie de combattre, bien au contraire. Cependant un peu de repos dans ce labeur ne peut faire de mal.


« Merci » répondit elle simplement avec un sourire.

Puis il s’approcha et provoqua l’arrêt des sautillements de Cissée. Deux grandes et longues mains se posèrent sur chacune de ses épaules t son regard ne pu que se figer dans celui, profond, de son interlocuteur. On aurait pu croire un père avec sa fille. Elle ne savait trop que dire face à ses propos et resta plantée au même endroit alors que lui reculait et lui tournait le dos. Et la demande qu’il lui fit l surprit encore plus ! Elle ne pouvait pas non plus abandonner totalement sa famille, et surtout elle devait retrouver Neïla !

« Je..je…je ne… »

Voici peut être la première fois où la jeune femme était en difficulté pour répondre. Elle avança alors à petits pas vers Anarion, et passa devant lui. Il avait le regard posé quelque part sur le sol. D’une main calleuse vestige de nombreuses batailles avec sa fidèle épée, elle releva le menton de l’homme. Elle le regarda un long moment, instaurant un silence étrangement baigné d’attente.

« Je ne sais quoi vous répondre. Vous savez j’ai une petit sœur malade, et un grand frère irresponsable… Comment vont-ils faire sans moi ? Et je dois retrouver au moins Neïla ! Peut être qu’ainsi je me sentirai mieux et resterais plus longtemps ici, pour vous aider. »

En effet par l’intermédiaire de son phénix elle pourrait envoyer un message et prévenir. Et ainsi, elle se sentirait mieux et moins coupable. Mais Cissée, au delà de ce fait se demandait pourquoi ?

« Pourquoi voulez vous que je reste auprès de vous ? Cela est si soudain ! Et je vous cause plein de dérangements… »

Puis un grain de folie la prit alors Soudainement incapable de garder son sérieux, peut être à cause de cette moue qu’il faisait, elle se tourna et commença à bouger pour finalement l’effleuré de seulement de deux de ces doigts. D’abord le menton, puis les pectoraux et le flanc droit pour arriver enfin dans le dos…

« A moins que vous n’attendiez autre chose ? Un peu de chace peut être ?... »


Elle était à présent dans son dos, et elle passa sa main entre ses deux omoplates, comme pour chercher un point particulier.


« Vous savez, la chance est une chose très subtile et difficile à saisir, mais dans mon pays on avait une manière de souhaiter la chance très particulière, on faisait un baiser ici… »


Dit’elle en appuyant au point centrale du dos, se situant pile entre les deux omoplates. Et là elle y déposa un baiser, un baiser bref mais les yeux fermés. Mais lui, ne pouvait le voir… Elle revint en face de luui et avec un sourire qui n'exprimait pas plus que cela elle ajouta finalement:


"Non sérieusement, pourquoi tenez vous à ce que je reste ici?"
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Jeu 3 Juil - 4:38

Depuis que Cissée s’était réveillée, le moins que l’on puisse dire était qu’il ne dominait pas la situation dans le sens ou, émotionnellement, c’était cette jeune femme qui menait la danse. Elle ne le faisait peut-être pas de manière consciente mais elle le troublait et le laissait sans réponses face à la situation et à lui-même. Tout d’abord, il ne s’expliquait pas toute cette tendresse qu’elle lui montrait dans ses gestes. D’ailleurs, elle avait de nouveau posé sa main sur la sienne au moment où il avait caressé l’écorce de l’arbre sur lequel se trouvaient les inscriptions. Qu’attendait-elle de lui ? De la tendresse ? De l’amour ? A moins que ce ne soit elle qui cherche à lui offrir quelque chose ? Pour lui, ces suppositions devaient être toutes partiellement vraies mais il ne pouvait encore pleinement y croire dans le sens où il ne savait plus ni donner ni recevoir de si précieux sentiments. En fait, son blocage ne se situait pas uniquement dans ces oublis mais également dans l’histoire de ces lieux qu’il n’avait pas encore pu lui révéler. Ainsi, peut-être qu’après lui avoir raconté toute la vérité, les choses évolueraient de manière différente même si cela pouvait se produire dans le mauvais sens. Quoi qu’il en soit, une chose était sûre pour lui en cet instant : il ne voulait pas qu’elle reparte tout de suite car ceci équivaudrait à ne plus ressentir sa présence et à ne plus voir ce sourire de femme qui lui avait tant manqué depuis toutes ces années. C’est pourquoi il venait de lui faire cette demande qui n’était pas sans troubler la jeune femme qui commençait à balbutier tandis que lui n’avait pas été capable de croiser son regard, chose à laquelle elle remédia en avançant jusqu’à se retrouver devant lui avant de lui lever le menton.

Tel un enfant, Anarion venait d’apprendre que ses désirs égoïstes avaient omis la possibilité que sa compagne avait une famille qui attendait très certainement son retour et qui avait besoin d’elle. Comment aurait-il pu les priver d’elle alors qu’il savait parfaitement à quel point il était difficile de vivre sans sa famille ? Il décida donc de ne rien laisser paraître sur ce qu’il pouvait ressentir et sur le fait qu’il savait déjà que tôt ou tard, elle le quitterait pour retrouver ces êtres qui devaient tout représenter pour elle. A présent, le problème était qu’il ne parvenait pas à trouver les mots justes pour lui répondre et que ne pas réagir paraîtrait plus qu’étrange. Il se contenta donc d’une réponse sincère mais qui lui était personnellement difficile tandis qu’il se promit de ne plus laisser ces émotions le submerger ainsi.


- « Vous les retrouverez tous bientôt, je vous le promets. » dit-il en souriant.

Sa résolution allait vite être mise à l’épreuve puisqu’elle lui demanda pourquoi il souhaitait la voir rester ici. A nouveau, il aurait pu lui redonner ses raisons qu’il avait mentionnées mais il décida de trouver une porte de sortie dans le fait qu’elle continuait à lui parler, à chercher ce qu’il pouvait attendre d’elle en adoptant une attitude des plus étranges à son goût. Ainsi, elle l’effleura à plusieurs reprises avec seulement deux de ses doigts avant de supposer qu’il recherchait peut-être un peu de chance. Il devait bien le reconnaître : il ne comprenait pas du tout où elle voulait en venir mais se laissa faire dans l’attente d’une chute qui vint par un baiser qu’elle lui fit entre les deux omoplates. Selon elle, il s’agissait là d’une coutume de son pays pour attirer la chance, chose qu’Anarion comprenait encore moins.
Décidément, Cissée était loin de sortir de l’ordinaire mais il finit par comprendre que tout cela n’était qu’un petit jeu au moment ou elle se replaça devant lui et reposa la même question. A cet instant, il eut envie de rire et il l’aurait fait de bon cœur s’il n’avait pas compris que le moment était enfin venu de lui apprendre toute l’histoire de ces lieux.


- « Pour le moment, je ne peux pas encore répondre pleinement à cette question car avant cela, il faut que je vous conduise dans un endroit particulier qui se trouve un peu plus loin. Là, je vous apprendrai toute la vérité sur cette forêt et sur moi… » dit-il avec un sourire qui respirait plus la tristesse qu’autre chose.

Même si cela n’était pas son intention, il venait probablement d’instaurer un climat bien moins léger que celui qui régnait jusqu’à présent et il s’en voulait pour ça. Même si elle ne le saurait peut-être jamais, il aurait sincèrement aimé rire avec elle. A présent, il la contourna et fit quelques pas en direction de la forêt avant de l’inviter de nouveau à le suivre.


- « Allons-y et après ça, vous saurez tout. »

Le chemin que tous deux empruntaient désormais était bien connu du maître des lieux qui connaissait parfaitement chaque recoin de cette végétation. En fait, si par malheur il venait à devenir aveugle, il serait toujours en mesure de s’y repérer. Toutefois, il marcha à allure normale car son but n’était en aucun cas de semer sa partenaire qui devait se poser des questions face à tous ces mystères. En tout cas, même s’il ne parlait pas depuis qu’ils avaient quitté la maison, il n’hésitait pas à se retourner afin de voir si elle ne rencontrait aucune difficulté.

- « Nous y sommes. »

Tous deux finirent ainsi par arriver dans un endroit où la végétation était moins dense et à cela, il y avait une raison qui était la clé même de l’histoire actuelle de celui que Cissée avait connu comme escorteur de l’au-delà. Ainsi, au beau milieu de cette végétation se trouvaient plusieurs habitations en bois, une vingtaine environ dont la plupart n’étaient plus que des ruines éventrées dont certaines ne tenaient debout que grâce au support d’arbres massifs se trouvant juste à coté d’elles. Toutes ces bâtisses semblaient particulièrement anciennes et ce n’était pas tant le bois rongé qui le montrait mais toute cette végétation qui dissimulait presque ce qui fut autrefois un village peuplé par des gens vivants relativement loin de tout. Aujourd’hui, les seuls résidents des lieux étaient des insectes, voir des rongeurs qui y trouvaient là un abri idéal tout comme des oiseaux qui y construisaient leurs nids. Ainsi, la faune et la flore semblaient s’être donnés rendez-vous sur cette ancienne place dont le seul visiteur humain, jusqu’à aujourd’hui, fut le dernier témoin de son passé.
Ce village avait en effet une histoire que seul Anarion connaissait et qu’il allait confier à la jeune femme mais avant cela, il avança à pas lents au milieu de ces ruines sans dire le moindre mot. Là, il resta durant plusieurs minutes et posa son regard sur ces ruines chargées de souvenirs avant de finalement prendre la parole.


- « Ce que vous voyez là n’est rien d’autre que les ruines du village dans lequel je vivais. Je ne peux pas vous raconter d’histoires exaltantes à son sujet car il n’était rien de plus qu’un lieu de vie ordinaire pour des gens aspirants à une vie simple et loin de tout conflit. C’est d’ailleurs pour cela qu’il fut construit au beau milieu de la forêt et à des kilomètres de tout autre lieu d’habitation. Hélas, tout fut détruit le jour ou une bande de barbares, des mercenaires errants, décidèrent de mettre à sac cet endroit. Aujourd’hui encore, je me souviens de ces pourritures qui tuèrent tous ceux qui habitaient ici sans leur laisser la moindre chance. D’ailleurs, comment aurions-nous pu lutter contre des hommes expérimentés alors qu’aucun d’entre nous n’avait de formation militaire ? Ceci ne fut rien de plus qu’un massacre… »

Après ces premières révélations, Anarion s’accroupit sur le sol et commença à caresser la terre qui se trouvait à ses pieds comme s’il cherchait quelque chose. En fait, cet endroit sur lequel il se trouvait fut celui de son agonie passée et de sa malédiction présente.

- « Après avoir découvert les corps de ma femme et de ma fille, je suis revenu au village pour me venger des mercenaires qui s’y trouvaient encore. J’ai réussi à en tuer quelques-uns uns mais je suis tombé à mon tour et quand je me suis réveillé il n’y avait plus que des cadavres autour de moi et un homme vêtu d’une épaisse cape noire qui le recouvrait totalement et qui cachait tout son visage. Ce dernier m’apprit que j’étais mort mais qu’il me donnait la possibilité de vivre une nouvelle existence en tant qu’escorteur de l’au-delà. Si j’acceptais, je devenais alors un spectre au service de la Mort elle-même mais j’ai refusé car ceci impliquait de commettre des meurtres, chose qu’il m’était impossible de faire car après, lorsque ma véritable mort serait arrivée, je n’aurai jamais su comment expliquer mes actions à ma famille. Pour me punir de ce refus, on me donna une vie qui ne devait jamais prendre fin, et on me condamna à rester dans ces lieux à tout jamais coupé du temps et du monde. »

A ce moment, il se saisit d’un petit caillou et se releva avant de le lancer juste en face de lui, à quelques mètres. Contre toute attente, la pierre ricocha contre l’invisible.

- « Cissée, vous ne le voyez pas mais cette forêt est entourée d’un Kekkaï. C’est une barrière magique invisible totalement infranchissable hormis durant la pleine lune. Le reste du temps, la forêt dans laquelle nous vivons n’est qu’un désert illusoire aux yeux du reste du monde. Seule la pleine lune révèle cet endroit et en autorise l’accès et la sortie. Ceci n’a pas changé depuis deux mille ans et vous êtes la seule à vous y être perdue… »

Après ces mots, il se releva et se retourna en direction de sa compagne car le récit la concernait tout particulièrement. Il allait désormais lui révéler le moyen de sortir de ce monde et sa culpabilité se lisait dans ses yeux car il estimait avoir trop tardé à lui raconter cette vérité qu’il ne connaissait que trop bien.

- « Le seul moyen de sortir d’ici est d’attendre la pleine lune pour que le Kekkai se lève de nouveau et ceci se produira dans un peu moins d’un mois à présent. Pardonnez-moi de ne pas vous avoir révélé la vérité plus tôt mais je voulais attendre que votre état s’améliore avant tout. »

L’émotion était palpable dans ses paroles même si son attitude restait très digne. Son regard exprimait à la fois sa sincérité et sa culpabilité mais aussi cette importance que Cissée avait pour lui, elle qui était désormais la seule dans ce monde à connaître son existence et son histoire. A présent, elle était au courant de tout, enfin, c’est ce que le silence du jeune homme laissait croire avant qu’il ne reprenne la parole une dernière fois pour finalement répondre à cette question qu’elle lui avait posée avant qu’ils se mettent en route et à laquelle il n’avait pas pu répondre pleinement.

- « La vérité, Cissée, c’est que plus j’apprécie votre présence, plus je ressens votre tendresse et plus je dois me rendre compte que vous partirez un jour tandis que moi je resterai ici car je ne peux quitter ces lieux sous peine de mourir une fois que j’aurai franchi le Kekkaï. Ceci pourrait être une délivrance mais si je disparaissais alors il n’y aurait plus personne pour se souvenir de ce village et honorer les tombes des gens qui y ont vécu. Ceci, je ne peux l’accepter. Je ne peux pas me résoudre à ce que ma femme et ma fille disparaissent à jamais de ce monde dans l’oubli le plus total… »

A présent, elle savait tout. Malgré l’émotion, Anarion avait gardé une voix posée et claire afin d’expliquer toute la vérité sur cette forêt dans laquelle il avait passé plus de deux mille ans d’une vie qui semblait ne pas avoir de fin. Mais ce n’était pas tout puisqu’il venait également de répondre à cette question qu’elle s’était précédemment posée avec une certaine insistance. Il attendait désormais sa réaction avec une certaine appréhension tout en la regardant fixement, elle qui apportait tant de vie parmi tous ces morts dont Anarion estimait faire partie.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 4 Juil - 0:24

Tristesse, nostalgie et mélancolie, une mixture plutôt fataliste de sentiments auxquels l’homme n’échappait pourtant pas. A croire que les hommes sont nés pour se faire du mal les uns les autres et se torturer soi même ! Ne pourrait-on pas tout simplement oublier l’objet de notre tristesse ? Non, il faut que nous la gardions gravé quelque part, et à jamais, pour toujours se souvenir. Quelle stupidité ! Mais parfois, c’est cette tristesse qui nous donne un but dans la vie et qui nous permet d’avancer. Cela avait été le cas pour la jeune chevaucheuse mais qu’en était-il d’Anarion. La jeune femme ne pouvait s’empêcher de le voir cruel et sanguinaire comme avant, mais d’un autre côté toute cette sensibilité qui émanait de lui à travers un regard ou ne serait ce que touché de l’écorce gravée. Comment pouvait-on voir un homme autant changer en si peu de temps ? Que s’était il passé ? Et pourquoi ne se souvenait-il de rien ? Devait-elle tout avouer, tout lui révéler comme lui s’apprêtait à le faire concernant l’histoire de ces lieux ?

Le chemin passa ainsi très vite. Cissée se laissait conduire, et marchait bien loin d’Anarion, regardant le sol bien droit devant elle et vérifiant parfois si l’homme était toujours devant elle. Elle ne savait pas se qu’il se passait dans la tète de l’escorteur, mais quoi qu’il en soit, il était certain qu’il n’était plus le même. Peut être apprendrait elle pourquoi bientôt, ou au moins peut être certaines lumières se feraient sur certains sujets. Bien sûr elle avait joué la légèreté, pour une fois d’ailleurs, il n’en était pas moins inquiétant pour Cissée de voir ainsi Anarion si sensible et empreint aux émotions humaines. D’accoutumé, on s’inquiéterait plus du contraire, mais la réalité n’est pas toujours vérité ! Pourtant, le souci lui était bien là, présent au fond de son cœur, et il lui en avait complètement fait oublier le décor ; Si bien qu’elle fut surprise lorsqu’il annonça l’arrivée. Après un petit sursaut, Cissée se maudit car n mission une erreur pareille pourrait lui couter la vie. Cependant c sentiment de culpabilité se remplaça bien vite par de l’étonnement mélangé de tristesse. Des ruines, voilà ce qui se dressait face à ses yeux, et des ruines qui reflétaient la douleur, les meurtrissures du passé et la tristesse de proches disparut aux yeux de tous. Le bois lui même montrait l’histoire brutale et violente de ces lieux. C’est alors que hypnotisé, comme lorsque le troubadour venait dans son village lorsqu’elle était plus petite, Cissée écouta soigneusement l’histoire qu’Anarion était en train de lui conter.

Ces mots étaient lourds de sens et intérieurement, dans son esprit, la jeune chevaucheuse imaginait les images qui collaient à ses paroles. Et certains mots avaient plus de sens pour elle qu’il ne pouvait l’imaginer. *D’ailleurs, comment aurions-nous pu lutter contre des hommes expérimentés alors qu’aucun d’entre nous n’avait de formation militaire ?* Des mots bien forts pour elle puisque cela avait été la situation pour son village le jour même où son père était mort ; Les Dragons avaient mis à sac le village, mais comment des hommes peuvent ils lutter contre ces mastodontes ? Impossible, à moins de posséder l’expérience ou els dons nécessaires. Pourtant, bien que les deux histoires fussent similaires, Cissée ne pouvait qu’imaginer l’atrocité à travers son expérience parallèle.

Aucune émotion ne paraissait sur son visage, car Cissée se protégeait. Elle ne souhaitait pas que son passé la rattrape même si elle se battait pour ce passé. Assez paradoxale mais pourtant si logique. Les émotions sont le moteur des pouvoirs, et les contrôler, au bout d’un moment devient plus que nécessaire. Néanmoins, Anarion, lui se laissait aller, ses gestes trahissaient quelque peu une forte émotion et un souvenir toujours cuisant
.

« non vous avez accepté »
, murmura t’elle alors .

Mais elle fut coupée par le choc entre ce caillou et le vide apparent. Vint alors la suite de l’histoire. Une prison magique, surement le même enchantement dont il lui avait fait part lorsqu’ils étaient arrivés pour tuer le père de tous les démons. Tout coïncidait ! Mais comment deux vies si différentes pouvaient elles ainsi se rejoindre, comment de telles corrélations pouvaient elles être observables ? Comment… ? Non pourquoi avait il soudain cet être si attristé et coupable qui lui figeait le visage ? Elle écouta ses mots, et observa sa détresse impassible, mais ne put que succomber à ces derniers mots. Etrange, Savoir que cet homme l’avait presque conduite à la mort et qu’à présent il faisait naître en elle ces sentiments qu’elle avait si longtemps enfouie en elle : la compassion, et l’attendrissement. Et malgré tout elle admirait le droiture que gardait l’escorteur qui finalement elle l’avait compris, ne l’était pas dans cette vie ; C’était tout d même la un flot de renseignements important qui permettait à Cissée de comprendre le nouvel être humain qu’elle avait devant elle, et à partir de cet instant, elle comprit qu’elle ne devait pas lui révéler sa véritable identité, celle que ELLE connaissait celle aux côtés de qui elle avait combattue. Elle resterait au près de lui, pour lui apportait de la chaleur dans sa vie, ou du moins tenter, et partirait lors de la pleine lune. Cependant en attendant, elle ferait son possible pour qu’il reste ainsi, et ne redevienne pas celui d’avant.

Elle s’approche alors de lui, et vint lui prendre une de ces mains, la chaleur de son corps plus haute que la moyenne.


« Je resterais, non pas parce que je n’ai pas le choix, mais pour vous, pour vous aider à a… »


Mais à cet instant un grand hurlement sauvage fut poussé et un grand volatile vint s’écraser sur la tête d’Anarion, pour griffer et le feu jaillissait de son bec. Cissée essayait de le dégageait, quand soudain elle se figea : c’était Neïla ! Et elle s’en prenait à l’homme qui venait de révéler toute son histoire, aussi horrible soit elle à une parfaite inconnue. Et pendant ce temps, la jeune chevaucheuse laissait son amie tenter de faire le plus de mal possible à Anarion ! Mais pourquoi agissait-elle ainsi ???


"Neïla !!!!! » cria t’elle alors soudainement, sans même s’en rendre compte !

Elle s’en surprit elle-même, mais le phénix lui aussi s’arrêta soudain et vint se poser sur son épaule. En réalité Cissée avait compris ses agissements, et elle se contenta de la caresser tendrement, pendant qu’elle se frottait à sa joue. Maintenat restait à savoir comment faire pour expliquer sa réaction à Anarion, à comprendre comment elle était arrivée ici seulement maintenant, et voir la réaction de l’escorteur…
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Mer 9 Juil - 1:08

Durant son récit, il n’avait entendu aucun mot sortir de sa bouche. Il n’avait pas entendu son murmure qui était pourtant lourd de sens mais que l’escorteur n’aurait pas été en mesure de comprendre, lui qui dévoilait là une existence totalement différente. Ce silence devait avoir un sens mais malgré ses observations, il ne parvenait pas à déceler lequel sur le visage de la jeune femme qui semblait vouloir masquer un ressenti. Son « incapacité » s’expliquait également par la maîtrise qu’il tentait d’exercer sur ses propres émotions à chaque mot qu’il prononçait et qui le renvoyait dans ce passé si douloureux dont les ruines étaient les témoins devant leurs yeux.
Lorsque son récit fut terminé, il attendit silencieusement la réaction de Cissée qui était restée plus que silencieuse depuis leur arrivé. D’ailleurs, il n’en comprenait pas les raisons, lui qui venait de se livrer à cœur ouvert en criant intérieurement son désir de la voir rester ici. En fait, peu à peu, il tombait amoureux de cette femme qu’il apprenait à découvrir et qui venait briser cette solitude tandis qu’à côté de ça, il conservait un amour éternel à son épouse qui reposait dans cette prison magique. Durant tous ces siècles, Anarion était resté ici sans jamais tenter de mettre fin à ses jours même si cela l’aurait enfin libéré de sa malédiction. Il savait que s’il disparaissait à son tour alors il n’y aurait plus personne pour se souvenir des gens qui vivaient ici et il ne pouvait accepter que toute cette histoire tombe dans un oubli éternel. Ses cris du cœur, il venait de les lui confier et attendait désormais les échos du sien si cette dernière acceptait de les lui confier à son tour.

Pas à pas, elle s’approcha de lui avant de se saisir de sa main et de lui transmettre sa chaleur. Même s’il ne la connaissait pas encore très bien, il comprit que c’était là une démarche sincère et il se surprit à fermer les yeux pour profiter de ce geste tandis qu’il referma sa main sur elle. Cette fois-ci, il n’avait pas fuit sa chaleur et sa tendresse et même s’il ne pouvait user d’aucune magie, il voulait croire que lui aussi serait en mesure de transmettre sa tendresse par ce geste. Non, en fait, il voulait croire qu’elle la ressentait en cet instant alors car il prit enfin la parole. Elle n’eut pas le temps de finir ses mots qui eux aussi étaient chargés d’émotions. Hélas, elle fut interrompue par l’arrivée inattendue d’un oiseau de feu qui s’attaqua à l’escorteur sans que ce dernier en comprenne la raison.

Au début, Cissée tenta de l’aider à se dégager mais contre toute attente, elle s’arrêta brusquement. A cet instant, l’incompréhension put se lire dans le regard de l’homme à qui la logique de sa compagne l’échappait totalement. Face à cela, les coups portés par le volatil semblaient presque indolores et déjà son sang commençait à perler de son front pour venir s’écouler telles des larmes. Puis, la chevaucheuse d’ombre cria un prénom, celui de son animal qui n’était autre que le phénix qu’elle recherchait et qui l’avait visiblement attendue dans ce village parmi les nombreuses autres espèces qui se trouvaient déjà là. A ce moment, les attaques cessèrent tandis que Cissée caressait son phénix comme si rien ne s’était passé.

Anarion se saisit alors d’un morceau d’un mouchoir en tissu qui se trouvait dans l’une de ses poches et essuya le sang qui se trouvait sur son visage. Au final, elle avait rappelé son phénix mais ceci ne le faisait pas oublier ces secondes interminables durant lesquelles elle l’avait laissé s’en prendre à lui. Contre toute attente, il décida de ne pas revenir là-dessus et avança vers elle jusqu’à arriver à son niveau. Là, il ne s’arrêta pas et se contenta de passer à côté d’elle sans la regarder avant de prendre la parole.


- « A présent, vous savez tout et maintenant que vous avez retrouvé votre phénix, le moment est venu de rentrer car la nuit ne tardera pas à tomber. » dit-il d’une voix ne dégageant aucune émotion.

On ne pouvait pas dire qu’il lui en voulait car c’était avant tout sous l’incompréhension qu’il se noyait en cet instant et dans ces images qui allaient l’accompagner durant tout le chemin du retour. Il ne prononça donc pas le moindre mot et lorsque tous deux arrivèrent enfin à la petite maison de bois, Anarion décida de prendre la parole comme si de rien n’était.


- « Pour ce soir, je dormirai par terre sur une couverture, je vous laisse le lit et je vous annonce tout de suite que ceci n’est pas négociable. Vous êtes mon invitée ici, tout comme votre compagnon. Quant au menu de ce soir, je compte préparer une soupe accompagnée de pain pour que le tout soit plus consistant. Tout sera prêt dans une heure. » annonça-t-il avec un sourire qui ne masquait pourtant pas une certaine gêne.

Une fois à l’intérieur, il alluma le feu dans la petite cheminée avant de plonger des morceaux légumes, qu’il venait de découper, dans l’eau de la marmite posée juste au-dessus de la flamme. Après cela, il resta silencieux malgré sa volonté de ne plus laisser cette ambiance pesante se poursuivre davantage. En fait, il devait briser la glace et le moment semblait être venu. Ainsi, tout en regardant le feu, il posa une question à Cissée, celle que la jeune femme devait probablement attendre depuis leur départ des ruines.


- « Cissée, pourquoi vous êtes vous arrêtée tout à l’heure quand votre phénix m’a attaqué ? »

A la fin de sa phrase, Anarion s’était retourné vers la jeune femme pour lui montrer qu’il ne cherchait ni à la fuir, ni à être agressif. Il voulait seulement la comprendre et entendre ces mots afin de les mettre sur ses silences. D’une certaine façon, il voulait de nouveau revenir au moment où elle lui avait donné sa main. De nouveau, il voulait revenir dans un passé qui lui échappait.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Jeu 24 Juil - 12:39

On dit souvent qu’un silence vaut tous les mots du monde. Mais dans le cas de note jeune Cissée, on ne pouvait même pas dire cela, car son silence ne voulait jamais dire la même chose. Dans le cas présent, elle était plus qu’attristée par l’histoire d’Anarion et elle compatissait pleinement. D’un autre côté elle ne comprenait pas comment il pouvait être persuadé de ne rien avoir fait de mal, ou encore ne pas avoir accepté cette proposition vile, alors qu’elle l’avait connu justement tout autrement de ce qu’il était à présent. Encore plus étrange comment ne pas s’en souvenir, surtout lorsque l’on a commis tous ces crimes horribles ? Mais n’était elle justement pas en train d’oublier elle aussi cet homme ? Tous ces récits, toute cette gentillesse, un trop plein dont Cissée n’était même pas habituée lorsqu’elle était chez elle ! Seules quelques amies pouvaient se vanter d’être la bonté incarnée autour d’elle, mais elle les voyait trop peu souvent. Quel était donc le but d’Anarion. Il lui ouvrait son cœur, son passé et ses pensées, alors qu’elle-même n’avait rien fait et ne le ferait surement jamais. C’était sa part de mystère qui se cachait depuis des années en elle. Personne ne savait son passé et il e faudrait du temps avant que quelqu’un puisse mettre ne serait ce qu’un orteil sur le fin fil du passé. Cissée savait que sa façon de penser était injuste face à tant de révélations, mais elle ne pouvait pas, son jardin secret n’avait jamais était ouvert auparavant, et elle ne voulait l’ouvrir ainsi et maintenant, face à un homme dont elle découvrait une facette en total opposition à celle qu’elle connaissait et surtout face à un homme dont elle ne savait pas de quoi il était capable. Plus tard peut être…

Pour lors, elle ne pouvait lui offrir que de la chaleur humaine, une chaleur que depuis bien longtemps la jeune femme avait enterrée. Seul Vart Donovan en avait aussi bénéficié, mais cela faisait un long, très long moment qu’elle ne l’avait plus vu. Bref, les souvenirs et Cissée ne faisaient pas bon ménage, et elle revint au présent. Prenant cette longue main aux doigts effilés, elle comprit qu’il était un autre, un homme qui avait besoin d’affection, qui se sentait seul et qui était hanté par un passé épineux. Elle pit alors la parole, c’était l’un des rares fois qu’elle le faisait, mais elle fut totalement interrompue. Au début elle n’avait pas très bien compris ce qui arrivait, Anarion se faisait attaqué par un volatile. Cependant lorsque Cissée reconnue Neïla, elle se figea. Peut être surprise par son arrivée, et de la revoir, ou encore étonné par son comportement si farouche et violent. La jeune femme ne comprenait elle-même pas très bien pourquoi elle agissait ainsi, et lisait ce même sentiment dans le regard lointain de l’escorteur.

Son comportement était tout simplement incompréhensible. Elle-même ne l’analysait que partiellement. Elle voyait les dégâts que le phénix avait faits sur le visage d’Anarion, mais elle ne lui en voulait pas. Elle avait juste essayé de la défendre de l’escorteur, et Cissée lui devrait d’ailleurs une explication…Explication qui attendrait surement vu le ton qu’il avait pris pur annoncer le retour. Il voulait se montrait certes indifférent mais tout le contraire se produisait. Et le chemin se déroula dans un silence de mort assez glauque d’ailleurs avec le jour tombant. Mai pendant ce temps, Cissée avait tout le luxe de réfléchir à son explication. Car elle était obligée de fournir des détails qui pourraient se trouver trompeurs, or elle ne le devait. Elle avait compris avec les révélations d’Anarion, qu’il devrait rester dans l’ignorance sur son passé.

Lorsque l’homme lui annonça son programme, Cissée se prépara à riposter, mais là encore il prit les devants avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche et émettre le moindre son. Elle admirait cette façon qu’il avait de prévoir ses réactions. En combat, elle pourrait s’en servir pour déstabiliser l’adversaire. Heureusement, le combat, ici, était plus que loin.


« Laissez au moins vous aider pour le repas Anarion ! »
lui dit elle alors avec des yeux de biche.

Elle pensait que le moment serait assez opportun pour s’excuser et lui expliquer son comportement. Et encore une fois il la devança. A croire qu’elle oubliait de parler, ou qu’elle réfléchissait trop pour. Non elle ne réfléchissait pas, Cissée analysait énormément les situations. Peut être un défaut dû à son travail de chevaucheuse !... Face à sa question, elle s’arrêta de bouger, et le regarda intensément.


« Je me demandais quand est ce que vous me poseriez la question !... »
lui dit elle avec un sourire gêné avant de reprendre :

« Je crois que vous vous souvenez quand je me suis réveillée, je vous ai pris pour une autre personne. En fait cette personne m’a emmené, à l’aide de belles paroles, et de promesses, combattre un démon très puissant. Nous l’avons vaincu, mais je ne me souviens pas de ce qu’il m’est arrivé ensuite. Je crois que c’est là que vous m’avez retrouvé. Tout ca pour dire que lorsque j’ai compris que c’était Neïla qui vous attaquez, j’ai réagi qu’elle faisait la même méprise que moi et que eut être ce n’était pas une méprise. Je sais c’est stupide, mais la revoir et ainsi furieuse m’a énormément surprise car jamais je ne l’ai vu ainsi. Je suis vraiment désolée, je ne voulais pas vous blesser ou que vous le soyez même… »

A ce moment elle passa un doigt fin sur l’une des petites griffures qui ornait à présent son visage. Doucement, la chaleur s’ajoutant au touché, elle vit que la trace de griffure disparut. Son regard s’arrondit alors, jamais auparavant elle n’avait fait cela. Elle retira alors sa main vite fait de là, et sans rien demander, elle finit d’aider Anarion pendant qu’ils discutaient.

« Vous savez, même si je ne parle pas, je ne suis pas indifférente à vos propos… »


Cissée s’était sentie obligée de dire ceci, peut être pour le rassuré parce qu’elle se rendait compte que son comportement pouvait parfois être difficile à décrypter. Enfin, le repas fut servit et ils se nourrirent, une atmosphère plus légère régnant à présent. La jeune femme ne faisait que donner des coups d’œil à son sauveur, mais elle ne savait quoi dire comme d’accoutumée alors elle attendait qu’il parle ou qu’il engage n’importe quelle discussion.

Quand la fin du repas sonna, un grand bâillement s’échappa de la bouche de la jeune chevaucheuse. Il était temps pour elle d’aller se coucher, mais elle ne voulait pas le laisser dormir par terre. Il était chez lui, t il n’y avait aucune raison. Neïla était dehors, probablement en train de chasser, ainsi Cissée pourrait agir sans qu’il ne se fasse attaquer. Elle s’assit alors sur le bord du lit, et tendit sa main vers Anarion.


« Vous n’allez pas dormir par terre. Il y a assez de place pour deux ici ! Ainsi, je ne proteste pas, et vous aurez du confort aussi… »
dit elle avec un clin d’œil.

Cissée espérait juste que ses intentions ne seraient pas déformées et mal prises par l’homme qui la recueillait chez lui.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 25 Juil - 18:37

L’atmosphère était pesante depuis l’attaque du phénix et aucun des deux ne semblait réellement prêt à reparler de cet événement qui avait installé un silence de mort qui venait porter un coup d’arrêt à cette proximité qu’Anarion commençait à vouloir embrasser à son tour. Une fois que tous deux furent de retour dans la petite maison de bois, il décida de préparer le repas, sorte d’issue de secours pour éviter un dialogue directe. Ce qu’il préparait n’avait rien de bien original mais ce serait suffisant pour ce soir. Voulant briser la glace à son tour, Cissée lui proposa son aide mais il la refusa poliment par sa dextérité à couper finement les quelques légumes qu’il plongerait dans l’eau d’ici peu. Puis, lorsque ce fut fait, il lui demanda les raisons de son inaction et sa réponse le troubla fortement.

Selon elle, Neïla s’en serait pris à lui parce qu’elle l’aurait pris pour cet homme qui lui ressemblait beaucoup. Cet individu se serait trouvé en compagnie de la jeune femme juste avant que celle-ci ne perdre connaissance et le moins que l’on puisse dire était que ses intentions semblaient loin d’être bonnes. L’explication de la guerrière tenait la route mais il ne parvenait pas à imaginer qu’une personne lui ressemblant à ce point pouvait se trouver en dehors. En tout cas, il devait reconnaître que ceci jetait le trouble en lui et son silence en était le premier témoin. Il aurait aimé être en face de cet homme pour se rendre compte de cette prétendue ressemblance mais il savait qu’il ne pourrait pas sortir d’ici. Il ne lui restait donc qu’une seule chose à faire : protéger Cissée de cet homme. A présent, il faudrait encore trouver le moyen d’y parvenir et pour cela, il aurait besoin de plus d’informations.


- « J’imagine que cet homme est un être dangereux. En tout cas, je ne pense pas qu’il se trouve enfermé ici car nous aurions senti sa présence depuis longtemps et je ne pense pas qu’il connaisse l’existence de ces lieux. Quoi qu’il en soit, s’il vient ici, nous l’affronterons. Je ne dispose d’aucun pouvoir mais je combattrai à vos côtés. » lui avoua-t-il avec une voix plutôt résolue mais qui cachait des angoisses concernant cette ressemblance qui le liait à cet individu.

Après ces mots, elle s’approcha de lui et passa son doigt sur les griffures qui se trouvaient sur son visage. La chaleur qu’elle dégageait était palpable mais ceci n’était pas l’effet qui retint le plus son attention. Ainsi, lorsqu’il se regarda dans la petite glace qui ornait l’un des murs de sa maison, Anarion se rendit compte que ses blessures venaient de disparaître grâce à elle. Sa chaleur pouvait donc se communier en une sorte de magie capable de soigner des blessures et au vue de sa réaction, elle semblait découvrir l’existence de son talent.


- « L’émotion et les sentiments influencent les capacités des gens. Il semble que vous n’échappez pas à cette règle. » dit-il en souriant.

Au moment du repas, Elle, qui était restée si silencieux quand il lui avait confié son histoire, montrait désormais qu’elle n’était pas restée de marbre. Elle lui avouait qu’elle n’était pas indifférente à ses propos même si elle ne le montrait pas. Même s’il ne connaissait pas la cause de son silence, il savait qu’elle avait eu une raison valable et que cette dernière l’avait troublé. Considérant cette hypothèse, il n’allait donc pas revenir là-dessus et se contenta à son tour de lui confier quelque chose avant de déguster sa soupe et ce pain qu’il réalisait lui-même.


- « Vous me comprendrez donc si je vous dis que même si je ne vous suis pas toujours, je ne suis pas indifférent à votre proximité. »

La façon dont il venait de prononcer cette phrase pouvait laisser croire qu’il jouait avec elle et d’une certaine façon, c’était tout à fait vrai. Toutefois, il ne fallait pas chercher un sens négatif derrière ce terme. En fait, ce jeu qu’il tentait d’installer était un jeu de séduction typique entre deux personnes qui visiblement s’attiraient. Anarion était en train de réapprendre à séduire et à se laisser porter dans une atmosphère qu’il n’espérait plus connaître de nouveau.
Une fois le repas pris, le moment de se coucher était venu et concernant le lit, l’escorteur avait donné ses directives. Pourtant, elle comptait ne pas les suivre, probablement car elle se sentait gênée de le laisser dormir par terre alors que le lit comportait deux places et qu’il se trouvait chez lui. Toutefois, comment pouvait-il accepter de partager ce lit avec elle alors que tous deux se connaissaient à peine. Quoi que… Même si le temps avait été court, on ne pouvait plus vraiment dire que chacun était un inconnu pour l’autre. Anarion lui avait confié toute son histoire tandis qu’elle lui avait offert une chaleur qu’une femme n’offre certainement pas à n’importe qui.
A présent, il savait que s’il acceptait de passer la nuit à ses côtés ce soir, il ne pourrait probablement pas s’empêcher de franchir certaines limites qui ne devaient peut-être pas être franchies. De plus, il repensa à cet homme qui la menaçait et, curieusement, cette idée de ressemblance lui revint en mémoire. Etrangement, il avait presque l’impression que tout ceci n’était pas anodin et que, peut-être, il était lié à cet homme d’une manière ou d’une autre. Etait-ce d’ailleurs là quelque chose qu’il pouvait rapprocher de ses fréquents cauchemars dans lesquels il s’imaginait avoir accepté cette fameuse proposition qui ne l’aurait pas condamné à l’emprisonnement éternel ? Il avait besoin d’y réfléchir et il ne pourrait pas le faire devant elle. Toutefois, il ne pouvait pas la laisser là sans lui répondre et sans lui donner d’explications. Il commença donc à faire quelques pas en direction de la porte sans pour autant trouver les bons mots à répondre. Il finit par arriver juste devant la porte avant de commencer à en tourner la poignée tandis que son regard se perdait en direction du sol.

Une importante hésitation s’était emparée de lui, plus profonde encore que ses inquiétudes concernant cet homme lui ressemblant. Durant plusieurs secondes, il était resté figé à cet endroit précis avant de se mordre les lèvres pour se sortir lui-même de ce silence et de la situation. Il finit enfin par avancer vers elle de manière assez rapide jusqu’à arriver juste à son niveau. Là, il se serra contre elle et l’enlaça au niveau des hanches tandis que ses lèvres n'étaient pas à plus de dix centimètres des siennes. La proximité qu’il installait était pleine de sens tandis que son regard était lui aussi posé sur elle mais avec moins d’assurance que ses mains puisqu’il exprimait ses peurs.


- « Si vous êtes capables de chasser mes cauchemars alors j’accepte la proposition. »

Un boulevard était en train de s’ouvrir devant la jeune femme. C’était désormais à elle de savoir si elle y entrerait ou non.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Mar 29 Juil - 3:22

Cissée tendit le bras, et Neïla s’envola, laissant les deux jeunes gens tous deux seuls. Le phénix n’avait plus la même attitude à présent, elle était calme et sereine. Un changement soudain tout aussi incompréhensible pour Cissée que l’avait était son comportement pour Anarion. Néanmoins, la jeune chevaucheuse avait appris à ne as faire fie de son caractère lunatique. C’était comme si son amie lisait les pensées et les sentiments de Cissée et qu’en une seconde elle se rassurait grâce à cela. Quoi qu’il en soit, viendrait un moment il faudrait que la jeune femme explique le comportement du phénix à Anarion !

Explication qui ne mit pas longtemps à venir ! Cissée regardait son aimable sauveur préparer à manger, car celui-ci s’était arrangé pour qu’elle ne l’aide pas, et il en vint vite à poser la question fatidique. Cissée bien sûr se sentait mal à l’aise car il l’avait quand même pas mal aidé, et en retour son amie l’avait pratiquement défiguré ; elle lui donna alors l’explication qu’il attendait et qu’elle lui devait, en omettant toutefois quelques petits détails et en arrangeant aussi un peu la vérité afin qu’il ne découvre pas que c’était lui l’homme en question et non un simple sosie. Réussirait-elle à garder ce secret longtemps ? Assez longtemps du moins !


« Combattre ? Ne vous inquiétez pas il n’y aura rien à combattre, il est mort dans notre combat contre le plus puissant des démons ! C’est du passé à présent. », lui dit elle dans un souffle et sans le regarder.

Bizarrement, Cissée se sentait mal à l’aise avec cette situation, alors qu’habituellement elle était le genre de fille à toutes épreuves. Rien ne la touchait. Mais cette offre, oui celle d’une vie plus paisible, aussi court soit le laps de temps de paix, la changeait. Elle devenait plus femme, plus maternelle. D’ailleurs c’est instinctivement, en voyant ses cicatrices, qu’elle avança son doigt. Le résultat surprenant obtenu, Anarion le commenta à la surpris de la jeune chevaucheuse. Oui les émotions agissent sur els pouvoirs, elle l’avait plus d’une fois constaté mais cela était toujours troublant pour la jeune femme. Alors en réponse un unique sourire se dessina sur le visage de Cissée. Un sourire franc mais tout aussi réticent.

!Toutes ces émotions, tous ces mots, elle réalisai qu’elle ne lui avait rien dit, rien révélé de sa vie ! Lui au contraire avait tout dit, plus un mot ne pourrait ajouter à la douleur de compassion de Cissée. Au contraire, souvent elle faisait des liens avec son propre passé, passé qui la hantait. Passé qu’elle ne voulait évoquer, ou qu’elle ne pouvait tout simplement pas divulguer. Et pourtant elle sentait, au plus profond d’elle qu’elle devait lui parler le rassurer, lui faire sentir qu’elle était là consciente de l’horreur de ces tableaux dépeints.

« Mon silence n’est en rien lié à un quelconque manque de confiance ; C’est surtout que je ne parle pas de moi, j n’aime pas ca et j’e n’en ai pas l’habitude. Mon passé m’appartient, il est ce qui me fait avancé et je veux le garder en sécurité, vous comprenez ? » ajouta t’elle rapidement.

Les propos d’Anarion quant à eux étaient troublants. Elle était entrée inconsciemment dans ce jeu de séduction et d’apprivoisement, mais le voulait elle ? S’en rendait elle compte ? Non absolument pour elle tout était naturel ! Cissée se découvrait femme, elle apprenait la côté féminin qui se cachait en elle. Elle l’apprenait, l’assumait et entrait dedans de son plein gré. C’est ainsi, qu’après un repas bien consistent et succulent, la jeune femme, pensa à dormir ; Elle était encore un peu fatiguée de tout ce qu’il venait de lui arriver. Pourtant, elle ne voulait pas laisser l’homme qui l’avait recueilli et aidé dormir au sol, non le lit était assez grand. Alors, comme elle avait enfilé la belle robe blanche elle se changea et re enfila sa tunique à présent propre et sèche qu’elle avait été cherché dehors. Assise sur le bord du lit, prête à se coucher, Cissée avait matérialisé sa pensée par des mots.

Bien elle ne pensait pas à mal, juste qu’il est quelque chose de moelleux pour dormir et se reposer. Il était chez lui, et elle estimait qu’il avait ce droit. Mais elle le vit fuir vers la porte et sa main lentement retomba sur ses jambes. A tête se fit lourde de déception. Elle ne pensait pas que l’homme en lui reprendrait le dessus ? Car oui, elle n’était pas stupide elle se doutait un peu de ce qu’il pouvait se passer dans la tête d’Anarion. Mais n’en dit rien et fut surprise de son changement d’attitude si soudain ! Elle oubliait petit à petit l’ancien escorteur, celui qu’elle détestait et qu’elle essaierait de tuer sans état d’âme au profit de celui-ci, fragile et humain. Mais, mais soudain tout bascula. Cissée se retrouva d’éloignée à très proche de l’homme, si proche qu’elle sentait sa chaleur et son souffle sur elle. Elle sursauta et s’écarta de lui. Elle n’avait pas l’habitude à de tels contacts et se les interdisait. Le devait elle ? En tout cas elle venait de rejeter le contact avec Anarion, et s’allongeait à présent sur le lit.

« Allez y ! Je ne vous promets rien, mais… »

Elle se poussa juste pour lui faire de la place, avec un sourire, mais Cissée s demandait vraiment pourquoi elle agissait ainsi, pourquoi els choses étaient elles telles qu’elles étaient à ce moment précis de la soirée et où est ce qu’elle allait.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Jeu 31 Juil - 18:18

Anarion ignorait tout de cet homme qui avait mené la chevaucheuse jusqu’à lui si ce n’est le fait qu’il lui ressemblait. Ceci le troublait mais cet individu semblait avoir un impact bien plus fort sur la jeune femme et c’est pourquoi il lui proposa de le combattre à ses côtés si ce dernier se trouvait lui aussi au sein du kekkai. Toutefois, ceci n’arriverait vraisemblablement pas puisque Cissée avoua qu’il avait trouvé la mort face à un démon. Sa compagne avait donc combattu aux côtés de cet homme face à un démon qu’elle estimait comme étant le plus puissant de son espèce. Ceci l’intriguait, non pas car il ne l’en estimait pas capable mais plutôt parce qu’il se demandait ce qui l’avait poussé à s’associer à quelqu’un qui lui inspirait autant de ressentiments. Il aurait très bien pu lui poser la question mais il n’en fit rien car il ne voulait pas que toute la soirée porte autour de cet homme. Toutefois, il avait l’impression qu’elle ne lui disait pas toute la vérité et il pouvait le voir à la gêne qu’elle tentait de dissimuler tant bien que mal. Ce n’était pas la première fois qu’elle agissait de cette manière aujourd’hui et c’est ce qui attira son attention.

Quelques instants après, Cissée lui confia ce qui, selon lui, était l’une de ses principales blessures : son passé qu’elle ne voulait pas voir remonter à la surface. En tout cas, le simple fait qu’elle lui en parle était pour lui une confidence qu’il prenait comme un profond témoignage de confiance. En retour, il ne voyait qu’une seule chose à faire pour lui répondre de manière à ce qu’elle comprenne qu’il avait décelé cette confiance qu’elle lui portait en cet instant. Ainsi, il lu sourit tout simplement sans rien ajouter de plus qu’un petit signe de tête.

Lorsque vint le moment de terminer cette journée qui fut si riche, pour celui qui avait vécu seul durant des millénaires, un nouveau dilemme se posa. Devait-il accepter de dormir à ses côtés ? Après quelques hésitations liées à ses propres peurs, l’escorteur avait finalement décidé d’accepter de dormir près d’elle dans ce lit qu’il partageait autrefois avec son épouse. Cissée, qui devait probablement s’interroger sur le recul qu’avait pris son compagnon, devait très certainement se poser encore plus de questions en constatant à quel point il s’était rapproché d’elle tout en lui demandant de chasser les cauchemars qui le hantaient si souvent et dont il ne lui avait pas encore parlé. Là, alors qu’il avait posé ses mains sur ses hanches, il profita de ce contact pour réellement redécouvrir la douceur d’une femme. Jusqu’à présent, c’était elle qui s’était montrée tactile vis à vis de lui et ce qu’il avait ressenti était différent de ce qu’il ressentait en cet instant où c’était désormais lui qui avait fait le premier pas. A cette si courte distance, il pouvait ressentir l’odeur de sa peau, ce parfum que seule une femme peut dégager et qui s’associait ici avec l’odeur du bain qu’elle avait pris en début de journée. Anarion faisait preuve d’une assurance qu’il ne se soupçonnait pas et qui fut vite stoppée par la chevaucheuse qui s’allongea sur le lit, fuyant ainsi ce début d’étreinte qu’il lui offrait et qu’il voulait également recevoir.
Cette réaction le surprit réellement dans le sens ou, jusqu’à présent, Cissée ne s’était pas du tout montrée réticente à faire passer ses émotions et intentions par le toucher. Là, alors que c’était à son tour de recevoir, elle fuyait physiquement mais aussi verbalement au vu de la réponse qu’elle lui fit. L’escorteur venait d’essuyer un revers qu’il ne mettait pourtant pas sur le compte de sa compagne mais sur son attitude trop entreprenante. Lui-même ne s’était pas reconnu dans cette attitude qu’il assimilait à un aveu de faiblesse lié à un manque évident de contact humain, celui d’une femme aimante.

Au début, il était resté immobile face à ce départ inattendu mais il s’était très rapidement décidé à ne pas laisser un nouveau froid s’immiscer entre eux ce soir. Toutefois, il ne savait plus vraiment s’il accepterait de dormir près d’elle car sa présence pouvait être une gêne et elle le lui avait montré de manière indirecte. Quoi qu’il en soit, il s’allongea à son tour sur le lit, se plaçant ainsi juste à côté d’elle sans la toucher. Son regard se portait sur le plafond en bois de sa demeure. Ce dernier, il l’avait observé des milliers de fois et en tentant de s’adresser vainement à son épouse comme si elle était encore à côté de lui. Aujourd’hui, Cissée se trouvait à cette place et il savait que, cette fois, ses mots trouveraient un écho. Ainsi, il prit la parole tandis que son sourire se dessinait sur son visage. Contre toute attente, et malgré le revers essuyé, Anarion se sentait bien et il voulait désormais en profiter pour mieux connaître la jeune femme. Certes, elle ne souhaitait pas parler de son passé, alors dans ce cas, il lui parlerait du futur.


- « Votre passé semble douloureux tandis que le présent n’est pas plus clément alors dans ce cas, focalisez vous sur votre futur et dîtes moi à quoi vous voulez qu’il ressemble. »

A présent, il allait lui laisser tout le temps nécessaire pour répondre car il savait que ce genre de question n’était pas vraiment des plus simples et des plus courantes. En tout cas, il était réellement curieux d’entendre sa réponse et de voir ce qu’elle pouvait attendre d’un monde que lui-même n’avait pas vu depuis plusieurs siècles. Il aurait d’ailleurs pu lui demander à quoi pouvait ressembler l’extérieure aujourd’hui mais son expérience lui faisait croire que rien n’avait changé. Ainsi, les guerres devaient toujours exister tout comme les souffrances des hommes. Il n’y avait donc qu’ici, au sein du kekkai, que le temps s’était arrêté et où la guerre n’apparaîtrait plus.
Anarion continuait à rester silencieux pour le moment. Il préférait se focaliser sur la présence de la jeune femme à ses côtés. Ainsi, malgré le bruit des mots, il pouvait clairement séparer celui de sa respiration. Respirer signifie vivre et l’escorteur en saisissait toute l’importance, lui qui n’avait fait que côtoyer la mort depuis tous ces siècles de solitude. Ainsi, il s’attardait, en fermant les yeux, sur chaque signe qui montrait la présence de cette vie près de lui.

Après plusieurs instants, il finit par poser une nouvelle question qui était issue de ses rêves. Ce qu’il allait confier à la jeune femme, personne d’autre ne l’avait entendu auparavant et lui-même n’avait donc jamais reçu de réponse. Ainsi, se tournant légèrement sur le côté, il la regarda et lui posa une nouvelle question.


- « Je me suis souvent demandé quelle serait ma place au sein du monde d’aujourd’hui si je pouvais sortir de ce kekkai. J’ai aussi longtemps espéré être doté de pouvoirs me permettant de surpasser les dieux eux-mêmes et, de cette manière, peut-être que les souffrances cesseraient enfin… »

Cette confidence n’échapperait probablement pas à Cissée car elle était une sorte de lien avec l’ancien escorteur qui lui aussi voulait dépasser les dieux mais dans un but différent. En tout cas, cet aveux le rendit quelque peu mal à l’aise sans qu’il ne comprenne pourquoi et c’est ainsi qu’il décida de se lever. A présent, il était assis sur le bord du lit et décida de passer totalement à autre chose.

- « Désolé, je me mets à parler de choses qui n’arriveront jamais alors ce n’est pas la peine de s’attarder davantage sur mes chimères. Je crois qu’il vaut mieux que j’aille prendre un bon bain moi aussi, ça me détendra avant de me coucher. » dit-il en se retournant vers Cissée pour lui adresser un sourire qui ne masquait pas totalement sa gêne.

Intérieurement, cet homme était un être meurtri à la fois pour des raisons qu’il ne connaissait que trop bien mais également pour des causes dont il ignorait tout. C’était cela qui ressortait de lui en cet instant. En tout cas, le bain était pour lui une porte de sortie pratique à la fois par rapport à cette conversation mais aussi par rapport à ce dilemme d’une proximité que la jeune femme avait finalement repoussé.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Ven 1 Aoû - 18:54

Cissée n’était pas une grande bavarde. Avrai dire, jamais elle ne l’avait été. Non elle préférait vagabonder dans son propre jardin des rêves et des pensés. Un endroit unique, forgé par son moi intérieur et où personne ne pénètre à part le gardien des clés. Ainsi, son passé, ses sentiments, souvent étaient enfouis dans ce lieu secret. A l’abri de tous, elle pouvait être égoïste, les garder, les fructifier ou les oublier. Avec Anarion, elle ne dérogeait pas à la règle, non il n’y avait aucune raison, même sa petite sœur ou son frère et encore plus son frère, ne la connaissaient pas vraiment. Mais pourquoi se confiait-elle sur ce fait ? Elle ne disait rien, certes, mais pourquoi le noter ainsi ? Pour rassurer l’homme qui la recevait chez lui, la nourrissait et la soignait ? Certainement, elle était parfois dure, mais Cissée était avant tout humaine et reconnaissante, même si….

Elle était troublée par ce changement qu’avait opéré l’affrontement avec le père des démons sur Anarion. Il n’état plus le même, et il était même un homme qui pouvait lui plaire, qui lui plaisait. A cette heure actuelle il était la figure masculine qui lui manquait tant ! Mais c’était tout aussi troublant. Car d’aussi loin qu’elle se souvienne, jamais elle n’avait pensé ainsi, pas même en présence de Vart. Leur relation avait été plus du domaine de l’enter aide. Là il y avait autre chose, une chose qui faisait peur à cette jeune femme par ailleurs téméraire. Alors le voir la mettait dans un état de duplicité interne difficile à gérer autant émotionnellement parlant que de par ses actions. Elle souhaitait quelque chose mais le rejetait lorsqu’il s’approchait. Cela devait être déroutant pour l’homme qui lui faisait face quelques secondes auparavant ses mains sur les hanches de la jeune chevaucheuse. Pourtant, Cissée ne ressentait aucun remord. Elle était jeune, elle venait de subir un gros choc et qui plus est elle avait toujours l’image du combat dans la tête avec l’image de l’escorteur. Non pas celle d’Anarion l’humain tourmenté par la perte de sa fille et de sa femme mais Anarion l’escorteur. Ainsi chaque fois qu’elle voulait faire un pas c’était car elle faisait un pas vers l’oublie de ce combat, mais lorsqu’Anarion l’approchait, l’ancien lui, lui revenait en mémoire, avec sa manie de vouloir l’appâter. Et pourtant, il fallait qu’elle se défasse de cette image…

Sur ce chemin elle le remercia intérieurement de s’allonger simplement à côté d’elle sans rien dire, sans rien faire. Il lui donnait confiance. Elle qui ne fréquentait les hommes qu’en combat ou qui ne connaissait que son frère, un vrai goujat de première, elle ne savait pas très bien s’y prendre, et sa témérité, sur ce domaine était quasi inexistante. Soudain, alors qu’il était allongé silencieux en train de fixé le plafond tout comme elle qui le regardait cependant du coin de l’œil, elle se questionna. Etait ce le même lit ? Comment réagissait-il intérieurement ? Ne la confondait il pas avec elle ?? Un mal être certain s’insinua en elle pour totalement s’échapper lorsqu’il reprit la parole. D’ailleurs elle avait remarqué ce long silence, qui par deux fois aujourd’hui les avait séparé…Pour une fois elle ne réfléchit que quelques secondes à sa question, et toujours observant le plafond elle répondit :


« Le futur ? Bien vous savez Anarion je suis simple, et je crois que comme tout l monde jvoudrais voir mes enfants grandirent dans une famille aimante et sans la peur au ventre, la peur qu’un démon débarque et tue un être cher. Je voudrais que la paix revienne sur Terre, que le mal s’en aille pour toujours. Et par-dessus tout, j’aimerais qu’on puisse vivre en harmonie avec toutes les créatures magiques quelles qu’elles soient….Et vous Anarion ?»

Cissée pensait bien sûr à son père décédé par sa faute et celle des dragons, et à sa mère aussi, ainsi qu’à sa petite sœur malade et à son frère goujat mais qu’elle aimait par dessus tout, elle pensait aussi au peu d’amis qu’elle avait et espérait pouvoir rester vivre auprès d’eux encore longtemps. Mais dans quelles conditions ? Elle savait que jamais la Terre n’abriterait la paix entre tous les vivants qui la peuplent. Non même les démons étaient trop nombreux pour être tous anéantis.

Cissée observa Anarion, ils discutèrent ainsi un moment, et c’était étrange de le voir poser des questions si précises, et lourdes de sens, comme si il réapprenait à vivre à travers elle ! Seulement, elle ne pouvait lui garantir le résultat. Etant elle même un jeun femme téméraire mais aussi croquant chaque jour à pleines dents et assez insouciante de ce qui pourrait lui arriver, elle ne se trouverait pas être la meilleure des bouées de sauvetage. Elle ne savait pas si elle voulait être la sienne…et encore moins lorsqu’elle entendait ce genre de paroles. A ct instant n’était ce pas l’Anarion qu’elle connaissait qui ressortait ? Cissée voulait dissimuler son trouble mais elle ne put s’empêcher de se redresser vivement au son de ses paroles. Finalement les deux personnalités étaient intimement liées. Mais Cissée ne voulait plus voir l’autre alors, elle chercha un moyen de calmer sa réaction. De monter à Anarion que cela n’était pas des choses à penser, qu’un simple homme pouvait changer le monde, mais comment ? La solution ne lui venait pas, elle s’inquiétait de l’évolution des révélations de l’escorteur et cette fichue solution ne venait pas !! Mais lorsqu’il s’excusa, une idée lui vint.

A genoux sur le lit, elle s’approcha de lui, il était de dos ; elle vint se coller presque à Anarion et de derrière elle passa sa main gauche devant lui. Elle la posa sur l’une de ses cuisses et se concentra. Une flamme apparut alors sur cette même main. Cissé la contrôlait.


« Vous voyez cette flamme ? Je ne suis en rien une déesse ou ce dont vous parliez tout à l’heure, et pourtant, ce feu, qui sort de mes mains, a tué plus d’un démon. Vous savez, de par mon métier, j’ai vu beaucoup de combat et j’en ai fait aussi beaucoup ; Et j’ai vu des hommes, maigre, désespérés, qui n’avaient plus aucune raison de vive faire des miracles ! Vous n’avez pas besoin d’espérer être un dieu, que font els dieux pour nous après tout ? Vouloir en devenir un ne ferait que vous corrompre. »


Elle remonta alors la main et presqu’à cinq centimètre de son visage éteignit la flamme. Puis le se glissa hors du lit et sortit de la maison, pour aller préparer le bain comme lui l’avait fait pour elle le matin. En même temps, Neïla vint se poser sur son épaule, et à voix haute, sans pour autant le crier, non au contraire ce n’étaient que des chuchotements, elle ajouta en caressant furtivement son phénix :

« J’espère qu’il en redeviendra pas le démon qu’il était Neïla. »


La fin de la préparation se fit en silence, t la jeun femme rentra annoncer à Anarion que le tout était prêt.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Lun 4 Aoû - 2:17

Le recul de Cissée aurait pu marquer un important coup d’arrêt dans le tissage relationnel qui se nouait entre eux mais, au contraire, ce fut loin d’être le cas. La raison à cela ? Anarion la connaissait et commençait tout juste à en saisir toute l’ampleur. En fait, il commençait à comprendre que leur rencontre n’était pas un simple fruit du hasard car tous deux semblaient trouver chez l’autre, une sorte de réconfort qu’ils n’avaient pas été en mesure de recevoir ailleurs. Et puis, au-delà de tout ça, il y avait aussi ses instants et ses conversations qui n’auraient probablement pas eu la même saveur ou la même intensité avec une autre personne. D’une certaine manière, l’escorteur voyait en elle, une forte ressemblance avec sa femme mais pas au sens propre du terme mais plutôt par rapport au ressenti, à cette chaleur apportée et enivrante qui s’exerçait avec un naturel ne souffrant d’aucun obstacle. Bien sûr, tous deux devaient faire avec des démons intérieurs mais ces derniers avaient-il le dessus depuis leur rencontre ? Probablement pas.

Les questions qu’il s’était mis à lui poser étaient lourdes de sens et les réponses qu’elle fit lui apportèrent beaucoup d’informations la concernant. Selon lui, on ne pouvait pas tricher avec ce genre de questions car les réponses reflétaient l’âme de la personne et, tel un miroir, un reflet ne peut renvoyer une fausse image de celui qui s’y regarde. Le futur qu’elle espérait était un monde ou la guerre n’existerait plus et dans lequel elle serait mère. Ce genre de vision, aussi classique soit-elle, était pour lui l’une des plus belles et des plus représentatives de ce que l’existence devait apporter à chacun de ses enfants. Hélas, le contrat paraissait tout simplement irréalisable mais cela n’enlevait pas une once de beauté à ce rêve. D’ailleurs, en entendant cette réponse, il esquissa un sourire qui témoignait de sa réceptivité face à un désir si simple mais si beau. En tout cas, il fut surpris d’entendre qu’on lui retournait la question et il savait déjà que sa réponse serait bien différente de la sienne dans le sens ou lui n’aurait aucun futur, ce qu’il lui confia tout en continuant à fixer le plafond.


- « Je n’ai aucune attente du futur pour la simple raison que je n’en ai aucun. Je suis coincé à jamais dans ce monde en dehors du temps et mon seul souhait serait d’en être libéré pour enfin rejoindre ma famille dans l’au-delà alors disons que votre vision du futur sera la mienne également car je vous souhaite de tout cœur qu’elle se réalise. »

Ses mots n’étaient pas des paroles en l’air. Ainsi, il espérait sincèrement qu’elle réussisse un jour à atteindre ses rêves même si cela semblait irréalisable. Au moins, à défaut de pouvoir se réaliser un jour, les rêves donnaient un sens et un but à la vie des hommes. L’espoir de connaître des jours meilleurs devait animer le cœur de cette guerrière lors de ces combats et peut-être serait-elle donc sensible à ces mots. Quoi qu’il en soit, il ne se montrait pas moraliste car il savait l’importance des rêves, des buts et espoirs, lui qui n’en avaient plus aujourd’hui.
Sa seconde question fut plus troublante puisqu’il la regretta juste après l’avoir prononcé. Il n’aimait pas cette vision qu’il montrait : celle d’un homme courant après des chimères. Il s’était donc assis sur le bord du lit et se trouvait désormais de dos par rapport à sa compagne qui ne lui répondait pas. Il décida donc d’aller se préparer un bain pour se changer les idées et trouver une porte de sortie mais s’était sans compter sur la chevaucheuse qui lui montra une nouvelle fois que ses mots ne se perdaient pas dans le vide. Elle lui montra une petite flamme qu’elle venait de faire apparaître dans l’une de ses mains avant de lui expliquer que, même si elle n’était pas une déesse, elle avait été en mesure de vaincre de démons à l’aide de ses pouvoirs. Elle ajouta que vouloir devenir un dieu serait se corrompre et ces mots là le frappèrent. Il ne fallait pas être un grand devin pour se rendre compte que Cissée était une très jeune femme mais elle était douée d’une connaissance de la vie qu’elle s’était vraisemblablement forgée par ses blessures, ses rencontres, et sur le champ de bataille. Il imaginait quel destin lui avait été réservé durant son passé mais il pouvait voir qu’elle était loin de se laisser emporter par la courant sans rien faire. En tout cas, à cet instant, elle lui offrit une brillante démonstration d’une sagesse qu’il rougissait presque de ne pas avoir mais qui le charmait profondément dans le sens ou elle semblait vouloir le protéger. En fait, cette réponse le désarma mais de la plus noble des manières.


- « C’est étonnante cette façon que vous avez de trouver les gestes et les mots qui font que j’entends enfin un écho à mon existence. Je crois que si cette journée avait été un test pour devenir ange gardien, je vous aurai offert le poste sans hésiter. » dit-il en lui souriant avec sincérité.

Cette réponse n’était probablement pas celle qu’elle attendait car aucun de ces mots n’étaient contenu dans la question. Toutefois, ils étaient les reflets oraux de sentiments intérieurs. C’est véritablement à ce moment là qu’il comprit que le recul précédent de Cissée avait en réalité ouvert une voie beaucoup plus riche qui allait cimenter ces liens qui grandissaient à chaque minute et que la malédiction de cette prison ne pourrait pas freiner.
Après cela, l’escorteur s’était décidé à préparer son bain mais c’était sans compter sur la chevaucheuse qui avait décidé de s’en occuper elle-même sans dire un mot. Il aurait alors pu l’en empêcher pour s’en occuper lui-même mais il voulait la laisser faire puisqu’il avait pris goût à cette façon qu’elle avait de prendre soin de lui. Peu de temps après, elle lui annonça que le bain était prêt. Le temps qu’il lui fallut avait été très court et il en conclut qu’elle s’était servie de ses pouvoirs pour réchauffer l’eau qui se trouvait encore dans l’imposant fût. Bref, il avait juste eu le temps de se déshabiller et d’enrouler une serviette autour de sa taille.
L’escorteur ne manqua pas de remercier la jeune femme quand elle lui annonça que tout était prêt et lorsqu’il sortit dehors, il contempla la pleine Lune qui offrait une lumière naturelle sur les lieux. La fumée s’échappait du fût et montrait à quel point l’eau était chaude. Bref, il ne voulait pas attendre davantage avant de se plonger dans cette préparation qui dégageait encore l’odeur parfumée des fleurs qu’il y avait déposées. Il monta donc la petite échelle avant de plonger peu à peu son corps dans l’eau. D’ailleurs, contrairement à sa compagne, il avait pris soin d’ôter sa serviette au moment ou le bois était suffisamment haut pour le cacher. Anarion n’était pas forcement un homme pudique mais il ne comptait pas se montrer nu devant elle. En tout cas, si elle était observatrice, elle se rendrait compte que son corps ne souffrait d’aucune cicatrice si ce n’est celle qui se trouvait là où se situe son cœur. Ici, une lame s’y était enfoncée et avait marqué la fin de sa première vie. C’était bien là l’unique cicatrice visible sur son corps. Ainsi, l’escorteur qu’il fut montrait indirectement qu’aucun de ses adversaires n’avait été suffisamment puissant pour le marquer.

Lorsqu’il fut dans l’eau, il se saisit de l’éponge afin de se laver. Ses gestes étaient relativement lents et seul le bruit des gouttelettes d’eau venait briser le silence de cette nuit magnifique. Toutefois, il aurait été malvenu de sa part de ne pas adresser la parole à celle qui lui avait préparé tout ça. Bien sûr, il l’avait déjà remercié mais se contenter de ça n’était pas dans ses objectifs d’autant plus qu’il voulait lui parler. Il aurait d’ailleurs pu passer toute la nuit à le faire tant ceci lui avait fait défaut. Il s’approcha donc du rebord du fût et regarda en direction de la jeune femme. Ses cheveux étaient mouillés et il y passa la main afin d’éviter que l’eau n’atteigne la jeune femme. Toutefois, ceci lui donna une idée qui fit se dessiner un sourire sur son visage.


- « Ce n’est pas très drôle de se baigner seul par une nuit pareille. J’imagine que je pourrai vous proposer de venir me rejoindre mais ceci serait déplacé alors si vous ne venez pas à l’eau, c’est elle qui viendra à vous. » dit-il en lui lançant une poignée d’eau dans sa direction tout en prenant garde de ne pas atteindre le phénix qui n’apprécierait surement pas cet élément opposé.

Ce simple geste provoqua chez lui un rire qui ne voulait pas finir. Son visage semblait avoir oublié cette démonstration de joie et Anarion la gravait de nouveau sur ces traits. Son rire exprimait une sincérité et le bonheur de l’instant. En tout cas, il ne voyait qu’une seule façon de l’arrêter et c’est ainsi qu’il se plongea entièrement dans l’eau durant quelques secondes après s’être adressé à elle en regardant en direction de cette Lune.

- « Vraiment, je n’aurai jamais imaginé revivre de tels instants un jour. Merci Cissée. »

Puis, là, au beau milieu de ce petit paradis de chaleur, il eut une idée qu’il allait confier à Cissée juste après être remonté à la surface mais il reconnut également que sa proposition n’avait été lancé en l’air sans fond réel. Ainsi, de nouveau, il s’approcha du bord du fût et s’adressa à elle pour lui faire une proposition.

- « Demain, lorsqu’il fera jour, j’aimerai dessiner un portait de vous. M’y autoriseriez-vous ? »

Cette demande aurait de quoi surprendre mais elle avait vu ses croquis et devait savoir qu’il savait dessiner. Par contre, son goût pour le dessin ne fut qu’un moyen de tromper l’ennui au sein du kekkai, ce qui signifiait qu’il ne s’était jamais retrouvé dans la situation de dessiner un modèle humain. Bien sûr, il avait reproduit, sur des centaines de feuilles, le visage de sa femme et de sa fille mais ces reproductions étaient celles de ses souvenirs et non d’une réalité se trouvant juste sous ses yeux. Sa seule réalité fut ce dessin qu'un artiste ambulant fit de lui et de sa famille devant leur maison par un jour d'été. Ce croquis, il le gardait précieusement car il avait mille fois plus de valeur à ses yeux que ce qu'il avait pu faire par lui-même ensuite. Ainsi, il voulait tenter de reproduire les traits de cette femme et de lui laisser un souvenir de lui et de ces lieux afin que, lorsqu’elle partira, elle ne l’oublie pas à son tour comme c’était le cas du reste du monde.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Mar 5 Aoû - 2:46

Une danse charnelle, une danse de l’âme une danse émotionnelle, voilà ce que les deux jeunes gens faisaient. Cissée, plus que jamais se découvrait, et elle pensait qu’il en était de même pour Anarion, sauf que lui devait redécouvrir la vie, une vie qui n’était plus celle de la nécessité et de la solitude, mais celle de l’accompagnement. Une vie de partage et d’échanges. Peut être une vie qui redonnait un peu espoir, espoir en une vie meilleure dans un monde meilleur. Mais aller en ce chemin était oublier la prison, oublier els guerres, oublier la nature même de l’homme. Or il était impossible de laisser cela de côté lorsque ces faits régissaient votre vie quotidienne.

Savoir ce que Cissée voudrait pour son futur était un moyen détourner pour mieux la cerner c’était un fait. Mais cela ne la dérangeait aucunement, puisqu’elle renverserait la question. Oui, sa réponse, des plus banales qui plus est montrait tout de même son désir d’un monde meilleur. Mais lui alors ? Lui qui était enfermé ici, ou du moins qui le croyait ! Ou qui l’était vraiment ! Enfin c’était compliqué à comprendre, mais dans sa situation que voyait il ? Qu’espérait-il ? Anarion était un être mystérieux que la bataille avait changé en quelqu’un d’ouvert mais d’encore plus mystérieux, et Cissée, cette jeune chevaucheuse qui avait atterri ici surtout de par sa témérité, vous démasquer cet homme, le mettre à nu.

Sa vision n’était pas empreinte d’optimisme, non au contraire, il ne voulait voir un avenir, pour lui-même. Il se croyait condamné. L’était-il vraiment ? Elle fut saisi d’entendre ses mots ; Elle ne pouvait pas croire qu’il n’avait pas d’avenir, chaque chose arrive pour une raison, et si il était toujours en ce lieu et qu’elle avait atterri elle aussi ici c’était qu’il y avait aussi une raison à cela elle en était sûr et certaine. Maintenant restait à trouver cela. Peut être que finalement il aurait alors un avenir. Cependant c’est une tout autre réponse qu’elle lui fit, toujours regardant le plafond.


« Peut être voyez vous le futur trop loin… »

En effet elle était là elle allongée à ses côtés et ils discutaient et demain viendrait autre chose, mais demain était déjà un futur ; il pouvait déjà voir cela. Elle savait que de son côté elle n’avait que des rêves et des espérances qui n’étaient là que pour lui montrer la voie pour avancer, mais si lui n’en avait pas pourquoi alors agissait il ainsi avec elle ? Pourquoi restait-il, Pourquoi avait il des états d’âmes ? Pourquoi voulait-il la toucher ? Il avait un avenir aussi proche soit il mais elle ne savait le lui expliquer comme il faut, Cissée n’était pas douée pour les mots. Du moins c’était ce qu’elle pensait elle.

Car oui, ce n’était pas l’avis d’Anarion. Dans un sens du moins. Elle avait voulu lui montrer qu’il se détrompait qu’il n’avait pas besoin d ‘être dieu pour agir qu’au contraire ce rang était plus déshonorant qu’autre chose, mais cela elle l’avait fait avec subtilité diplomatie et surtout elle avait suivit son cœur. Ses mots avaient été une échappée de son âme et non de son cerveau. Et apparemment cela ne se perdait pas dans l’oreille d’un sourd. D’ailleurs la réflexion de l’escorteur fit aisément monter le rouge aux joues de la jeune chevaucheuse. Elle ne savait plus quoi dire, si bien que c’est un bisou qu’elle déposa timidement sur sa joue en guise de remerciement.

C’était étrange comme après l’éloignement que Cissée avait mis, ils se rapprochaient par des mots. La jeune femme était un peu perdu avec cette figure masculine qu’elle avait toujours recherché qui apparaissait ainsi devant elle, et du coup, elle ne savait plus très bien comment agir et ce qu’elle voulait.

Vint alors le bain ; oui cet instant de pureté et de solitude. Cissée comme il l’avait fait pour elle, le lui avait préparé usant de moyens accélérant vivement le processus. Ainsi elle ne mit pas trop de temps et lorsqu’elle entra le prévenir, c’est en simple serviette de bain qu’elle le trouva. Son regard s’arrêta alors, et le dévisagea. Il était plutôt bel homme, elle devait le reconnaître. Cependant le fixait comme elle le faisait n’était pas très décent et surtout très peu voyant !! Mais elle put ainsi remarquer une unique cicatrice qui barrait l’emplacement du cœur…Après être sorti, elle se plaça dos au fût et tout contre lui, assise sur le sol humide par la fraîche du soir. Dans l’espoir de peut être discuter un peu tout en lui laissant son intimité. Ainsi, elle se posa et mit Neïla sur ses jambes, et tout en la caressant elle écouta le clapotis de l’eau dans le silence nocturne. Elle ne voulait parler la première de peur de le déranger alors elle resta là, augmentant un peu sa température interne.

Jusqu’à, oui jusqu’à ce qu’Anarion commence à faire le gamin et lui verse de l’eau dessus. Chose fort agréable d’ailleurs. Cissée, qui s’était relevée en trombe, commença à courir elle aussi comme la gamine folle qu’elle était et monta à l’échelle du grand fût et se jeta dedans pour mouiller l’escorteur comme il se devait. Ivre de ire, elle n’avait même pas fait attention que seuls ses pieds étaient nus, elle portait encore sa tunique qui avait séchée dans l’après midi. Et son fou rire, lui il se stoppa lorsqu’Anarion la remercia.

« Vous savez il en est de même pour moi, ne me remerciez pas !! », dit elle avec un sourire malicieux

Et elle recommença, Neïla s’éloignant de ce brouhaha pour ne pas recevoir de l’au sur le dos. Anarion, lui remonta à la surface, et fit une autre proposition. Alors, un peu aguicheuse Cissée s’appuya sur le bord de bain, et répondit :


« Moi ? Me dessiner ? Oui pourquoi pas… »


Elle avait vu de quoi il tait capable et voulait voir ce que cela pouvait donner avec un modèle humain, et puis ca leur passerait un peu de temps. Mais à présent il était venu pour elle de sortir et de laisser Anarion prendre son bain tranquille, à moins que…


« Cela vous dérange t’il que je reprenne un bain avec vous ? »

Elle retournait vers l’échelle et revenait vers lui, proche, plus proche encore, ajoutant un petit air aguicheuse comme précédemment puis laissant son doigt glisser de la joue d’Anarion, à ses pectoraux puis enfin vers son nombrils et retournant enfin vers l’échelle. Finalement, elle revint à nouveau vers lui, et passant derrière, elle passa ses mais doucement sur chacun de ses flancs et finit par la chatouiller hilare !


« Désolée je devais le faire avant de vous laisser tranquille ! »
lui dit elle en s’arrêtant finalement.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Mer 6 Aoû - 15:40

Pendant que Cissée préparait le bain, Anarion, qui se déshabillait dans sa maison, repensa aux conversations qu’ils venaient d’avoir sur le lit il y a quelques instants seulement. Ainsi, il cherchait le sens des paroles de la jeune femme qui lui avait dit qu’il voyait peut-être un futur trop loin. Sur le coup, il n’avait pas saisi le véritable sens de ces mots car le simple fait de prononcer le mot « futur » signifiait s’avancer dans une voie sans issue. Toutefois, il y repensait désormais et comprit que même s’il resterait coincé ici à jamais, il pourrait, pour le moment, rêver d’un futur en compagnie de celle qui se trouvait à ses côtés. Etait-ce là le sens qu’elle avait voulu lui insuffler ? Il l’ignorait mais décida de penser, petit à petit, à un futur immédiat : celui du déroulement d’une soirée qu’il ne voulait plus voir se terminer.
Il repensa également à ce petit baiser qu’elle lui avait déposé sur la joue. D’une certaine façon, elle recommençait de nouveau à s’approcher de lui comme ce fut le cas avant son recul précédent. Une nouvelle danse était-elle en train de prendre forme ? Tout le laissait croire mais rien ne semblait encore décidé. En tout cas, il n’avait plus qu’une chose en tête : savoir de quelle manière elle allait s’occuper de ce bain qu’il avait au préalable préparé pour elle. Cette focalisation pouvait paraître bien futile mais il fallait bien comprendre que personne ne s’était occupé de lui depuis des millénaires et que par ses intentions, l’escorteur se sentait de nouveau vivant. En fait, la simple présence de cette femme mais aussi sa façon de le comprendre et de réagir lui permettait de se sentir en vie, d’entendre un écho à son existence.

Vint alors le moment du bain. L’eau dans laquelle il s’était plongé était tout simplement délectable et s’il n’y avait eu que lui, il y serait resté pendant des heures, profitant ainsi de la chaleur de l’eau et de la clémence du climat qui lui permettait de découvrir son torse à l’air libre sans ressentir le froid. Toutefois, il ne pouvait pas rester plongé dans le silence alors que la chevaucheuse se trouvait juste à côté de lui, assise sur l’herbe et dos au fût. Il décida donc d’aller lui parler et un sourire s’esquissa lorsqu’il la vit en compagnie de son phénix. Visiblement, tous les deux devaient avoir de profonds liens les unissant et peut-être que le fait de s’être retrouvé allait permettre à la jeune femme de mieux profiter de la vie ici, c’est en tout cas ce qu’il espérait. Quoi qu’il en soit, il décida qu’il était désormais temps de sortir de son silence et d’inviter sa compagne à le rejoindre dans son jeu, c’est pourquoi il l’arrosa quelque peu. La réaction de Cissée fut sans appel et c’est ainsi qu’elle se jeta dans l’eau toute habillée. Ainsi, lui qui l’avait taquiné pour qu’elle vienne le rejoindre voyait son souhait se réaliser mais d’une manière bien particulière et surtout très « rafraichissante » au vu de toute l’eau qu’il reçut au visage. Constatant qu’il ne serait plus seul dans le bain, il décida de reprendre sa serviette posée sur l’un des rebords du fût et l’enroula à sa taille. Bien sûr, la serviette était désormais sous l’eau mais de cette manière, il se sentirait beaucoup moins gêné vis à vis d’elle. En tout cas, ceci n’entama pas son rire.
En la voyant ainsi, il comprit qu’elle profitait elle-aussi du moment mais qu’elle y parvenait peut-être mieux que lui. Elle semblait totalement libérée des soucis du monde extérieur et son attitude était vraiment communicative. Indéniablement, elle apportait beaucoup à ces lieux et à celui qui y vivait et c’est pour cela qu’il décida de la remercier avant de plonger dans l’eau pour calmer son fou rire mais aussi afin de méditer dans une sorte de cocon improvisé.

Après être remonté à la surface, Anarion lui proposa de réaliser son portait lorsque la lumière du jour serait suffisante. Il ne savait pas si elle accepterait la proposition et resta donc silencieux dans l’attente de sa réponse. Comme il l’espérait, elle finit par accepter la proposition avec une voix qui laissait entendre qu’elle avait quelque chose en tête. En fait, la voix qu’elle prenait était différente, tout comme son attitude. Il avait l’impression qu’elle voulait jouer un jeu et il ne pouvait qu’attendre afin de voir lequel. Ainsi, elle lui demanda si cela le dérangerait qu’elle prenne ce bain avec lui puis, sans lui laisser le temps de répondre, elle fit semblant de partir pour revint et s’approcha fortement de lui avant de faire glisser son doigt de sa joue à son nombril avant de se diriger de nouveau vers l’échelle. L’escorteur devait reconnaître qu’il ne comprenait pas vraiment ses intentions mais sa méconnaissance allait s’estomper lorsqu’il ressentit les chatouilles que lui faisait Cissée.


- « Je suis pris au piège ! » s’exclama-t-il en riant.

Pour se sortir de ce terrible piège qui le faisait presque autant rire que précédemment, il plongea dans l’eau une seconde fois avant de réapparaître un peu plus loin, échappant ainsi au doux supplice qu’elle venait de stopper en s’excusant. Lorsqu’il remonta à la surface, il eut l’impression que ce moment digne de l’enfance venait de s’estomper subitement. En fait, il commençait à voir que la personnalité de Cissée était complexe. Cette femme disposait de multiples facettes et même si cela n’était pas forcement surprenant puisque chaque individu fonctionne ainsi, il trouvait tout de même que Cissée était étonnante dans le sens ou l’horreur des combats ne lui avait pas pour autant ôté ces sentiments les plus doux et cette faculté à retomber en enfance. Toutefois, il avait l’impression qu’avec lui, elle ne savait pas sur quel pied danser. Elle semblait chercher la proximité et une autre chaleur que la sienne sans pour autant parvenir à s’y plonger. En fait, cette situation ressemblait étrangement à celle qui s’était déroulée un peu plus tôt dans la soirée et qui avait vu le recul de la jeune femme face à la proximité recherchée par Anarion. Une scène était donc sur le point de se rejouer.


- « Ne pars pas. » demanda-t-il avec une voix douce mais décidée.

L’escorteur devait trouver les bons mots et il savait que ceci n’était pas facile car il ne disposait pas du temps nécessaire pour préparer ses interventions mais aussi parce que recourir à ceci aurait été ôter le naturel de l’instant. Il s’approcha donc doucement d’elle. Le seul bruit qui se faisait entendre était alors celui des gouttelettes qui s’écoulaient de ses cheveux et qui venaient fendre la surface de l’eau. A ce moment, il ne s’était pas encore rendu compte qu’il avait mis fin à son vouvoiement vis à vis d’elle car cela n’avait plus vraiment d’importance à ses yeux. En fait, son tutoiement donnait encore plus de force à ce qu’il venait de dire.
Peu à peu, il se rapprochait d’elle et il redoutait un peu sa réaction car elle aussi devait comprendre qu’une scène était en train de se rejouer en ce moment même. Toutefois, il y avait une différence majeure cette fois-ci et elle serait le fait d’Anarion. En fait, ce dernier se stoppa avant d’arriver près d’elle et prit la parole sans la quitter du regard.


- « Il y a tant de choses que j’ignore concernant le monde extérieur. J’imagine que les horreurs persistent mais, pour une fois, j’aimerai entendre parler des merveilles qu’apportent ce monde alors, accepteriez-vous de rester ici avec moi et de m’en parler ? »

Cette demande était sincère mais elle était également un moyen pour garder la chevaucheuse à ses côtés. Cette question fut aussi une alternative à la proximité. Ainsi, Anarion n’avait pas reproduit le même schéma que précédemment puisqu’il n’avait pas imposé sa présence à Cissée afin de ne pas la rendre mal à l’aise. Ses désirs étaient les mêmes mais il décida qu’il ne devait pas y succomber car d’ici peu elle partirait et trop s’attacher à elle ne pourrait que leur faire du mal à tous les deux. Savait-elle à quel point il fut difficile pour lui de ne pas plonger pour arriver derrière elle et l’enlacer comme elle l’avait déjà fait ? Quoi qu’il en soit, il se recula quelque peu jusqu’à arriver sur une sorte de petit support comparable à un banc et qui se trouvait à 20 centimètres en dessous du niveau de l’eau sur l’une des parois du fût. Ce système permettait à deux personnes de pouvoir s’y asseoir et de trouver une position plus confortable tout en gardant une partie de son corps dans l’eau. Ici, l’escorteur pourrait rester des heures mais ce soir, s’il était seul, cela n’aurait aucun sens.

- « Je n’ai aucune envie de dormir pour le moment mais d’un côté, je n’ai pas envie de vous faire veiller trop tard car des cernes sur un portait, ça n’est pas vraiment ce qu’il y a de mieux pas vrai ? D’un autre côté, j’ai l’impression que vous n’êtes pas assez fatigué pour renoncer aux chatouilles alors inutile que je prenne le risque d’aller me coucher dès maintenant.» dit-il pour la faire sourire tout en l’invitant à venir le rejoindre.

Après ces quelques mots placés sous le signe de l’humour, il marqua une légère pose avant de lui tendre la main.


- « Et puis, cette nuit est vraiment trop belle pour être terminée si tôt. »

Anarion avait clairement montré ses intentions qui étaient de prolonger la saveur de tous ces instants. Il voulait qu’elle continue à rester auprès de lui et à lui parler. Ces moments étaient trop précieux pour se terminer ainsi et il laissait désormais à Cissée, le soin de les prolonger à l’infini.
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MessageSujet: Re: Un nouveau destin [Cissée - Anarion]   Dim 10 Aoû - 20:19

Qui devait mener cette danse afin qu’elle avance au mieux et soit la plus gracieuse possible ? Telle était la question. On pourrait répondre que la jeune chevaucheuse voulait être maîtresse, néanmoins lorsque l’on réfléchissait bien, elle ne l’était point. Anarion agissait de telle sorte, qu’il arrivait toujours, inconsciemment peut être, à la ramener vers lui, par un chemin sinueux mais réfléchit. Elle voulait par ses éloignements, qu’il comprenne qu’elle ne voulait pas de contacts si rapides, et si proches, dans ces circonstances. Mais elle avait surtout peur aussi de succomber, après tout elle était femme et lui homme, et la solitude n’épargnait pas l’âme et les désirs. De fait, elle devait avouer qu’elle était attirée par l’home qu’était Anarion mais d’un autre coté elle n’osait pas se laisser approcher. Peut être cela changerait il au fil des jours ou peut être même de la soirée ?

Ce bain était l’occasion de renouer les liens, là où la distance était devenue le mot maître ; en effet, Cissée pouvait sembler compliqué et ce n’était pas peu dire. Elle l’était mais toujours involontairement. Du moins dans sa vie de tous les jours. Elle semblait même parfois revêtir plusieurs personnalités. Mais non c’était simplement que selon la situation, elle agissait différemment. Et en cet instant, proche d’Anarion, elle avait paniqué, mais elle le regrettait quelque peu. Ou pas. En réalité, ses sentiments étaient plus que confus. Cissée ne savait pas comment se partager, si elle devait être méfiante comme Neïla le suggérait involontairement, ou si elle devait suivre son instinct. Bien sûr en temps normal il n’y avait pas photo, mais la jeune chevaucheuse savait qui il était réellement et la difficulté des temps qui courraient à l’extérieur du kekkai. Alors que faire ? Où aller ? Comment réagir ? Comment ressentir sans culpabiliser, ou rejeter ?

Pour une fois la jeune femme décida alors d’agir à l’instinct, sans réfléchir, sans se prendre la tête pour telle ou telle règle ou tel ou tel acte de bienséance. Ainsi, dès à présent, elle se surprendrait elle-même ! C’est de cette manière que lorsqu’Anarion commença à faire son enfant, Cissée fit de même. Telle une flèche, elle fonça habillée dans l’au et commença à chahuter comme si elle avait une dizaine d’années. Elle s’en prit à l’homme à coup de jets d’eau, de chatouilles et de comportement aguicheur pour l’induire en erreur. Oui Cissée se libérait totalement, comme lorsqu’elle jouait avec sa sœur ou son frère, et il fallait le dire, le fait que l’homme ait noué sa serviette autour de la taille sous l’eau l‘avait largement mise à l’aise, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Néanmoins, les chatouilles, elle ne le regretta pas mais s’en excusa tout de même, sans réellement savoir pourquoi. Peut être justement parce qu’elle avait pris une liberté sans même lui en demander l’autorisation. Mais après tout Anarion aussi l’avait fait ! Il n’y avait donc aucune raison pour qu’elle s’excuse de ses enfantillages, néanmoins c’était fait et il n’y avait aucun retour. Et l’atmosphère s’était soudainement assombrie, sans même que Cissée ne le veuille ou l’ait cherché ! Non au contraire, elle aurait voulu ne rien dire, ainsi, elle préféra sortir de l’eau, pour ne pas mettre plus mal à l’aise Anarion.

Mais, une interjection, et un tutoiement lui firent faire volte face. Elle le regarda intensément, de longues minutes durant, dans les yeux, oubliant tut ce qui les entourait. Cissée avait un seul pied sur l’échelle, et le posa de nouveau dans l’eau au son des mots de l’escorteur. Quelle manière de lui demander de rester ! Plus chaleureuse, plus douce, plus intime peut être aussi. En tout cas Cissée avait été très surprise par cela. Contrairement à la dernière fois où une telle chose avait été engagée, Anarion avait été plus subtile, si bien que Cissée, tout le monde le sait ne réagirait aucunement de la même manière.

Il ne la lâchait plus du regard, et la jeune chevaucheuse faisait de même. Qu’attendait-elle de lui et lui d’elle ?? C’était évident dans un sens, mais de son côté Cissée était dans le flou total quant à ses désirs. Ainsi, elle ne bougea pas d’un millimètre l’écoutant et le regardant avancer, lui parler ou encore la regarder. Cissée avait eu le sifflet coupé et elle ne savait vraiment pas comment réagir. Lui retournait déjà à l’opposé d’elle et s’asseyait. *Tiens il y a un banc là ? Je n’avais pas remarqué !* Quelle remarque complètement hors sujet ! Mais voilà, la jeune chevaucheuse était déconnectée, sans comprendre pourquoi. Néanmoins, après les quelques mots de l’escorteur tout se fit plus clair, plus net devant ses yeux. Cissée attrapa sa main, un sourire accroché aux lèvres, et vint s’asseoir à ses côtés, bien collée à lui. D’abord, elle ne dit rien et puis soudain comme si elle avait laissé se silence lourd et pesant s’installer pour mieux surprendre, elle lui dit :

« Vous me troublez, le savez vous ? Etre vos côtés est si doux, et à la fois si étrange. Mais je me sens capable de tout du moment que vous êtes là, près de moi. » lui dit elle mettant sa main sur sa cuisse au passage.

Cissée resta silencieuse quelques instants, quand cette envie de le taquiner lui reprit.


« Mais plus que tout, ce soir, je me sens d’humeur joueuse ! »


Elle se retourna et lui sauta sur les genoux, passant une de ses jambes de chaque côté des siennes (elle est assise à cheval sur lui), Cissée recommença les chatouilles trente secondes puis s’arrêta, et là tout arriva. Doucement, la jeune femme se pencha sur lui et lentement ses lèvres vinrent heurter celles d’Anarion dans un baiser langoureux. Doucement ses mains vinrent se lier derrière son cou, et le baiser finit, la chevaucheuse fourra sa tête dans le creux du cou, serrant ainsi l’homme tout contre elle.


« Tu me troubles, je ne sais plus comment agir avec toi, je suis désolée, si je fais quelque chose de mal, dis le moi… »
lui murmura t’elle à l’oreille.

Ca y est, Cissée savait ce qu’elle devait faire, elle avait agi selon son instinct et d’ailleurs à e moment là, Neïla avait pris son envol vers la forêt elle l’avait vu. Bien sur elle savait que son amie n’approuvait pas du tout, mais depuis sa rencontre avec Anarion, elle se sentait l’âme téméraire dans tous els sens du terme, et c soir, en cet instant, un pas de plus venait d’être franchit, un pas qui peut être la faisait courir à sa perte, ou bine un pas vers un futur plus beau ?
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Un nouveau destin [Cissée - Anarion]
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